Souleymane Etienne Dimanche, 07 Septembre 2014 15:32
Ce samedi 6 septembre 2014, Alpha Condé s’adressait à l’Assemblée nationale (non officielle) qui n’est autre que le siège du RPG-Arc-en-ciel dont il est le président. Durant cette rencontre, le président du RPG lança ces mots devant ses militants : « ce qui s’est passé récemment vous a donné beaucoup à réfléchir, ce n’est plus la politique, c’est plutôt la haine ».
Toutefois, me sentant directement concerné, j’ai décidé d’écrire cet article pour expliquer pourquoi je m’identifie avec cette phrase. Plus précisément, tout en donnant raison à Alpha Condé, je vais élaborer toutes les raisons qui motivent ma haine envers Alpha Condé.
Avant la haine
Tout d’abord, j’aimerais rappeler ici que mon opposition à Alpha Condé sur ce forum date de longtemps, dans mes commentaires et ensuite dans mes articles. Mon tout premier article sur GuineeActu en février 2014 titré « Dix actions d’Alpha Condé qui auraient causé des révolutions dans d’autres pays ! » expliquait pourquoi Alpha Condé a commis des actes qui lui font mériter la vindicte populaire. Depuis lors, je suis resté constant et fidèle dans mes critiques sur la façon dont Alpha Condé gouverne notre pays. Ces critiques n’étaient pas personnelles mais plutôt concernaient la gestion ou le comportement de l’homme. Mais puisque l’homme se définit par les actes qu’il pose, je développe une haine pour l’homme (Alpha Condé) qui pose tous ces actes dégoutants.
Pourquoi j’ai la haine envers Alpha Condé.
1ère motivation
Si dans le futur, mes enfants me demandaient de décrire pour eux le régime d’Alpha Condé, je le décrirais en un mot : HONTE ! Durant le régime d’Alpha Condé, les Guinéens sont tombés au plus bas de leur histoire en société. Les Guinéens qui s’identifient avec ces valeurs intemporelles de l’homme telles que la dignité, la liberté et la fierté conviendront avec moi que ce mot « HONTE » est descriptif de ce régime et de son temps.
En fait, en Guinée et avec les Guinéens, tout ce qui est positif n’est que potentiel. C’est-à-dire tout ce qui est bon est possible mais rien de bon n’est faisable. Ceci est sans doute le paradoxe qui explique le paradoxe Guinéen : pourquoi un pays qui est si riche a une population si pauvre. Les dirigeants trompent cette population analphabète en lui faisant penser que ces ressources naturelles représentent un atout pour eux, une propriété qu’elle pourra bientôt convertir en argent pour s’en servir. Seulement que ça perdure et personne ne devient riche sauf ceux qui livrent ces promesses. A ce stade, toute personne intelligente devrait douter les messages venant de tels messagers. Ceci explique pourquoi je n’ai pas confiance aux dirigeants Guinéens, excellant tous dans l’art de la manipulation.
A mon avis, Alpha Condé, en particulier, excelle dans cet art qui lui a permis d’ailleurs de gagner l’élection présidentielle en 2010. Il a gagné en promettant le paradis aux électeurs dont il avait besoin et l’enfer à ceux qui n’y crurent pas, en manipulant aussi bien les faits que l’opinion que forme le public sur ces faits. En effet, il continue à user de cet art pour diriger et mener ces luttes politiques. Pendant ce temps, le pays continue à reculer, allant de mal en pire.
Cependant, vu ces dernières années de gestions calamiteuses des affaires du pays, espérons tous que cette fois ci les Guinéens comprendront que c’est l’acte et non la parole qui compte et que la division ne bénéficie que celui qui divise.
2e motivation
Alpha EBOLA Condé: « Dormez, y a rien ! »
Depuis l’annonce de l’apparition du virus Ebola en Guinée, je n’ai cessé d’alerter et d’informer l’opinion publique sur la menace que représente ce virus. Dans un article paru sur GuineeActu le 24 avril 2014, j’alertais les internautes sur le danger que représente ce virus. Tout en critiquant la gestion irresponsable du gouvernement d’Ebola et le silence de l’opposition, je m’interrogeais aussi, dans cet article, sur le rôle que jouait l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et Médecins sans frontières (MSF) dans cette crise. Appelant les Guinéens à plus de vigilance, j’ai demandé à ce que les acteurs de la scène politique, qui ne cessaient de lancer des louanges envers l’OMS et MSF, attendent encore avant de rendre leur jugement afin de ne pas confondre le « poisson de l’ange et le poison du diable ».
Malheureusement, aujourd’hui je peux dire sans me tromper que j’avais eu raison. Il suffit seulement d’écouter l’intervention récente du chef de Médecins sans frontières qui critiquait la gestion de l’épidémie par l’OMS, qui il faut le rappeler a attendu 8 mois après l’apparition du virus le plus mortel du monde en Guinée pour déclarer une urgence de santé publique internationale, le 08 aout 2014.
Tout récemment, dans une interview réalisée par le journal américain The New York Times, la directrice de l’OMS, Margaret Chan, a balayé ces critiques avec un ton catégorique : « Tout d'abord, les gens doivent comprendre que l'OMS est une agence des Nations Unies spécialisée dans la santé. Nous ne sommes pas les premiers intervenants s’il y a une urgence sanitaire dans un pays. C’est d'abord la responsabilité des gouvernements de prendre soin de leurs populations en matière de santé. L’OMS est une agence technique. »
Ce n’est pas le fait que la dirigeante d’une organisation à laquelle nous avons tous confié nos vies puisse dire ça qui me fait mal. C’est plutôt le fait que ce qu’elle a dit, aussi décevant que cela soit pour nous, est vrai. En fait, il fallait être stupide ou guinéen pour croire que quelqu’un d’autre pouvait garantir nos intérêts plus que nous même. Dr Chan a d’ailleurs reconnu avoir « sous-estimé » l’ampleur de l’épidémie dès le début. Et pourtant avant d’être directrice de l’OMS, lorsque Dr Chan était directrice de la santé de Hong Kong, elle n’a pas sous-estimé l’épidémie causée par le virus SRAS qui était apparu en Chine en 2003. L’épidémie avait vite été maitrisée grâce à l’expertise et la bonne gouvernance du Dr Chan et d’autres spécialistes chinois. De même, si c’était les médecins guinéens qui dirigeaient l’OMS, cette organisation n’allait certainement pas « sous-estimer » l’ampleur de l’épidémie.
Tout comme le patient sait mieux que le docteur où se trouve sa douleur, les Guinéens savent mieux leurs problèmes et doivent être en mesure de se prendre en charge sans assistance.
Par conséquent, Alpha Condé, président de la Guinée et VRAI chef du gouvernement, que Dr Chan interpelle, je le tiens responsable de l’état déplorable des infrastructures sanitaires du pays. Je le tiens aussi responsable de la désinformation autour de cette maladie en minimisant publiquement cette épidémie plusieurs fois, allant même jusqu’à nier l’existence de ce virus devant un public analphabète. Bref, Alpha Condé est responsable de tous ces manquements et comportements qui ont supporté et encouragé la propagation du virus Ebola en Guinée et à travers la région ouest africaine.
Conclusion
Continuant son discours à l’assemblée (siège du RPG), Alpha Condé dénonce ces rumeurs qui le veulent mort en déclarant ceci : « si j’étais malade, je me rendrais à l’Occident au lieu de la Tunisie. » S’il existait encore des preuves qu’Alpha Condé se moque des Guinéens, en voilà une ! Cependant, M. Alpha Condé, par votre irresponsabilité, incompétence et mauvaise foi, vous avez mis ma famille et tous mes proches résidant en Guinée en danger. De ce point de vue, vous êtes une menace pour toutes ces personnes qui comptent pour moi dans ce monde, mes parents et mes proches. C’est donc logique que mon opposition à vous soit beaucoup plus personnelle maintenant. C’est dans ce sens que je développe une haine envers vous. Etant donné que les enjeux sont beaucoup plus énormes maintenant, mon engagement et ma contribution seront beaucoup plus importants dans le futur. A présent, je vous promets seulement une chose : je ne pardonnerai jamais !
Souleymane Etienne
Connu sous le pseudo SE
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