Thierno Fodé Sow Dimanche, 07 Septembre 2014 15:07
« Le mensonge a gagné ce pays, mais vous militants aussi, il est facile de vous manipuler. Depuis que je suis arrivé au pouvoir, je n’ai pas pris de congé. Quand je partais en Tunisie, j’ai prévenu le premier ministre, je suis allé avec deux gardes. Si j’étais malade, je me rendais à l’Occident au lieu de la Tunisie. »
Alpha Condé était samedi au siège du RPG pour non seulement battre en brèche la rumeur selon laquelle il a passé l’arme à gauche, mais aussi et surtout sensibiliser les uns et les autres sur le virus Ebola, après s’être lui-même octroyé un bain de foule dénoncé par ailleurs par l’UFR. De l’avis du président guinéen, « quelle que soit la joie, on ne doit pas penser à la mort de son ami, un musulman ne le fera pas, c’est être cafre. Ce qui s’est passé récemment vous a donné beaucoup à réfléchir, ce n’est plus la politique. » Alpha Condé qualifie donc cette attitude, du reste voulue par la Présidence elle-même, de mal à propos : « c’est plutôt de la haine », conclut-il. Avant de noter que les cafres dont il parle « veulent que l’armée prenne le pouvoir, mais la Guinée d’hier est différente de celle d’aujourd’hui. Ceux qui disent qu’il y aura guerre en Guinée, ils se trompent, il n’y aura pas de guerre en Guinée, la seule guerre, c’est contre l’ennemi ou Ebola. »
Une question tout de même : un communiqué faisant état du congé du président n’allait-il pas suffire – si ce n’est pas une manipulation voulue et murie – avant le vol, pour calmer d’éventuelles rumeurs y compris la cargaison de FCFA, et garder la patience, même si un congé imposé était plutôt mal vu au moment même où des Guinéens meurent et que la pays est isolé ? De l’avis de nombreux Guinéens éclairés, la Présidence aurait pu nous éviter l’amalgame. De toutes les façons, malade ou pas, Alpha Condé a en face de lui, un électorat résigné, abusé, désabusé. Une jeunesse impatiente et insatisfaite. Des ministres de la République voleurs et corrompus. Des opposants mesquins et exigeants. Tout un cocktail de faits et de gestes qui font de la Guinée un pays sous tension qu’il faut ménager avec art, mesure et humanisme. A défaut, bonjour les dérives. En attendant, cafres de toute la Guinée, unissez-vous et foutez la paix à notre président bienaimé, démocratiquement élu et chantre du changement qui refuse de changer depuis environ quatre ans. Mais ne dites surtout pas que c’est parce qu’on utilise le même amateurisme fait de militants revanchards, les mêmes méthodes et les mêmes hommes dans la gestion des affaires publiques. Sinon, on vous catalogue sous l’estampille : opposant. Rideau !
Thierno Fodé Sow
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