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Le discours de Dakar relu par un patriote : que voulons-nous ?

Papa Amadou Ndiaye  Vendredi, 05 Septembre 2014 15:22

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Notre pauvre mère Afrique a été tant agressée, spoliée, bernée et ses fils cruellement dégradés par les nations sangsues, qu’elle pense se trouver dans une fatalité structurellement irréversible, en sorte que la plupart de son peuple semble médusé ou résigné. Odieusement, ses fils renégats complices des ponctions faites sur elle, par beaucoup de mécanismes et de compromis létaux dont ceux de la dette, ont accepté d’hypothéquer notre avenir et celui des générations qui viennent après la nôtre et à qui appartient autant qu’à nous ce splendide continent. Nous sommes en train de parler de développement durable, de prétendu réchauffement de la planète, mais autant qu’à préserver la nature, le développement durable pour nous, commence par déraciner tous ensemble le mythe de la dette par laquelle les nations sangsues nous tiennent au collet autant qu’elles le feront indéfiniment à nos enfants si nous laissons faire. Cette prétendue dette va au-delà de notre simulacre d’indépendance. Parlant de la traite négrière de la colonisation du travail forcée et du pillage de l’Afrique qu’elles reconnaissent ; les nations sangsues nous disent par le discours de Sarkozy que « nul ne peut demander aux générations d'aujourd'hui d'expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères. » Ainsi donc, autant que les nations sangsues ne veulent pas payer un iota de dédommagement des crimes perpétués sur nos parents et dont le coût est bien supérieur à ce supposé dû issu d’un trésor thésaurisé à la sueur de nos bras et à notre sang versé ; autant nous les Africains voulons que ces prétendues dettes ne nous soient plus réclamées ainsi qu’aux futurs générations. Bien sûr, nous voulons tout ce que Sarkozy ès qualité président de la France nous a fait miroiter en nous proposant de nous y mener. Mais nous voulons beaucoup plus que tout cela. Cependant notre pragmatisme nous enseigne que ce n’est pas l’esclavagiste, le colonialiste, le maitre du travail forcée non rétribué, le commanditaire de la Françafrique avec son tribut d’assassinats et de déstabilisation du continent qui nous aidera à nous émanciper ; d’autant plus qu’il n’a rien, sinon les immenses intérêts vitaux qu’ils continuent d’extraire cavalièrement de chez nous. D’ailleurs à la fin de son discours, il nous invite à continuer de dormir en nous ramenant à la poésie, parce qu’il croit opiniâtrement que « l’émotion, [les pleurs et les rires] est nègre et que la raison est hellène ». Oui, comme il le propose, nous voulons que les actuelles générations ne vivent plus au détriment des générations futures [par cette pestilentielle méthode]. Nous voulons que l'État se remette à faire son métier, qu'il soit allégé des bureaucraties qui l'étouffent, qu'il soit libéré du parasitisme, du clientélisme, que son autorité soit restaurée, qu'il domine les féodalités, c'est-à-dire « toutes les puissances économiques ou sociales fortement structurées qui tendent à devenir indépendante de l'État », qu'il domine les corporatismes. Nous voulons que partout règne l'État de droit qui permet à chacun de savoir où commencent ses devoirs qu’il sera tenu de respecter et où s’arrêtent ses droits dont le respect lui sera assuré de manière indéfectible. Nous voulons que les droits de l'homme, la dignité d’homo sapiens, la liberté, l'égalité, la justice, s’appliquent aussi à nous les Africains comme l'héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes. Nous voulons éradiquer les pandémies monstrueuses introduites dans notre pays. Nous voulons qu'il n'y ait plus de famine sur la terre africaine. Nous voulons qu’il n'y ait plus jamais un seul enfant qui meure de faim sur la terre africaine. Nous voulons l'autosuffisance alimentaire. Nous voulons développer les cultures vivrières. Nous voulons produire pour nous nourrir. Nous voulons l'unité africaine, car l'unité de l'Afrique rendra l'Afrique aux Africains. »

Mes biens chers compatriotes, ici s’arrête le mirage cynique du discours de Dakar. Tous les domaines dans lesquels il promet malicieusement de nous aider à accéder ne sont rien en comparaison de l’essentiel que nous voulons plus que tout et qui garantissent la souveraineté d’un état, auquel il ne souhaite pas que nous parvenions et qui sont, comme l’ont préconisé nos ainés, la manumission des Africains, l’élévation éthique et sociale de la nation africaine. Nous voulons nous constituer en un continent fort, capable de s’auto défendre de toutes les agressions d’où qu’elles viennent sans demander le secours d’aucun peuple. Nous voulons échanger et coopérer avec toutes les nations que nous souhaitons et avec lesquelles nous avons des vues convergentes et des intérêts réciproques. Nous voulons nous affranchir de l’étau du FCFA et disposer de notre propre monnaie. Nous voulons fortifier notre enseignement et promouvoir à un degré supérieur les sciences et technologies, les recherches qui font avancer le monde. Nous voulons que notre continent redevienne le continent phare du monde qui parle d’égal à égal avec tous les autres sans aucun intermédiaire qui juge et croit que nous sommes à l’enfance de l’humanité. Pour obtenir tout cela et pour bien d’autres choses encore ; il faut qu’ensemble nous définissions les stratégies que nous pouvons utiliser pour y parvenir et qu’immédiatement nous agissions impérativement en étant convaincus que les nations sangsues avec toute leur force s’attelleront à déjouer nos plans. Le travail est herculéen mais méthodiquement nous y parviendrons.


Papa Amadou Ndiaye


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