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Le discours de Dakar relu par un patriote : une issue de secours pour le Sénégal et l’Afrique

Papa Amadou Ndiaye  Mercredi, 20 Août 2014 18:35

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Dans notre continent, les messies et les hommes providentiels qui sont apparus, pour la plupart n’ont pas mené leur vie à terme ; estompés et foudroyés dans leur ardeur et leur patriotisme par les bras des nations sangsues. Pour recouvrer les droits et la dignité de l’homme noir, ils ont tracé au prix de leur vie des chemins inachevés, échafaudé des plans, des visions, des combats interrompus, qu’ils ont légués aux générations qui leur ont survécu mais qui ne les poursuivent ni ne les terminent jamais ; parce que toujours désorientés par les nations sangsues qui n’ont aucun intérêt dans l’achèvement de ces visions, vers des antagonismes, des guerres, des inégalités, des jalousies, du népotisme, des superstitions et bien d’autres insanités qui les ont fragilisés en ouvrant de grandes brèches dans les flancs, les cœurs de nos peuples, de nos pays et du continent. Brèches par lesquelles continuent et, si nous laissons faire, continueront éternellement de passer les perfides chevaux de Troie des nations sangsues, qui nous ont tout volé y compris notre identité ; que nous devons recouvrer impérativement au péril de ne pouvoir jamais rien reconquérir. L’homme africain doit se redéfinir pour grandir et sortir de « l’enfance de l’humanité » comme nous jugeait Charles de Gaulle; qu’enjoint Sarkozy, quand il nous dit qu’il est venu nous dire que quand l’homme moderne (l’Homo sapiens) voudra se rappeler son étape préhistoire de singe, il trouvera le cliché auprès de l’homme africain (l’Homo australopithèque), qui est l’opposé de l’homme moderne. Pour le président de la France, vivre en symbiose avec la nature depuis des millénaires, c’est, rester au stade de l’homme singe. Je le cite « Je suis venu vous dire que l'homme moderne qui éprouve le besoin de se réconcilier avec la nature a beaucoup à apprendre de l'homme africain qui vit en symbiose avec la nature depuis des millénaires ». Les nations sangsues fourbes et malicieuses ont leurs intérêts dans notre abêtissement, notre servitude, notre désunion et notre perte d’identité, en conséquence nous devons ensemble participer à l’achèvement des visions que nous ont laissées nos vaillants martyrs. Quand le président de France nous a servi le vingt-six juillet deux mille sept le fameux discours de Dakar, les intellectuels du continent africain ont publié le seize octobre deux mille huit, sous l’impulsion de l’ancienne première dame du Mali, Madame Konaré, un livre d’histoire intitulé « Petit précis de remise à niveau sur l'histoire africaine à l'usage du président Sarkozy ». Ces intellos ont rongé leurs cerveaux pour sauver leur amour-propre, en apportant des clarifications sur les contrevérités de l’histoire des noirs énoncées par Sarkozy, ès qualité président de la France. L’outrage était d’autant bien plus cinglant que l’homme Sarkozy était devancé en Afrique par son caractère raciste, hérité d’un discours sans ambiguïté sur l’émigration subsaharienne, sur des charters de noirs renvoyés sans ménagement en Afrique et plus encore sur le projet de l'Union méditerranéenne que la France proposait à tous les pays riverains de la Méditerranée et que nous percevions comme un instrument mettant à l’écart l’Afrique subsaharienne. Pourtant ce discours reflétait la mentalité de la plupart des nations sangsues à notre égard. Venant du chef d’Etat de la France, il était compréhensible qu’il souffle le mépris et les caresses. Le mépris, parce qu’il lui fallait récupérer subtilement les voix de ceux qui créditent le front national. Les caresses, comme manœuvre pour pérenniser adroitement les intérêts séculaires de son pays en Afrique. Cependant, il n’aurait pas osé faire ce discours insultant partout ailleurs à travers le monde. S’il a osé nous le faire c’est parce que le vaillant opposant Wade, grisé par le trop d’honneur de sa charge, avait en cours de route retourné sa veste par gloutonnerie. Le confirmera par la suite son odieux acte de messager ; envoyé comme un petit larbin à Bengazi pour narguer et insulter Kadhafi ; cautionnant l’attaque de la Libye en paraissant créditer l’envahisseur de l’unanime assentiment des Africains, par son âge de doyen des chefs d’Etats. Un an plus tard en même temps et pour minimiser la parution du « Petit précis de remise à niveau sur l'histoire africaine à l'usage du président Sarkozy », Wade disculpait Sarkozy en utilisant une expression inusuelle, péjorative pour les Africains : « Ne nous trompons pas d'adversaire, Nicolas Sarkozy est un ami de l'Afrique. C’est Henri Guaino, le conseiller qui a rédigé le discours de Dakar. Il arrive qu'un président soit victime de son nègre. » Fort heureusement, il s’est fourvoyé, car chacun avait deviné aisément que ce devrait être contre la promesse de soutenir son fils pour une légation de notre pouvoir. Cependant, en réagissant par le magistral et académique « Petit précis de remise à niveau sur l'histoire africaine à l'usage du président Sarkozy »,  les Africains ont été piégés et ramenés à leur émotivité, là où ils devaient adopter une résolution pour nous prémunir définitivement de pareils affronts. Ils ont bataillé d’érudition, qui se résumait à chanter nos aïeuls et réclamer des hauts faits. Ce qui était louable mais infructueuse, puisque chacun sait que ces deux actes aiguisent notre vanité et ce mot, a le même radical que vain. « Ce n'est pas de raviver un passé plus ou moins fabuleux pour s'aider à supporter le présent mais s’inventer un avenir avec des moyens qui nous soient propres qui est important », dit Sarkozy. Ainsi donc, il valait mieux agir que se prévaloir du passé. Ces insolentes créatures que sont Sarkozy et Henri Guaino, qui semble-t-il fut sa plume, ont dû bien exulter pour avoir confisqué et exprimé aux Africains la bulle de l’Occident qui rappelle celle du pape Nicolas V, disant que nous autres nègres étions maudits et méritions notre sort d’esclaves. D’ailleurs Guaino a réclamé la paternité du discours pour se valoriser dans cette promotion politique. Le discours de Dakar nous offre pourtant un motif et un guide d’orientation fondamentale dont l’Afrique doit se saisir, car l’Occident nous y indiquait ce qu’il craint que nous fassions pour sortir de l’obscurité et cesser d’être la proie des nations sangsues. La France nous a jaugé et nous a livré son diagnostic. Maintenant à travers une lecture patriotique de ce discours, c’est à nous de trouver les remèdes et d’en tirer les conséquences utiles en nous posant cinq questions, qui bien élucidées nous affranchiront incontestablement de toutes les oppressions qui viendraient de partout ailleurs :


Papa Amadou Ndiaye


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