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Egalité et réconciliation nationale
Moussa Bella Barry Samedi, 17 Septembre 2011 22:13
Le lexique dit que l’action de se réconcilier est de rapprocher, de rabibocher. C’est le rétablissement de l’entente entre personnes/communautés brouillées. L’expression de réconciliation est très variée. On dira par exemple :
- Réconciliation nationale sincère et solide, ou simulée et superficielle,
- Réconciliation de l’Etat avec son peuple,
- Réconciliation de personnes fâchées,
- Réconciliation de deux personnes dans des rapports de proximité,
- Réconciliation des époux en instance de divorce,
- Réconciliation des pasteurs avec agriculteurs, et ainsi de suite.
Quelle sorte de réconciliation voulons-nous en Guinée ? Je consacre cet écrit-ci, selon moi, aux conditions nécessaires à la réconciliation nationale sincère et solide du peuple de Guinée. Le peuple se définit comme une multitude d’hommes d’un même pays, et vivant sous les mêmes lois. On m’objectera que tout cela est connu de nous tous, mais je dis pourtant, nul n’a su comment nous éviter que le ciel ne nous tombe sur la tête. Beaucoup, en dehors de moi-même, restent convaincus que la réhabilitation de l’idée de la nation guinéenne est un préalable indispensable pour nous réconcilier. Défendre la nation et ses valeurs, c’est la défense de l’égalité entre nos différentes communautés.
Il ne faut pas avoir peur des diagnostics amers de nos différents régimes. Nous devons reconnaitre que toutes les politiques menées jusqu’à maintenant en Guinée ont généré des crises multiformes. La réconciliation nationale doit faire cet acerbe constat, afin de poser réellement les référentiels du problème de rapprochement entre Guinéens. Voir et comprendre cette proximité comme empreinte de sortie des débâcles que nous connaissons, comme base d’un avenir différent. Cet avenir doit s’inscrire dans une culture de valeurs morales, de la pondération et de convivialité des Guinéens.
Nous devons nous inspirer des expériences réussies ailleurs. La réconciliation nationale en Guinée ne pourra, et ne devra pas se faire sur le fond de l’impunité et de l’inégalité dans le partage des droits et devoirs entre tous les citoyens de ce pays. Cette attitude est essentielle ! Se réconcilier c’est réfléchir sur les moyens de nous sortir de l‘impasse dans laquelle notre pays se trouve actuellement.
Notre réconciliation nationale ne peut se faire qu’autour d’un consensus. Dans une telle perspective, il ne doit pas y avoir de tabous. Si notre réconciliation doit être sincère et solide, la justice devrait endosser le relais pour sanctionner les coupables de crimes de sang et de la viole. Après viendra le temps du pardon. Dans toutes les grandes nations qui nous éveillent, c‘est ce qu’on a fait.
La sortie de nos religieux de la commission provisoire de la réconciliation nationale est très méritoire. Ils voient la chose et l’apprécient comme hommes de Dieu. Nous avons besoin de leur entendement dans nos rapports au quotidien. Mais l’opinion nationale et internationale attend la délimitation des champs de compétence de la commission, et de son mode opératoire. Ceci va faciliter de faire la lumière sur les événements que le peuple de Guinée a vécu ces 53 dernière années.
Sans ce besoin d’éclairage du rôle dévolu à la commission de réconciliation provisoire, elle ne pourra naviguer qu’à vue dans du brouillard. Cela serait dommage pour une cause nationale aussi noble.
Je vous salue et à bientôt
Moussa Bella, Barry








