Thierno Fodé Sow Mardi, 05 Août 2014 14:25
Dans un précédent papier au sujet du drame survenu mardi dernier sur la plage de Rogbane, alors qu’une marée humaine s’était agglutinée pour suivre le concert d’un groupe de rappeurs bien cotés en Guinée, nous avions fait allusion à une assignation du gouvernement pour « homicide involontaire ».
Très vite cette sortie a provoqué l’ire de certains. Ceux-ci voyaient derrière cette interpellation, une manœuvre politique, allant jusqu’à demander de nous trouver une carte de membre. Et bien, cette carte-là est trouvée. Elle a pour nom : aveux mortifiants. Ils sont signés de main de maître par la plus haute autorité de la République. Comme pour trancher dans le vif. Un petit extrait du rapport du conseil extraordinaire des ministres suffirait pour se faire une idée. Il relève carrément qu’Alpha Condé est passé aux aveux. Et si ce ne sont pas des aveux, que ceux qui veulent nous attribuer des cartes de membres d’une formation politique loin de la vision actuelle du RPG, nous donnent l’expression qu’il faut.
En attendant, voici le pavé dans la marre : « Le chef de l’Etat a rappelé que si un tel drame s’est produit, c’est parce qu’outre les autres raisons liées à la sécurité et à la négligence humaine, il y a un manque d’espaces et d’équipements pour la pratique des loisirs, de la culture et du sport. Qu’il est urgent de rebooster les différents projets sectoriels afférents. » Une réelle incurie en somme. C’est pourquoi, rapporte Moustapha Naité, le président a donné des instructions fermes aux ministères concernés pour entre autres : la faisabilité et la construction d’un nouvel espace (type Jardin du 2 octobre) sur le site retenu à Kipé ; d’espaces aérés (aire de jeux et de loisirs) dans les grands centres urbains ; d’un grand lieu de spectacle pour la diffusion et la production culturelle ; l’accélération des travaux de construction des maisons de jeunes et des stades. Des mesures et d’autres qui devraient pour autant être anticipées afin d’éviter, ou du moins, réduire les morts d’hommes, notamment des jeunes. A ce titre d’ailleurs, « il a été rappelé l’urgence et la nécessité d’accélérer l’aménagement urbain des bordures de mer à travers une gestion plus efficiente et plus moderne de nos Communes ».
En tout cas, en limogeant le chef de quartier de Taouyah, le DG de l’agence guinéenne des spectacles, etc., en lieu et place du chef de la Délégation spéciale de Ratoma, du gouverneur de la ville de Conakry, du ministre de l’Administration du territoire, de celui de la Sécurité, … on procède à la politique des deux poids, deux mesures. Ce qui est valable pour les uns devrait l’être pour ces autres hauts commis de l’Etat qui cherchent actuellement à tirer les marrons du feu. Côté gouvernement, on estime tout compte fait que « la concrétisation de ces décisions (Ndlr, issues du conseil extraordinaire des ministres) et la mise à disposition de lieux et d’équipements au profit de notre jeunesse pourront permettre d’éviter, à l’avenir, un tel drame ». Il n y avait qu’à y penser un plus tôt, non ? Car les maisons des jeunes en construction ne sont pas faites pour les spectacles ? A moins qu’on ne se soit trompés !
Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu
![]()