Imprimer

Espoir et changement : une duperie dont le peuple de Guinée est victime

Tutankhamon Barry  Vendredi, 01 Août 2014 15:21

Facebook

 

BARRY_Tutankhamon_2_01« Les faux espoirs sont plus dangereux que les craintes.» JRR Tolkien

S’il y a deux mots dont tout citoyen guinéen devrait maintenant se méfier comme de la peste, voire de l’Ebola, après 56 ans de dénuement, c’est bien « l’espoir et le changement ». En réalité, ces deux mots n'ont bien sûr rien à voir l'un avec l'autre même s’ils marquent en général le début d’une ère nouvelle, une histoire, une aventure. C’est vrai que le changement et l’espoir comme la mort ne peuvent être évités. La vie implique des séries de changement et suscite beaucoup d’espoir.

« L’espoir fait vivre » nous dit l’adage. Mais je trouve qu’en Guinée, « l’espoir et le changement » sont bien le slogan des marchands de rêves et vendeurs d'illusions (politiciens). Le peuple n'a plus besoin de vendeurs d'illusions. Dieu sait qu’il en a suffisamment eus depuis notre indépendance. Comme le témoigne le lauréat du prix Renaudot 2008 « Ceux qui nous dirigent depuis 1958 ne font pas que nous voler, nous tuer, nous insulter et nous diviser. Pire : ils nous méprisent. Ils nous blessent dans notre amour-propre, ils nous ridiculisent aux yeux des autres nations ». 1

Tenez-vous bien ! La leçon que j'ai apprise avec les différents régimes politiques est que souvent ceux qui ont la démence de changer les choses et de susciter l’espoir sont bien ceux qui les ruinent de façon trop dramatique. Ce sont eux qui abusent et tuent ! Baptisé à la fois Moise et père de la nation par des faiseurs de roi, Dadis avait pour ambition de changer la Guinée, mais il avait vite tenu la machette par la lame ! Nous connaissons la suite.

Avec l’impertinence de penser qu'il pouvait changer la Guinée, AC se voulait à la fois Mandela et Obama. Au début, je pensais qu’il voulait être à la fois humble et sage après 40 ans de lutte comme opposant. Un Guinéen humble comme Obama, et sage comme Mandela. Ou bien jeune et vieux comme dans L’étrange histoire de Benjamin Button 2 ? Je concevais aussi qu’il voulait être à la fois le symbole de la lutte pour la démocratie et surtout de la persévérance (Mandela-Obama). C’est plus tard que j’ai compris qu’il ne voulait être que légitime et apprécié. Avec seulement 18%, et un langage belliqueux, c’est chimérique de vouloir être à la fois légitime et populaire ! Plus intelligent qu'il ne le parait, il n’a tout de même pas voulu être Mahatma Gandhi parce qu’il savait que son objectif n’est pas de servir la Guinée ; mais de se servir d’elle et des Guinéens.

Evidemment, après quatre ans de règne sans partage, il a complètement détruit la cohésion sociale et a du sang de mes frères Guinéens sur les mains.

Tel un violent brasier, il a complétement dégradé notre paysage, et nos conditions de vie. Comme l’atteste Aliou Dian Diallo, détaillant à Madina, lors d’une conversation téléphonique « Quand Alpha ramassait le pouvoir j’avais des amis RPGistes, quatre ans plus tard, je n’en ai aucun ! ». La réalité est là. Chacun se débrouille de son côté. Nous n’avons plus le même avenir.

Nous n'avons pas le même rythme, dans le sens où nous n'évoluons plus ensemble dans la même direction. Au-delà des dizaines de morts et des centaines de magasins partis en fumée, le souci de certains aujourd’hui est comment continuer à vivre après tant de pertes au moment où chez d’autres c’est comment être dans le gouvernement et profiter du changement.

Quel changement ! Un changement qui engendre un système répressif et encourage la violence, le fatalisme, la misère économique, la paranoïa, la haine ethnique et la perversion.

Au-delà des dizaines de succombés au nom du changement, et des centaines de commerces partis en fumée, on ne prend toujours pas conscience de l'ampleur du sinistre. Le slogan changement, cette duperie colossale dont nous sommes victimes, fait toujours rêver le Guinéen. Je me demande pourquoi quelque chose qui nous fait pleurer, nous fait rêver. Est-ce pour oublier le cauchemar présent ? Ça sert à quoi de se projeter dans l'avenir lorsqu’on n’a même pas un présent.

Notre présent est dépravé au nom d’un changement à reculons. En Guinée, l’espoir et le changement sont une Chronologie de rendez-vous manqués 3 (Tibou Barry). Le changement nous a suffisamment démontré que nos nouveaux dirigeants ne voient pas la Guinée comme une famille ; mais comme un amas de pierres précieuses prêtes à être exploitées, advienne que pourra.

A Zowota, cinq membres d’une même famille et certains de leurs proches ont été abattus sommairement parce qu’ils voulaient être dédommagés après avoir été dépossédés de leurs terres ancestrales par la société Vale. Leur seul crime, comme tout autochtone, est d’avoir considéré leurs terres et montagnes comme une divinité à protéger et un endroit spirituel. Pour AC et sa bande de nuls, les pierres précieuses ont plus de valeur que la dignité humaine.

Récemment à Siguiri et Mandiana, des voisins se sont violemment affrontés à cause de ces mêmes pierres précieuses. Partout au monde, la dignité humaine est élevée en sorte qu’une personne ne soit jamais traitée comme un objet. En Guinée, où est la dignité humaine ?

Où est la dignité humaine quand des enfants de moins de seize ans et des innocents croupissent en prison à cause de leur appartenance à une ethnie ? Où est la dignité humaine quand on peut détruire toute une famille à cause d’une mine de fer ? Où est la dignité humaine lorsque, pour aller à une élection législative, il faut sacrifier 58 personnes et blesser des centaines d’autres ?


S’unir pour mettre AC hors d’état de nuire en 2015 

Depuis sa cooptation en 2010 sous l’œil indifférent de ses soi-disant opposants, AC a toujours eu des discours, conduites et pratiques impérialistes envers son peuple. Certains compatriotes sont tellement désillusionnés de la prestation du « professeur », qu’ils le traitent de Burkinabè, tout simplement pour être en harmonie avec leur conscience. Un mécanisme psychologiquement « utile » visant à réduire et à justifier leur anxiété, n’est-ce pas Festinger ? Pour moi, AC n’est rien d’autre qu’un Guinéen qui fait du mal à des millions de Guinéens !

Avec AC, la Guinée est devenue le paradis des rapaces (Soros, Blair, Bolloré, Kouchner, etc.).

Il faut que la foule se lève pour chasser AC qui se comporte comme le « chef d'une bande de loubards » qu’un chef d’Etat d’une république et surtout mettre en garde nos dirigeants des partis politiques. Ils ont montré leurs limites et surtout se prennent pour une secte des Illuminâtis : les seuls qui sont censés diriger la Guinée. Ils pensent qu’ils sont les seuls à être en mesure de nous diriger.

Ils se connaissent tous, ne se disent jamais la vérité, se coptent entre eux et sont surtout guidés par des intérêts égoïstes. Ils sont heureux de danser entre eux au gré du vent au lieu d’assumer leur incapacité à nous sortir de la crise. Le seul travail qu’ils savent bien faire est d’étouffer le peuple avec leurs petites combines et des gros mensonges (voir les dernières élections législatives, les accords du 3 juillet, la mise en place du bureau de l'Assemblée nationale). La Guinée a besoin de ses enfants, et mieux encore elle a besoin d’un nouveau contrat social pour renforcer l’unité et la solidarité entre tous ses enfants. Pour cela, il faudrait sortir de cette division fondamentale (ethnocentrisme) dans laquelle AC nous a plongés.


Barry Tutankhamon

________________________
1Monénembo dans On n’arrête pas Sartre, guineeactu.info/debats-discussions/points-de-vue/3761-on-narrete-pas-sartre.html

2L’étrange histoire de Benjamin Button (The Curious Case of Benjamin Button) est un film dramatique américain de 2008. Le film met en scène un homme, incarné par Brad Pitt, qui naît vieux et qui rajeunit au fil des années. Source : wikipedia.org/wiki/L'Étrange_Histoire_de_Benjamin_Button_(film)

3A lire : Chronologie de rendez-vous manqués de Tibou Barry, sur forum.boubah.com/forum_posts.asp?TID=2373


AAA_logo_guineeactu_article
 

Facebook