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Lettre ouverte au ministre Ibrahima Kourouma
Boubacar Bah Lundi, 21 Juillet 2014 15:38
Monsieur le Ministre, et que vous
Suite au processus d’évolution vers la médiocrité de notre système éducatif sous votre commande, je vous adresse cette lettre ouverte dans le but que vous la lisiez et que vous prêtiez attention aux différents points que je vais aborder. Depuis que vous êtes à la tête de ce dit ministère, vous avez entrepris de nombreuses réformes que nous avons saluées parce que nous pensons que l’avenir de la Guinée a pour base une jeunesse bien formée.
Depuis 2011 vous avez été accusé d’avoir limogé tous les Directeurs préfectoraux de l’Education (DPE) qui étaient supposés ne pas appartenir au RPG - Arc-en-ciel, et ce limogeage de masse des cadres généralement bien formés et intègres, qui avaient été nommés après la mise en place du gouvernement de consensus de Lansana Kouyaté, avec Dr Ousmane Souaré au ministère de l’Enseignement pré-universitaire. Vous vous êtes attelé à attifer le système éducatif guinéen avec un bon nombre de réformes, vous avez mis en place un système d’évaluations mensuelles à la place des évaluations trimestrielles, ces évaluations mensuelles poussent les élèves à être réguliers dans les salles de classe. Vous avez crié tout haut avec votre slogan de « tolérance zéro vers l’excellence », slogan qui a été une honte cette année.
J’évoque bien sûr cette année qui est sans doute la pire année de l’école guinéenne, les désagréments commencèrent par le remplacement des fiches d’examens par ce que vous appelez des « cahiers-réponses » si je ne m’abuse, remplacement qui n’a pas été effectif partout car même les enseignants n’étaient pas initiés à l’utilisation de ces cahiers-réponses, à plus forte raison les élèves. L’épreuve de philosophie a été ajoutée pour les élèves des options : sciences expérimentales et mathématiques, et l’épreuve de mathématiques pour les élèves de l’option sciences sociales, fait que je vitupère quand nous savons tous Monsieur le Ministre que ces matières dites non de spécialité ne sont pas enseignées dans plusieurs écoles pour, dit-on, décharger les élèves car les élèves ne sont pas évalués dans ces dites disciplines.
Les réformes se mènent dans un processus bien organisé et non à la « va vite » Monsieur le Ministre.
Les graves incohérences de ces examens nationaux commencèrent lors du Brevet d’études du premier cycle (BEPC). Même si lors de ce BEPC des fuites n’ont pas été signalées, il y avait quand même eu des anomalies que je dirais gravissimes, des élèves qui ont passé le BEPC ayant avoué qu’ils avaient leur téléphone dans les salles d’examen et au gré des surveillants, des surveillants qui réclamaient de l’argent aux candidats pour inverser les rôles et donc surveiller les délégués alors que les élèves ouvraient leurs documents, communiquaient avec l’extérieur par le biais des téléphones…
Le baccalauréat unique qui a suivi ce BEPC fut l’une des pires parodies d’examens que l’école guinéenne ait connues, des sujets d’un examen national vendus dans tous les marchés et la quasi-totalité des élèves ayant reçu ces sujets plusieurs heures avant le lancement des épreuves respectives.
Monsieur le Ministre,
Suite à votre obsession et votre position de nier tout en bloc j’ai été vraiment déçu par votre position, d’une part vous annoncez qu’en cas de fuites les responsables de ces fuites subiront la rigueur de la loi, et vous concluez enfin qu’il n’y a pas eu de fuites. Vous dites par ailleurs que vous n’annulerez pas un examen pour le reprendre, ce qui est gravissime quand on sait les conséquences de ces fuites et fraudes massives.
Vous avez sacrifié cette génération d’élèves qui passeront en classe supérieur avec le plus faible des niveaux, et c’est une autre génération de cadres guinéens qui viennent d’être trahis par vous. Vous vous êtes obstiné à donner des résultats avec un travail de correction vraiment bâclé, vous annonciez des résultats le vendredi matin et vendredi dans la soirée des centaines de copies non-corrigées ont été retrouvées dans un centre de correction.
Une fois encore prenez le temps pour bien faire ou faire faire votre travail, ne vous précipitez jamais Monsieur le Ministre.
Des préfectures entières comme Koubia ont enregistré que quatre admis toutes options confondues, qui sait si les copies de ces élèves ont été corrigées ? Je pense que cette question restera posée quand on sait que durant toutes les années précédentes cette préfecture a obtenu des résultats satisfaisants avec généralement plus de 80% de réussites.
Monsieur le ministre une fois encore je vous exhorte à démissionner même si c’est aberrant que vous qui niez toutes ces fraudes et fuites jetiez le tablier.
Vous ne démissionnerez pas, je le sais, mais à défaut de cela je vous donne des conseils. Ces fuites et fraudes de cette année ne peuvent pas être et n’ont pas été sanctionnées tout simplement parce que vous, le chef du département, vous avez nié cette évidence, cette impunité risque de pousser les mêmes cadres ou d’autres à tenter ces mêmes actes dans les années prochaines et ce sera le comble si ces fait arrivaient à se reproduire sous votre règne au ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation. Exhortez le ministre des Finances à ce que les primes des surveillants soient disponibles le jour de l’examen surveillé, parce que ce retard de primes peut tenter les enseignants à se chercher le prix du pain chez les élèves et au prix de laxisme dans la surveillance.
Revoyez vos cartes Monsieur le Ministre !
Très respectueusement !
Elhadj Boubacar Bah
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Commentaires
Koto AOT : ceux qui ont fait le bac dans les années 1990 savent bien le refrain soussou "Téwé NanaModou fafé".
En 2001, je travaillais sur le programme d'une ONG à Kissidougou mais je sais la panique que sa venue a créé au niveau des candidats et même des cadres de la DPE. Malheureusement je n'ai plus entendu parler de lui. Il a du être retraité à un échelon bas
Je voulais justement dire la meme chose que ta conclusion, mignan...
En 2001, je travaillais sur le programme d'une ONG à Kissidougou mais je sais la panique que sa venue a créé au niveau des candidats et même des cadres de la DPE. Malheureusement je n'ai plus entendu parler de lui. Il a du être retraité à un échelon bas
Le Monsieur s'appelait NanaModou et tous les lycéens retenaient ce nom. La dernière fois que j'ai entendu parler de lui, c'était au début des années 2000 lorsqu'il est venu à Kissidougou comme délégué du bac.
Si son incorruptibilité était réelle Il a surement du y rester jusqu’à sa retraite...
Il faut tout de même rappeler que les fuites et tentatives de fraude sont une habitude en Guinée. Dans les années 1980 et 1990 un seul délégué (j’ai oublié son nom) était craint dans tout le pays car même les DPE et préfets n’osaient pas lui faire des propositions, le Monsieur était réputé incorruptible. Malheureusement dans notre pays, ce genre de personnes ne connaît jamais des promotions sinon il aurait mieux géré ce service des examens. Dans les années 1990, les rumeurs de fuites étaient très récurrentes et Conté en étaient même agacé une année par des demandes d’annulation du Bac. Juste pour dire qu’il y a un peu d’excès dans la partie du texte qui stipule que cette année est la pire de toutes en matière d’organisation des examens en Guinée.








