Moussa Bella Barry Mercredi, 07 Mai 2014 15:12
Est-ce que les camarades du RPG-Arc-en-ciel n’ont pas encore digéré la nomination du président de l’Assemblée nationale ou de celle à la Primature ?
Les diverses interpellations de notables de la mouvance présidentielle sur les cent (100) jours du nouveau gouvernement auraient dû être une occasion pour assumer la responsabilité des décisions prises par l’exécutif qu’ils soutiennent. Mais nonobstant cette donne politique, ces individualités importantes du parti refusent de prendre position pour soutenir le bilan du gouvernement. Pour ne pas se mouiller avec un premier ministre affaibli par un manque de résultats convaincants et par sa défaillance d’intuition politique, la dérobade se fait par des propos du genre « il est trop tôt pour faire un bilan ». On a l’impression que le premier ministre se limite à une simple gestion des imperfections dissimulées de ce pouvoir. Son briefing ressemble plus à la prédication d’un imam qu’à un discours du premier ministre.
Par ce refus de réagir pour soutenir le bilan des cent jours du gouvernement, l’impression est que les camarades de la mouvance se moquent du sort du premier ministre. Alors que c’est le président Condé qui serait le premier à pâtir du déboire de son premier ministre.
Ce n’est pas une offense à l’électeur de prophétiser que cette guerre silencieuse au sein de la mouvance, pour se positionner sur le court et long terme, risque d’être le préliminaire d’un choc mortel pour la succession du président Condé qui tourne autour de ses 80 ballets. Malgré la clarté de la constitution guinéenne qui donne des compétences et des champs d'action distincts aux partis politiques et à la fonction du chef de l’Etat, le président de la République continue d’être le chef occulte du parti RPG-Arc-en-ciel.
Il faut bien observer, pour éclairer et comprendre la personne Alpha Condé. Il est un enfant du centralisme démocratique jusqu’aux os. Alpha Condé se voit comme un alfatier. Il est habitué à s’imposer au parti et pense que sans lui rien ne marche. En se référant toujours à son rôle d’opposant historique, Alpha Condé surévalue sa capacité de mobilisation autour de sa personne. Alors que l’ascension en politique peut être un bonheur, mais également un artifice.
C’est très préoccupant que les acteurs majeurs de la mouvance présidentielle refusent d’accorder de l’importance à une question de dimension nationale, alors qu’ils ne manquent pas d’audace pour s’exprimer sur la riposte contre Ebola et de converser à satiété sur la journée internationale de la liberté de la presse, ou d’embrouiller les perspectives des élections présidentielles de 2015. Cela s’appelle un scénario boueux, une des malfaçons de la gouvernance, qu’il ne nous faut pas passer sous silence.
Vive la transparence dans la gouvernance de la Guinée.
Moussa Bella Barry
NB : Quelle malhonnêteté intellectuelle et morale même de la part du président du CNOSC ! Interrogé sur cette question de bilan des 100 jours du gouvernement Mohamed Saïd Fofana par un reporter, le Dr Dansa Kourouma, président du Conseil national des organisations de la société civile (CNOSC) indique : « Pour l’instant l’évaluation devient difficile, parce que nous avons été surpris de l’apparition de cette maladie ». Cela veut dire ne pas pouvoir faire un bilan des 100 jours à cause d’Ebola. Nö hersini.
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