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Projets de lois à l’Assemblée nationale : des questions qui découvrent
Moussa Bella Barry Lundi, 21 Avril 2014 16:08
Pourquoi ni le pouvoir, ni les parlementaires n’arrivent-ils pas à déposer une initiative de lois au début de la session de l’Assemblée nationale ?
L’Assemblée nationale guinéenne réussira-t-elle à jouer un rôle déterminant dans sa fonction de contrôle de l’exécutif ?
Les nouveaux députés pourront-ils donner à l’Assemblée nationale le rôle d’une institution représentative du peuple ?
Les députés pourront-ils éviter d’être pris dans la gadoue de leurs prédécesseurs ?
Ce sont-là des questions, auxquelles les réponses permettront de découvrir le degré de la compréhension du rôle de nos députés et du niveau de leurs principes patriotiques.
Il est établi dans notre constitution dans son article (§) 84 que l’initiative des lois appartient concurremment au président de la République et aux députés à l’Assemblée.
On nous rabâche, à l’étendue de journaux parlés et télévisés, et avec divers canaux communicants du nouveau gouvernement dirigé par le premier ministre reconduit, qu’il est à la tête d’un gouvernement dit de mission. Pour l’atteinte de ses objectifs, le Président disait notamment, qu’une attention particulière serait accordée au choix des femmes et des hommes. Son instruction pour la sélection est : la femme ou l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Il concluait par : les femmes et hommes de son choix auront en charge de mener la mission du changement. Parole du président Condé !
Conséquemment comme cela se doit, le premier ministre doit conduire la politique d’orientation du président de la République. Pour atteindre les objectifs fixés par le président, une feuille de route aurait dû préciser l’objet de la mission, les conditions et les modalités de mise en œuvre des objectifs fixés par le président. Pour réaliser les orientations du chef de l’exécutif, le premier des ministres aurait dû présenter des projets de loi à la session parlementaire. Les questions qui taraudent : le premier ministre est-il incapable de déposer devant le Parlement l’initiative des lois du président de la République ? Ou n’y a-t-il pas du tout d’initiative des lois du côté du président de la République ?
Dans des déclarations assourdissantes, des députés de l’opposition nous disent qu’ils ont dans leurs tiroirs une masse d’initiatives de projets de lois. Mais comme le président de la République n’arrive pas à faire un dépôt de projets de loi à temps, qu’attendent-ils alors pour déposer les leurs ? La constitution les leur permet !
Selon moi, le gouvernement n’a pas pu déposer de projets de loi au début de la session parlementaire, parce qu’il y a une désorganisation au sommet de l’exécutif et une confusion dans l’esprit de nos législateurs du rôle qui leur est dévolu. Est-ce que nos députés ont réellement conscience du rôle qu’ils ont à jouer à l’Assemblée nationale ?
Journalistes d’investigation, aidez le premier ministre à retrouver l’initiative des lois de la feuille de route du président de la République, et diffusez ladite feuille de route très largement pour informer le citoyen guinéen. Surtout alertez nos députés pour les aider, puisqu’ils leur manque de substrat pour exiger le dépôt de projets de loi par le gouvernement. Peut-être ceci donnerait de l’énergie au gouvernement. C’est possible que ceci puisse aussi par contrecoup inspirer nos députés. Beaucoup doutent que ce Parlement puisse jouer un rôle déterminant dans sa fonction de contrôle de l’exécutif.
Tenez bien ! Le pouvoir use actuellement de la procédure discrétionnaire pour la nomination des plantons aux directeurs des structures publiques sans instituer une directive de sélection. Le recrutement se fait dans une opacité totale. Dans ces conditions, il ne faut s’en étonner lorsque le changement, si attendu par les citoyens, prend du plomb dans les ailes.
Mesdames et Messieurs les députés, la constitution vous donne le droit de la création des catégories d’établissements publics. Donc ayez la capacité intellectuelle et la probité morale pour prendre votre devoir de contrôle de l’exécutif au sérieux, afin de limiter les dégâts de certaines promotions fantaisistes. Mais en réfléchissant aux connus habituels de nos législateurs, il est à craindre que les mêmes causes produisent les mêmes effets. C'est-à -dire que l’Assemblée nationale comme parlement d’enregistrement de l’intention du pouvoir ne refasse surface.
Après trois ans de pouvoir, le président Condé aurait dû savoir qu’il est entouré par des incompétents qui défendent tout excepté le changement. Les résultats obtenus par le pouvoir nous contraignent d’affirmer que, quelques promotions de cadres de l’Etat sont des agissements d’une pure arrogance, puisque ces attributions sont incompatibles avec aspirations du changement de la population, sinon comment comprendre que les autorités ne prennent pas en compte des critiques et des observations formulées par les divers corps sociaux ?
Le changement ne se fera que par des femmes et des hommes compétents et intègres. La patrie a besoin de tous ses enfants dans la reconstruction de l’État. La carte du parti peut être un argument de choix d’un cadre politique pour un poste politique, mais elle ne doit pas être un critère de nomination d’un cadre de l’Etat. Il est urgent que nos princes décideurs comprennent et admettent la différence entre l’Etat et le régime. Les régimes passent, alors que l’Etat est une continuité.
En Guinée, le système de recrutement des cadres de l’État n’est pas normatif. Pour être nommé, le diplôme et l’expérience ne suffisent pas, mais les atouts majeurs pour les attributions de postes sont : connaitre des intermédiaires, avoir des parents influents ou être militant de la mouvance présidentielle. Dans ce système de gouvernance des copains et des coquins, on se croit obliger de recruter au sein de l’Etat, de préférence des cadres militants malhonnêtes au lieu des cadres méritants honnêtes. Alors que le pays est fragile, très fragile et le peuple est impatient. Les députés de l’opposition et du pouvoir doivent donner l’exemple dans leur rôle de contrôleurs législatifs du pouvoir.
Moussa Bella Barry
Commentaires
Le cauchemar d'un Alpha Condé encore PRG après 2015 se dessine de plus en plus.








