Pour une élection transparente en Guinée : quelques éléments de réflexion

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Après deux élections bâclées ou presque, au moment où les acteurs politiques s’apprêtent à aller en campagne pour les élections communales et communautaires, et dans l’attente des présidentielles de 2015, je pense qu’il faudrait d’abord régler tous les préalables liés à ces élections, sinon on ne fera qu’une mise en scène artistique dans laquelle tout le monde jouerait son rôle. Ces préalables sont ceux liés à la préparation saine et rigoureuse des élections. Pour moi, des élections transparentes sont un bien commun en ce sens que non seulement elles épargnent des vies humaines, du temps et de l’argent, mais aussi elles nous permettent de sanctionner les mauvais dirigeants et de choisir ceux qui sont capables de prendre les bonnes décisions. C’est de ces préalables qu’il est question dans cet article.

On ne dira jamais assez que les pays en voie de développement sont mal gérés tout en pointant du doigt leurs dirigeants. Mais qui les choisit ? That is the question ! En fait c’est celui qui les choisit qui commet la faute puisque c’est lui qui fait le mauvais choix. En général on dit que c’est le peuple, mais est-ce vrai ? D’aucuns me diront que ce sont les occidentaux qui nous les imposent, pour d’autres nous n’avons que les chefs que nous méritons, pour d’autres encore, ce sont les occidentaux et nous-mêmes qui choisissons nos chefs, etc. Réponses erronées ou pas, mon intention n’est pas de donner la vraie réponse puisque je ne la connais pas. Par contre, je pense que nous pouvons choisir nos chefs si nous voulons, il suffit de s’y mettre et de prendre le dossier à bras le corps même au prix de notre sang. Pour s’en convaincre, il suffit de voir les exemples des pays comme le Sénégal, le Ghana, le Bénin et le Mali pour ne citer que ceux-là. Tous ces pays ont en commun le fait d’avoir mis tout en Å“uvre pour organiser sereinement leurs élections. Ils y sont parvenus en mettant toutes les parties prenantes (mouvance et opposition) au tour de la table et quelque fois même en invitant et/ou en exigeant la présence d’observateurs étrangers. C’est tout ceci qui leur a permis de créer les conditions nécessaires à la transparence de leurs élections. Pourquoi ne pas s’inspirer de leurs exemples ?

Pour le cas guinéen, si on se réfère aux deux dernières consultations électorales (présidentielles en 2010 et législatives en 2013), on est en droit de dire que tout a été bâclé ou presque. Par exemple pour les présidentielles, on voulait tellement vite finir avec la transition qu’on est allé avec toutes les imperfections depuis le recensement des électeurs jusqu’à la proclamation des résultats. Je dirais qu’on a confondu vitesse et précipitation. Résultat : tout le monde le connaît. Pour les législatives, c’était presque un dialogue de sourds. Pendant que certains voulaient faire un nouveau recensement, d’autres exigeaient une révision du fichier existant. Et puisque nouveau recensement et révision ne signifient nullement la même chose, en la matière seule la loi pouvait trancher. Dans ce cas, la loi prévoyait une révision et non un nouveau recensement. Mais il a fallu près de 3 ans, des morts inutiles (plus d’une cinquantaine) et la médiation internationale pour parvenir à cela suite à l’accord du 3 juillet 2013. Dommage ! Mais même cet accord souffrait d’une insuffisance notoire, celle de fixer à l’avance une date butoir pour tenir les élections sans avoir réglé tous les problèmes. Parmi ces problèmes figuraient entre autres la révision complète et l’adoption du fichier électoral, ceux liés aux cartes d’électeurs, aux bureaux de vote et à la centralisation des votes. Pour moi, c’est tout cela qui devrait être réglé et dans les détails avant de convoquer le corps électoral. J’avais fait cette remarque en son temps dans un de mes commentaires sur le site de GuineeActu. Hélas, non seulement la révision a été mal faite (il semblerait qu’on a révisé la liste dans certaines circonscriptions et pas dans d’autres, ou on a consacré plus de temps à réviser la liste dans certaines circonscriptions que dans d’autres). Pour quelle raison ? Vrai ou faux ? Allez savoir. Faut-il ajouter aussi que le fichier une fois conçu n’a pas fait l’objet d’un accord des deux parties (mouvance et opposition). Maintenant que le parlement est en place et que le débat n’est plus dans la rue, je nourri l’espoir que nos honorables députés feront tout pour régler tous ces problèmes électoraux avant les futures consultations. Pour moi, toute consultation qui se déroulerait sans avoir résolu ces préalables ne sera que du théâtre. Ou on fait des élections transparentes ou on ne fait rien. Nous passons donc en revue ces différents points.


1- Le fichier électoral

Le fichier électoral est le point de départ sinon la pièce maîtresse d’une élection puisque c’est lui qui permet de connaître le nombre d’électeurs et de voter. Un fichier électoral mal conçu donne d’office de mauvais résultats puisqu’il prive à certains citoyens leurs droits de voter pendant qu’il permet à d’autres de s’acquitter de ce devoir. Parfois il permet à des gens de voter alors qu’ils n’y ont pas droit soit parce qu’ils sont encore mineurs ou parce qu’ils sont des étrangers. D’ailleurs, pour le cas des mineurs, s’ils étaient indistinctement recensés dans toutes les circonscriptions électorales, cela ferait moins mal puisque cet état de fait ne fausserait pas fondamentalement le but recherché. Là où ça fait mal c’est quand on recense des mineurs dans certaines circonscriptions et pas dans d’autres. Toutes ces anomalies produisent comme effet le gonflement anormal de l’électorat des uns au détriment des autres. C’est ici le point de départ de la fraude. Pour l’enrayer, je ne dis pas diminuer, je pense qu’il faut permettre à tous ceux qui ont le droit de voter de s’inscrire et d’empêcher en même temps ceux qui n’en ont pas droit.

En ce qui concerne le vote des mineurs, le problème est que nos états civils ne sont pas fiables comme c’est d’ailleurs le cas dans la plupart des pays en voie de développement. En effet, combien de Guinéens n’ont pas d’acte de naissance et combien ont de faux actes de naissance ? Je suis sûr qu’à la minute qui suit cet article, un Guinéen naîtra quelque part en Guinée sans qu’il ne puisse avoir la chance d’obtenir son extrait de naissance. Dès lors que faut-il faire pour résoudre ce problème ?

Pour moi, il faut commencer par prendre des mesures à la base pour sécuriser l’état civil guinéen. Dans ce cadre, on pourrait instaurer la tenue obligatoire des registres de naissances et de décès dans chaque village ou quartier et dans les ambassades. Ces registres devraient être tenus par au moins deux membres lettrés du comité de district et un médecin ou infirmier pour conférer un caractère sérieux et sécurisé au document. Ces registres devraient être paraphés et tenus en trois exemplaires. Ainsi, à chaque épuisement, un exemplaire devrait être déposé au chef-lieu de la sous-préfecture, un deuxième au chef-lieu de la préfecture et le troisième conservé au district ou au quartier pour archivage. Ce sont ces registres qui devraient servir de base pour l’établissement des extraits de naissance. Ni les jugements supplétifs encore moins les fameux certificats de résidence ne devraient servir à recenser les électeurs sur la liste électorale. Au niveau national, l’État devrait se doter d’un système informatique central où seraient enregistrés toutes les naissances et tous les décès. Ainsi à la longue, on aurait un fichier fiable et sécurisé pour les générations futures.

En ce qui concerne le vote des étrangers, on constate souvent que certains étrangers détiennent frauduleusement des passeports guinéens. Il semblerait aussi que quelques fois des étrangers prennent part à nos votes à l’étranger. Par ailleurs, on constate souvent et à juste raison qu’on ignore nos compatriotes vivant à l’étranger lors de nos joutes électorales. Les autorités avancent généralement comme arguments, le manque de moyens financiers ou de temps nécessaire pour les recenser. Personnellement, je ne crois ni à l’un, ni à l’autre de ces arguments. Pour moi les vraies raisons sont qu’il y a plus d’opposants à l’étranger, de même qu’il y a plus de probabilité d’inscrire des étrangers dans la diaspora. Mais comment faire pour que nos compatriotes vivant à l’étranger et qui ont les mêmes droits et devoirs que ceux vivant à l’intérieur participent à nos votes sans que des étrangers ne s’infiltrent dans leurs rangs ? Travail gigantesque mais pas impossible. Pour moi on peut diminuer l’ampleur des dégâts dans un premier temps et y mettre complètement fin plus tard. Je pense qu’il faudrait instituer une interview à nos compatriotes vivant à l’étranger en plus d’exiger leurs extraits de naissance ou passeports et pas simplement leurs cartes de séjour. Le postulant devrait passer devant un jury composé de 4 membres chacun issu des 4 principales ethnies du pays. Les membres de ce jury devraient être choisis par leurs ethnies respectives en fonction de leur intégrité. Ils statueraient après l’interview si le postulant est guinéen ou pas. Parmi les critères, le postulant devrait au moins parler l’une de nos langues nationales et les questions porteraient entre autres sur l’origine du postulant, son histoire, sa connaissance du pays. Le postulant devrait en plus au moins citer trois témoins. Ces témoins devraient comparaître devant le même jury pour valider ou invalider les déclarations du postulant. Ainsi, on pourrait connaître plus ou moins les vrais guinéens et en même temps sécuriser nos actes civils.


2- L’opérateur électoral

Nul besoin de revenir sur l’affaire Waymark. Un opérateur technique peut produire des résultats tronqués, il suffit de le programmer dans un sens comme dans l’autre. Pour les prochaines consultations, l’opérateur électoral devrait être choisi sur la base d’un appel d’offre international et le contrat devrait être attribué par un jury composé à parts égales de la mouvance et de l’opposition.


3- Le recensement des électeurs

Le plus souvent, on donne peu de temps aux électeurs, de même que tous les moyens logistiques ne sont jamais suffisants permettant de recenser tout le monde. Manque de ceci ou de cela sont souvent le mot d’ordre. On devrait donner suffisamment de temps aux électeurs pour leur permettre de s’inscrire et suffisamment de moyens logistiques pour y parvenir.

Une fois le recensement terminé, on devrait publier en temps utile le fichier électoral provisoire pour permettre de le corriger. Le fichier définitif ne devrait être publié que si toutes les imperfections ont été prises en compte et corrigées. Un procès-verbal dûment signé par les deux parties (mouvance et opposition) devrait sanctionner la correction effective de ces imperfections. C’est sur la base de ce fichier électoral définitif qu’on devrait concevoir les cartes d’électeurs.


4- Les cartes d’électeurs

Le plus souvent beaucoup d’électeurs ne reçoivent pas leurs cartes d’électeurs pour diverses raisons (égarées, non conçues ou en retard). Il faudrait donner suffisamment de temps à la distribution des cartes d’électeurs. La CENI devrait recevoir et examiner toutes les réclamations des cartes d’électeurs non perçues ou égarées. Tous les litiges liés à ces cartes devraient être réglés devant une instance prévue à cet effet. La réception des cartes d’électeurs devrait elle aussi faire l’objet d’un procès-verbal signé par les parties prenantes (opposition et mouvance).


5- Les bureaux de vote

Le plus souvent on parle de bureaux de vote fictifs ou de bureaux de vote insuffisants. En fait, le nombre de bureaux de vote ainsi que leurs emplacements devraient être connus, immatriculés et acceptés de tous avant toute élection. Aucun bureau de vote ne devrait être ajouté ou retirer le jour du vote. Tout bureau de vote inconnu ne serait pas pris en compte dans le décompte final. Aussi dans la détermination des bureaux de vote, on devrait tenir compte des distances maximum à parcourir.

C’est quand tout ceci serait réglé qu’on devrait convoquer le corps électoral.

Tant que tous ces problèmes ne seraient pas résolus, on ne devrait jamais organiser d’élections chez nous. Tout le monde devrait exiger sinon descendre dans la rue, moi en premier, pour empêcher toute élection qui ne remplirait pas toutes ces conditions, car exiger des élections transparentes, pour moi, n’est pas une question partisane, c’est pour le bonheur de tous les Guinéens.


Conclusion

Si nous voulons que notre pays soit bien gouverné, nous devons nous débarrasser des médiocres. Et la meilleure façon, je dirais la seule façon d’y arriver, c’est de faire des élections véritablement transparentes, libres et crédibles. On me dira que personne ne peut organiser des élections et les perdre. Moi je dis, débarrassons-nous des préjugés, exigeons que les élections soient transparentes et crédibles. C’est possible. Dans le cas guinéen, le pouvoir seul n’ira pas aux élections sans l’opposition, d’ailleurs il faut l’y contraindre pour une question de transparence et d’équité. Faut-il noter que les législatives précédentes ont été reportées à maintes reprises à cause des exigences bien fondées de l’opposition. En plus, la communauté internationale s’intéresse de plus en plus à notre cas. Pour moi, personne ne doit plus prendre ou garder le pouvoir par la fraude. La fraude ne devrait plus être dans notre vocabulaire. La fraude est un crime. Aux acteurs politiques de nous convaincre par tout autre moyen : programme politique ou communautarisme ou quoi encore, peu importe, mais pas par la fraude ou l’intimidation. Il faut prendre le pouvoir et le garder par les urnes à travers le choix clairement exprimé par le peuple. Il faut que l’acteur politique guinéen ait peur de l’arme de l’électeur guinéen : son bulletin de vote. Il faut que l’électeur guinéen soit confiant que son vote est sacré et sera respecté.

C’est donc le lieu d’appeler tous les acteurs politiques (leaders, militants ou simples citoyens) à se lever dès maintenant en vue de préparer sereinement les échéances futures au lieu de se focaliser ou de se lancer précipitamment en campagne avant la lettre puis revenir plus tard et pleurnicher qu’on a triché untel ou untel.

En tout cas, le jour où nous ferons des élections véritablement transparentes, libres et crédibles, j’arrêterais de commenter la politique, je ferais de la politique et même si je ne faisais pas de la politique, mon but serait atteint.


Pokpa Holomo Lamah 
Connu sous le pseudo de Patriote 1
Economiste
 

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Commentaires  

 
0 #16 Balde Gando 04-03-2014 22:27

Je suis entièrement d’accord avec vos recommandations, Patriote. L’opposition doit dès maintenant mettre la pression nécessaire pour les implémenter. Car le statu quo profite au pouvoir actuel. On voit déjà les couacs concernant les élections communales et communautaires. L’appel d’offre international d’un opérateur, c’est maintenant. Il ne faut pas attendre d’abord la tenue hypothétique des communales avant de mettre tous ces points sur la table. Mais quand on entend que le Gouvernement n’a pas prévu de budget pour les élections en 2014, la partie ne sera pas aisée. Question : l’opposition ne le savait-elle pas lorsque le projet de Loi des Finances 2014 a atteint le CNT ?
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+3 #15 Optimiste 03-03-2014 16:13

Tres bonne analyse Mr Lamah!!!
Merci de continuer a partager ces analyses objectives et n'hesitez pas a les partager avec les Politiciens si vous avez une entree ou par personne interposee meme si vous vous dites qu'ils n'en feront pas usage, cela vaut toujours la peine d'essayer car il y va de l'interet de tout le monde que la situation de la Guinee change pour le mieux!!
Alors bon courage et il faut continuer et Felicitations pour vous etre devoile.
NB: Je suis sur que Mr Gandhi peut apprendre le Kpelle s'il veut et rapidement!!!
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+1 #14 Patriote1 02-03-2014 19:21

Salut à tous les commentateurs,
Je n'ai fait qu'évoquer des points de réflexion dont nous pouvons en discuter et faire des propositions sous forme de recommandation que toute la population guinéenne devrait s'inspirer pour le meilleur de notre chère patrie.
@Gandhi,
J'attends votre compte-rendu sur les recommandations de la MOEUE. Aussi je vous prierais de nous exposer clairement ce que nos lois et règlements prévoient en ce qui concerne chacun des 5 points que j'ai évoqués. Pour moi, il faut exiger que les principes soient respectés. Et dans ce cas, il faut qu'ils soient connus de ceux qui doivent le faire respecter. Par contre, il faut être pragmatique, on ne peut pas recommencer perpétuellement la même chose. Si la CENI est inopérante, qu'est-ce qui rassure qu'une autre fera mieux. Je pense qu'il faut plutôt se focaliser sur d'autres aspects et préparer plus intelligemment son remplacement au terme du mandat actuel.
@AOT, pourtant j'ai bien indiqué les dispositions pratiques à prendre.
@Fela Barry,
C'est justement pour cela qu'on doit se lever pour exiger des élections transparentes. J'ai bien souligné que c'est possible dans le cas guinéen et j'y crois.
@El Hadj Diallo,
Nos objectifs ne sont pas les mêmes. Vous vous luttez contre une personne, moi je lutte contre un système. Si Alpha part, qu'est-ce qui nous rassure que son remplaçant fera mieux ? Qu'est-ce qui nous rassure que seul le peuple pourra désormais sanctionner. Moi je vois le long terme, vous vous voyez le court terme. Je veux que nos enfants héritent d'un bon système même si nous pouvons nous considérer comme des générations sacrifiées.
@Abdoulaye Diallo, Rotterdam
Merci pour ton encouragement. En tout cas si Gandhi ne sait pas parler kpèlèwo, ça veut dire qu'il n'est pas guinéen (lol).
@Jhon Doe
Merci pour vos propositions mais soyons pragmatique. On peut revoir la CENI à moyen terme mais envisager son remplacement serait une perte de temps. Je dirais même que ce serait impossible.
@Se
Une fois qu'on aura épuisé tous les moyens que le droit nous accorde, il faudra s'il le faut imposer la rue pour que le droit soit respecté. Le hic est que souvent on n'utilise pas ou on n'épuise pas tous ces moyens. Si c'est cela la violence alors on est sur la même longueur d'onde. Pour ma photo, un peu de patience.
@Sékou Falil Doumbouya
Il est vrai que les groupes d'intérêt ont des influences non négligeables sur l'agenda des pouvoirs publics, mais avec plus de patriotisme on peut les contrer. Pour moi l'un ou l'autre des alternatives que tu cites peut nous sauver. Soit qu'au sein de l'assemblée nationale que le problème soit résolu, soit on exige la mise en œuvre effective de l'accord du 3 juillet 2013 avec l'appui de la communauté internationale qui est d'ailleurs partie prenante.
Quant à savoir qui va déclencher le processus, je dis il appartient à l'opposition d'abord par ses propositions à l'assemblée et son recours à la Cour Suprême et si ça ne marche pas, elle fait appel à la communauté internationale, si ça ne marche pas encore elle descend dans la rue. Je suis optimiste qu'avant la rue, on trouvera la solution en route. Mais comme tu le dis si bien, ces reformes doivent passer par un gros travail d'information sur les dysfonctionnements de notre mécanique électoral.
@Amadousdialamba
Comme je l'ai dit plus haut, moi je ne me bats pas contre un homme mais contre un système défectueux. Je pose comme postulat que si des pays comme le nôtre on pu faire des élections transparentes, alors nous aussi nous pouvons faire la même chose. Alors faisons comme eux. Si Alpha dit qu'il ne peut pas organiser des élections et les perdre pour moi ce sont des déclarations de campagne. Ce qu'il oublie (s'il a dit) c'est qu'on peut le mettre de côté, et organiser les élections et c'est possible. C'est en cela que se résume mon combat. Une fois de plus, ou on fait des élections ou on ne fait rien. C'est ce qu'il faut exiger désormais.
Bien à tous de m'avoir lu et commenté.
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+1 #13 amadousdialamba 02-03-2014 06:04

SVP lire à supposer qu'il n'était pas sous l'effet...
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+2 #12 amadousdialamba 01-03-2014 23:46

Cette question d’élections crédibles en Guinée reviendra autant de fois sur table, je maintiendrais autant de fois ma conviction sur son improbabilité. À part quelques rares exceptions, je suis sûr à 100 % aussi d’être le seul aveuglé par cette conviction. Fort de cette certitude, je ne me fatiguerais donc jamais de répéter que tant que c’est sont les gouvernements en place qui seront les maitres d’œuvre, aucune élection ne sera proclamée gagnée par les vrais vainqueurs. Même s’il était sous l’effet de l’eau de vigne, Alifa ne dormais pas quand il a dit qu’il n’organisera jamais d’élections et les perdre par la suite. Il n’y a pas plus exubérantes que les dernières législatives. Citoyens, Alifa, alliés, opposition, observateurs nationaux et internationaux sont tous convaincus qu’Alifa Con-dé n’a pas tiré tous ses députés dans les urnes. Les députés qui ont bénéficié aussi de cette farce électorale savent pertinemment que tout émolument touché est le fruit de ce cambriolage. Il ne faut pas oublier que la CENI c’est Alifa Con-dé. Le choix de l’opérateur, la révision de la liste électorale, les agents chargés de la procédure administrative, la Cour suprême, la RTG, les observateurs internationaux, représentés au pays (Philippes V), c’est pratiquement lui. Le transport, l’implantation et le ramassage des urnes, la fixation du nombre de votants par région, la centralisation des votes, les bulletins à annuler ou à confirmer, le taux de participation par zone, le gonflement des chiffres en sa faveur, la proclamation du résultat définitif, etc., en un mot, le tout c’est lui. Alors comment voulez-vous qu’il perde ? Cinq propositions me semblent probables pour essayer de contrer ou d’amoindrir la force de cette machine à fraudes à l’avenir : 1. Dire à tous ceux qui ont l’habitude de se faire acheter par des postes ou promesses de revenir à la raison. 2. Présenter une candidature unique contre le pouvoir dès le premier tour. 3. A défaut, en cas de second tour, négliger tout contentieux et appuyer la candidature de l’opposition. 4. Partir comme toujours en rangs dispersés, avec les conséquences que personne n’ignore. Enfin, 5. et c’est le plus important, en cas de victoire de l’opposition demander à tous les citoyens, sans considération ethnique et régionale de s’engager à défendre à tout prix leur droit civique. C’est là ma plus grande inquiétude.
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+3 #11 Sekou Falil Doumbouya 01-03-2014 22:05

Patriote : ton analyse sur les dysfonctionnements de notre mécanique électorale est pertinente et des experts indépendants en matière d’observation électorale (cf rapport de la MOEUE) confirment également certains de ces dysfonctionnements. Il faut craindre toutefois que la Guinée ait du mal à corriger ces dysfonctionnements quand on connait la difficulté de notre pays à organiser les élections présidentielles de 2010 et législatives de 2013. Il faut donc s’interroger sur les difficultés de mise en œuvre des cinq propositions de reformes que suggère ton analyse. Un obstacle important est le fait des groupes d’intérêt qui vont s’opposer aux reformes électorales. Les questions sous-jacentes sont les suivantes :
- Peut-on espérer, à l’Assemblée Nationale, la réalisation d’une majorité politique (au moins momentanée entre quelques députés de la mouvance et de l’opposition) et qui exclut ces groupes d’intérêt et qui a suffisamment de pouvoir de marchandage pour imposer le cadre juridique relatif à ces 5 propositions de reformes ?
- Si la majorité actuelle (RPG et alliés) contient les groupes d’intérêt opposés aux reformes électorales, peut-on concevoir un mécanisme d’incitation qui maintient ou accroît les avantages de ces groupes mais réalise la reforme souhaitée par l’accord politique signé entre la mouvance et l’opposition en septembre 2013?
- Qui va déclencher de telles reformes si la polarisation des positions de la mouvance et de l’opposition s’accentue : un choc externe, une pression des partenaires de la Guinée, un homme politique inspiré, un révolutionnaire, des citoyens éclairés ou la conjonction exceptionnelle de tous ces facteurs ?
Dans tous les cas, ces reformes doivent passer par un gros travail d’information sur les dysfonctionnements de notre mécanique électorale.
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+8 #10 Se 01-03-2014 17:11

Je vois pourkoi Patriote1 s'est absenté pour un temps avec les commentaires. Ce papier contient plein de sagesses qui aideront l'opposition si elle les écoute et les applique. Je dois dire quand meme que j'ai retenu ce passage "Par contre, je pense que nous pouvons choisir nos chefs si nous voulons, il suffit de s’y mettre et de prendre le dossier à bras le corps même au prix de notre sang." Alors ou est la difference entre le violent SE et le non-violent Patriote1? Je pense qu'on est tous sur la meme page! La difference n'est pas entre les violents et les non-violents mais plutot entre les Patriotes (1,2,3...) et les non-Patriotes. Lastly, quand verrons nous la photo du premier patriote de Guinée??????????
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+4 #9 A.O.T. Diallo 01-03-2014 15:47

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
Pour une fois, je vais défendre en partie Patriote. Oui la plupart des règles existent déjà dans nos textes, mais cela n'a pas empêché la fraude et les violations de la loi.
Soyons positif, AC a triché en créant un million d'électeurs supplémentaires en Haute Guinée (l'opposition était absente dans les Carle, et les absents ont toujours tort). De même, il a fait annuler des bulletins de vote spécialement dans les circonscriptions de l'opposition (mais cette dernière n'a pas fait son travail d'éducation, à Kindia par exemple, les enveloppes n'étaient pas fermées donc annulables). De même, il a fait annuler purement et simplement des bureaux de vote entiers (l'article 162 a transféré aux CACV le pouvoir de le faire sans justifications).
Concrètement, c'est un minimum aujourd'hui de compléter le Code électoral pour combler les vides juridiques, de changer encore la CENI qui est déficiente. Enfin c'est une obligation pour l'opposition d'être unie, pour être présente dans toutes les régions. Mais même avec tout ça, le peuple devra quand même se tenir prêt.

Merci Gandhi, voila justement la conclusion que j'attendais après ce constat très juste de notre patriote national.
J'encourage tous les forumistes a faire comme moi depuis récemment, suite a des très nombreux conseils avisés : finalisons nos analyses par des propositions "SMART" pour proposer des idées concrètes sur quoi faire pour avancer efficacement nos propositions.
Meme si personne ne les applique ensuite...
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+3 #8 JHON DOE 01-03-2014 15:15

Pour avoir des élections libres et transparentes en Guinée, il faut à mon avis, cinq éléments:
1- Un fichier électoral fiable et conforme aux normes internationales et à la démographie guinéenne, accepté de façon unanime par l'ensemble des acteurs.
2-Une CENI, reconfigurée en profondeur avec une nouvelle composition de ses membres élus selon le critère de la probité intellectuelle et professionnelle et non selon l'influence politicienne au sein des partis.
3-Une opposition cohérente, forte et solidaire, qui travaille sur des programmes politiques ayant le seul souci de sortir ce pays de sa "dormance" chronique.
4-Une population sensibilisée sur toute l'importance de la transparence électorale pour assurer tout développement dans un pays. Donc ce qui demande à sensibiliser les militants pour qu’ils aient le réflexe de voter en fonction des programmes politiques des candidats et non selon l’appartenance ethnique, linguistique ou régionale.
5-Mettre en place une structure mixte composée d'acteurs divers afin de veiller au bon déroulement de toutes les échéances électorales afin de faire barrage aux dérives de l'ethno-stratégie fondées sur la division, les intimidations et les campagnes de diabolisation de tous contre un comme celles connues aux dernières présidentielles.
Ces quelques éléments ajoutés à d'autres que je n'ai pas cités ici peuvent être des pistes de réflexion comme beaucoup d'autres proposés par la communauté des commentateurs.
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+8 #7 Abdoulaye Diallo, Rotterdam 01-03-2014 11:24

Citation en provenance du commentaire précédent de Patriote 1:
...Parmi les critères, le postulant devrait au moins parler l’une de nos langues nationales...

Même dans ce texte écrit en prenant du recul, Patriote1(P.H.L.) prend soin d'éviter Gandhi...Lol. Tu n'y pourra rien mon frère avec ce critère car il apprendra vite le malinke' (Le N'ko est enseigné en France. Lol)...
Merci pour ton effort Pokpa.
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+2 #6 Elhadj Diallo 01-03-2014 10:28

La seule action qui peut apporter un vrai changement positif en Guinee, c'est de chasser Alpha Conde et ses accolites du pouvoir. Et d'installer un gouvernement provisoir constituer de hauts cadres guineens appolitiques dont une majorite issues d'institutions internationales ou privees.Ils auront comme taches, d'etablir une feuille de route acceptee de tous, pour definir le temps qui leur est reparti; faire une mise a jour du fichier electoral, dissoudre la C.E.N.I.et mettre en place un nouvel organe pour supperviser les elections qui sera constitue de personnalites neutres venant d'institutions internationales et d'un representant par parti agreer. Toutes les autres institutions dites republicaines dissoutes. Nous pourrons avoir des elections transparentes, apaisees et accepter de tous.Si c'est ce gouvernement qui organise des elections, il faut pas attendre a autres choses.
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+5 #5 Gandhi 01-03-2014 09:19

Citation en provenance du commentaire précédent de A.O.T. Diallo:
Patriote démasqué tout ce que vous dites est bien juste et beau - mais on fait quoi ensuite puisque tout ceci existe déjà dans nos textes depuis 1958 mais que tous ceux chargés de les appliquer s'en foutent éperdument ?

Pour une fois, je vais défendre en partie Patriote. Oui la plupart des règles existent déjà dans nos textes, mais cela n'a pas empêché la fraude et les violations de la loi.
Soyons positif, AC a triché en créant un million d'électeurs supplémentaires en Haute Guinée (l'opposition était absente dans les Carle, et les absents ont toujours tort). De même, il a fait annuler des bulletins de vote spécialement dans les circonscriptions de l'opposition (mais cette dernière n'a pas fait son travail d'éducation, à Kindia par exemple, les enveloppes n'étaient pas fermées donc annulables). De même, il a fait annuler purement et simplement des bureaux de vote entiers (l'article 162 a transféré aux CACV le pouvoir de le faire sans justifications).
Concrètement, c'est un minimum aujourd'hui de compléter le Code électoral pour combler les vides juridiques, de changer encore la CENI qui est déficiente. Enfin c'est une obligation pour l'opposition d'être unie, pour être présente dans toutes les régions. Mais même avec tout ça, le peuple devra quand même se tenir prêt.
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+4 #4 Féla Barry 01-03-2014 04:39

Ce n’est pas à des conditions électorales optimales de toute transparence que nous devons le partage équilibré de voix préfabriquées de toutes pièces du dernier scrutin législatif. C’est le déluge infernal de haine dont AC est le promoteur industriel et le risque pays, le chaos qu’il faisait peser sur le pays tout entier qui ont mis à contribution la main invisible de la diplomatie francafricaine, somme toute elle n’y est pas allé de main morte, pour tempérer sa folie autocratique et attendrir l’opposition de ses désillusions : la cour suprême ne s’y pas trompée d’ailleurs en se défaussant de toute compétence !!! Depuis 2010 AC s’enfonce a vue d’œil dans une crise ténue d’illégitimité qu’il doit à une victoire à la Pyrrhus, l’économie politique fonctionne à la confiance. Incapable de faire preuve d’un civisme exemplaire, décomplexé des considérations ethniques , garant de l’égalité souveraine des citoyens, il a fini de discréditer la justice et de désacraliser les libertés publiques , de livrer le pays entier à la justice privée si ce n’est à l’ensauvagement généralisé des politiques: si malgré le rapport accablant de la MOEUE , l’opposition s’accommode encore de salamalecs pour aller aux élections comme d’autres vont aux jeux olympiques , ils finiront tous opposants hystériques frappés du syndrome de Peter , suivez mon regard !!!
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+2 #3 Le Voyant 01-03-2014 04:07

Patriote je me suis bien régalé….merci pour ton texte malgré ma dernière sortie contre toi (je suis sûr que tu étais fâché quand j’ai fait allusion au « TROLLISME » parce que tu avais mentionne dans un de tes postes adressé a AOT) la tu as brise la glace….. A vrais dire c’est ton texte et la sortie surprise ne notre nouvelle vedette (POLO) qui ont fait que j’ai décidé de mettre fin a mes congés sabbatiques (du forum bien sûr) et mettre dans la danse de sorcier…..Bien a toi patriote.
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+4 #2 A.O.T. Diallo 01-03-2014 01:38

Patriote démasqué tout ce que vous dites est bien juste et beau - mais on fait quoi ensuite puisque tout ceci existe déjà dans nos textes depuis 1958 mais que tous ceux chargés de les appliquer s'en foutent éperdument ?
Bref je ne vois pas la fin du fil conducteur de votre pensée dans ce texte et en particulier dans votre conclusion...
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+9 #1 Gandhi 28-02-2014 23:34

Patriote, je peux concevoir que vous me preniez pour un partisan (ce que je suis) et que je ne suis pas objectif. C'est admissible. Aussi je vous encourage à lire le rapport de la MOEUE, dont je ferai un compte-rendu bientôt. Il est très clair sur ce point. Il y a eu un recensement dans certaines régions et pas dans d'autres. Des villes ont explosé leurs statistiques, cependant que d'autres ont stagné. C'est écrit noir sur blanc.
Oui les députés devront régler les problèmes juridiques avant les prochaines échéances, c'est même une obligation.
Il existe des moyens simples de sécuriser l'état civil, y compris à l'étranger.
Concernant les cartes d'électeurs, les délais existent mais ne sont pas respectés, de même pour les BV.
En définitive, un texte dont beaucoup partageront l'esprit, et un encouragement à poursuivre l'écriture de textes.
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