Moktar Sall Vendredi, 28 Février 2014 19:17
Je persiste et je signe, la première cause de mortalité chez nous est bien, ironie du sort, l’hôpital lui-même.
L’hôpital guinéen tue plus qu’il ne sauve des vies, oui c’est vrai, nous marchons la tête à l’envers.
Une petite réflexion ou autopsie de l’hôpital guinéen m’amène à étaler ici ses maux majeurs apparents :
Primo
Les infrastructures : elles sont vieillissantes, insuffisantes, malpropres, pestilentielles, inconfortables.
Secundo
Le matériel hospitalier : rudimentaire, insuffisant, inapproprié, démodé, dégradé, mal entretenu…
Tertio (le Must, c’est l’aspect humain qui cloche)
Le PERSONNEL (corps médical), la majorité concentre les plus grands défauts :
Quarto
L’Etat apparait comme le principal responsable, car aucune étude n’a été diligentée de nos jours pour ne serait-ce que mettre le doigt sur le phénomène de « L’HOPITAL QUI TUE ». L’hôpital étant un service public est investi de ce fait d’une mission d’intérêt général qui doit être garantie par l’Etat (continuité, accès de tous les usagers à ces services, …).
Le médecin qui devait être un ange apparaît aujourd’hui comme un « SERIAL KILLER » qui tue en flagrant délit et sans être inquiété, sans même être interrogé, sans aucune enquête, ouverture d’information judiciaire, à fortiori une condamnation même symbolique pour amener le corps médical à faire montre de sérieux. Par manque d’action de la part de l’Etat, le mal de l’hôpital qui tue a encore de beaux jours chez nous.
Plein d’interrogations sur le rôle de l’Etat dans ce domaine de santé publique.
Qu’a fait l’Etat ces dernières années dans la construction d’infrastructures hospitalières, ou le renforcement des équipements de matériels hospitaliers ?
Depuis des années, nous assistons à la valse des Guinéens qui au moindre mal partent à l’étranger pour se soigner (Sénégal, Côte d’Ivoire, Maroc, Europe, …), nos gouvernants en premier créant de ce fait une fuite des capitaux vers l’extérieur.
Qu’est-ce que l’Etat a fait de consistant dans la formation des médecins généralistes ou des spécialistes dans les pathologies récurrentes et meurtrières en Guinée ?
Pourquoi l’Etat délaisse-t-il sans motif valable l’hôpital guinéen, alors que la santé, la nourriture et la formation devraient être la priorité des priorités dans la politique humaine de nos gouvernants ?
Nous autres, pouvons-nous continuer indéfiniment à nous taire sur le phénomène de « L’HOPITAL GUINEEN QUI TUE » ?
Pourquoi ne mènerions-nous pas des actions de dénonciation commune afin de mettre un gros coup de pied à la fourmilière ?
Il est de notre devoir d’agir, car au rythme actuel, c’est l’hôpital guinéen qui meurt à petit feu.
Moktar Sall
Paris
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