Mamadou Barry Lundi, 24 Février 2014 23:13
Une nouvelle fois, la girouette de la politique guinéenne cherche à survivre dans ce paysage politique qui ne veut plus de lui et le peuple de Guinée la prend comme une relation enfant - grand-père. Notre grand-père, après avoir vécu le temps de son papa, son temps et celui de ses enfants, tient coûte que coûte à vivre celui de ses petits-enfants.
Après plusieurs décennies au Bureau international du travail (BIT) à Genève, dans une couverture absolue, le lapin Doré a joué le jeu de Sékou Touré comme espion du dictateur pour compromettre ses opposants vivants à l’étranger. Sous Lansana Conté, notre lapin se convertit en leader politique parce qu’ayant échoué dans sa vie d’entrepreneur où il a failli faire l’objet de lynchage par ses employés. Il se retrouvera alors tant bien que mal à la première Assemblée nationale de l’ère du multipartisme intégral. La girouette jouera alors son meilleur rôle, celui des voltefaces au point que le général l’appelait en bon soussou : « Fouyanté ! » qui veut tout simplement dire : « vaut rien ! » Toute une image symbole !
A la fin de Conté, le lapin a joué sur la fibre ethnique et régionale pour se positionner auprès du capitaine Moussa Dadis Camara. C’est ainsi qu’il forcera le destin pour être le porte-parole des forces vives après avoir compris que les choses allaient se compliquer avec le jeune capitaine qui voulait renouveler la classe politique.
A la faveur de la transition, le général Sékouba Konaté dira que c’est notre lapin qui est le « patron », chef du gouvernement de transition, présidant tous les conseils des ministres. A ce titre, il fera personnellement campagne pour Alpha Condé en y apportant tous les moyens de l’Etat particulièrement en Forêt. On se souvient encore des motos pour les jeunes en Forêt.
Le deal avec Alpha : Obtenir d’Alpha Condé, l’honneur de former le premier gouvernement du professeur. Après s’être fait rouler dans la farine, le lapin ne désespère pas et se conforte dans sa position aberrante de centriste, afin de toujours jouer le rôle d’observateur du sens dans lequel le vent tourne et de se positionner en conséquence.
Le divorce avec Alpha Condé viendra de la décision de mettre en face l’un de l’autre, dans les débats lors du dialogue politique, le pouvoir et l’opposition. Le centre n’avait plus sa place et le lapin non plus. Il saisira alors l’opportunité de Waymark pour s’approcher de Cellou Dalein Diallo.
Le deal avec Cellou Dalein : Chasser Waymark et obtenir le soutien de Cellou Dalein Diallo en Forêt lors des élections législatives. A l’aise dans toutes les situations pour défendre ses intérêts, le lapin fera des sorties légendaires contre Alpha Condé et son régime dans la presse, sur la gestion des affaires publiques et la volonté manifeste de truquer le processus électoral. Mais avant cet épisode, on se souviendra qu’il avait lancé ici qu’il sait qui est responsable de cette fameuse histoire d’empoisonnement d’eau lors de l’entre deux tours de la présidentielle.
Finalement, Waymark est resté avec le vote des Guinéens de l’étranger, certes, mais le soutien de Cellou Dalein aussi est resté en Forêt pour permettre au vieux d’obtenir 2 sièges à l’Assemblée nationale.
Le divorce avec Cellou Dalein Diallo
Il faut être en Guinée pour voir un leader de parti politique, avec 2 députés avoir le culot de rêver même être président de l’Assemblée nationale. L’ordre naturel des choses voudrait que ce soit le candidat de l’UFDG qui prétende à ce poste de manière légitime. Le divorce étant consommé, le lapin opte pour la « destruction » pure et simple de Cellou Dalein :
Acte 1 : Faire un pacte, à nouveau, avec Alpha Condé pour voter pour le candidat du RPG et obtenir en retour, une place de vice-président qui revient à l’opposition.
Acte 2 : Le combat pour la vice-présidence qui revenait à l’UFDG. Les femmes et les jeunes de l’UFDG ont scellé le sort et le destin du vieux.
Acte 3 : La stratégie de dénigrement du leader de l’UFDG qui vise à la déstabilisation au niveau de la base électorale en faisant croire que c’est Cellou Dalein Diallo qui est en train de plomber l’opposition.
La dernière sortie du vieux pour charger Cellou Dalein de toute la responsabilité des difficultés de l’opposition, rentre effectivement dans le cadre de cette logique de « destruction ».
Complètement à terre dans l’opinion de ses compatriotes pour ses actes et comportements sur la scène politique guinéenne, le vieux cherche par tous les moyens à refaire surface et pour cela, il a besoin de s’attaquer au « maillon faible » de l’opposition comme il le dit si bien, qui est ce jeune technicien qui ne connaît pas la politique selon lui. Si on peut parler de technicien qui ne connaît pas la politique, c’est vrai que Cellou Dalein a eu le tort de faire confiance à un homme aussi peu recommandable que le leader de l’UPG.
Cellou Dalein ne répondra pas à Jean Marie Doré parce que pour le commun des militants de l’opposition en général et de l’UFDG en particulier, Jean Marie Doré n’a plus à faire avec Cellou Dalein, mais avec les jeunes députés de l’UFDG à l’hémicycle. Pour nous, Jean Marie Doré n’est rien d’autre qu’un simple député et sera traité comme tels désormais.
La transition a été la dernière chance pour ce politicien d’un autre âge de sortir par la grande porte de l’histoire de notre pays, mais seul l’élu de Dieu a droit à une sortie honorable.
A l’évidence, Jean Marie Doré fait partie des deux politiciens qui ne font pas honneur à
Mamadou Barry
Analyste financier