Mamadou Gando Baldé Jeudi, 13 Février 2014 21:27
La revendication d’une indemnité mensuelle d’au moins 25 millions de GNF de nos députés, à peine installés dans leurs fonctions, a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Elle a plutôt suscité la désapprobation d’un nombre non négligeable de nos compatriotes, vu le niveau de vie et les conditions précaires de la population guinéenne. En principe, le but de l’indemnité parlementaire est de mettre les députés à l’abri du besoin pécuniaire et des tentations, pour qu’ils puissent librement exercer leur mandat parlementaire. Aussi est-il légitime que nos députés jouissent d’une rémunération adéquate. Seulement, il faudrait qu’ils respectent la loi, eux les législateurs. Il est indéniable qu’ils n’en ont pas toujours l’habitude, comme ils nous l’ont si bien montré dans la composition des commissions de l’Assemblée nationale. En général, les rémunérations sont fixées par référence à d'autres salaires ou traitements. Le plus souvent, les salaires de la fonction publique sont pris comme base de calcul. Et tenez-vous bien, il existe une loi qui fixe les indemnités des députés guinéens. Mais comme on est en Guinée, cela ne semble même pas les intéresser. Que dit la loi ?
Il est à espérer que les syndicats ont des personnes de la trempe de feu Ibrahima Fofana (que son âme repose en paix) et de Hadja Rabiatou Diallo d’antan en leur sein.
Nonobstant tous ces arguments, il semble indécent que la première revendication de nos représentants soit d’ordre salarial. N’avons-nous pas des affaires plus urgentes à régler, comme par exemple l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens (desserte en eau, électricité, santé, éducation etc…), l’indemnisation des victimes, la libération des prisonniers… ?
Concernant la position de l’opposition parlementaire (dont les militants et sympathisants ont payé un lourd tribut), on peut sans ambages dire qu’elle commet une grave erreur politique en se mettant sur le devant de la scène pour réclamer ces indemnités. Pourquoi ne laisse-t-elle pas le RPG-Arc-en-ciel défendre cette revendication impopulaire, pour une fois qu’ils sont tous d’accord de manière évidente ? Les députés se résument-ils à l’UFDG et à l’UFR ? A la place des leaders de ces 2 grandes formations politiques, tout autre animal politique dirait officiellement qu’il est contre ces indemnités ou, le cas échéant, qu’une grande partie serait allouée à des associations caritatives (victimes du 28 septembre, de l’axe Hamdallaye – Bambeto - Cosa, de Zogota, et).
Maintenant, la balle est dans le camp des syndicats, de la société civile et de l’opposition républicaine extra-parlementaire, dont la constitution est vivement à saluer, pour veiller au scrupuleux respect de la loi !
Pour conclure, il ne faudrait absolument pas s’offusquer des velléités pécuniaires de nos députés. Mais, vu les argumentations développées plus haut, il serait plutôt judicieux de les soutenir dans cette démarche et pourquoi pas leur souhaiter même 40 millions ou plus d’indemnités mensuelles pour le bonheur… du peuple.
Baldé Mamadou Gando
Berlin, Allemagne
PS: L’incidence d’une augmentation de la masse salariale sur l’économie et le budget de l’Etat n’a pas été abordée dans cet article. Car ne faisant pas l’objet de ma démarche !