Ismaël Bah Mercredi, 22 Janvier 2014 19:13
Même dans la mort, Nelson Mandela a réussi à « unir » des dirigeants aux opinions différentes, a souligné mardi 10 décembre le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, lors de l'hommage à l'ancien président sud-africain.
Prenant la parole après le secrétaire général de l'ONU, Barack Obama a notamment salué Nelson Mandela comme un « géant de la justice », estimant que trop de dirigeants dans le monde se disaient solidaires de son combat pour la liberté mais ne toléraient pas la moindre opposition de leur propre peuple. C’est notamment le cas d’Alpha Condé qui a pour gouvernail « l’ethnie », un Malinké étant président, vient de « donner » la présidence de l´Assemblée nationale à la Guinée Forestière, le poste de la Primature à la Basse Guinée, et de poursuivre la guerre contre les Peuls, identifiés comme l'ennemi à abattre.
Cette lutte singulière contre un groupe ethnique est d’autant plus paradoxale, que la politique de Monsieur Alpha Condé visait le bonheur de tout le peuple. Les Peuls, bien que mis en accusation, ne sont pas pour autant menacés par les autres groupes ethniques. De plus, le même Alpha Condé a l’outrance de se réclamer du mouvement Arc-en-ciel. Celui qui a aussi voulu outrageusement singer le président Mandela a très largement échoué.
Aujourd’hui, le parti RPG-Arc-en-ciel n’est qu’une secte et n’apportera décidément jamais rien à notre pays. Même les cadres du RPG-Arc-en-ciel sont très remontés contre le régime en place qui, disent-ils, peine véritablement à répondre de manière efficace et diligente aux difficultés du monde rural, de l’école guinéenne, de la santé publique, du tourisme, du sport, de l’emploi, bref de l’ensemble des secteurs de la vie nationale. Conscient de son propre échec, il vient de dire lui-même que son gouvernement a fait un sale boulot.
L’absence de grands chantiers, le manque de politiques efficaces pour faire reculer la pauvreté et baisser le chômage des jeunes, ont conduit le pays dans une impasse. Les promesses de campagne, sur le plan économique et social, qui avaient suscité beaucoup d’espoir chez les Guinéens, tardent à se concrétiser. Cette déclaration avait été accueillie par une attitude couarde de l'ensemble de la classe politique nationale et par les autorités de la transition de l'époque. Aussi, il est grand temps que les véritables sages mandingues et leurs élites éclairées se démarquent radicalement des choix dangereux d'Alpha Condé. L’opposition actuelle est également responsable de ces dérives, il est temps de mettre ses différends entre parenthèses.
En politique, les mariages d’amour ou de raison débouchent souvent sur des lunes de miel fastueuses. Le mari couvre la mariée de cadeaux et de mots doux. Et vice-versa. Les nouveaux époux se jurent fidélité et se promettent monts et merveilles. Puis le temps passant, l’ennui gagne du terrain. La monotonie balaye les dernières miettes de passion qui chauffent l’ambiance du quotidien du couple. Les premiers coups de froid surgissent. Surviennent les tensions, les silences pesants, les premiers propos aigres-doux ainsi que, dans la foulée, les premières infidélités. Jusqu’à ce que le miel vire carrément au fiel. Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré ont connu ça avec Lansana Conté. Les deux hommes se réconcilieront plus tard, et le leader de l’UFDG n’a jamais nié que cette alliance avec Sidya aux présidentielle de 2010 a été une réussite. Un mariage raté/réussi. En langage moins policé, elle n’a pas porté les fruits de ses belles fleurs. Ni tiré les leçons de cette expérience malheureuse. Si depuis 2010, la casquette de transhumant que d’aucuns tentaient de faire porter à certains ne lui allait pas, la coiffe lui va à merveille cette fois-ci. Or même avec un poids politique certain, il vaut mieux être constant que caméléon.
Un bon homme politique doit s’armer d’un solide bagout intellectuel et de ressources conséquentes bien fournies. Et d’un sens éthique élevé. En politique, comme dans les domaines de la finance, des relations internationales, du commerce, du management, des sciences, entre autres, l’éthique est devenue une valeur cardinale. La crise économique et financière est passée par là. En Afrique où la prédation des ressources publiques, les magouilles d’État et toutes sortes d’actes de mal gouvernance, ont longtemps rythmé la marche des États, les populations exigent aujourd’hui de leurs dirigeants de la vertu. Et pas que dans leur manière de conduire les affaires. Les combats pour la liberté d’expression et pour la démocratie étant presque gagnée sur le continent, les peuples ont enclenché la bataille pour l’instauration des valeurs d’éthique dans le champ politique, sur le terrain public.
C’est ce que j’appelle « le changement des paradigmes ». Alpha Condé ne semble pas l’avoir compris en ne plaçant pas sa présidence sous le sceau de la gouvernance vertueuse. Et en Guinée, l’un des éléments principaux de ces valeurs d’éthique est la constance. Ne pas confondre avec la rigidité. Il s’agit de rester à cheval sur ses convictions, éventuellement accepter les compromis, sans jamais verser dans les compromissions.
J’en sais les exigences et à ce titre j’adresse un salut républicain à tous les leaders de l’opposition qui se sont battus pendant toute cette période et qui méritent à ce titre tout notre respect. Aujourd’hui il n’y a pas quatre Guinée qui se font face, il n’y a qu’une seule Guinée, qu’une seule nation, réunie dans le même destin. Chacune et chacun en Guinée, dans la République, doit être traité à égalité de droits et de devoirs. Aucun enfant de la République ne doit être laissé de côté, abandonné, relégué, discriminé et la promesse de la réussite sera honorée par l’accomplissement pour chacun, pour sa vie et pour son destin personnel. Alpha Condé a créé trop de fractures, trop de blessures, trop de ruptures, trop de coupures ont pu séparer nos concitoyens, comme l’a fait le supposé ambassadeur de Guinée vis-à-vis de la communauté guinéenne de France.
Aujourd’hui, toute l’opposition nationale, la société civile, et les amis de la Guinée, mais plus largement tous les républicains, et je salue les humanistes, doivent préparer le départ de Monsieur Condé en 2015. L’organisation de la mise en place d’une candidature UNIQUE de l’opposition est indispensable pour éviter l’embrasement de notre pays !
J’ai confiance en la Guinée, je la connais bien, pour surmonter les épreuves, nous redresser, nous l’avons toujours fait et, dans notre histoire, elle a toujours su surmonter les épreuves. Nous y réussirons encore pour 2015.
Et, désormais, nous devons être au service de la Guinée et je suis mobilisé dès à présent pour réussir ce changement. Telle est notre mission. Tel est notre devoir. Servir la République. Servir la Guinée. Servir au-delà de nous-mêmes. Servir les causes, les valeurs que, dans la future élection, nous devons porter.
Pour cela, il est impératif que les partis de l’opposition et la société civile se transforment en un mouvement qui lui, sera véritablement Guinée-Arc-en-ciel. C’est une condition impérative de libérer la Guinée d’Alpha Condé et son secte parti RPG-Arc-en ciel !
Ismael Bah
Président ONG GuinéeCodéveloppement