Mamadi Dioubaté Mercredi, 22 Janvier 2014 18:00
La Guinée post mascarade électorale : un pays toujours sans gouvernement crédible ni opposition organisée.
Montesquieu disait : « Il faut rechercher l’approbation, jamais les applaudissements ».
C’est dire le choix qui m’a guidé, c’est la volonté de parler en vérité de mon pays et de son avenir.
Aussi affirmer ma conception de la démocratie pour laquelle à un moment donné, j’ai tout abandonné pour aller l’expliquer aux amis, à tous ceux qui la partageaient afin de pousser le pouvoir dictatorial militaire sous la houlette du général Lansana Conté installé depuis les années quatre-vingt, sourd et aveugle aux ouvertures démocratiques sur le continent.
Aujourd’hui le temps est venu de parler en vérité de notre pays effondré et des efforts que nous devons accomplir afin de sortir notre pays de l’abîme dans lequel le pouvoir de Monsieur Alpha Condé l’a plongé depuis son accession à la magistrature suprême de notre pays.
Je n’ignore pas qu’il existe des gens pour qui parler en vérité choque ou dérange parce qu’ils sont sur la même ligne que Monsieur Alpha Condé, c’est-à-dire l’ethno-stratégie qui, mise en place, pourrait avoir des conséquences désastreuses pour notre jeune pays où il existe un taux d’analphabétisme dépassant les quatre-vingt pourcents.
Si par hasard des personnes n’étaient pas d’accord avec moi, je les prierais de me supporter. Peut-être entendront-ils au fil de mon analyse, d’un développement à l’autre, des affirmations avec lesquelles elles seraient d’accord quant au fond.
Le mensonge de Jean Marie Doré
Monsieur Doré, président de l’Assemblée du fait de son âge avancé, a présenté la démocratie guinéenne comme étant l’œuvre de quatre personnes, c’est-à-dire lui, Alpha Condé, Siradiou Diallo, Bah Mamadou.
Bah Mamadou et Alpha Condé peuvent revendiquer ce fait mais en aucun cas Jean Marie Doré n’y a participé.
Quant à Siradiou Diallo tout le monde sait le combat qu’il a mené contre la dictature de la première République, cependant il m’a dit : « Je ne ferai la politique que lorsqu’une ouverture démocratique se fera dans notre pays ».
Lorsque nous nous battions pour arracher aux militaires le multipartisme le sieur Jean Marie Doré était transitaire, le jour de notre première table ronde il avait été séquestré dans ses bureaux par ses employés qui lui réclamaient des arriérés de salaires. Ceux qui étaient à l’époque à Conakry peuvent en témoigner.
Bah Oury était présent au nom de l’UFD du professeur Alpha Sow, il pourrait dire le nom des syndicats et des partis politiques qui ont répondu à notre appel, c’est moi qui ai demandé au doyen Ba Mamadou de laisser le PDG participer car je savais le courage et les efforts qu’ils ont faits pour soutenir nos actions sur le terrain.
Monsieur Doré Jean Marie vous êtes venu après, lorsque le dictateur Conté eut accepté le fait « multipartites ».
J’ai rencontré le président Siradiou à l’aéroport de Conakry accompagné d’Alexandre Haba il m’a dit « Dioubaté il faudrait que tu reviennes, nous allons reprendre du service ». Je lui ai dit mon frère c’est trop tard, je suis maintenant ailleurs et il s’est allié au parti de Bah Jules où il était chargé de la communication.
Je voudrais que mes compatriotes sachent qu’aucunement le sieur Jean Marie n’a participé à notre lutte c’est après qu’il a compris et comme toujours il c’est pour se fondre dans les situations intéressantes qu’il a créé son parti.
Monsieur Doré Bla Soumahoro alias Jean Marie a causé énormément de tort à l’opposition guinéenne depuis la première République, nous aurons l’occasion de parler de cela prochainement.
Cependant tous les observateurs guinéens avertis savent que cet homme a été à la base de tous les problèmes de l’opposition depuis le FRAD, la Codem, etc...
Ce qui est surprenant c’est que nos hommes politiques continuent à tisser des liens avec ce monsieur malgré son absence de fiabilité.
Voilà un ancien premier ministre qui veut transformer un problème de droit commun qui a mis en danger notre vie en commun en secret défense, cela démontre le caractère monstrueux d’une personne à laquelle nous avons confié le destin de notre pays à un moment donné.
Je voudrais aussi m’adresser à Madame Zalikatou Diallo Traoré en lui disant que l’honneur d’un pays ne se traite pas par la trahison et que si elle avait du courage, elle devrait abandonner son mandat car elle fut élue sur liste du PEDN.
Ce qui intéresse cette dame c’est « me voilà » je suis députée, ce n’est pas la Guinée car la politique du gouvernement ne se déroule pas à l’Assemblée nationale.
Madame Traoré vous ne pouvez aimer la Guinée plus que nous, nous avons consacré plus de temps à nous occuper de notre pays que de nous-même c’est pour cela que nous nous battons ne serait-ce que pour la cinquantaine de jeunes tombés sous les balles des tontons macoutes d’Alpha Condé plus les deux cents jeunes tués lors des manifestations de 2006-2007, ajoutées aux tueries des démocrates au stade du 28 septembre par les miliciens du capitaine Dadis.
Prochainement en Guinée, lorsqu’une trahison interviendra, on dira: « il s’est fait zalikatouser » car vous n’avez pas fait honneur à la confiance que le grand patriote Lansana Kouyaté qui a toujours servi avec loyauté son pays à l’extérieur comme à l’intérieur, a placé en vous. Bon vent Madame, la vie continue et les historiens décriront demain votre ignoble comportement indigne des Mafori Bangoura et des M’Balia Camara que nous chantions toujours pour leur combat pour la libération de notre pays du joug colonial.
Madame le débat contrairement à ce que vous pensiez ne se déroule pas uniquement à l’Assemblée nationale.
Dans les pays de démocratie moderne le débat se fait partout: la Thaïlande, l’Egypte, d’avant Mohamed Morsi et après Morsi, la Tunisie, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, etc. sont des exemples actuels, si vous suivez l’actualité internationale.
Que pourrez-vous changer à l’Assemblée guinéenne où vous êtes minoritaire car le professeur a tout fait pour organiser une mascarade électorale en flouant le parti dans lequel vous avez milité, bénéficiant de la confiance sans faille de son président malgré les mises en garde de certains de ses militants.
Normalement le PEDN doit vous empêcher de siéger car après consultation d’un éminent juriste, vous ne pouvez siéger car élue sur liste et exclue du parti, c’est à la personne qui vous suit, et seulement à cette personne de prendre votre place.
Cependant connaissant la magnanimité du président Kouyaté, il n’accepterait pas de vous enlever le pécule parlementaire qui vous intéresse tant.
Alpha Condé racontait lors de la réception de ses fans à Paris que le Parlement ne l’effrayait pas car le régime guinéen est un régime présidentiel et que c’est lui qui prend les décisions et non les députés. Il aurait dû dire qu’en Guinée nous sommes dans un régime présidentialiste c’est-à-dire concentration des pouvoirs dans les mains du président, ce qui est une dictature.
Absence d’un gouvernement capable de relever le pays de ses ruines
A la prestation de serment du professeur je m’attendais à un discours de rassemblement après les drames du mensonge sur l’empoisonnement des militants du RPG, mensonge inventé par les maoïstes actuellement au pouvoir dans notre pays.
Alpha Condé qui n’était intéressé que par le pouvoir ne percevait pas le fossé qu’il venait de creuser entre les ethnies de notre pays et que ce fossé lui serait un rempart pour toutes les initiatives prises par les différents ministères car aucun programme n’était mis en place pour s’attaquer à la construction du pays et la réconciliation nationale.
Nous avons vu Alpha dans une décontraction consternante, s’adresser aux hôtes de la Guinée à la « Coluche », en riant. Or il s’agissait d’une prestation de serment.
Un cadre d’une institution africaine avec lequel je suivais ces évènements était tellement déçu qu’il s’est levé pour nous dire au revoir et souhaiter bonne chance aux Guinéens.
C’étaient les prémisses de la mise en place dans notre pays d’une dictature qui serait plus dure que les précédentes car il s’agit maintenant de la «la nordcorénisation» de notre pays, la république des « Kim Il Sung ».
Dans un discours frôlant le ridicule notre professeur parla sans fil conducteur. La Guinée is back, comme si elle avait démarré un jour. Il ne s’est même pas rendu compte que le président Ahmed Sékou Touré « himself » avait un peu avant sa mort commencé une ouverture car il savait que le pays était trop isolé et qu’il fallait entreprendre des grands travaux routiers comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire.
Ainsi « la Guinée is back » était un slogan vide et un non-sens pour nous qui luttions depuis plus de trente ans pour la démocratie vraie dans notre pays.
Un autre exemple de son discours: « nous allons construire le chemin de fer jusqu’à Bobo Dioulasso » Quelques minutes après il rectifia en disant jusqu’à Ouaga.
Là j’ai éclaté de rire car je me suis dit que le condèkè n’a pas bien digéré le rouge, que si nous ne l’arrêtons pas il mettra les rails jusqu’à Paris.
Après l’épisode de la prestation de serment le prési a mis en place un gouvernement de près d’une soixantaine de personnes, des doublons sur plusieurs ministères qui entraînèrent des bagarres entre certains ministres.
Aucun programme ne fut annoncé, c’était l’improvisation totale qui a eu son point culminant par l’obtention de l’IPPTE.
Le président ivoirien actuel a eu le courage d’annoncer que le travail pour arriver à l’obtention du PPTE avait été commencé par ses prédécesseurs, mais Alpha Condé n’a pas daigné dire au peuple de Guinée le travail effectué pour cette obtention par les gouvernements Sidya et Kouyaté.
L’affaire du 19 juillet viendra couronner cette illisibilité de l’action gouvernementale de Monsieur Alpha Condé.
C’est une affaire qui me tient à cœur car je suis entré en politique choqué par l’élimination physique souvent pour peu de choses, car des individus nous gouvernant s’approprient notre pays comme étant leur propriété privée.
Revenons sur cette affaire: le président à sa descente d’avion à l’aéroport de Conakry après une visite je crois au Libéria, déclare qu’il sait qu’un complot se prépare contre son pouvoir et pire qu’il connaît les commanditaires.
A la suite du président, d’autres officiers supérieurs de notre pays relayent l’information ce qui fait que le commun du mortel savait cette affaire.
Une dame nommée Fatou, dite Fatou Badiar, veuve d’un ancien officier des services de renseignement, rencontre des jeunes qui l’aident à déménager certaines affaires domestiques à cause des intempéries et à les mettre à l’abri dans une villa louée.
Jusque-là aucun indice d’intention maléfique à l’égard du pouvoir.
Cette dame malheureusement avait hébergé chez elle malgré les réticences de son défunt mari, une fille et c’est celle-ci qui la mettra dans les tracasseries dans lesquelles elle se trouve actuellement.
Le chef d’état-major de notre pays, ami du mari de madame Badiar, pensait qu’il pourrait hériter de cette femme puisqu’il se sentait le plus légitime pour cela.
En un premier temps on se charge de démanteler le service de renseignement du capitaine Dadis en arrêtant les jeunes qui ont aidé la veuve Badiar, une semaine avant l’attentat, et les voitures louées à un certain Mory Kaba sont neutralisées et mises à l’arrêt au camp ; ce qui fait qu’elles ne pourraient en aucun cas servir pour une attaque.
Deuxième erreur, madame Diallo est absente de Conakry, elle se trouve à plusieurs centaines de km de la capitale, elle est dans son village près de la frontière de Guinée Bissau pour son remariage.
D’après les avocats de la partie civile et le juge Fodé Bangoura, les ustensiles transportés devaient servir à faire la cuisine pour les mercenaires.
Tous les soldats du monde savent qu’en temps de combat, impossible de faire la cuisine car chaque soldat a sur lui sa ration de nourriture.
On utilise la protégée de Mme Badiar pour mettre la main sur son frère (de Fatou Badiar) et on oblige ce dernier à appeler AOB afin de compromettre ce dernier.
Cette histoire abracadabrantesque entraîna la mort de plusieurs personnes et l’amputation d’un jeune menuisier, père de famille âgé de moins de trente ans.
Ni l’opposition ni les organisations de défense des droits de l’homme ne sont intervenues pour crier fort et faire stopper cette machine de mensonges destinée à faire peur. Demain nous risquons tous d’être broyés car seul compte pour certains de nos compatriotes quelques billets pour dire des contre-vérités même si cela pourrait coûter la vie à leurs frères.
Ainsi le gouvernement d’Alpha Condé a brillé par sa médiocrité avec un programme illisible, incohérent et inopérant, qui a engendré un énorme fossé entre « les en-hauts de en-hauts et les en-bas de en-bas ».
L’absence d’une opposition organisée
Et les opposants exilés depuis la première République et sous Alpha Condé, c’est-à-dire ceux qui sont à l’extérieur du pays depuis plusieurs années, quelle est leur unité, leur action? Comment sont-ils organisés ? Pour ceux qui sont actuellement condamnés par contumace, quelle est leur réflexion afin que le drame qui les a portés dehors soit amplement connu dans le monde et y suscite des gestes de solidarité ? Comment se préparent-ils à revenir au pays tombé entre les mains des maoïstes sans vraie victoire sur le plan politique ? Dispersés sous plusieurs sigles nous ne parvenons pas à nous donner un nom collectif, à publier une analyse conséquente dans les domaines où l’incapacité de nos adversaires est plus que criarde.
Nous n’avons aucun organe de presse commun, et ne sommes pas organisé. Par conséquent nous n’avons pas encore construit en esprit l’alternative au pouvoir communiste de Monsieur Alpha Condé.
Je refuse en tout cas d’appeler actes d’opposition les manifestations de rue qui se produisent à l’occasion des venues en France du président ou de certains responsables. Ce sont plus des actes de protestation que d’opposition car ils ne sont faits au nom d’aucun programme global de lutte contre le pouvoir. Ils ne s’inscrivent pas dans le cadre d’un combat de tous les jours contre le régime guinéen. D’ailleurs tout le monde remarque que l’attention sur la Guinée et même sur les opposants à la dictature baisse lorsqu’il y a un officiel qui arrive à Paris.
Dans le même ordre d’idées, je déplore que les protestations qui revêtent la forme de lettres ou documents adressés aux autorités françaises laissent éclater l’état émietté de l’opposition. Les signatures sont si nombreuses que les destinataires doivent se poser entre autres questions celle-ci : quels sont ces opposants qui ressemblent à une nuée de sauterelles, sans hiérarchie ?
Absence de gouvernement crédible à l’intérieur du pays et d’opposition organisée à l’extérieur, comment s’explique cette situation ?
Ma réponse sera relativement brève, en deux parties: l’ethno-stratégie et la non fiabilité de certains qui, en mal d’être leader, se prennent comme tel.
Il n’y a rien de plus aveugle que le manque de discernement et de réflexion.
Nous ne pouvons vivre sur des périodes courtes d’enthousiasme, sans des analyses claires sur ce qui pourrait nous arriver.
A la mort du président Ahmed Sékou Touré et la prise du pouvoir des militaires à la suite d’un coup d’Etat, j’avais demandé aux leaders de l’époque de tempérer leur enthousiasme car je savais que les militaires non seulement feraient pire que le PDG, mais pilleraient notre économie, personne parmi eux ne m’a écouté.
Tous les mouvements d’opposition se sont précipités pour envoyer des messages de félicitations, je le sais d’autant plus que c’est moi qui les ai envoyés avec Roger Haba.
Certains messages avaient des connotations ethnocentriques.
L’ethno-stratégie prit forme à ce moment. Certains déclarèrent en pleine réunion de l’opposition que « la Guinée est un bœuf : Sékou a donné la viande aux Malinkés, les os aux Peuls et la peau aux Soussous pour en faire un tam-tam ». Aucun homme politique guinéen n’a pu contredire ce grotesque mensonge lorsque l’on sait ce que les Malinkés ont payé sous la première République.
Tous les cadres valables du haut fonctionnaire au fonctionnaire furent engloutis dans une révolution qui était devenue folle.
Cette vision a atteint son point culminant par la mort de plusieurs officiers militaires et civils d’une même région sans protestation de la part de tous ceux qui reprochaient à Sékou Touré la même attitude et certains se sont même attaqués au professeur Kaké lorsqu’il a écrit pour attirer l’attention de l’opinion internationale sur ce qu’on pourrait appeler la nuit de cristal guinéenne.
Alpha Condé lui-même a dit que ce sont les extrémistes malinkés et soussous qui se sont rentrés dedans.
L’opposition ayant compris le pillage et profitant du discours de la Baule et de l’effervescence des conférences nationales, surtout Alpha Condé, a changé de tactique. Lui Alpha Condé qui avait déclaré en 1985 que ce sont les extrémistes malinkés et soussous qui se sont affrontés et que le général Conté était au-dessus de la mêlée est subitement devenu malinké, prenant des cours de manlinké, se trouvant un village en Haute Guinée pour profiter de la frustration de cette ethnie de notre pays et en faire son fonds de commerce.
La force de notre président c’est qu’il sait analyser profondément les différentes contradictions des sociétés africaines.
Deux situations lui ont offert une énorme opportunité: les déçus du PDG et les frustrés de la bêtise de Conté, en insultant et livrant une grande communauté de notre pays à la vindicte populaire.
Le président a su flouer tout le monde dans les différentes organisations comme la Codem, le FRAD, etc.
Le gouvernement de Lansana Kouyaté lui donnait encore une occasion de pousser les pions importants en engageant une campagne de dénigrement contre ce dernier et en convaincant les membres du PUP et d’autres de le renverser car ce dernier commençait à avoir l’aval des militaires, lui qui réglait tous les problèmes qui se posaient à cette institution.
A la mort du général, tout en utilisant Cellou Dalein comme partenaire, il le fustigeait au bouillant capitaine Dadis et d’ailleurs je vous laisserai regarder l’intervention de ce dernier sur vidéo sur certains sites d’internet de notre pays c’est édifiant et éclairant sur le personnage.
Les différentes conférence de Ouaga et l’engagement personnel du ministre des Affaires étrangères française, son utilisation de Cellou, l’ont renforcé dans sa quête du pouvoir.
Lorsqu’il était absent à une réunion, il disait qu’il était d’accord sur tout ce que son frère Cellou dirait et fustigeait Lansana Kouyaté en le traitant de tous les noms (revoyez les discours d’Alpha Condé de cette époque).
Mais la situation de pays sans gouvernement crédible ni opposition organisée qui caractérise la Guinée depuis l’élection du professeur Condé ne s’explique pas seulement par ses origines imbéciles, c’est-à-dire l’ethno-stratégie. Elle est aussi et surtout la conséquence, d’une option, d’une stratégie : celle de gouverner ou de s’opposer, adoptée de part et d’autre en connaissance de cause.
Le chaos qui recouvre le pays est transformé en bannière pour ne pas dire en allié. Le pouvoir le brandit volontiers en disant: « c’est l’opposition qui m’empêche de travailler, d’éradiquer misère et chômage, de réussir la renaissance du pays ». De son côté, l’opposition pointe du doigt l’écroulement continu du pays : « Voyez comme ils sont incapables » !
Cette stratégie est dangereuse. Pour deux raisons. La première c’est le fait que le chaos est quelque chose qui ne se laisse pas geler, immobiliser, qui ne sait pas s’arrêter. Chaque jour qui passe, il s’approfondit. La deuxième, confirmée abondamment par l’histoire, c’est qu’une crise, un drame immobilisé, finit par chercher son issue, son exécutoire dans n’importe quelle direction.
Et les premières qui se présentent sont souvent celles qui ne le résolvent pas, qui l’aggravent.
La situation qui caractérise notre pays nous expose à de grands dangers. Lesquels ?
Dans une précédente intervention je vous avais parlé de Zadig, le célèbre roman ou conte de Voltaire, du chapitre intitulé Le corridor de la tentation. Ce titre peut convenir pour caractériser la situation surtout si nous mettons tentation au pluriel. Comme vous vous en souvenez, il s’agissait de plusieurs candidats au poste de premier ministre d’un roi nommé Nabussan. Serait choisi celui qui traverserait le corridor sans mettre la main sur la plus petite pépite des nombreuses pierres précieuses qui étaient laissées sans surveillance. La situation ne comportait donc qu’une seule tentation.
En Guinée, les tentations que peut générer son état de pays sans gouvernement ni opposition sont, elles, nombreuses. Voici les plus saillantes :
D’autres dangers existent car le chaos est tel que si une disparition brusque du président intervenait, cela engendrerait une déflagration totale de notre pays.
Dans une prochaine intervention j’expliquerai comment sortir notre pays de cet état sans gouvernement ni opposition.
Dioubaté Mamadi
NB: Je connaissais le remaniement du gouvernement, cependant je refuse d’en parler car c’est un non-événement comme la décision de Mme Traoré Zalikatou qui, en mal de sensations, essaie de nous donner des cours de militantisme. Que c’est tristement triste son acte de trahison !
![]()