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Peuls du Wassolon ou Wassolon-foulahs : « Si-nani » où sont-ils dans notre République éclatée de Guinée ?
Bakary Diakité Lundi, 13 Janvier 2014 01:34
Comme dit un proverbe du pays : « l’on ne s’assoit pas sur la termitière pour critiquer les termites ».
Ce n’est ni par compétence concernant les questions ethniques en Guinée, ni par ethnocentrisme, que j’ose aborder ici la question, des Wassolon-foulas. Ces Peuls qui ne parlent pas peul. C’est plutôt pour une raison simple : aujourd’hui la division ethnique est devenue une réalité sociologique en Guinée.
Muriel Devey, géographe et historienne dans son livre intitulé La Guinée écrit : « le Wassoulou : vaste territoire peul occupé jadis par les Bambara, qui s’étend sur les rives du Sankarani entre le Mali, la Guinée et la Côte-d’Ivoire ». Elle poursuit : « Les Wassoulounkés, des peuls sédentarisés qui ont adopté la langue malinké, sont des éleveurs et surtout des habiles agriculteurs ; dont l’ardeur et le soin qu’ils apportaient aux champs ont frappé René Caillé ».
Dernièrement Monsieur Ibrahima Sibibé a abordé la question des Wassolon-foulahs dans un article intitulé : « Histoire du Wassoulou, territoire peul "Malinkisé" où M. Sidibé explique comment les Wasson-foulas ont perdu l’usage de la langue peule ».
« Les Wassoulounkés ne sont que des populations peules assimilées, "absorbées" par les Malinkés sur le plan linguistique et culturel. D’aucuns ont tendance à les compter parmi les Malinkés vu le métissage avec ces derniers. »
Pour tous ceux qui connaissent un tant soit peu la sociologie de l’ouest africain du Mali, de la Guinée, du Sénégal, de la Côte-d’Ivoire, du Burkina, les « Si-Nani » Diallo-Diakité-Sidibé-Sangaré sont non seulement classés parmi les Peuls mais sont surtout « liés par le sang ». En effet dans toutes les contrées du Manden et du Wassolon, lorsqu’on me salue par mon Diakité, on rajoute systématiquement «Si-Nani» qui veut dire quatre noms : Diallo-Diakité- Sidibé-Sangaré. Dans la tradition cela signifie que les quatre noms sont complètement équivalents.
Une des traditions les plus tenaces du Manden est de classer les Si-Nani dans l’ethnie peule ; même s’ils ont perdu l’usage de la langue peule au profit du malinké. Cette tradition est d’autant plus tenace que le terme « Si-Nani » est devenu un nom de famille pour tous les Diallo-Diakité- Sidibé –Sangaré. Lorsque je suis allé dans le Wassolon profond pour la première fois, ce qui m’a frappé, c’est le brassage interethnique, en même temps l’existence de villages entiers de Sidibé, de Diallo, de Diakité et de Sangaré ; mais surtout la cohabitation pacifique des différentes communautés.
Dans la tradition mandingue, les Wassolon-foulas sont indiscutablement des Peuls. Cependant chaque Wassolon-foula se range dans l’ethnie peule ou malinké en fonction de plusieurs autres critères : les ascendants directs (père - mère), le lieu de naissance, l’éducation, la langue parlée… C’est devant cette bi-appartenance des Wassolon-foulas que je me pose la question de la place et du rôle de ces Peuls dans le débat ethnique de notre pays. Ici je donne un avis strictement personnel dans ce débat ethno-régional. Je le fais en tant que Wassolon-foula, mais surtout en tant que citoyen guinéen.
Mais avant de donner cet avis, il me parait nécessaire de préciser qu’une ethnie se définit par plusieurs critères : l’origine, la langue, la culture, la ressemblance morphologique et physique, les traditions, les coutumes. Parmi ces nombreux critères la langue est très importante, mais elle ne suffit pas à elle seule pour définir l’ethnie. L’appartenance ethnique n’est pas un mal en soi car c’est une réalité sociologique, mais surtout un facteur identitaire primordial. La question est de savoir, si nous les Guinéens avons un réel désir et une vraie volonté de vivre ensemble et de partager un destin commun.
C’est par une indigence politique et intellectuelle qui se base sur nos faiblesses pour nous diviser davantage, ce qui a abouti à l’ethno-stratégie et à la manipulation des communautés ethno-régionales. Le seul défi aujourd’hui pour tous, est de faire tomber ces barrières artificielles pour créer ensemble une communauté de destin.
La question de la place et du rôle de ces « Peuls-Malinkés » du Wassolon, dans la confusion socio-politique et la quasi-partition ethno-régionaliste de notre pays m’habite depuis un moment. En effet nous assistons, pratiquement impuissants à la destruction du tissu social à cause de la division ethnique. A mon avis les Wassolon-foulas ont un grand rôle à jouer dans le rapprochement entre les Peuls et les Malinkés, et dans la réconciliation nationale car les Peuls du Wassolon sont peuls et malinkés. En effet le Wassolon a toujours été une région d’intégration et de cohabitation de différentes ethnies, tous les Wassolonkas sont d’abord wassolokas avant d’être peuls ou malinkés !
En tant que Wassolon-foulas, j’estime que notre devoir c’est de faire en sorte que Peuls et Malinkés s’entendent, car je pense réellement que nous ne pouvons pas prendre parti pour les Malinkés coutre les Peuls ou vice-versa
Comme le dit un proverbe du pays : « l’on ne s’assoit pas sur la termitière pour critiquer les termites ».
Vive la Paix.
Vive la Guinée.
Dr B. Diakité
Commentaires
Monsieur Nimory, on est d'accord avec vous sur le fait que l'on a notre origine et l'on devient ce que l'on est par la culture!!
Je concede que l ethnie est principalemt definie par la culture. Omar El Bechir se dit Arabe alors que biologiquement il a du sang noir. Il est plus facile pr les Djallonkes de se transformer en Malinke, Soussou ou Peul. Linguistiquemt et geographiquemt ils st a equi-distance de ces ethnies. Les Peuls du Wassoulou sont de la caste des nobles au Mande. Cela fait qu ils st tres integres. Il est dit que beaucoup de Peuls a nom Malinke st de la caste des captifs. Cela rendrait-il lr integration difficile? Cpdt j admets que le Mande est confronte aussi a l injustice des castes. Lansana Kouyate malgre les hautes fonctions qu il a occupees est vu par beaucoup de Malinkes comme un petit griot. En conclusion ns sommes sur la meme longueur d onde et il est malsain de politiser l appurtenance ethnique.
La recherché de l'unite nationale est louable mais evitons les amalgamss. Les Peuls du Wassoulou sont Malinkes. Les Morianes sont Soussous malgre leur origine Maninka Mory. Les Camara, Kouyate, Souare du Fouta sont Peuls malgre leur origine Malinke. Les Keita de Kissidougou sont Kissi malgre leur origine Malinke. Moussa Dadis Camara est Guerze; Le ministre Ahmed Kante est Peul; feu le General Kelefa Diallo etait Malinke...Hmpate Ba a trouve la formule correcte en disant, "il y a des Bambaras qui se sont tellement foulanises qu'ils sont devenus Peuls et des Peuls qui se sont tellement bambaranises qu'ils sont devenus Bambara."
Monsieur Nimory, on est d'accord avec vous sur le fait que l'on a notre origine et l'on devient ce que l'on est par la culture!! il aurait ete tres interessant de rappeler cela a des regimes qui ont toujours voulu que les Camaras, Kouyate, Souare, Doukoure, Sidibe, Doumbouya du Foutah soient des "Mandingues" au lieu de Peulhs tout en considerant les "Sangare, Sidibe, Diakite et Diallo" du Wassolon comme "Malinkes" au lieu de Peulhs!!! Cela a ete le cas sous AST et c'est le meme amalgame que le regime AC essaie de faire avec la complicite des gens comme des Mansour Kaba etc...
C'est cela le probleme!!!
Adradiallo c'est l'experience qui le dit. Je n'est rien invente'. Le general Malien( Sangare) qui etait implique' dans la getion de la transition a ete accuse' d'avoir favoriser Alpha parcequ'il est malinke.
Oui Moussa vous avez parfaitement raison sauf que tout cela s'explique!! Les "Si-Nani" ont toujors eu du mal a exprimer leur Fulanite (complexe de minorite dans cette region? ou sous la premiere republique, valait-il etre mieux Malinke que Peulh? Volonte des autorites de l'epoque d'ooculter cela? paraitrait-il qu'un certain Toummany Sangare a eu de serieux problemes car revendiquant sa Fulanite? On se souveint des declarations recentes de AC sur Mandjan Sidibe " Mandjan Sidibe, que je veux arreter n'est pas Peulh mais il est malinke" donc du coup pour le commun des Guineens, tout "Si-Nani" est assimile aux Malinkes, ce qui est en soi n'est pas mauvais, mais il est toujours important de savoir d'ou on vient comme cela si on se part sur le chemin, on peut toujours retourner!!! De toute facon, on ne peut jamais nier la Fulanite des "Si-Nani" et ne les appele-ton pas Wassolon Fulas? c'est bien dommage que les politiciens nous amenet a ces debats!! le Peuple de la Guinee a tjs vecu des siecles dans le respect mutuel et chacun etait fier de ce qu'il est...mais Helas depuis l'independance, c'est la politique du Divisier pour regner!! VIVE LA GUINEE UNIE DANS SA DIVERSITE
Demandons-nous et si CDD avait gagné les élections en 2010!
Voila qui est clair comme l,eau de roche. Je suis parfaitement d,accord avec toi.
Il faut plutôt lire « imposer » dans le sens « influencer ». Il me semble qu’il y a effectivement des défenseurs de la pensée communautariste en Guinée, mais ils préfèrent souvent influencer les individus qu’ils visent (disons leur communauté). Plutôt que de te donner les noms de ces défenseurs diffus dans la société, je préfère te donner leur argument phare et mon objection de principe par rapport à cet argument. Ces penseurs/activistes estiment qu’un individu n’a pas accès à d’autres conceptions de l’identité indépendante de la notion de communauté, ni à d’autres approches de l’identité. Ainsi, le milieu social d’un individu serait ancré dans la communauté et détermine ses modes de raisonnement et ses lois morales. Je prends au sérieux cet argument communautariste car la communauté à laquelle un individu appartient peut avoir une influence déterminante sur la façon dont il perçoit une situation ou prend une décision (vote, recrutement,..). Mais cela ne saurait, en aucun cas, restreindre ou éliminer la possibilité de choisir son identité (plurielle) au terme d’un raisonnement construit. D’où mon insistance sur le développement individuel d’une capacité de choix.
En effet, en Guinee, il faut que l'on apprenne plutot a apprecier ce qui est positif chez l'autre et essayer de l'integrer et chaque groupe ethnique peut bcp apporter car chanter u'on est une famille, qu'on n'appartient pas a une ethnie, tout cela c'est bien beau, mais c'est de laTheorie de propagande mais il faut que l'on accepte notre diversite culturelle et voir cela comme une richesse et non comme un crime et essayer de s'accepter sans que chacun eassie de dominer ou d'assimiler l'autre!! le jour ou on comprendra que le Peulh verra seuelent le cote positif du Souusou, que le Toma cote positif du Malinke et Le Malinke le Cote positif du Peulh, alors on aura franchi une tres grand pas!!! mais tant que l'on ne voit que le cote soi-disant negatif (alors qu'a regarder de pres, les memes tares se retrouvent dans toutes les ethnies), alors nous n'irons nulle part!! Vive la Guinee riche dans sa diversite
Il y a eu ce qu'on a appelé "Sanankounya" qui permit l'intégration de nouveaux peuples venus qui ont adopté par eux même les Noms équivalents. Ce qui fait qu'on retrouve ce "petit jeux patronymique" entre toutes les ethnies et tous les noms du pays.
Et par syllogisme, tous les Diakité ne sont pas de Wassolon. C'est aussi vrai qu'un Keita de Moria ou KOUYATE de Fouta aura du mal à enseigner à ses petit-fils, l'histoire du premier ancêtre...
Vous dites, je cite : Le problème est que les penseurs communautaristes ou les activistes sectaires ont cette tendance de se substituer à l’individu en leur imposant d’accorder la priorité à l’identité ethnique par rapport aux autres composantes de son identité plurielle. Peux-tu me donner quelques exemples dans lesquels on a impose ou on impose d,accorder la priorite a l,identite ethnique par rapport aux autres composantes de l,identite. plurielle.
« Dans la tradition mandingue, les Wassolon-foulas sont indiscutablement des Peuls. Cependant chaque Wassolon-foula se range dans l’ethnie peule ou malinké en fonction de plusieurs autres critères : les ascendants directs (père - mère), le lieu de naissance, l’éducation, la langue parlée… C’est devant cette bi-appartenance des Wassolon-foulas que je me pose la question de la place et du rôle de ces Peuls dans le débat ethnique de notre pays.».
Je pense que ce genre de témoignage documenté contribue à un meilleur traitement de la question de l’identité ethnique en Guinée. Il est loisible d’étendre la portée du questionnement de Dr Diakité en se demandant comme suit : c’est devant la multi-appartenance des guinéens que je me pose la question de la place et du rôle de la liberté individuelle ou de la liberté de choix dans le débat ethnique de notre pays. Je peux être à la fois africain, citoyen guinéen, soussou d’origine moryanaise, résider en Guinée ou en Sierra-Leone, être économiste, aimer la philosophie, croire en la laïcité et à la démocratie, être un homme, féministe, défendre les droits de l’homme, croire aux vertus du marché. Ceci n’est qu’un bref échantillon des catégories (affiliations ou groupes) auxquelles je peux appartenir simultanément ; il y en a bien d’autres. Appartenir à chacun de ces groupes peut être très important selon le contexte. Lorsque ces groupes se font concurrence, l’un voulant être prioritaire sur tous les autres, l’individu doit décider seul de l’importance relative qu’il doit accorder aux différents constituant de son identité, et cette importance dépend du contexte. Le problème est que les penseurs communautaristes ou les activistes sectaires ont cette tendance de se substituer à l’individu en leur imposant d’accorder la priorité à l’identité ethnique par rapport aux autres composantes de son identité plurielle. Cela devient un problème car il peut être source de tensions sociales ou de violences. Une façon d’éviter cela est d’encourager les partis politiques et la société civile à discuter de l’inclusion et de la faisabilité de l’accroissement de la liberté individuelle de choix (pour tous les guinéens) dans leur éthique sociale.
@ Moussa ki dit ke Mr Sangare serait classe ds la colonne des Malinke s'il est ministre: En Guinee, ya des noms des famille ke generalement les guineens ne classe poa avant de connaitre la person. ces 4 noms cites par Mr Sidibe font parti, on y ajoute Camara, Drame, Tounkara, Souare, etc. y en a assez car les ethnie en Guinee ne sont pas homogene. Aimons la Guinee ds l'ensemble.








