Assainissement et hygiène publique : un autre domaine où le changement se fait attendre (2e partie)

Facebook Imprimer    

 

CISSE_Mamadou_01Dans la 1ère partie de la présente contribution, nous avons essayé de faire un état des lieux du secteur de l’assainissement, hygiène et environnement dans notre pays en mettant un accent particulier sur la problématique de la gestion des ordures. Nous vous proposons ci-dessous nos proposions de solution pour un réel changement dans cet autre secteur prioritaire qui devrait à présent mériter de l’attention de nos gouvernants.


2. Propositions concrètes pour une meilleure gestion des ordures et de l’hygiène publique dans nos villes

Comme rappelé dans la première partie, la Guinée accuse un grand retard dans la prise en charge des questions environnementales et d’hygiène publique par rapport aux autres pays africains. Pendant que le Rwanda devient le modèle en Afrique en matière de bonnes pratiques dans le domaine de l’hygiène et de la propreté du cadre de vie des populations, notre pays continue sa reculade et Conakry, autrefois appelée perle de l’Afrique de l’ouest, a l’allure d’une bourgade qui croupit sous le poids de ses ordures. Pour inverser la tendance, nous proposons nos pistes de solutions qui, sans être exhaustives, susciteront néanmoins le débat et pourraient aider les décideurs dans leur réflexion sur la question. Avec l’espoir que la nouvelle Assemblée nationale qui se met en place ainsi que l’équipe gouvernementale qui suivra, mettront tout en œuvre pour amorcer un début de changement dans ce secteur vital.

 

a. Elaboration/révision des textes réglementaires sur l’environnement 

La Guinée est réputée avoir de bons textes dont la mise en œuvre fait défaut le plus souvent. Selon les spécialistes, un code de l’environnement a été adopté en 1987 et le pays a participé à plusieurs conventions internationales telles que celle de Bâle, les recommandations de Rio, le protocole de Kyoto sur les changements climatiques, … Comme dans d’autres secteurs, il y a de bons textes mais tous les domaines ne sont pas couverts, sans oublier le fait que l’application de la réglementation fait défaut. Le gouvernement doit donc faire un toilettage et une adaptation au contexte actuel de ce qui existe comme textes réglementaires et envisager une application progressive (lieux publics, zones minières, industrielles et commerciales).


b. Trouver une solution aux conflits de compétence entre départements

Il est certes vrai que les questions d’assainissement, d’hygiène et de protection de l’environnement sont transversales et touchent plusieurs aspects. Toutefois, les querelles de chapelles et les conflits entre différents départements sont à la base du retard ou de l’échec de plusieurs bonnes initiatives, comme en atteste la première partie de ce texte. Il serait donc judicieux que le Gouvernement planche sur les prérogatives de chaque partie prenante et mette de l’ordre dans ses propres interventions. La création d’une structure autonome au niveau du ministère de l’Environnement ou rattaché à la Primature pourrait permettre de résoudre ce problème et de coordonner toutes les actions pour une meilleure efficacité.


c. Organisation de voyages d’études et benchmarking avec les pays qui ont réussi (Rwanda, Ghana)

Le Ghana et surtout le Rwanda constituent aujourd’hui des fiertés africaines en matière d’assainissement et d’amélioration de l’environnement. Il serait préférable que l’administration guinéenne puisse s’inspirer de ces réussites africaines pour un peu mettre de l’ordre. Au-delà des mécanismes opérationnels de collecte et de transfert des ordures, il faudra voir les textes, les cas particuliers de gestion des emballages plastiques, des déchets industriels, électroniques et hospitaliers, de la pollution atmosphérique (véhicules, climatiseurs, frigo, …). Au Rwanda, l’emballage plastique vous est retiré déjà à l’aéroport et la propreté des villes vous coupe le souffle, le Ghana a fait de très grand progrès dans le domaine de l’hygiène publique même si le pays détient un des 10 sites les plus pollués électroniquement (on pourrait s’en inspirer pour éviter un cas similaire chez nous).


d. Etude des meilleurs moyens de gestion des déchets à Conakry et dans les villes de l’intérieur 

Avec l’expansion de la ville de Conakry et l’explosion démographique qui l’accompagne, il est impérieux de revoir le système de collecte des ordures dans la capitale. Pour rappel, le système de collecte des ordures dans la ville se fait de la manière suivante : une pré-collecte assurée par des PME au niveau des ménages pour envoyer les déchets au niveau des zones de transfert aménagées dans le temps par le projet PDU3 (ou au niveau des carrefours transformés en dépotoirs ou des conteneurs offerts par certaines sociétés), une collecte au niveau de ces zones de transfert vers la décharge de la minière par le SPTD. Ce système est mis à mal depuis une dizaine d’années suite à l’essoufflement de PDU 3 (Programme de développement urbain 3e phase). Avec la nouvelle configuration de la capitale (plus de 2/3 de la population vivant en banlieue sans voirie), la question d’une réorganisation de la collecte s’impose. Un système hybride pourrait être mis en Å“uvre : pré-collecte puis collecte dans les communes de Matoto et Ratoma et collecte directe par camion poubelle dans les ménages dans les communes de Kaloum, Dixinn et Matam (où il existe de la voirie dans les quartiers). Une attention particulière devra être portée sur la réhabilitation des zones de transfert aménagées dans le temps par PDU 3 et complètement envahies aujourd’hui par les constructions. Dans d’autres cas, il faudra songer aux conteneurs comme bacs à ordures. Un dimensionnement technique permettra de calculer le nombre de zones de transferts et de conteneurs/bacs à ordures à installer sans oublier la dotation des espaces publics en poubelles (fabriqués localement et importés) pour éviter que les citoyens jettent les ordures n’importe où.

 

e. Comment faire payer par les populations les frais d’évacuation des ordures 

En l’état actuel, chaque usager s’abonne au niveau des PME de collecte et les bureaux d’administration des marchés sont chargés de la propreté de ces lieux spécifiques. Cette méthode ayant montré ses limites, il serait judicieux de réfléchir à d’autres mécanismes plus pratiques. Sans avoir la solution magique, moi je proposerais une réorganisation de tout le système et une solidarité dans la prise en charge de la collecte des ordures. Réorganisation parce que l’on peut bien tirer quelque chose des taxes et impôts payés par la population pour bien organiser ce secteur. S’il y a une bonne gouvernance, les taxes de marché collectées par les administrateurs desdits marchés devraient, avec une petite subvention de l’Etat, suffire pour l’assainissement desdits lieux. Pour les ordures des ménages, il est possible de faire payer une taxe environnementale modeste par chaque foyer et de subventionner le secteur par une partie des recettes tirées de la taxe d’habitation CFU (ce qui suppose une bonne gestion au niveau de la Direction Nationale des Impôts).


f. Relance du projet d’aménagement de la décharge de Kagbélen et plus tard d’aménagement de décharges dans les villes secondaires 

En tirant les leçons de l’échec récent du projet cité ci-dessus et en refaisant un nouveau dossier d’études, il est possible de lancer un dossier d’appel d’offres pour la construction de la décharge de Kagbélén avec les sous-composantes tri, recyclage et méthanisation. L’administration étant la même (ACGP et maitre d’ouvrage), rien ne garantit qu’avec cette reprise, le choix sera plus transparent et neutre. On peut alors adjoindre à l’équipe de passation un expert international pour un mois de travail dont le rôle est de s’assurer que le choix se fera conformément au contenu du dossier d’appel d’offres (DAO). Dans un second temps, le département doit faire une étude sommaire du système de collecte des ordures dans les villes secondaires (sièges des régions administratives) et faire un document qui pourrait être présenté aux bailleurs pour une levée de fonds (il faut profiter de l’annonce de 300 millions de $ US par la BID pour les 3 prochaines années).


g. Cas particulier des emballages plastiques

Avec la prolifération des sociétés d’eau minérale dont personne ne contrôle la qualité du produit, les petits sachets plastiques sont devenus une composante essentielle des ordures dans notre pays. A cela s’ajoute les sachets d’emballage lorsque vous faites votre achat chez le boutiquier du quartier ou dans une superette. Connaissant la nocivité de ces plastiques pour l’environnement, il est du devoir de l’Etat de rechercher des solutions et ne pas céder au fatalisme en la matière. Parallèlement à la sensibilisation, il est bien possible d’imposer aux sociétés d’eau minérale le recyclage ou tout au moins la collecte de leurs emballages dans les rues. Cela aura certainement pour conséquence d’augmenter le prix unitaire du sachet de 100 GNF mais le bénéfice pour le pays sera énorme. Il est aussi possible d’envisager avec des grandes superettes l’utilisation des emballages papier et de donner un délai de 3 ou 5 ans pour basculer vers une utilisation généralisée de ce type d’emballage à l’échelle nationale. Avec la volonté politique et un minimum d’organisation, on peut faire de petits progrès avec des moyens qu’on a.


h. Cas des zones minières 

La prise en compte de l’environnement est généralement le cadet des soucis des grandes multinationales minières, elles ne le font que sous contrainte. Une simple visite de ces zones vous fera comprendre que les clauses ne sont point respectées par les sociétés en ce qui concerne la remise en état des carrières, le reboisement ou le traitement des déchets industriels rejetés dans la nature. On a encore en mémoire le scandale de la SMD du temps où Papa Koly était ministre de l’Environnement. Il est donc urgent que l’Etat exige un respect des clauses environnementales par chaque partenaire et qu’il soit vigilant pour inclure dans les prochaines conventions des clauses qui prennent en compte la protection de l’Environnement. Comme rappelé dans la première partie, le Tchad a arrêté cette année la production pétrolière de la société Chinoise qui exploite le pétrole du pays en exigeant de celle-ci une meilleure prise en compte de questions environnementales. Cet exemple doit inspirer notre administration.


i. Les déchets électroniques 

Avec le chômage des jeunes et l’essor de la demande asiatique, la filière de collecte et de vente des déchets électroniques et électriques se développe à grande vitesse à Conakry. Sans attaquer de front (on ne peut leur demander d’abandonner ce secteur sans leur donner de l’emploi ; aussi c’est la seule façon de nous éloigner cette pollution électronique puisque nous n’avons pas les moyens de recyclage), il s’agira de voir comment réglementer une telle activité : sensibiliser les acteurs au danger, les former pour la protection, leur trouver un endroit pour cette activité, prélever des taxes, appuyer leur association en cas de différend avec leurs clients acheteurs, …bref les organiser afin que leurs activités soient profitables (pour eux-mêmes et pour l’Etat).


j. Instaurer une émulation entres les collectivités en matière d’hygiène et de protection de l’environnement

Dans le cadre du renforcement de la décentralisation dans notre pays, la mise en place d’un prix de la « commune la plus propre Â» pourrait inciter les autorités locales à la créativité et à la prise d’initiatives pour trouver des solutions aux questions d’hygiène et d’environnement de leurs localités. Sachant la fierté des administrateurs territoriaux à exhiber leurs tableaux d’honneur, une telle récompense ne manquera pas de susciter de l’émulation en leur sein. On verra certainement des petites initiatives d’aménagement d’espaces verts par-ci, de protection de forêts classées ou d sources d’eau par là sans oublier les lobbying auprès des sociétés installées dans leurs zones pour la prise en compte des questions environnementales ainsi que le financement d’activités s’y rapportant.


Ces 10 propositions sont loin d’être exhaustives pour une meilleure prise en compte de l’assainissement, de l’hygiène et de l’environnement. Elles ne sont que le point de départ d’un débat que nous espérons fructueux et responsable pour l’amorce d’un véritable changement dans ce secteur qui parait oublié. J’espère que les décideurs en tiendront compte, y compris les commentaires enrichissants qui seront faits par les uns et les autres.


Mamadou Cissé
depuis Conakry


AAA_logo_guineeactu_article

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+1 #20 Gandhi 29-12-2013 12:18

Citation en provenance du commentaire précédent de Cisko:
Donc à mon avis, certains font ce reproche à dessein par ce qu’ils n’ont pas autre chose à relever.

Pour ma part, je crois avoir parlé du sujet, ce qui ne m'empêche pas de noter l'absence de politique volontariste d'AC.
Citer
 
 
-3 #19 Cisko 28-12-2013 23:55

Cher Diaila;
Merci de pour tes observations. Les 2 points que tu soulèves sont assez importants dans ce débat. Ils ont été juste survolés pour ne pas rendre le texte trop long et indigeste. Sinon, en termes de solution de collecte j’ai parlé du système hybride : collecte directe par camions poubelles dans les quartiers qui ont des voiries praticables et pré-collecte avec charrettes et acheminement vers une zone de décharge dans les 2 communes à habitat spontané que sont Matoto et Ratoma. Ce qui manque certainement c’est la préconisation d’une politique saine d’urbanisation pour le futur. Personnellement, j’ai considéré que cela pourrait faire l’objet d’autres textes tellement le sujet est vaste. Mais je conviens avec toi qu’une meilleure politique d’urbanisation est nécessaire pour la gestion des ordures de nos villes au fur et à mesure de l’accroissement démographique qu’elles connaissent.
Pour le sujet de mauvaise gouvernance que le texte n’aurait pas suffisamment abordé, je n’ai pas voulu polémiquer avec des critiques faciles. Mais à toi qui est très proche du domaine, je pourrai donner la réponse suivante : la première partie du texte a relaté un cas flagrant de mauvaise gouvernance (choix de l’opérateur IC Transport motivé certainement par le fait que cette entreprise avait assisté la fondation de Mme la première dame dans ses opérations ponctuelles de coup de balai de certains quartiers ; arrêt de son contrat sans faire aucune situation ou réclamation alors qu’une avance aurait été payée). Pour le reste, la corruption du secteur, je crois que tu es au courant que depuis la fin de PDU3 Volet Assainissement, le SPTD ne vit que de la subvention de l’Etat pour collecter 1200 Tonnes. C’est vrai que le peu qui leur est alloué est mal géré mais si l’on doit parler de corruption aujourd’hui, c’est beaucoup plus les mines, les régies financières, les passations de marchés. La façon dont certains veulent que ce sujet soit débattu ne sied pas avec le secteur sur lequel porte le présent texte. J’ai déjà fait un texte sur ce cite pour dénoncer les nouvelles formes voilées de passation de marché (publication de l’avis à 5 jours de la date de dépôt, non publication dans certains cas et choix par gré à gré, …) ou l’impunité face au cas EDG. Donc à mon avis, certains font ce reproche à dessein par ce qu’ils n’ont pas autre chose à relever.
Merci et mes meilleurs voeux pour 2014
@ ALB : Merci pour votre proposition concernant les campagnes de sensibilisation des population.
Citer
 
 
+3 #18 Diaila 28-12-2013 01:45

Cissé, tu as abordé le problème d'assainissement et d'hygiène publique sous des angles très pertinents et notamment dans la deuxième partie qui traite des solutions. Car le problème lui est visible et connu de tous. Personnellement, je trouve que deux aspects fondamentaux à la résolution de la problématique sont passés à la trappe: l'Urbanisme dans son volet aménagement de l'espace et la Gouvernance. Malheureusement, la démonstration de l'impact des ces concepts sur le sujet qui nous occupe mérite plus d'un espace de commentaire pour son traitement. Mais pour juste nourrir le débat, comment assurer la collecte et le transport des ordures si les concessions sont inaccessibles aux véhicules faute d'urbanisation adéquate ? Ou alors l'impact de la corruption et le détournement de fonds publics dans ce secteur très onéreux ?
Je constate par ailleurs au dernier paragraphe de ton analyse(avec la juste et la prudence qui te caractérisent) que les 10 propositions ne sont pas exhaustives. Ceci explique peut être cela !
En tout cas bravo
Citer
 
 
+1 #17 Amara Lamine Bangoura 27-12-2013 23:21

Erratum:le deficit congenital de volonte politique reelle empeche l'application d'une strategie pragmatique. ...
Citer
 
 
+4 #16 Amara Lamine Bangoura 27-12-2013 21:10

Interessantes propositions d'assainissement environemental. Cependant le deficit congenital de volonte politique empeche l'application d'une politique pragmatique de protection et d'assainissement de l'environement. Par ailleurs, l'initiation d'une campagne reguliere de sensibilisation et de conscientisation autour de certaines habitudes et comportements favorisant l'insalubrite ou ayant un impact negatif sur l'ecosysteme s'avere une demarche incontournable. La conception retrograde de la preservation et de l'assainissement dont disposent les masses doit se metamorphoser en une dynamique de promotion de salubrite et de sante publique. Bien a tous! ALB -Birmingham ;AL -USA >
Citer
 
 
+5 #15 Bangoura Youssouf 27-12-2013 15:10

Je suis entièrement d'accord avec Kylé, aucune solution n'est possible tant que ce sont des ordures qui nous commandent . Depuis plus de 20 ans, les égouts de la commune de kaloum sont bougés, il n'est pas rare quand il pleut, de voir des matières fécales dans les rues entre Boulbinets et Sandervalia, ces quartiers sont pourris, il y a des concessions qui n'ont même pas des latrines, on se douche dans des grandes bassines à l'intérieur même de ces concessions .Il faut une vrai politique d'assainissement mais, en attendant, l'urgence est de trouver les patriotes ( les vrais ) pour nous diriger .
Citer
 
 
+3 #14 Gandhi 27-12-2013 14:48

Citation en provenance du commentaire précédent de Cisko:
@ Koto AOT; J'ai tenu à faire ce texte sous l'angle purement technique sans entrer dans les aspects politiques sauf ceux directement en relation avec le thème.

Tu as parfaitement raison, comme il est de notre droit d'y voir un aspect politique à ce gâchis. S'il n'y avait que la technique, je suis sûr qu'il existe des Guinéens capables de gérer ce problème. Aimé Césaire disait qu'« une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement, est une civilisation décadente » (Discours sur le colonialisme, 1955).
Citer
 
 
+2 #13 Cisko 27-12-2013 13:31

@ Koto AOT;
J'ai tenu à faire ce texte sous l'angle purement technique sans entrer dans les aspects politiques sauf ceux directement en relation avec le thème. Pour moi, il n'y a pas que la politique sans oublier de toutes les façons que les textes politiques foisonnent déjà sur ce site. Comme l'a dit Fatoumata, c'est aussi une façon de changer un peu d'air.
Citer
 
 
+1 #12 Fatoumata 26-12-2013 22:07

Texte assez instructif! Ca nous change de l'ordinaire....
Citer
 
 
+5 #11 A.O.T. Diallo 26-12-2013 20:03

Mignan Cisko un texte clair et limpide comme dhab avec toi.
Si je ne te respectais pas autant je dirais que tu l'as pompé ce texte dans un des cent rapports du tiroir principal du bureau du secrétaire général du ministère de l'environnement, abandonnés par la foultitude d'experts de la BM, de l'UE, de la France et et du PNUE venus constater en 1 semaine ce qu'il faudrait faire, bouffer des perdiems, nager a la piscine du Novotel et repartir le cœur tranquille d'avoir fait un bon boulot qui de toutes tacons ne sera jamais utilisé ni évalué.
Je pense que mes chers Amamdou-masque et Kyle ont pointé les vrais problemes que tu n'as pas voulu (intentionnellement?) pointer.
Ce qu'il faut faire pour redresser la situation en Guinée n'a rien de techniquement complexe sans aucun expert étranger nécessaire pour empêcher des cadres guineens de voler leur pays. La morale, l’étique et les hommes pour le faire sont la seule chose qui nous manque. Tu n'apprends rien de nouveau a ceux qui gèrent les services dont tu parles mais il n'y a pas de plus sourd que celui qui se bouche les oreilles et les yeux pour bouffer en disant "San Fou la Mor".
Rajoute donc comme 1e solution des ORL et des ophtalmos pour soigner les décideurs - de la présidence au chef de la décharge - après tout le reste coulera comme de l'eau de source avec des erreurs de parcours qui seront rectifiées avec l’expérience acquise...
Citer
 
 
+4 #10 Gandhi 26-12-2013 18:59

Citation en provenance du commentaire précédent de Cisko:
@ AC peut avoir des fautes, mais le pays ne se résume pas qu'à lui.

Bien sûr que si, AC est responsable de tout, il l'a avoué lui-même dans une interview à JA. Mais le touche à tout ne fait rien. Il faut savoir déléguer, ce qu'il ne veut ou ne peut pas faire. A quoi servent donc tous les gens pourtant payés, mais qui font semblant de travailler dans cette activité ?
Citer
 
 
+1 #9 se 26-12-2013 18:44

cest bien cisko. Ecrivez sur ce qui vous convient. on vous lira.
Citer
 
 
0 #8 Cisko 26-12-2013 16:47

@ Gandhi:
Je pense qu'il faut juste critiquer les choses sans chercher à tout ramener à AC. Il y a des pays qui prennent des Consultants internationaux, étrangers en général, pour certaines missions du genre de ce que j'ai écrit. J'ai même vu dans un pays un Etranger à la tête de certaines régies financières. AC peut avoir des fautes, mais le pays ne se résume pas qu'à lui. Tout n'est pas que politique et chacun de nous fait ses textes en fonction de ce qui lui parait important pour toute la nation.
Citer
 
 
+1 #7 Cisko 26-12-2013 16:07

@ Macky Sow;
AC est loin d'être mon parent, il est de Boké, je suis de Coyah. J'ai eu dans certains écrits à relever ce qui me parrait être l'aspect négatif de sa gouvernance : bras de fer inutile sur le plan politique, nominations partisanes (Forécariah est plus dotée dans les nominations alors que ce n'est pas une préfecture de la Haute Guinée), impunité (surtout le cas de Keita Abdoulaye de EDG), marchés de gré à gré (les cas de Bolloré). Après tout celà, il n'est pas interdit de faire des textes sur des domaines techniques et s'y en tenir car ce ne sont pas des textse à connotation politique qui manquent sur ce site. Donc je voudrais des critiques sur ce que j'écris mais de grâce quelqu'un ne doit pas me dire ce sur quoi je dois écrire. Pendant qu'on y est, vous pouvez faire votre texte pour faire ressortir les tares du regime comme vous le percevez.
Je vis en Guinée depuis toujours à part mes périodes de formation.
Merci de ta compréhension
Citer
 
 
+8 #6 Ibrahima Kylé DIALLO 26-12-2013 11:09

l'assainissement politique est l'unique domaine où le changement ne devrait pas attendre! Les vraies ordures ne sont pas dans les décharges publiques ou sauvages mais dans les hautes sphères politiques qui ravagent la Guinée!
Kylé
Citer
 
 
+2 #5 amadousdialamba 26-12-2013 02:32

Monsieur Mamadou Cissé, à mon avis, vos propositions sont simples, bonnes et suffisantes pour un début de solution. Il faut surtout éviter de se perdre dans des forets de propositions, car le sujet est brulant. Malheureusement nous avons une tête vide à la tête de notre pays. Donc les reste du corps complètement inerte. Comme vous l’avez si bien dit, la Guinée a des textes règlementaires bien élaborés pour tous les secteurs d’activité. Mais la volonté d’application a toujours fait grandement défaut. En décryptant ces propositions point par point, on se rend compte qu’elles ont un même point de rencontre ; comme toujours, la bonne gestion et surtout le respect des règles. Ce que moi je trouve ӑ rajouter est comment mettre des hommes capables pour la mise en œuvre de ces propositions ou pour améliorer le système déjà en place ? Est-ce que les actuels dirigeants ont les mêmes soucis que vous et moi pour ce sujet ? Si oui, seront-ils en mesure de remplacer les cadres qui ont échoués dans leur gestion par ceux qui sont présumés être à la hauteur ? Gros points d’interrogation. Au cas où ils parviendraient à mettre des hommes capables en place, il faudrait mettre les moyens à leur disposition, contrôler leur gestion et prévoir des sanctions en cas de manquement au devoir. Vous verrez que tout irait bien. Mais je doute fort de la volonté d’une gestion saine et rigoureuse des actuels responsables de notre République. Un pays qui ne parvient pas à gérer son environnement est un Etat déficient dans tous les autres domaines.
Citer
 
 
+4 #4 TOOLA 25-12-2013 23:23

PS: Merci pour le texte M. Cissé. La même rigueur appliquée cette fois à la gouvernance de koro ne pourrait un seul instant à cette conclusion simple: il doit dégager pour la survie du bled et du vivre ensemble. Je ne désespère de vous voir un jour, vous atteler sans ambiguïté à cette autre œuvre de salubrité publique.
Citer
 
 
+3 #3 TOOLA 25-12-2013 23:11

Je pense aussi qu'il est fondamental de changer l'approche qu'on a de simples "déchets" en les voyant un peu plus comme des matières qui sont non seulement réutilisables (recyclage) mais surtout profitables. Il s'agit simplement de valoriser nos déchets, car si le manque de moyens (en plus de l'organisation) est déterminant dans la situation actuelle, tirer partie de nos déchets pourrait alléger les dépenses de l'État et soulager les citoyens imposables en plus de favoriser un changement positif dans d'autres secteurs tels l'agriculture ou l'énergie. Quel est l'enfant de Conakry qui n'a pas un jour de sa vie monnayé un sac de "bafata" contre quelques franc glissants chez le forgeron? Cette approche est certes coûteuse mais peut à long terme être rentable si je me fie à ce qui se fait dans certaines agglomérations occidentales.
Il y a un autre point important sur lequel notre pays ne pourra pas faire l'impasse, c'est celui de l'arbitrage entre sa politique environnementale (souhaitée) et ses engagements à l'OMC, entre l'économie et l'environnement. Cette question vaut aussi pour les particuliers. Les entrepreneurs qui importent des biens de consommation pourraient bénéficier d'une taxation favorable selon que le produit importé (ou son emballage) soit respectueux de l'environnement ou pas.
Citer
 
 
+8 #2 Gandhi 25-12-2013 23:02

Euh, je crois que l'huile de coude devrait suffire. Il y a des gens qui sont salariés pour faire ce job, le minimum est de le faire. Par ailleurs dire à des analphabètes comme Resco que c'est la législation qui l'empêche de travailler est une insulte à Zachariou et d'autres. Affirmer qu'il faut faire des études de benchmarking pour savoir comment on ramasse les poubelles, autrement dit être titulaire d'un master en environnement et/ou développement durable risque de disqualifier de nombreux Guinéens (lol). L'éducation et l'exemplarité d'une part, les sanctions pécuniaires d'autre part devraient pouvoir résoudre le problème, pour autant que la gestion des déchets soit traitée en aval (enfouissement, recyclage éventuel par filières, compostage et incinération) peuvent constituer des solutions pérennes. C'est quand même incroyable qu'il faille un étranger pour vérifier la conformité du cahier des charges à la solution finale retenue. Pourquoi ne pas s'adjoindre un autre étranger pour vérifier les décisions d'AC ? Il en aurait bien besoin.
Au-delà des problèmes d'assainissement, car des équipements sanitaires peuvent voir le jour peu à peu, il existe des habitudes de jeter les détritus partout, de faire du bruit comme si nous étions au marché, du manque d'éducation, y compris la politesse et la courtoisie. Il faudra repartir de très bas et repenser l'éducation civique à l'école.
Rêvons un peu : il peut être possible de transformer Conakry en cité-jardin, en plantant des arbres à certains endroits, à des rond-points... Une communication à destination des responsables devra être instaurée pour les sensibiliser au mouvement « propre et vert ». Il faudra planter des milliers d'arbres, d'arbustes et de palmiers (après étude botanique et pédologique pour étudier les sols, et notamment les lessivages d'humus en période de pluie), le verdissement de la ville pouvant remonter le moral de la population et la rendre fière. Il faudra lui apprendre à en prendre soin et à ne pas les saccager, sans distinction des quartiers favorisés ou pas. Il faudra lutter contre les mouches et les moustiques, assainir les égouts et le canaux malodorants.
Persévérance et endurance seront les maîtres mots pour combattre les vieilles habitudes, car les gens piétinent les plantes, foulent l'herbe au pied (quand elle existe), pillent les rares parterres de fleurs, chapardent les jeunes arbres et garent leurs vélos ou motos n'importe où. Pour vaincre l'indifférence initiale, il faudra éduquer les écoliers en leur faisant planter et entretenir des arbres et des jardins. Ils transmettront le message à leurs parents. On pourra même instaurer une journée par an pour la plantation d'arbres, à laquelle participeront tous les députés.
On peut certes rêver, mais c'est possible... revenons sur terre cependant, cela ne se fera pas avec AC évidemment.
Citer
 
 
+5 #1 Macky Sow 25-12-2013 22:14

@M.Cissé ! Vous vivez où ? Vous signez de Conakry. Mais pensez-vous un instant que l’organisation de l’Etat et de ses dépendances, les nominations ethno-fascistes sont propices à vos solutions ??? Donc commencez par votre parent Alifa Koné, pour lui apprendre comment on travaille : se lever à 6h du matin, prendre sa douche, prendre son petit déjeuner, se laver les dents s’habiller pour être à l’heure au boulot. Et quand on y est, il y a des objectifs à atteindre sinon, c’est la porte ! Donc, pour que vos « recommandations » fonctionnent, il faut un minimum d’organisation et cette organisation manque en Guinée.
Citer