Moussa Bella Barry Mercredi, 25 Décembre 2013 17:55
Sans se référer à aucune preuve tangible, le ministre de la Sécurité de la République de Guinée déclare lors d’un point de presse : « je puis affirmer que les trois ans du professeur Alpha Condé au pouvoir sont globalement positifs. Et je dirai enfin que le bilan des trois ans concernant la sécurité est globalement positif ». Quelles fumisteries !
Selon moi, personne n’est en mesure de dissimuler la galaxie de ratés du pouvoir pendant ces trois dernières années. Cela ne sert à rien de se poser des questions là-dessus. Au point de vue de la sécurité des personnes et de leurs biens, ou de la bonne gouvernance tout court, le quotidien et l’ordinaire des Guinéens sont connus de tout le monde.
Rappel : en matière de bonne gouvernance, le best practice Prozess remplace l’idéologie et la pensée dogmatique. Autrement dit, la bonne gouvernance équivaut à la recherche d’une nouvelle méthode pour trouver des solutions pratiques à des problèmes existants, et non de la substituer par des incohérences. La bonne gouvernance se condense en ces trois mots participative-transparence-responsabilité, et elle ne s’accomplit toutefois que si sa pratique est réelle et non doctrinale. La bonne gouvernance tire sa légitimité par l’action publique plus efficiente et concernant l’intérêt général qui engage les citoyens. La philosophie de la légitimité pousse à associer les citoyens aux décisions pas seulement pendant le processus électoral.
Au point de vu sécuritaire, la déclaration ci-dessus du ministre de la Sécurité devrait être comprise comme un affront : le ministre Diané est-il obligé de désobéir à sa probité morale pour affirmer de telles énormités ??? Ou bien méprise-t-il la perception que les Guinéens ont eue de la sécurité au cours de ces trois dernières années ? Ou est-il un naïf frimeur ? Peu importe. Le ministre a prêté serment, pour garantir la sécurité des personnes et de leurs biens. Ce qui l’oblige d’avoir la juste vision des choses, ou de soutenir ses avis avec mesure pour les justifier par du réel, notamment au moment où l’insécurité inquiétante frappe toutes les couches de la société. Monsieur le ministre, le manque de résultats probants dans la gestion de la chose ne s’aurait se compenser par des déclarations tonitruantes vides de sens.
Lorsque le ministre de la Sécurité déclare : « quand le numéro deux de l’UFDG dit lorsqu’on tue, il est difficile de trouver les auteurs, c’est vrai, il a tout à fait raison..... », à entendre le ministre de la sécurité expliquer sa mission, on est contraint de lui dire, qu’il a failli à sa responsabilité. Nous constatons impitoyablement qu’il n’y a jamais eu d’enquêtes sur les meurtres perpétrés, que salement le ministre n’a pas offert des moyens appropriés pour retrouver les meurtriers. L’irresponsabilité des autorités administratives et judiciaires du pays donne l’impression d’un manque de volonté de protéger les citoyens contre cette criminalité foudroyante, sinon pour retrouver les auteurs des meurtres de Guinéens. C’est de la démission.
Prendre la responsabilité dit qu’on accomplit un acte, et avec ou sans fautes/erreurs, mais en essayant d’apprendre par la pratique et par du dialogue. Les diverses affaires d’assassinats et autres dérapages, sans que ne s’ouvre aucune enquête administrative ou judiciaire, sont aperçus par le guinéen et par l’étranger comme une assurance à l’impunité. D’ailleurs c’est l’une des pluies de cette absence de la justice qui contrecarre l’attractivité de la Guinée pour les investisseurs. Cela est aussi clair que l’Ameen à la mosquée Fayçal.
Lorsque la défaillance sécuritaire a atteint un certain point, c’est l’implosion de l’Etat, et n’importe qui est exposé à un danger. Cela se vérifie actuellement partout en Guinée, par différents meurtres, vandalismes et par diverses attaques à main-armée aussi bien contre le simple citoyen que contre la force publique. C’est pourquoi monsieur le ministre doit se rappeler que la chose publique ne se gère pas en fonction des partisans, encore moins d’adversaires, mais plutôt par des principes. C’est pourquoi la force doit rester à la loi. Point barre.
Moussa Bella Barry