Bingo, en plein dans le mille : comment « changer » la Guinée ?

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DIAKITE_Bakary_01Comme plusieurs compatriotes avant moi, je tire mon chapeau à Monsieur Alpha Amadou Bano Barry pour l’analyse objective, scientifique qu’il a faite du Mal guinéen dans son article intitulé  « Comment "changer" la Guinée ? ».

Je me réjouis d’autant plus que cette analyse émane d’un authentique universitaire guinéen qui vit les réalités du pays au quotidien. Inutile de dire ici que je soutiens entièrement sa proposition de dialogue inclusif. En effet comme l’avait si bien dit en 1992 le président fondateur de l’Union des forces démocratiques (UFD) le Pr Alfa I. Sow (paix à son âme) « s’il y a un pays où la conférence nationale souveraine s’impose après tant d’années de pouvoir autoritaire, d’anomalies meurtrières et de manquements graves à la dignité de la personne humaine et au droit des gens, c’est certainement la Guinée ».

Depuis la disparition en janvier 2005 de notre regretté frère le Pr Alfa Ibrahima Sow, je n’ai entendu, vu ou lu aucune analyse aussi fouillée, aussi pertinente sur les causes et les conséquences de la situation de confusion qui sévit dans notre pays depuis plusieurs décennies.

J’adhère entièrement au diagnostic de Monsieur Barry qui dit : « La Guinée est malade et depuis très longtemps. Elle est atteinte d’un "cancer généralisé" qui gangrène, ronge et détruit tantôt lentement, tantôt de façon accélérée, ses fondements vitaux Â».

J’adhère encore plus à son schéma de traitement qui affirme : « Ce changement que tous les Guinéens appellent de tout leur être doit aussi, pour réussir, être participatif. Le changement participatif implique que les citoyens adhèrent et deviennent acteurs du changement au même titre que les leaders politiques et d’opinions. Ce caractère participatif ne peut s’obtenir, qu’à l’intérieur d’un climat de confiance et de discussions franches et constructives. Au sortir de ce dialogue inclusif, participatif, véridique et dépassionné, la Guinée pourra réformer. Â»

A la manière d’un bon médecin, Monsieur Barry, face à ce grand malade, procède par une démarche scientifique en décrivant avec une extraordinaire précision les causes, les manifestations de la pathologie de la société guinéenne. Il finit par aboutir à un diagnostic implacable et il propose un traitement qui me semble incontournable.

Il m’est particulièrement agréable de souligner que Monsieur Barry, après une analyse plus que rigoureuse de la situation socio-politique désastreuse de la Guinée, aboutit à une conclusion irréfutable, à savoir l’absolue nécessité d’une CONCERTATION NATIONALE.

Je fais mienne l’idée d’une concertation nationale pour mettre des mots sur les maux de notre pays. Nous devons relancer sur l’éthique et la philosophie politique pour prétendre dé-ethniciser la vie publique dans notre pays.

Nous ne nous en sortirons pas en faisant la politique de l’autruche. Je soutiens de toutes mes forces l’impérieuse obligation d’un dialogue national : Vérité-Justice-Réconciliation.

« Il y a urgence à se parler, à discuter et à négocier en utilisant le vocabulaire qu’on voudra dans la formule voulue (états généraux de la nation, conférence nationale, assise nationale, etc.). S’il y a des mots qui dérangent, utilisons ceux qui ne fâchent pas. Cependant, les Guinéennes et les Guinéens doivent savoir que la Guinée ne peut faire l’économie d’une concertation nationale pour poser les problèmes, tous les problèmes et proposer des pistes d’un nouveau pacte républicain. Â» 

Dans un appel que j’ai eu à lancer au président de la République, je disais qu’aucune ethnie seule, aucune région seule, aucune coalition d’intérêts partisans, ne pourra sortir aujourd’hui notre pays de l’ornière. Il nous faut un grand sursaut national pour faire un dialogue ouvert et tolérant n’excluant personne, afin que nous puissions amorcer un réel redressement national.

« Seule une concertation nationale nous donnera l’occasion de nous débarrasser d'un passé de haines et d'humiliations, pour remettre notre pays sur la voie du changement, de l'unité véritable et du travail. L’enjeu de ce débat dépasse le destin d’un homme et d’un régime pour concerner le présent et l’avenir de tout un pays et ses habitants. Â» Pr Alfa. I. Sow

Je profite pour lancer un appel à la classe politique de notre pays, à tous les leaders d’opinion et aux intellectuels à méditer sérieusement sur cette analyse objective de Monsieur Barry.

En effet, elle met l’accent sur la nécessité et l’urgence d’une concertation nationale pour une vraie refondation de l’Etat guinéen, condition préalable et indispensable pour que nos populations retrouvent la sécurité, la paix sociale et l’amorce d’un développent socio-économique.

Il est plus que temps que nous sortions des débats stériles pour nous atteler à l’immense tâche de construction de notre pays qui passe par l’unité et la concorde nationales.

Vive la Paix !

Vive la Guinée !


Dr. B. Diakité


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Commentaires  

 
+2 #4 thiemabah 27-12-2013 15:33

Bonjour
Concertation National,assise Nationale, de bonnes idées.
j'ai vais juste faire remarqué que la guinée à dèja démarrer (j'y viens),aller voir, ecouter les gens,les voir à l'oeuvre,comprendre la mentalité ambiante.
Ce que je nous souhaite c'est de ne pas rater le train guinée
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+4 #3 Isa 24-12-2013 22:43

Dieu soit loué. L'heure du réveil semble avoir sonné !!!
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+4 #2 Abraham 24-12-2013 22:36

Votre appel est dirigé dans la mauvaise direction. Les leaders politiques sont des gens pressés et avec des agendas subjectifs. Seule et seulement seule une bonne Société civile patriote et déterminée peut exercer la pression nécessaire sur le pouvoir et les partis politique pour cette sorte de "conférence" nationale ait lieu.
Car comme a dit Mr Gandhi, Alpha Condé n'est pas mentalement apte pour cet exercice républicain et patriote. Quant aux leaders de l'opposition leur obsession d'accéder au pouvoir les rend sans imagination ni initiatives constructives.
Vu la division actuelle des Guinéens jusqu'au sein de la Société civile, ce projet salvateur pour la Guinée a court terme risque de ne pas voir le jour. En tout cas, pas avant 2015 dans les meilleurs des cas, hélas!
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+4 #1 Gandhi 24-12-2013 19:19

Tout le monde est d'accord sur la nécessité d'une concertation nationale, le problème est de savoir comment.
Ce n'est pas avec l'opposant hystérique (toujours président du RPG, donc opposant aux autres ???) que nous y parviendrons. Donc sauf à occuper le Palais du Peuple pour le faire sans autorisation, je ne vois pas comment y parvenir rapidement.
Ensuite tout cela se prépare consciencieusement, au risque de voire chacun se rejeter les fautes des uns et des autres et de ne regarder que son nombril, sans se préoccuper du malheur des autres. Il faut absolument cadrer les objectifs (sous la forme d'un QQCOQP par exemple), ce qui peut faire l'objet d'un débat. Plus nous serons de participants, plus la diversité de matière grise peut nous faire déboucher sur une proposition concrète et réaliste, ce que nous souhaitons tous, afin que cette bonne idée ne reste pas un voeu pieu.
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