De la logique de la fraude électorale, à la consolidation du pouvoir pour 2015 : l'argent, le nerf de la guerre !

Facebook Imprimer    

 

BARRY_Mamadou_01Oui, la logique est la même !

Oui, Alpha est toujours dans sa quête de légitimité !

Oui, nous sommes encore et toujours dans la logique du forcing !


Acte I :

Avec un pouvoir difficilement acquis en 2010, Alpha Condé comptait, ou du moins misait, sur une gestion à base de résultats palpables pour affirmer sa position de patron du pays, tout en mâtant l’opposition et tripatouillant le fichier électoral à sa guise.


Acte II :

Il a manqué de résultats probants, il a eu en face de lui des citoyens qui résistent à la dictature et à la fraude. Conséquences, les législatives n’ont pas été à la hauteur de ses attentes.


Acte III :

Dernière cartouche de l’opposant historique, il faut se moquer du peuple et mépriser ses élus avec une remise sur scène d’un CNT qui est en train de plier bagages au profit d’une nouvelle Assemblée obtenue de longue et dure lutte.


Oui, Alpha est dans sa logique depuis le premier jour de son mandat présidentiel, celle de briguer un second mandat en 21015 !

Le dernier verrou qui lui reste pour ouvrir grandement les portes de Sékoutoureya en 2015, reste le budget de 2014 qui se discute actuellement. Ce budget même qui lui permettra de faire exactement ce qu’il a fait lors des législatives en matière de gaspillage des fonds publics sans aucune entrave.


Mais pour permettre le débat entre nous en tant que citoyens, mes chers lecteurs, prenons un peu le temps de parler de ce processus budgétaire, sous le contrôle, bien entendu, de nos spécialistes.

Nous avons suivi et continuons de suivre les débats sur cette nouvelle peau de banane que Koro glisse au peuple de Guinée et qui est ce fameux décret qui convoque le CNT pour le budget de 2014 en lieu et place des élus du peuple qui sont prêts depuis le 15 novembre, date de l’arrêt de la Cour suprême.

Mais au-delà de ce budget de 2014 qui va être certainement voté, il est aussi question du vote de cette loi rectificative du budget de 2013 dont personne ne parle, et c’est vraiment là le gros du problème.

Dans cette session du budget habituelle, dite ordinaire (octobre - décembre), il est question de voir d’abord et avant tout les volets recettes et dépenses de 2013, afin de constater la réalité par rapport aux prévisions et d’en faire des corrections si nécessaires et servir de base à la prévision de 2014.

L’idée de cet exercice de rectification du budget de 2013 est de permettre aux élus du peuple de comprendre les déviations et écarts entre les prévisions initiales et la réalité des choses. Un exemple, en 2000, il y a eu des incursions rebelles à nos frontières qui ont grevé le budget de l’époque parce que ces coûts liés à la défense nationale n’étaient pas prévus dans le budget. Il aura donc fallu des ajustements qui ont forcément eu des impacts sur le budget de 2001.

De la même manière, le budget de 2013 devrait faire l’objet de cette analyse approfondie pour comprendre les écarts entre les prévisions et les réalisations notamment au niveau des achats d’armes alors que le pays n’est nullement en guerre, les voyages intempestifs du président de la République, les coûts liés au forum des investisseurs d’Abu Dhabi, les fonds de campagne du RPG lors des législatives et l’achat de ces groupes électrogènes qui sont installés à la Tannerie, pour ne citer que ceux-là.

Parallèlement à ces dépenses, le même processus aide aussi à jeter un coup d’œil sur le volet recettes de ce même budget de 2013, afin de constater les écarts et autres manques à gagner au niveau des postes de recettes comme les douanes et les impôts en général et ceux provenant de nos miniers qui restent une part importante de ce volet dans le budget national. Un des manques à gagner qui saute tout de suite aux yeux est celui des importations qui ont chuté pour cause d’insécurité et surtout de la vente des vignettes de 2013 qui est en dessous de toutes les attentes en matière de recettes.

Cette analyse devrait être faite par nos élus en toute indépendance et au nom du principe de séparation des pouvoirs, afin de voir l’impact de ces dépassements sur le trésor public et donc sur la dette nationale. A partir de cette analyse, et surtout de ce contrôle de l’action gouvernementale par nos élus, le peuple aurait été en mesure de voir la gestion de ce pouvoir en 2013. Forts de ces arguments, les députés, surtout ceux et celles de l’opposition, auraient été en position de dénoncer les dépassements budgétaire identifiés et de demander des explications à qui de droit, avant de regarder à la loupe et de serrer en conséquence, le budget de 2014.

Voilà pourquoi, Alpha Condé ne pouvait pas permettre aux élus du peuple en général et ceux de l’opposition en particulier, de siéger et d’éplucher cette loi rectificative de 2013 et le projet de budget de 2014. Il fait alors appel à sa chérie Hadja Raby pour les basses besognes. L’idée d’Alpha est simple : il faut faire table rase de 2013 en catimini, c’est pour cette raison que l’on n’en parle pas et avoir un chèque en blanc pour 2014.

Ayant à l’esprit que ce sont les maires de Communes urbaines, les chefs de quartiers et de secteurs, ainsi que les présidents des communes rurales qui feront le président de 2015, Alpha Condé a l’intention de passer le budget là aussi dans la douleur pour faire ce qu’il veut en 2014. Au moment où il sera question de budget de 2015 en fin 2014, il y aura déjà eu les communales pour gagner en 2015.

Le plus choquant dans cette histoire est de constater le silence assourdissant et l’indifférence totale de ces cadres et responsables de l’opposition qui étaient hier premier ministres, ministres, secrétaires généraux et directeurs nationaux et qui ont une expérience de ce processus budgétaire et de ses enjeux pour les prochains mois. Ces cadres sont aujourd’hui les élus du peuple et ils gardent le silence.

Comme toujours, Alpha Condé a donné à l’opinion le débat sur le prochain Premier ministre qui serait de la Basse Guinée et du prochain président de l’Assemblée nationale qui serait de la Forêt. Toutes les attentions se sont focalisées sur ce débat inutile et stérile. Pendant ce temps, Koro fait son petit bonhomme de chemin dans le sens qui est le sien.


La morale de cette histoire est que la loi de finances rectificative de 2013 et le projet du budget de 2014
vont passer en deux semaines de lecture au lieux de trois mois, comme une lettre à la poste.


Alpha Condé, une fois de plus, aura un boulevard pour les communales en 2014 sur la route de 2015 et l’opposition n’aura que ses yeux pour pleurer.

Pauvres de nous !!!!!!

A quand la fin de ce cauchemar ?????


Conakry, le samedi 21 décembre 2013

Mamadou Barry
Analyste financier


AAA_logo_guineeactu_article
Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+3 #4 Barros Diallo 23-12-2013 10:57

Je pense qu'il faudrait s'en prendre à ceux qui ont fait du CNT, une Assemblée Nationale non élue.
Tiens, c'était une idée des politiciens, y compris ceux de l'opposition (d'aujourd'hui). Je suis étonné d'entendre dire aujourd'hui qu' Hadja Rabi, qu'ils ont longtemps rencontrée et côtoyée, notamment au sein des "Forces Vives", serait "incompétente" et de "moralité douteuse".
Ou encore que le CNT ne devrait pas se substituer à l'AN. C'était pourtant leur idée consensuelle. «Procrastination» quand tu les tiens !
Citer
 
 
+3 #3 Adradiallo 22-12-2013 06:02

Rabi sest tres mal inscrite dans l'histoire.... c'est fini. Domage!
Citer
 
 
+3 #2 Sylla democrate 22-12-2013 00:06

L'opposition a certes des handicapes mais il faut reconnaitre que beaucoup d'entre nous sur ces differents forums sont nuls. La preuve, quand on parle de l'amateurisme et de l'irresponsabilite de Rabiatou, tout de suite, on nous saute dessus pour nous griffer. Voila maintenant que cette bande d'irresponsables convoquee par le nullard alpha s'attele au travail malsein. Ils ne se rendent meme pas compte qu'au dela des chiffres, le budget a beaucoup plus un impact sociologique, securitaire, economique, bref de developpement d'une nation quand c'est bien elabore ou de regression quand c'est fait comme nous le conaissons aujour'hui.
Citer
 
 
+3 #1 se 21-12-2013 19:44

on refuse de voir la vérité en face. on continue de censurer des gens juste pour avoir dit la vérité qui ne plait pas. Et cette verite est que l'opposition actuelle est NULLE en NON- Avenir car elle n'arrive toujours pas a neutralizer ou meme reduire les effets negatives de A. Conde malgre le soutien populaire quelle a!
Citer