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Mais enfin ! A quand cette Assemblée nationale ?
Ansoumane Doré Dimanche, 15 Décembre 2013 21:31
Un mal ronge la Guinée depuis toujours. On le désigne par un mot peu courant, la procrastination qui signifie la tendance à remettre au lendemain ce qui est à faire. En même temps, domine dans le discours politique officiel comme une réalité à portée de mains, une anticipation du futur. Ainsi l'émergence économique dont on est encore très éloigné, est un thème récurrent des discours présidentiels. Dans l'atmosphère d'incertitudes qu'entretient ce schéma d'évolution, maints citoyens ont fini par ne plus croire en rien : qu'est-ce qu'est l'Etat ?... C'est une fiction dans la tête des politiciens qu'il sert. La morale civique?... Peuh!... Regardez la croissance galopante de la criminalité, les meurtres fréquents à Conakry et les tirs à bout portant par des forces de l'ordre sur des militants du principal parti politique d'opposition, l’UFDG. On parle de 54 morts depuis 2011. Au vu de cette situation, on n'a pas l'impression que le pouvoir d'Alpha Condé ait pris pleinement conscience qu'il est assis sur une situation inique. On l'a assez écrit, le Président voyage à travers le monde comme quelqu'un qui avait toujours rêvé de voyages et qui n'en avait encore pas eu l'occasion. En somme, c'est comme si les délices du pouvoir l'emportaient sur les devoirs à l'intérieur du pays.
Parmi ces devoirs, l'organisation d'élections législatives qui ont traîné en longueur de juin 2011 à septembre 2013 , était censée conduire à une meilleure gouvernance, source de climat social apaisé incontournable pour tout développement d'un pays. Au fait, cette longue attente d'élections n'est-elle pas devenue surdimensionnée dans les esprits et qui risque de décevoir encore, compte tenu des habitudes inchangées dans la gestion publique du pays ? Souhaitons le contraire et attendons de voir l'Assemblée élue au travail. A présent chacun a une idée du déroulement et des résultats des élections du 28 septembre dernier. Je ne vais donc pas répéter ce qui en a été dit de long en large. Le problème qui demeurait posé jusqu'ici était, à quand ? Quand l'Assemblée nationale va-t-elle se mettre au travail ? Cette question était de savoir si, compte tenu des réclamations non satisfaites par la Cour suprême, l'opposition allait ou non siéger dans la nouvelle Assemblée. C’est à présent un problème résolu, l'opposition républicaine, à l'exception du PEDN de l'ancien Premier ministre Lansana Kouyaté, va siéger. C'est une très bonne décision pour la construction de la démocratie dans notre pays.
En considérant l'état actuel de la Guinée, c'est la moindre des observations à faire que de dire qu'il y a beaucoup à faire et qu'il faut que tout le monde apporte sa contribution. Qui mieux que les élus du peuple guinéen peut se placer au premier rang de ces contributions à donner ? Le pays a besoin d'institutions solides nécessaires à sa construction et à son développement. On parle beaucoup d'investissements directs des pays industrialisés ou de pays émergents dans notre pays. Mais il ne faut pas se tromper d'époque, de 1960 à 1990 les flux d'investissements directs des pays industrialisés aux pays en développement ont été progressivement croissants, sans examens minutieux des institutions (stables ou vacillantes) des pays d'accueil de ces investissements. Des facteurs spécifiques concouraient à ces mouvements: longue période de croissance économique ininterrompue des pays candidats à l'investissement extérieur (1950-1980, voire 1990), désirs de conquêtes de marchés extérieurs dans le monde bipolaire d’alors, etc. Ces facteurs ont été amoindris par la crise économique et financière intervenue par la suite et la fin de l'antagonisme Est-Ouest. D'où, à part la recherche d'investissements à finalité d'approvisionnement en matières premières, les traditionnels investisseurs dans un pays en développement sont devenus plus exigeants sur la solidité des institutions des pays d'accueil. En outre, il faut savoir qu'il y a une mode dans toutes les activités humaines du temps qui court. La grande mode du tiers-mondisme où les capitaux affluaient dans cette sphère de la planète, conduisant d'ailleurs à gonfler la dette extérieure du tiers-monde, n'est plus au goût du jour. C'est pourquoi, tout en continuant à attirer chez soi des investisseurs, une certaine discrétion doit être de règle, de la part des dirigeants guinéens, pour ne pas décevoir toujours plus, l'attente des populations. Certes l'obligation d'information de la population sur les efforts du gouvernement en maints domaines s'impose mais peut se faire sans les battages médiatiques sans commune mesure avec la réalité qu'on emploie à Conakry. Les Chinois ont été longtemps discrets sur les investissements étrangers, en ne parlant que d'économie socialiste de marché, jusqu'à ce qu'ils aient atteint plusieurs années de suite des taux de croissance économiques à deux chiffres. Les tam-tams qui crépitent chez nous à chaque annonce d'investissements qui ne vont pas plus loin que les protocoles d'accord ne peuvent pas affermir la confiance des Guinéens dans l'Etat.
Le contexte justifie que l'Etat repose sur des fondements juridiques et institutionnels solides. Des députés qui ne soient pas seulement des béni- oui- oui de l'exécutif peuvent contribuer à l'embellissement de l'image de la Guinée non seulement dans l'optique d'attraction de l'investissement international mais aussi dans celle de la mise valeur du potentiel touristique indéniable du pays. Tout en veillant scrupuleusement à la satisfaction des besoins essentiels de la population (éducation, santé, alimentation, électricité domestique, eau courante, etc.), les députés ont de vastes chantiers devant eux. Traditionnellement, ils votent la loi et contrôlent l'action du gouvernement et l'évaluation des politiques publiques. Dans notre pays ils doivent s'attaquer aussi à un chantier national auquel il faut accorder une importance capitale, c'est celui de la taille du multipartisme politique. Tout le monde se rappelle que cette question s'est posée au début des années 1990, lors de la mise en place du multipartisme, le souhait du général Lansana Conté, alors chef de l'Etat (paix à son âme), avait été de limiter la taille du multipartisme et ce sont les leaders politiques de l'opposition qui ont voulu le multipartisme intégral. C'était une erreur. Le trop grand émiettement de l'espace politique d'un pays de la taille démographique de la Guinée, 11 millions d'habitants, et de surcroît en apprentissage de la démocratie, ne peut conduire qu'à l'instauration en politique de parrains de type mafieux autour desquels gravitent de multiples petits partis qui leur sont redevables. Les formules sont nombreuses pour passer du multipartisme intégral en vigueur à un multipartisme limité par exemple à cinq ou six partis au lieu de plus de cent partis actuellement. Voilà un champ d'action sur lequel les députés peuvent travailler en élaborant des critères à soumettre au ministère compétent pour la reconnaissance d'un parti politique. Par exemple, le pourcentage des voix obtenues d'électeurs inscrits aux prochaines élections qu'on espère devoir se dérouler avec plus de transparence. Il y a d'autres exemples.
Pour ce qui concerne la situation existante, il faut que se présente, en face du parti au pouvoir, une opposition républicaine fortement bien organisée. C’est une des conditions sine qua non de la construction de la démocratie dans notre pays. C'est déjà une bonne décision prise, comme indiqué ci-dessus, par cette opposition républicaine d'envoyer ses députés siéger dans la nouvelle Assemblée nationale. C'est une décision à saluer, car même si les élections n'ont pas eu la transparence que des démocrates attendaient, un pas a été franchi dans la marche vers cette formule de transparence. Je crois d'ailleurs que c'est ce qu'ont retenu les observateurs de l'Union européenne pour n'avoir pas été jusqu'au bout du jugement d'irrégularités dans les votes qu'ils avaient relevées, notamment par l'embauche de ministres et l'utilisation de camions de l'Etat par le RPG, parti au pouvoir. Je crois aussi que c'est pour pousser vers un apaisement social, qu'a été annoncé le rétablissement de la coopération de l'Union européenne avec la Guinée au titre du Fonds européen de développement et le dégel du 10e FED, suspendu depuis le coup d'Etat de décembre 2008.
Vont cependant manquer au groupe de l'opposition à l’Assemblée, les deux députés du PEDN. Lansana Kouyaté, son président, s'est expliqué là -dessus. On peut comprendre son amertume bien fondée car il y a des situations d'injustice difficiles à avaliser. A ses résultats négatifs d'élections qu'il a constatés notamment en Haute Guinée, il n'y avait aucun rapport, a-t-il dit, avec sa connaissance du terrain électoral. Tout autre que lui en aurait senti un énorme dépit mais, en leader d'expérience de la scène politique guinéenne, il aurait siégé pour apporter sa solidarité à ses collègues de l'opposition. Ceux qu'il estime l'avoir grugé sur ses électeurs ne seront là qu'un temps. Mais on doit respecter le choix du président du PEDN.
Le parti de l'opposition, le plus attaqué avec virulence par le pouvoir, non pas comme un adversaire politique mais comme l'ennemi de la nation, est sans conteste l'UFDG et son leader El hadj Cellou Dalein Diallo. A ce sujet, c'est de haine qu'il faut parler. On s'est focalisé, au sein du RPG et de ses satellites, sur Cellou Dalein pour lui imputer tous les maux de la Guinée et en tout cas toutes les incompétences qui sont celles du pouvoir d'Alpha Condé. C’est une peur incompréhensible devant ce parti qui peut expliquer cette attitude. L'UFDG a subi tellement de coups bas et hauts du pouvoir qu'elle serait déjà en miettes si elle n'était pas solide. C'est le parti qui a subi le plus des pertes en vie de jeunes manifestants, tirés par les forces de l'ordre comme des lapins à bout portant ; c'est le parti qu'a voulu détruire de longues mains l'opération avortée de Manden Djallon. Et si Cellou Dalein avait, d'aventure, tenté une opération similaire dans le Wasoulou, que n'aurait-on pas entendu ? Toutes les opérations infructueuses contre l'UFDG ont échoué parce qu'il faut reconnaître que ce parti est le plus solide structurellement parlant. Il n'est pas tissé d'opportunistes de rencontre et sans conviction solide qui changeraient de fusil d'épaule à la première occasion. On connaît, aujourd'hui, des sbires du chef de l'Etat qui voulaient sa peau sous Lansana Conté. .
Outre les tentatives du pouvoir pour détruire l’UFDG, sont venus en renfort pour sa démolition, des éléments plus « ethnicisants » qui, sous prétexte que Cellou Dalein n'est pas assez pugnace, veulent le remplacer. Ceux-ci sont donc à la recherche de « boulons » de rechange et ne semblent donc pas tirer de leçons des législatives d'où Cellou Dalein ne s'est pas mal tiré d'affaires. Son entente avec le président de l'UFR, Sidya Touré, a été des plus porteuses d'avenir positif. En politique tout le monde ne peut pas être le premier de la classe, comme cela se passe à l'école. Il faut que ceux qui démolissent de l'intérieur l’UFDG, noyau dur de l'opposition guinéenne pour la construction de la démocratie en Guinée, réfléchissent. On ne change pas un leader politique comme on change une chemise. J'ai comme souvenirs de lycéen à Conakry dans la première moitié de la décennie 1950, les rivalités de MM. Diawadou, Saïfoulaye et Barry III (paix à leur âme), j'ai comme souvenirs, il n' y a pas longtemps, du duel Ba Mamadou - Siradiou Diallo (paix à leur âme). A quoi ont conduit ces rivalités intestines ? Et qu'on ne me parle pas dans ces exemples d'ethnocentrisme peul. On pourrait parler au contraire de neutralisation des uns par les autres et vice-versa. En tout cas de l'action de ceux qui ont revêtu l'habit écarlate d’apprentis sorciers, il ne faut pas s'attendre à une alternance en 2015.
Je rappelle ces faits et l'ai déjà fait dans des articles sous Lansana Conté, pour dire que :
- un parti naît toujours en un lieu déterminé du territoire sans pour autant se cantonner dans l'habillage régionaliste ou ethnocentriste ;
- l'envergure d'homme d'Etat de son président peut lui permettre une irradiation du territoire national lui permettant petit à petit d'échapper à l'enfermement supposé ethnique (Sauf coup d'Etat militaire, le leader parvient au pouvoir par la durée de son combat et la maîtrise de la conquête du pouvoir qu'il acquiert au cours de ce combat. C'est au nom de cette durée qu'Alpha Condé avait juré dans l'entre-deux tours de la présidentielle qu'il ne peut pas perdre).
- des leaders politiques et non des moindres ont, dans leurs courses au pouvoir, renforcé la coloration ethnique du pouvoir ; Alpha Condé au pouvoir a ouvertement pratiqué cette voie ; on ne peut donc pas honnêtement charger le seul leader de l'UFDG d'être le champion de « l'ethnicisation » de parti politique ; ce qu'on lui reproche aussi sans le dire ouvertement, c'est la trop faible volatilité de ses électeurs en Moyenne-Guinée ;
- si je souhaite qu'on renforce l'UFDG, c'est pour qu'elle joue le rôle de moteur d'une opposition guinéenne, rempart à toute dérive autocratique du pouvoir en place ; ceux qui veulent la diviser par des querelles intestines, doivent savoir qu'ils travaillent pour le pouvoir en place : un nouveau venu à la tête de l'UFDG sera loin d'avoir l'expérience de Cellou Dalein, quelles que soient par ailleurs ses qualités personnelles et ses bonnes intentions ; il sera balayé comme un fétu de paille avant qu'il ne s'en aperçoive.
Pour conclure cette note, je dirai que l'expérience stimulante que va mener pour la première fois, une vraie majorité face à une vraie opposition dans cette nouvelle Assemblée nationale guinéenne, est attendue avec espoir. Ne les décevez pas Honorables députés!
Mais enfin ! Quand siégerez-vous ?
Ansoumane Doré
Dijon, France
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Commentaires
Si vous faites partie de l'UFDG, qu'attendez-vous pour vous faire entendre ? Il y a pourtant des moyens bien simples de le faire. L'UFDG n'est qu'une association, au sens juridique.
Le pouvoir ça ne se donne pas, ça se prend. Je ris de voir certains critiquer la faiblesse de CDD. Que font-ils pour se faire entendre ? Ils emploient les mêmes méthodes ? On n'est pas sorti de l'auberge.
Je suis entierement d accord avec vous. La fronde doit bien venir de l interieur de l Ufdg. Je suis conscient de la difficulte d une telle demarche. Vu le culte voue a CDD dans ce parti et les tendances autocratiques en son sein. C est vrai, il faut lutter pour le democratiser un peu plus. Non je ne suis pas membre de l Ufdg. Mais je suis d avis que la gestion de cette formation politique a un impact non negligeable sur toute la communaute guineenne.
J'ai dit que j'allais mettre des pieeds dans le plat, car il n'est pas question qu'AC s'installe en 2015. Et s'il faut bousculer l'ordre établi, on ne va pas se gêner.
c'est la seule maniere de degager AC.
Pour 2015, je ne crois pas qu’il y aura élections puisque les législatives ne se sont pas bien passées pour lui, il voulait un score sovietique. Une pièce a dû manquer dans le montage de sa machine à fraude, il prendra donc tout le temps qu’il faudra pour remonter une autre plus puissante.
Mr Ganfhi , ( comment le traduire ? ) Les Chantres et Patres disaient " FOUTAH KO PELLE E PENALEE " ! Meme s' ils ajoutaient. autre chose .
Prenez gatde ! Bien a vous !
Il faut que Gandhi( son mentor actuel ) lui trouve une bourse d'études ( sciences Po ) lol, pour qu'il apprenne comment un leader politique doit se comporter.
De même que je n'ai pas de mentor, je ne suis le mentor de personne. Je donne des avis publics, l'opposition en fait ce qu'elle veut. J'essaie de l'aider autant que faire se peut, mais j'enrage de la voir ne pas faire le minimum pour se faire entendre. Elle vit au jour le jour, alors que la Politique se gère à long terme. J'ai dit que j'allais mettre des pieeds dans le plat, car il n'est pas question qu'AC s'installe en 2015. Et s'il faut bousculer l'ordre établi, on ne va pas se gêner.
Amenofils,
C'est bien ce que nous vous reprochons: si vous savez a l'avance que vous etes perdants, dans un combat, pourquoi ne restez-vous pas dans votre coin sans bouger pour au moins epargner des vies ? Mais non, vous preferez prendre des decisions qui conduisent certainement a la mort de vos militants ou supposes tels sans pour autant savoir ou vous allez. Personne n'oblige CDD a etre acteur politique ni meme a etre leader politique. Mais quand on est leader politique, on a des responsabilites. On ne s'y derobe pas avec des arguments du genre "C'est facile de critiquer quand vous n'etes pas a ma place".
Heureusement, vous vous etes au combat, Amenofils. Vos resultats parlent d'eux-memes. Et je vous dis aussi heureusement que les jeunes de 16-18 ans qui meurent ne sont pas vos enfants ou freres.
Monsieur Alhousseyni,
Vous touchez un point sensible ! je ne suis pas militant de l'UFDG ni aucun autre parti. Je suis observateur et je vote comme citoyen libre.
Pour votre information, j'ai perdu un fere mort pour soutenir alfa conde. Il a ete tue le jeudi 06 decembre 1990 a 9h au carrefour celibataire. Tenez vous bien, il a ete tue par un militaire peul de Koyin qui officiait au nom du regime conte!
J'ai aussi perdu un ami et un voisin tous tues par l'armee de alfa conde. J'ai un cousin paralyse a vie par ce qu'il a recu une balle a bout portant par un jeune malinke de Taouya ( son voisin immediat). Aucune planite depuis le 06 decembrte 1990 n'a abouti.
Je vous epargne l'histoire mon pere qui a connu les geoles de Camp Boiro, comme la plus part des familles Guineennes.
Alors merci vraiment de dire moins de choses sur la douleur des familles endeuillees par tous les regimes successifs. dites tout ce que vous voulez mais merci ne pas vous aventurer sur des pistes qui blessent.
Merci d'avance !
C'est un sujet qui mérite autre chose que des commentaires, et ce d'autant que l'UFDG va devoir se mettre en ordre de marche.
Rien n'est simple. CDD a accumulé des erreurs depuis 2010, il est vrai, mais son entourage (dont Bah Oury) a accompagné celles-ci.
Pendant les fêtes, car j'aurai un peu de temps, il sera nécessaire de mettre des pieds dans le plat (vu de l'extérieur), voir ce qui est bon ou pas pour l'immédiat et pour le moyen et long terme.
Il sera surtout obligatoire non de dire qui a tort ou a raison, mais de trouver des solutions pérennes au moins pour les 2 ans à venir.
Ghandi,
Vous rendrez un enorme service a l'UFDG et son President car maintenant nous savons qu'ils vous lisent assidument comme nous (cf. la reaction de Me Amadou Diallo).
Rien n'est simple. CDD a accumulé des erreurs depuis 2010, il est vrai, mais son entourage (dont Bah Oury) a accompagné celles-ci.
Pendant les fêtes, car j'aurai un peu de temps, il sera nécessaire de mettre des pieds dans le plat (vu de l'extérieur), voir ce qui est bon ou pas pour l'immédiat et pour le moyen et long terme.
Il sera surtout obligatoire non de dire qui a tort ou a raison, mais de trouver des solutions pérennes au moins pour les 2 ans à venir.
Apprenez que lorsqu'on n'est pas d'accord avec un partenaire ou qu'il ne se soumet plus comme par le passe, il vaut mieux en discuter avec lui, sauvez l'essentiel et aller de l'avant ensemble plutot que de lui declarer la guerre en se croyant invincible ou meme deja au pouvoir.
C'est bien ce que nous vous reprochons: si vous savez a l'avance que vous etes perdants, dans un combat, pourquoi ne restez-vous pas dans votre coin sans bouger pour au moins epargner des vies ? Mais non, vous preferez prendre des decisions qui conduisent certainement a la mort de vos militants ou supposes tels sans pour autant savoir ou vous allez. Personne n'oblige CDD a etre acteur politique ni meme a etre leader politique. Mais quand on est leader politique, on a des responsabilites. On ne s'y derobe pas avec des arguments du genre "C'est facile de critiquer quand vous n'etes pas a ma place".
Heureusement, vous vous etes au combat, Amenofils. Vos resultats parlent d'eux-memes. Et je vous dis aussi heureusement que les jeunes de 16-18 ans qui meurent ne sont pas vos enfants ou freres.
Il est facile de condamner l'attitude de CDD quand on est assis tranquillement dans un confort. Mais que peut-on faire d'autres contre la dictature de alfa condé condé ? Aller vers plus de violence avec moins d'armes et moins de soutien !
Bah Oury ne peut rien avoir avec le soutien de tout UFDG contre les velléité de alfa condé !
Mais que c'est beau de reprocher quand on n'est pas soit même sur le terrain !
Comme je le dis dans la conclusion de mon commentaire, je ne souhaite en aucune maniere l'affaiblissement de l'UFDG, ni meme de CDD, au contraire. Mon souhait est et a toujours ete qu'elle se renforce avec CDD et Bah Oury a sa tete en bonne intelligence. D'ailleurs, si vous vous souvenez, tous les deux nous avions souhaite ici qu'a l'occasion d'un voyage de CDD a Paris qu'il rencontre officiellement le Vice-President de son parti et organise une conference de presse ensemble, ce que CDD ne fit bien sur pas. Par ailleurs, en tant que pilie de ce forum, vous savez que j'ai toujours fermement soutenu sur ce forum l'opposition et CDD en particulier. D'ailleurs, je le soutiens beaucoup plus que la plupart de ceux qui se presentent ici comme des inconditionnels qui voient en lui une sorte de prophete intouchable.
Bien sur, je sais que je n'ai aucune forme d'influence ou que ce soit, ce qui n'est pas le cas de M. Dore qui jouit d'une grande reputation et a notre plus grand respect a tous. Je sais aussi que dans l'offre politique que nous avons, CDD et Sidya Toure, en situation de pouvoir, seraient les moins dangereux dans le domaine des droits de l'homme et de la liberte.
Ceci dit, la question est de savoir comment aider l'UFDG et CDD au vu des resultats de son action politique des 4 dernieres annees. Contrairement a d'autres leaders politiques, toutes les decisions de CDD ont des consequences graves et immediates. A vrai dire, il n'a jamais appeler a une manifestation, depuis 2009, sans qu'il n'y ait eu des morts et des blesses. C'est ce qui fait que mon probleme avec lui, c'est moins les resultats politiques que les consequences de ses decisions. Par exemple, sachant qu'aucune de ces decisions n'ont ete sans consequences pour les habitants de l'axe de la liberte, comment peut-on admettre qu'il appelle a une ville morte pour enfin revenir dire qu'il accepte les resultats des legislatives sans conditions ? Pour le coup, ce sont deux jeunes qui sont morts pour rien. Et c'est exactement la meme chose sur tous les combats passes: il organise des manifestations qui entrainent plusieurs morts et enfin finit par accepter sans condition la position de son adversaire. Pour les victoires politiques, on peut attendre. Mais on peut quand meme exiger qu'il mesure d'abord ce qu'il attend de ces combats politiques avant de risquer la vie de ses militants et ceux qui sont consideres comme tels.
Apres tant d'echecs et de morts, il est temps de s'interroger sur les methodes et les ambitions. Si ses soutiens ne veulent pas cela, ils ne doivent pas s'etonner que des gens choisissent de lui retirer leur soutien et mener le combat directement. Les menaces et le chantage a la division ne changeront rien a cette donne.
Si ces soi-disant intellectuels réfléchissaient un peu, ils devraient se dirent que leur ethnie est peut-être maudite. C’est pourquoi ils sèment la division ????
Ou peut-être sont-ils le commando envoyé par Alpha Condé pour détruire la communauté peule. ?
Ou alors agissent-ils par opportunisme, juste pour recevoir une maison à Dakar, comme on le leur a promis ? En effet il y a toujours des personnes prêtes à vendre leur âme et leurs convictions.
Il est temps qu’on se pose ces questions….
Wassalam.
Le pouvoir ça ne se donne pas, ça se prend. Je ris de voir certains critiquer la faiblesse de CDD. Que font-ils pour se faire entendre ? Ils emploient les mêmes méthodes ? On n'est pas sorti de l'auberge.
A Kankan trois officiers de l'armée ont été suspendu 2 jours après les affrontements entre jeunes manifestants et forces de l'ordre parce qu'une seule personne a été tué.
A Conakry , plus de 50 jeunes Peuls ont été massacré sans que la justice ne trouve à redire depuis 3 ans parce qu'ils soutiennent CDD. A défaut de pouvoir libérer ses jeunes militants emprisonnés , trouvez-vous normal que CDD ordonne le retrait d'une banderole hissée au siège de son parti réclamant la libération de ces jeunes et le retour de BAH OURY dans son pays.
Vous dites que le pouvoir ne se donne pas, ça se prend, trouvez-vous qu'à cette allure, CDD peut prendre quoi que ce soit? C'est entre autres, cette manière de faire que je reproche a CDD.
- Lui envisage une évolution "en sagesse".
- Je sais que toi et moi sommes pour couper directement dans le vif de la plaie.
Les deux options doivent être évaluées dans le contexte guinéen actuel...
Je suis sur que si vous aviez un espace plus grand que celui d'un article, vous auriez beaucoup plus a dire sur les moyens de developpement economique de la Guinee, mais je ne peux m'empecher de dire que je ne crois pas du tout a une strategie de developpement dont la colonne vertebrale serait l'investissement etranger. Meme si ce n'est pas necessairement votre vision du developpement de la Guinee, il n'en demeure pas moins que vous analysez notre demi-siecle d'echec economique sous cet angle-la. On a toujours tort d'imaginer qu'un pays peut se developper autrement qu'en developpant ses ressources propres, et je ne parle pas ici de mines ou autres ressources natuelles. Un pays se developpe parce que ces citoyens sont capables de creer de la richesse en creant des entreprises, ont les qualifications necessaires pour faire vivre et prosperer ses entreprises, etc. Et cela passe par une bonne education, la liberte d'entreprendre, un environnement favorable aux affaires, des ressources energetiques suffisantes, un systeme de transport decent, etc. Un investissement etranger, quelque soit son importance, ne pourra remplacer cet ensemble de choses dont la plupart est a portee de mains et ne necessite pas d'investissements colossaux. Il suffit par exemple de ne pas tricher aux elections, de cantonner les forces de l'ordre a leur role naturel, d'assurer une egalite absolue devant la loi, etc., pour offrir un environnement stable. Cela ne coute presque rien.
Pour ce qui est du nombre de partis politiques, je ne vois pas comment on peut legalement en limiter le nombre sans violer le droit constitutionnel des guineens d'avoir leurs propres idees, de s'associer comme ils l'entendent. Le seul moyen, a mon sens, de limiter le nombre de partis ou d'obliger a des regroupements, c'est l'organisation d'elections libres et transparentes. Les partis dont les idees et le leadership ne gagnent pas l'adhesion des guineens disparaitront ou fondront naturellement dans d'autres a la suite des elections. Donc la solution, a mon sens, reside dans la lutte pour des elections transparentes.
La ou je ne suis vraiment pas d'accord du tout avec vous, Doyen, c'est lorsque vous parlez de l'UFDG. Il n'y a pas meilleur moyen de garantir l'echec repete de l'UFDG que d'interdire d'interroger les methodes et les resultats du leadership actuel de l'UFDG. Ce parti a echoue dans toutes les batailles qu'elle a livre depuis 2009 (presidentielle, CENI, Waymark, Legislatives). On ne rend pas service a l'UFDG en mettant tous ces echecs sous le tapis et en continuant comme si de rien n'etait alors meme qu'il y a une semaine un jeune homme d'a peine 18 ans mourrait seul dans une prison de Conakry parce qu'il serait militant de l'UFDG ou a ete pris pour tel. L'activite politique de l'UFDG n'est pas sans consequence comme l'est celle de partis comme l'UFR, l'UPG ou le RPG, etc. Depuis 2009, des centaines de personnes, des jeunes pour la plupart, sont mortes, violees, ruinees dans le sillage de ce parti. Peu importe que les meurtriers soient les gens du pouvoir, le fait est que toutes ces personnes tuees, toutes ces femmes violees, toutes ces familles ruinees doivent leur sort a l'activite de l'UFDG. Alors non, on ne peut pas ne pas interroger le leadership de ce parti. Aucune formation politique n'a connu autant de pertes en vies humaines dans l'histoire politique de la Guinee. On ne peut pas passer toutes ces morts par pertes et profits, et continuer en avancant des arguments aussi creux que "nous faisons ci ou ca au nom de la paix et de la democratie, ...". D'accord, qu'ils fassent ce qu'ils veulent au nom de tout ce qu'ils veulent, mais pas en mettant dans la balance les vies de leurs militants et de tous ceux qui sont consideres comme tels a tort.
Si ce parti et son leadership n'ont pas de scrupules a semer autant de morts pour des echecs constants, j'espere sincerement que, dans les familes de l'axe de la liberte, les parents vont desormais defendre a leurs enfants d'aller risquer leur vie pour un parti politique qui est capable de mobiliser le monde pour defendre un politicien aussi louche que Jean-Marc Teliano, mais qui reste indifferent au sort de ses propres militants qui s'eteignent seuls sous la torture dans le noir de la prison. Dieu que je meprise ces marchands de cadavres!
Pour finir, je dois dire qu'il ne faut surtout jamais nous dire que l'UFDG doit sa force politique aux qualites personnelles de CDD. Elle doit sa force au fort soutient de la communaute peuhle et au besoin de cette communaute de s'unir pour peser sur la vie politique nationale afin de se proteger des violences qu'elles subit depuis bien trop longtemps.
Je ne souhaite pas que l'UFDG s'affaiblisse, mais elle doit se remettre en question, a commencer par son leader, afin de mesurer le cout de son activite pour ses militants et la communaute peuhle plus generalement. Si elle ne le fait pas, c'est tout naturellement qu'elle aura a faire face a de la concurrence. La mauvaise reponse, c'est de vouloir ettouffer cette concurrence plutot que de faire le bilan de l'UFDG et son leadership. Et c'est ce que je vous reproche dans cet article, cher Doyen.
Je pense qu'a défaut de pouvoir pour le moment fédérer l'UFDG et l'UFR la meilleure option serait qu'une entente soit trouvé pour que Sydia soit le candidat a la présidence de l'AN et CDD celui a la présidentielle 2015 - ils pourraient au moins s'[entendre pour cela.
La candidature de Sydia a l'AN, avec les problemes actuels du RPG et de l'UFDG pourrait presque assurer a l'opposition d'avoir le perchoir ce qui ne sera pas le cas pour CDD aujourd'hui comme bien expliqué par notre doyen visionnaire.
J’espère qu'ils y penseront pour preparer en force l’après PPAC.
Oui !J'en rêve aussi :Sidya touré candidat de l'opposition au perchoir de l'AN sur proposition de CDD.Ce serait une idée lumineuse !
Ce Parti a besoin de plus de démocratie participative en son sein.
Si vous faites partie de l'UFDG, qu'attendez-vous pour vous faire entendre ? Il y a pourtant des moyens bien simples de le faire. L'UFDG n'est qu'une association, au sens juridique.
Le pouvoir ça ne se donne pas, ça se prend. Je ris de voir certains critiquer la faiblesse de CDD. Que font-ils pour se faire entendre ? Ils emploient les mêmes méthodes ? On n'est pas sorti de l'auberge.
Très bon article mon doyen !
La candidature de Sydia a l'AN, avec les problemes actuels du RPG et de l'UFDG pourrait presque assurer a l'opposition d'avoir le perchoir ce qui ne sera pas le cas pour CDD aujourd'hui comme bien expliqué par notre doyen visionnaire.
J’espère qu'ils y penseront pour preparer en force l’après PPAC.
De toute evidence, je ne comprends absolument rien de cette campagne auto-destructrice á laquelle se livrent certains peuls contre L'ufdg.
Je peux comprendre que bah oury soit amer,l'exile n'est souhaitable pour personne mais de lá á jouer aux extrêmes, je le crois plus intelligent.
Si UFDG explose, Bah Oury peut dire " A DIEUX " á la Guinée. Ne vous trompez pas de cible! Sortons de cette malediction que nous trainons toujours par manque de hauteur de vue.
Je precise que je ne suis pas membre de l'ufdg.
Il faut arrêter ce discours. Le débat doit être permis au sein de l Ufdg. Quelles sont les concrétisations de l accord du 3 juillet? Cellou et la direction de l Ufdg ne sont pas des saints. Si des erreurs d appreciation ont été commises, il faut pouvoir en discuter sans qu on ne vienne vous dire que vous voulez diviser la communauté. Si l Ufdg entant que premier parti d opposition qui prône l instauration de la démocratie dans le pays est sincêre, il faut qu elle accepte le débat contradictoire en son sein. Et sorte du féodalisme et du suivisme béat. La Guinée a besoin d une démocratie vécue au sein de l Ufdg. On ne veut pas élire le prochain dictateur du pays, fûsse-t-il un peulh.
Gando B.
Je peux comprendre que bah oury soit amer,l'exile n'est souhaitable pour personne mais de lá á jouer aux extrêmes, je le crois plus intelligent.
Si UFDG explose, Bah Oury peut dire " A DIEUX " á la Guinée. Ne vous trompez pas de cible! Sortons de cette malediction que nous trainons toujours par manque de hauteur de vue.
Je precise que je ne suis pas membre de l'ufdg.
Que nos amis reviennent a de bons sentiments.








