Thierno Aliou Bah Dimanche, 15 Décembre 2013 20:50
Aux leaders de l’opposition républicaine et à leurs militants/sympathisants
Le déficit le plus grave auquel une organisation, un pays, peut faire face, c'est le déficit de leadership. La guerre de leadership au sein de certains partis politiques de l’opposition démontre à suffisance que l’opposition guinéenne est aux abois ou ne sait plus où donner de la tête. La seule leçon positive à tirer de ces clashes est que la communautarisation du militantisme politique n’empêche pas les tiraillements internes sur fond de querelles de leadership.
A cet égard, le pragmatisme et le réalisme nous obligent à rejeter l’idée que nos leaders politiques sont des messies. Le bonheur du peuple de Guinée ne repose pas sur un parti politique ou une personne, mais sur la solidarité républicaine, le patriotisme, la compréhension mutuelle et le brassage des compétences. Au regard des commentaires (parfois voilés mais très nuancés) de nos compatriotes, on peut estimer sans se tromper que l’arène politique guinéenne est embourbée de toxines qu’il va falloir purger avant les prochaines échéances. Autrement, que ce soit M. Condé ou un autre à la magistrature suprême en 2015, la Guinée continuera sa descente aux enfers, dans sa spirale infernale d’injustice et de médiocrité, une mesure emblématique de notre fiasco politique.
Pour stopper cette dérive, j’en appelle à une convergence de leadership de l’opposition républicaine pour tracer les lignes directrices de la coalition en vue du renouveau politique, économique et démocratique de la Guinée. Pour cela, les militants et sympathisants des partis politiques de la coalition devront être associés. A défaut de parvenir à un compromis, la logique qui s'applique au système de démocratie devrait s'appliquer aussi aux affaires internes de nos partis politiques. N’est-ce pas cette ligne de conduite démocratique que l’opposition républicaine demande au pouvoir actuel d’adopter ? En démocratie les politiques répondent aux ordres du peuple, pas l’inverse.
En gros, pour paraphraser mon ami Barros, nous devons établir les normes et les règles d’une société équilibrée dans laquelle les leaders politiques ne sauraient transgresser les règles du jeu démocratique (« the rule of law ») sans lesquelles toute politique de développement serait vouée à l’échec.
Thierno Aliou Bah
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