Thierno Aliou Bah Vendredi, 06 Décembre 2013 21:35
Dans le contexte politique actuel de notre pays, et la mouvance présidentielle et l’opposition font fausse route. Le système autocratique actuel de gouvernance, grossièrement basé sur le mensonge, la mauvaise foi et la tricherie, ainsi que les tiraillements au sein de l’UFDG sur des questions de personnalité, démontrent à suffisance que l’idéal démocratique en Guinée est une utopie. Il faut mettre de côté les émotions et se battre pour la victoire du peuple et non celle d’un parti politique ou d’une personne particulière. Je persiste et signe qu’en cas de candidatures dispersées au sein de l’opposition en 2015, celle-ci n’aura aucune chance de l’emporter face à M. Condé car les élections seront faussées d’entrée de jeu comme à l’accoutumée.
Pour relever le défi de la démocratie et de la stabilité institutionnelle, les leaders de l’opposition doivent accepter de vaincre leur égo et vivre pour la nation. Malgré nos velléités d’ouverture d’esprit et de démocratie, nous avons en face un pouvoir machiavélique prônant la conquête et la conservation du pouvoir par tous les moyens, y compris la manipulation et le crime.
Nous devons effectuer une analyse rationnelle, analytique et responsable (non émotionnelle) de la situation politique actuelle du pays, lancer un appel à la lecture objective des évènements douloureux qui ont marqué les trois années de règne du pouvoir actuel, et mener une réflexion personnelle approfondie des enjeux électoraux de 2015. À mon sens, pour faire barrage à la dictature, il serait sage que l’opposition présente un seul candidat aux prochaines élections présidentielles. Réalisme étant de mise, à défaut du candidat idéal, le choix devrait porter sur Cellou Dalein ou Sidya Touré pour préparer la relève de demain. L’émergence de nouveaux jeunes leaders politiques ne changerait en rien la donne politique actuelle non moins, sans doute, par manque de leadership ou de compétences mais par manque de popularité ou de moyens financiers. Ils auront néanmoins leur rôle à jouer dans les prochaines administrations.
Les atouts de CDD : un bon démocrate, respectueux des droits fondamentaux, rigoureux, charismatique et intelligent, un sens élevé du compromis (une valeur en démocratie).
Les défauts de CDD: manque de fermeté, trop conciliant, parfois n’en fait qu’à sa tête, pur produit de l’administration Conté.
Les atouts de Sidya : un économiste aguerri, technocrate et fin travailleur, pourrait s’entourer de cadres de valeur ; issu d’une minorité ethnique, il pourrait favoriser l’équilibre ethnique dans la répartition des postes administratifs, bon orateur.
Les défauts de Sidya: pure produit de l’administration Conté (‘‘ton pied mon pied’’) ; sur le plan personnel, je ne connais pas le monsieur… alors à vos stylos !
Plutôt que de s'appesantir sur les défauts humains, qui peuvent, ma foi, être subjectifs, très subjectifs même, nous devrions nous fixer sur les orientations stratégiques qui peuvent mener à la victoire en 2015. De toutes les manières, pour assurer leur succès, ces leaders devront être épaulés par des cadres expérimentés de tout bord sans antécédents politiques ou financiers douteux. En matière de gouvernance il faut savoir faire preuve de cohérence et de complémentarité. À ce titre, M. Bah Oury et autres pourraient pleinement jouer leur rôle d’influence en vue d’assurer un conseil exécutif opérationnel et efficace.
Sortir du déterminisme politique et du fatalisme économique historique qui encombrent notre société et redonner aux populations l’assurance d’une Guinée unie, mue par la justice et la solidarité intercommunautaire, requièrent un leadership dépassionné sans précèdent. Les trois premières années de gouvernance misérable du pouvoir en place démontrent à suffisance qu’il n’y a pas de modèle de développement ou de « plan Marshall » adapté au contexte d’un pays marqué par une instabilité politique endémique et un déficit alarmant de leadership. Rétablir les institutions de gouvernance, garantir les libertés fondamentales, transcender les clivages ethniques, et favoriser l’unité et la solidarité nationales dans une optique d’équité et de justice sociale sont les conditions préalables aux opérations d’investissements privés et au décollage économique.
Les leaders de l’opposition, sans exception aucune, doivent faire front commun pour lutter contre la dictature du nouveau régime et rendre au peuple sa dignité. En se désolidarisant, ils contribuent à assurer l'apothéose du mal mis à profit par des velléités personnelles injustifiées qui imposent toutes sortes de rituels légués par une tradition politique irrationnelle dont le peuple en est la première victime. Dès lors, arrêter les querelles intestines improductives à l’UFDG pour se battre pour la nation relève du leadership. À bon entendeur salut !
Thierno Aliou Bah
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