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Législatives en Guinée : la Cour suprême a-t-elle installé un Condestag ?
Ibrahima Kylé Diallo Vendredi, 22 Novembre 2013 22:13
Un 12 novembre, les nazis entrent au Reichstag. C’était en 1933, en Allemagne où le chancelier A.H. avait organisé des élections législatives qui n’étaient pas libres. On connait la suite…
En Guinée, l’aventurier A.C. vient d’organiser des législatives qui ne sont pas transparentes. Un Condestag risque de s’installer dans une Guinée déjà « bananisée » où l’on trouve normal tout ce qui apparait comme anormal sous d’autres cieux. On connaitra la suite…
Il a été demandé à la Cour suprême de faire son job, c’est-à -dire de dire le droit. En confirmant les résultats provisoires de la CENI, entachés lourdement d’irrégularités, elle a montré qu’elle ne sait même pas lire le droit. Son président, Mamadou Sylla, a psalmodié un texte ayant l’air d’un manuscrit pondu par une main tremblante, qu’il semblait découvrir en même temps que ceux qui l’écoutaient. On est loin de la compétence.
Ce dernier mot est riche de significations.
Dans le sens courant, la compétence est une capacité reconnue dans un domaine précis. C’est un savoir-faire. Vue sous cet angle, notre Cour suprême est en dessous de tout.
En droit, la compétence est l’aptitude légale à instruire et à juger. En ce sens, la Cour suprême est bien compétente mais à géométrie variable. Ainsi en 2010, après le premier tour de la présidentielle, elle nous a gratifiés de sa compétence en permettant à Alpha Condé, battu dans les urnes, de concourir au second tour à la place de Sidya Touré. En 2013, elle transfère sa « compétence » à une Cour constitutionnelle qui n’est pas encore née ! Dans cette magouille, il faut reconnaitre que dans la basse-cour guinéenne les volatiles (voyez l’emblème du RPG !) ont une certaine compétence.
Maintenant que les législatives se sont déroulées dans les conditions que nous savons et que le droit n’a pas été dit comme il aurait dû l’être, quelle arme reste-t-il à l’opposition ?
Voyons quelques-uns de ses atouts et de ses faiblesses.
1) des atouts pour l’opposition
Malgré la fraude massive, l’opposition ne s’est pas effondrée électoralement. Dans un pays démocratique, on pourrait même dire que son score est honorable. En Guinée, ce score est en principe inacceptable puisqu’elle est normalement majoritaire dans le pays. Par réalisme, on fait avec ce qu’on a ou, plutôt, avec ce qu’on a décidé d’accepter. Par exemple, avec une quarantaine de députés, l’UFDG devrait même remercier vivement la communauté internationale sans la présence de laquelle AC ne lui aurait accordé qu’une dizaine de strapontins.
Dans la configuration actuelle, l’opposition a suffisamment de députés pour instaurer la démocratie car elle a à portée de main une base de travail, à savoir la constitution guinéenne à partir de laquelle la création d’institutions démocratiques n’est pas impossible. C’est une simple question de volonté politique.
2) des faiblesses de l’opposition
L’unité de l’opposition ne semble être que de façade. Elle donne l’impression d’une décharge de pièces détachées pour automobiles : parebrises partiellement brisés, batteries presque entièrement déchargées, pots d’échappement à peine récupérables, etc.
Lorsqu’on écoute ceux qui se réclament de l’opposition et qu’on observe leur comportement, on ne sait plus où se trouve la ligne de démarcation pouvoir/opposition. Les opposants se font-ils suffisamment confiance ? Est-on sûr qu’aucun d’eux n’a un calcul personnel ? Se battent-ils contre un dictateur dont ils veulent ouvertement la place ou contre la dictature en tant que telle ?
Dans l’opposition, beaucoup ont occupé de hautes fonctions dans l’administration guinéenne et dans des organismes internationaux, mais ils donnent l’impression de ne pas connaitre leur fonctionnement et l’avantage qu’ils peuvent en tirer.
Dès lors, se pose la question du moment : l’opposition doit-elle siéger ou non à la future Assemblée ?
- En termes de logique, elle doit siéger. Lorsqu’on accepte d’aller aux législatives à n’importe quel prix, on ne peut pas ne pas siéger à l’Assemblée quel que soit leur résultat. J’avais dit qu’il ne fallait pas accepter des élections avec l’opérateur partial Waymark. Après sa capitulation morale, l’opposition risque maintenant un affaissement politique.
- Du point de vue de la stratégie politique, l’opposition peut transformer sa défaite relative en atout majeur en ne siégeant pas à l’Assemblée. Comme il faut au moins 76 députés (heureusement qu’il ne s’agit pas des 2/3 des députés présents !) pour voter une loi organique, AC sera pris à son propre piège. Bien entendu, cela ne l’empêcherait pas de continuer à gouverner dans l’illégalité, comme il l’a toujours fait, mais il ne pourrait pas se prévaloir d’une finalisation du processus démocratique, condition de l’octroi de certaines aides.
Je ne veux pas que l’opposition siège mais je sais qu’elle siègera. Ses élus sont tellement avides de porter le titre d’honorables, avec les indemnités qui vont avec, qu’ils accepteraient de siéger debout !
Ce qui me désole, c’est le comportement actuel de l’opposition qui, par son laxisme, permet à AC de terminer tranquillement un mandat indu et d’être en position d’en avoir un autre. La Guinée est encore dans les ténèbres et ce n’est pas avec AC qu’on retrouvera la lumière. Croyez-vous qu’un aventurier sorti du néant puisse nous apporter du néon ?
Je vous salue.
Ibrahima Kylé Diallo
Responsable du site www.guineeweb.net
Commentaires
Le "Condestag" voila une invention ingénieuse qui donnerait des idées à ceux qui veulent dégresser les éternels obèses ignorant que c'est une maladie mauvaise pour leur santé. Il est vraiment généreux ce El Hadj Alpha (Il surement trouvé Dieu là bas) à s'occuper de cette cure d'obésité, que Dieu le bénisse, Amen!
Rien n’étonne plus personne de la république de « donzos-dougou » car tout ce qui anormal est normal, tout ce qui est illégitime est légitime et enfin tout ce qui est illégal est légal dans ce qui reste de ce merdier etc.……C’est une sorte de loi du contraire qui s’applique dans ce groupement de bantoustans depuis que le « fama » a été coopte par « qui perd gagne » rien ne se fait selon les règles normales……Sacre pays !
N'oublie pas que alfa fonctionnait sans AN déjà depuis 3 ans
Il peut donc encore continuer 2 ans sans.
Il y a des choses que je ne peux écrire, afin de ne pas donner le bâton pour faire battre l'opposition. Ce qui est clair à mes yeux, c'est qu'il y a beaucoup plus d'avantages à rester ainsi que de mettre en place une AN ainsi composée. Sans compter qu'il faut rester cohérent. On ne peut pas vouloir une chose (une AN crédible), et passer à autre chose ensuite (la légitimer de fait). Si l'AN n'est pas crédible, il faut pouvoir le signifier.
Erratum
Merci de lire "un blanc-seing"
j'ai toujours dit que les Sow avaient des problèmes avec les seins, lol
AC a dit que la Guinée était une démocratie, il n'y a donc rien à changer, puisque tout va bien.
Gandhi,
Ne pas siéger apporterai quoi dans le moulin de l'opposition pour les prochaines échéances ? IQue reste t-il à l'opposition ?
N'oublie pas que alfa fonctionnait sans AN déjà depuis 3 ans et secrètement je pense qu'il serait heureux de ne pas voir un opposant siéger car il n'aime pas la contradiction. Par ailleurs je ne vois rien à gagner en bloquant l'AN ! Peut-être qu'il y'a des choses que je ne comprend pas mais un blocage en Guinée sous alfa ne rime à rien.
La présence des députés dans la configuration actuelle de presque 50/50, peut changer quelque chose pour le pays, à mon avis! Ne pas siéger ouvrirait la voie à AC pour 2015 et les décennies suivantes ...
Entre les deux mon cœur continue de balancer et je me demande de plus en plus si il ne faudrait pas appliquer les deux : démarrer avec la logique puis s'imposer par la stratégie politique afin de refermer le piège sur le chasseur en eaux troubles
Même si l'unité façade de l'opposition devrait en souffrir, la (seule) bonne stratégie consiste à ne pas donner un blanc-sein à des fraudeurs. Pour l'UFDG notamment, il y aura plus à perdre qu'à gagner à faire siéger des députés à cette Assemblée conçue et imposée pour préparer le prochain hold-up électoral d'AC. L'idéal serait que CDD s'engage et parvienne à convaincre, avant tout, ses (propres) 36 collègues élus à le suivre. Ce qui créerait le précédent nécessaire à la rupture indispensable d'avec les moeurs rétrogrades et nuisibles qui caractérisent le personnel politique guinéen. L'histoire sociopolitique de la Guinée abonde malheureusement de douloureuses raisons de ne jamais pactiser politiquement avec le Diable.
Erratum
Merci de lire "un blanc-seing"
" Dans la configuration actuelle, l’opposition a suffisamment de députés pour instaurer la démocratie car elle a à portée de main une base de travail, à savoir la constitution guinéenne à partir de laquelle la création d’institutions démocratiques n’est pas impossible. C’est une simple question de volonté politique".
AC a dit que la Guinée était une démocratie, il n'y a donc rien à changer, puisque tout va bien.
Je préfère cette option qui limitera les dégâts pour la Guinée. Le chaos qui ne peut mettre ce pays sous commandement de types comme Lansana conte, Dadis Camara, Sekouba Konate ou même alfa condé. Dans une vrai démocratie alfa ne serait président de ce pays. Travaillons pour le futur de la Guinée, reprenons le recensement national et virons sabary technologies et waymark pour préparer 2015. Il y'a du travail mais pour cela il faut y être !
Cela me rappelle certaines paroles de la chanson de Zao intitulée "Ancien Combattant ".
Quand viendra la guerre mondiaux
Tout le monde cadavéré
Quand la balle siffle, il n'y a pas de choisir
Si tu ne fais pas vite changui, mon chéri, ho!
Cadavéré
Avec le coup de matraque
Tout à coup, patatras, cadavéré
Ta femme cadavéré
Ta mère cadavéré
Ton grand-père cadavéré
Ton père cadavéré
Tes enfants cadavéré
Les rois cadavéré
Les reines cadavéré
Les empereurs cadavéré
Tous les présidents cadavéré
Les ministres cadavéré
Le garde de corps cadavéré
Les motards cadavéré
Les militaires cadavéré
Les civils cadavéré
Les policiers cadavéré
Les gendarmes cadavéré
Les travailleurs cadavéré
Ta chérie cadavéré
Ton première bureau cadavéré
Ton deuxième bureau cadavéré
La bière cadavéré
Le champagne cadavéré
Le whisky cadavéré
Le vin rouge cadavéré
Le vin de palme cadavéré
Les soûlards cadavéré
Music lovers cadavéré
Tout le monde cadavéré
Moi-même cadavéré
Et c'est tout !
"Tappè, cassè": il suffira qu'Alpha Condé ("le patron") leur dise « Quand » et ils iront « siéger débout» (dans la contestation), comme à la CENI. Ils contestent pour contenter quelques egos, le temps que ça dure.








