Pourquoi cette détermination de la communauté internationale à adopter des standards uniques en Guinée ?

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Depuis les événements tragiques du 28 septembre 2009, les Guinéens font face à une implication qu’on peut qualifier de suspecte de la communauté internationale vu les agissements de certains acteurs dans la crise politique. Si pour certains, après les régimes de dictature subis depuis l’indépendance, les concepts moraux de portée universelle que sont le droit et la démocratie constituent un luxe pour nous, d’autres pensent simplement qu’il faut maquiller le système et servir les marchés qu’ils représentent, tant pis pour la morale. Aujourd’hui il y a lieu de se demander quelles valeurs morales défend la communauté internationale et sur quelle morale et quels principes, les représentants de nos partenaires se sont basés pour aider notre pays à réussir sa marche vers la démocratie.

Au regard d’une victimisation collective dont s’est toujours servi le système criminel qui a pris notre pays en otage depuis l’indépendance pour justifier le malheur dans lequel il a toujours plongé les populations, certains actes posés par cette communauté internationale en Guinée réputés aider notre pays pour le retour à l’ordre constitutionnel, soulèvent plutôt des interrogations quant à leur sincérité. Ne pouvait-on pas se passer des criminels au lieu de procéder au recyclage et à la promotion de certains parmi eux et non des moindres ? Voilà le premier « deux poids deux mesures Â».

Quelques semaines après le 28 septembre, le Conseil de sécurité des Nations unies envoie une équipe de juristes pour enquêter sur les massacres et les viols. Le rapport de cette commission internationale a reconstitué la chaine de commandement des forces de sécurité pour les enquêtes préliminaires. En décembre de la même année, l’un des principaux accusés tente d’assassiner le chef de la junte. Cette même communauté internationale à Ouagadougou, désigne après l’avoir blanchi, Sekouba Konaté, un haut gradé impliqué dans cette chaine pour diriger la transition avec comme mission : l’organisation des élections présidentielles et la restructuration des forces de sécurité. De retour en Guinée, il élargit sa mission à l’octroi de marchés juteux...

Pour ce qui est de la restructuration des forces de sécurité, cet officier félon se débarrasse des proches de Dadis, chasse les Forestiers du camp de Kaleta et les fait remplacer par ceux issus de l’ethnie à laquelle il dit appartenir. La brutalité des répressions des manifestations pacifiques et son implication dans l’intimidation et les bourrages des urnes lors des dernières élections prouvent avec éloquence que ce qu’on appelle aujourd’hui armée nationale n’est qu’une milice malinké au service d’un pouvoir tribaliste dont les crimes sont hors du commun. C’est la restructuration à laquelle l’ONU est en train de contribuer. Que le général Lamine Cissé réfléchisse bien, car demain il ne dira pas qu’il n’a pas été prévenu.

En ce qui concerne l’organisation des élections présidentielles, l’échec se traduit aujourd’hui par la crise politique que traverse le pays depuis 2010. Toutefois, il serait utile de rappeler quelques faits qui ont beaucoup entamé la crédibilité de nos partenaires. Le général Konaté a été accusé d’avoir changé les résultats du premier tour pour permettre à M. Alpha Condé d’accéder au second tour. Entre les deux tours, ce soldat du mal fait déployer des milices ethniques qui ont violenté les populations peules de Conakry par toutes sortes d’exactions: massacres, viols, vols, etc. Il a utilisé sa propre garde, aidée par certains de ses proches, pour infliger des violences corporelles à des supporters du candidat Cellou Dalein Diallo. Resco Camara, Nouhou Thiam et Aboubacar Sidiki Camara en sont inculpés et attendent leur jugement. N’oublions pas le génocide des Peuls en Haute Guinée au sujet duquel il lui est difficile de nier être mêlé à sa préparation. En tous les cas il a toujours refusé même d’en parler, à plus forte raison de dénoncer tout en déployant l’armée au Foutah où elle se livre à des tueries, des viols, et des emprisonnements, etc. après le second tour.

Après tout cela, la communauté internationale, en guise de récompense, promeut Séekouba Konaté en le nommant précipitamment à la tête de la FAA, fonction pour laquelle il n’a pas les capacités professionnelles, les qualités morales et intellectuelles requises pour l’assumer. Si les Guinéens dans leur majorité, exigent la traduction du capitaine Moussa Dadis Camara devant la CPI, ils se sentent insultés par la promotion de l’autre criminel qu’est le général Konaté. Des acteurs de cette communauté internationale pensent que le peuple guinéen est trop naïf pour accepter des standards uniques.

Un autre aspect révoltant de l’attitude de ces diplomates se traduit par leur détermination à nous faire accepter et supporter ce pouvoir tyrannique d’Alpha Condé. Cet imposteur, conscient qu’il ne peut pas gagner le pouvoir par la voie démocratique, a choisi la violence et les fraudes électorales pour y accéder et s’y maintenir au vu et au su des diplomates résidant à Conakry. Ceux-ci ferment les yeux sur les graves violations des droits de l’homme qui sont commises quotidiennement sous leurs yeux.

Ceux qui appellent à la paix et à la préservation de l’unité nationale ont pourtant suivi la campagne basée sur l’ethnocentrisme et la haine de la communauté peule particulièrement, de celui qu’ils sont déterminés à soutenir les yeux fermés pour des raisons qu’eux-mêmes connaissent, mais qui interpellent la conscience de chaque citoyen guinéen épris de justice et de liberté.

Le pogrome anti peul à Conakry et en Haute Guinée entre les deux tours de la présidentielle de 2010 a été passé sous silence. La répression brutale des mêmes populations de la Moyenne Guinée par les forces envoyées par Sékouba Konaté, qui ont commis des viols, meurtres et autres atrocités, a été considérée comme un non-évènement et d’ailleurs le représentant de l’Union européenne n’était-il pas allé jusqu'à nier qu’il y avait des violences ? Malgré toute la brutalité que ce régime sanguinaire utilise comme stratégie pour se maintenir au pouvoir, quand ce n’est pas le silence total des représentants de nos partenaires, certains vont jusqu'à s’ériger en juge populaire se permettant de partager les responsabilités entre les victimes et leurs bourreaux que sont les milices ethniques d’Alpha Condé.

Voilà bientôt trois ans depuis que la communauté internationale, par ses représentants en Guinée devenus de vrais activistes du parti au pouvoir, s’efforce d’imposer des standards uniques pour l’avènement de la démocratie dans notre pays. Après avoir cherché à réduire au silence l’opposition républicaine dans ses revendications légitimes d’aller aux élections législatives pour mettre fin à la transition, il y a eu d’abord une campagne médiatique confuse qui présentait les leaders des partis politiques comme ceux qui ne veulent pas aller aux élections, donc ceux qui bloquent le développement du pays.

Face à l’intransigeance de l’opposition qui exigeait des élections crédibles, nos hôtes se sont engagés encore dans une autre campagne de promesses en vue de nous convaincre des mesures qu’ils entreprendraient pour sécuriser le processus contre les disfonctionnements et la fraude. A l’approche du scrutin, ils ont tenté de préparer les esprits à accepter les irrégularités en disant qu’aucune élection ne peut être parfaite et immédiatement après le 28 septembre, ils ont commencé encore par tenter de nous convaincre de la bonne qualité du scrutin. Et dès que les observateurs de l’Union européenne ont dénoncé des dysfonctionnements, les représentants de la communauté internationale ont invité l’opposition à adresser leurs recours éventuels à la Cour suprême qu’ils légitiment en Guinée et récusent en Côte d’Ivoire, encore deux poids deux mesures.

Espérons seulement que l’opposition aussi fera le plus tôt possible un rapport sur la détermination de chacun de ces diplomates à nous imposer à tout prix, ce pouvoir tyrannique pour permettre à ceux qui les ont accrédités, d’apprécier et de juger la conformité de leurs attitudes avec la mission qui leur fut assignée.


Barry Abdourahamane
Philadelphie – USA


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Commentaires  

 
+1 #5 A.O.T. Diallo 15-11-2013 22:44

Citation en provenance du commentaire précédent de madina:
Ici les opinions de AOT,Abdourahmane et amadousdialamba,loin de se contredire sont plutot complementaires.En effet,ce que l'on designe sous l'appelation de Communaute Internationale est une entite tres metissee qui comporte en son sein des vertueux et aussi des pourris.
Au demeurant,nous avons eu droit en Guinee aux deux facettes de la piece.D'une part,l'union africaine qui nous a produit son art simiesque et ignominieux,d'une autre part,l'ONU qui nous a servi sa fourberie et sa fumisterie et d'autre part l'Union europeenne qui a su meriter la confiance et incarner l'espoir.

D'accord avec toi mon frère mais je persiste a dire que l'UA et la CEDEAO malgré toutes leurs tares de clubs de bandits au pouvoir n'ont pas d'autre choix que de tout faire pour éviter des bagarres sanglantes en Guinée car toute la sous-region reprendrait feu rapidement.
N'oubliez pas que Ouattara, Sirleaf et Koroma soutiendront obligatoirement le PPAC si ils le considèrent comme maitre de l’armée guineenne même si ils le méprisent par ailleurs pour la honte qu'il amène a la sous-region...
La réalpolitique est de mise a notre époque..
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+2 #4 madina 15-11-2013 18:14

Ici les opinions de AOT,Abdourahmane et amadousdialamba,loin de se contredire sont plutot complementaires.En effet,ce que l'on designe sous l'appelation de Communaute Internationale est une entite tres metissee qui comporte en son sein des vertueux et aussi des pourris.
Au demeurant,nous avons eu droit en Guinee aux deux facettes de la piece.D'une part,l'union africaine qui nous a produit son art simiesque et ignominieux,d'une autre part,l'ONU qui nous a servi sa fourberie et sa fumisterie et d'autre part l'Union europeenne qui a su meriter la confiance et incarner l'espoir.
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-2 #3 amadousdialamba 14-11-2013 05:35

Monsieur Adourahamane Barry, recevez mon appui total sur la dénonciation du rôle très ambigüe de cette communauté internationale sur les processus qui se sont succédé en Guinée. Je sais que son apport est souvent essentiel pour la mise en œuvre des processus politiques et de développement socioéconomique des pays. Tout cela à cause du manque de volonté des autorités en place. Je sais aussi qu’elle balance toujours vers les paramètres dominants des processus, surtout lorsque la paix est menacée. Mais en Guinée, la plus part de ces paramètres et retombées sont à la faveur du régime en place. Les épisodes que la Guinée ait traversés ces dernières années l’ont démontré à suffisance. Les lobbys, solidement implantés au pays et qui travaillent étroitement avec le régime corrompu n’en demandent pas mieux.
A Monsieur A.O.T., je vous adresse cette petite remarque : j’ai remarqué que souvent vous vous opposé formellement à toute idée de dénonciation ou de critique à l’encontre de cette C.I. Je comprends que vous voulez dire par-là que c’est aux guinéens qu’incombe, au premier chef, de prendre leur destin en main. Mais comprenez et acceptez SVP que le guinéen n’a connu que de la terreur depuis son indépendance. Le guinéen a trop subi et par peur, il encaisse même l’inadmissible. C’est pourquoi il comptait beaucoup sur l’apport de la communauté internationale pour sortir de cette longue domination à outrance de dictateurs. Mais l’expérience vécue par les guinéens lors des élections de 2010 a fait déchanter tout le peuple. Voilà pourquoi nous accusons la C.I. de complicité. Cette complicité qui a permis l’arrivée au pouvoir de celui qui n’avait qu’à peine 18 % au détriment de celui qui a obtenu 45 % ne souffre d’aucune équivoque. Chose qui a fortement décrédibilisé cette C.I. aux yeux des guinéens avertis. La seule tension extrême qui prévalait dans le pays, ne suffit pas pour justifier cette complicité. Conséquences, l’homme qu’elle a porté au pouvoir a plongé le pays dans une situation lamentable, notamment une insécurité totale, une misère indescriptible, un déchirement social au bord de l’explosion, un pillage systématique des ressources, la recrudescence d’une dictature plus féroce que toutes les autres, une confusion permanente dont personne ne peut prédire l’issue... tout cela savamment orchestré par ce pouvoir tyrannique sans pitié. En conclusion, je dirais que la présence de cette Communauté internationale en Guinée n’a servi que le régime en place. L’amélioration de la condition de vie des populations, sa protection contre les atrocités des bandes armées du régime, la fin du système dictatorial, le principe de démocratie dont elle est sensée promouvoir, entre autres, ne sont pas prises en compte.
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0 #2 se 14-11-2013 03:31

Bien dit AOT! CI = Communauté d'interets. Je dirais meme que cette CI s'en moque si l'Afrique brule. Apres tout, le Congo brule mais cela ne les empeche d'obtenir les ressources minieres qu'ils veulent.
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+3 #1 A.O.T. Diallo 13-11-2013 18:51

Mr Barry, pour un frère qui vit aux USA votre texte parait très naïf, pour ne pas dire plus que victimaire :
- la C.I. s’intéresse principalement a ses intérêts en Guinée ? Et alors, vous espériez quoi d'autre venant de capitalistes ?
- Elle finance le pays et vous voulez qu'elle fasse pas comme si ce était pas le cas ?
- Vous voulez dire que si ce n’était pas pour la C.I. l’opposition aurait déjà renversée la dictature en Guinée ? Vous rêvez ? Sans elle les résultats des legislatives seraient déjà publiés avec 80% de députés pour le RPG.
- Son objectif principal est qu'il n'y ait pas de conflit ouvert en Guinée qui risque d'embraser de nouveau toute la fragile sous-région? Et alors, n'importe qui d'intelligent ferait pareil, même si cela veut dire garder un AST, Lansana Conte ou PPAC au pouvoir.
- Si nous voulons chasser la dictature chez nous c'est a nous de le faire, comme les égyptiens, les tunisiens et les libyens. Ce n'est pas le travail de la C.I.
- La C.I. soutiendra toujours les plus forts et les meilleurs garants de la stabilité dans toutes les régions du monde - ne lui demandons donc pas d'aider notre opposition a le devenir en Guinée et quand l'opposition le sera, alors elle la soutiendra contre les autres plus faibles...
Les "grands" de ce monde ne s’intéressent qu'a cela et vous le vivez tous les jours la ou vous êtes...
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