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Le sens de notre combat (partie 4)
Thierno Sadou Diallo Mardi, 05 Novembre 2013 01:33
Pour ceux qui ont lu la première partie de notre document, vous vous souviendrez que l’une des raisons qui m’ont poussé à publier cette série d’articles était due aux mauvaises conditions dans lesquelles se préparaient les élections législatives. Je craignais fort que la Guinée, à la croisée des chemins, ne rate une nouvelle fois ce rendez-vous si important de son histoire.
Le 28 septembre 2013, les Guinéens ont voté dans l’ordre et la discipline mais voilà plus d’un mois qu’ils attendent nerveusement la proclamation des résultats définitifs par la Cour suprême. Et depuis, les débats font rage autour de toutes les questions liées aux conditions d’organisation du scrutin, à la fraude électorale, au travail de la CENI et à l’analyse des résultats provisoires.
Inutile pour moi donc de revenir sur les arguments des uns et des autres. Ici, mon but sera simplement de montrer que les causes pour lesquelles nous nous battons depuis plus de deux décennies restent toujours d’actualité malgré l’élection du « président démocratiquement élu ». Et les législatives du 28 septembre 2013 ont révélé au grand jour le chemin qui reste à parcourir au point où les Guinéens peuvent maintenant se rassurer qu’une nouvelle ère pointe à l’horizon. Il suffit d’en juger :
De la date des élections
Les élections législatives qui devaient avoir lieu six (6) mois après l’élection présidentielle ont été finalement organisées le mois dernier après de multiples reports dus à une crise de confiance entre les acteurs politiques. Le peuple de Guinée était pris dans un étau et ne savait à quel saint se vouer. Inutile de dire que la vie économique était considérablement ralentie et que tout était bloqué dans le pays. La question a été réglée suite à un accord politique entre la mouvance et l’opposition. Mais quand j’ai appris que les Guinéens étaient convoqués aux urnes à la date du 28 septembre, j’ai levé les bras au ciel. Pourquoi diable choisir cette date qui est déjà rentrée dans l’histoire avec le non historique de la Guinée en 1958 et avec les évènements douloureux au Stade en 2009 ? Nous n’avons même pas fini de fermer cette parenthèse que nous sommes prêts à en ouvrir une autre avec tous les risques de violence et de tragédie qui peuvent survenir. Sans compter que les festivités de célébration de la fête de l’indépendance sont programmées cinq jours après, à la date du 2 octobre. Normalement, durant la semaine si historique du 28 septembre au 2 octobre, les Guinéens doivent être partagés entre le recueillement, le souvenir et la célébration de l’indépendance. Aucun autre évènement ne devrait en principe venir perturber ce rendez-vous du peuple de guinée avec son histoire. Imaginez un peu qu’on demande aux Français de voter le 14 juillet ou quelques jours avant ! Ou bien qu’on demande aux Américains d’aller aux urnes quelques jours avant le 4 juillet ? Pourquoi sommes-nous toujours en train de travestir les dates historiques de notre nation ? Ce 28 septembre 2013, tout le monde était préoccupé par la tenue des élections législatives et c’est à peine si on a parlé du non historique de la Guinée ou du massacre qui a eu lieu au stade du même nom en 2009. La fête de l’indépendance a été célébrée pratiquement dans l’indifférence générale. Rien, absolument rien ne nous empêchait d’organiser cette élection après les festivités du 2 octobre, surtout que maintenant on nous fait attendre plus d’un mois pour connaitre les résultats officiels.
Dans la vie d’une nation, il y a des choses qui sont sacrées mais en Guinée, il est évident que nous souffrons du syndrome de non respect du sacré. Le respect de la vie humaine, les symboles de l’Etat, les valeurs de la République et les dates principales marquant les jalons de notre histoire doivent relever du domaine de l’inviolable. C’est pourquoi les démocrates guinéens doivent se battre pour institutionnaliser les dates d’organisation des élections en Guinée. On peut par exemple retenir la deuxième quinzaine du mois d’octobre pour l’élection présidentielle et la première quinzaine du mois d’avril pour la tenue des législatives. On peut choisir une de ces deux dates pour organiser les communales puisque toutes les élections n’ont pas lieu la même année. Et ces dates devraient être respectées en dépit de tout. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons éviter à notre pays d’être l’objet de la risée internationale en prouvant au monde que nous pouvons organiser des élections de manière automatique et cyclique.
Du choix des candidats à la députation
Lors de la désignation des candidats aux listes de scrutin proportionnel et uninominal, les Guinéens ont assisté à un spectacle désolant dans les états-majors de la plupart des partis politiques. En effet, que ce soit au niveau de la mouvance présidentielle ou de l’opposition, on a assisté à des confrontations inutiles, des engueulades, voire même des « batailles rangées » entre responsables d’un même parti pour figurer en bonne position sur la liste des candidats à la députation. Il y eut tellement de controverses, de cris et de menaces que les militants en sont restés médusés. C’est à se demander si ces futurs députés comprennent le rôle qui leur sera dévolu. Ou bien s’ils ont l’intention d’aller à l’Assemblée nationale (AN) pour se partager un gâteau ou pour simplement empocher des primes. En tout cas, beaucoup se sont comportés comme s’ils étaient des chasseurs de primes et non des futurs députés de l’Assemblée nationale. Sinon comment expliquer qu’on s’en prenne de manière aussi virulente à un collègue si vous vous battez tous pour le même idéal et pour le triomphe d’une cause. En tout cas, avec de tels comportements, c’est l’image de la Guinée qui en sort sérieusement écornée.
Mais tout ceci est dû au fait qu’il y a une absence totale de normes en Guinée. Chacun pense qu’il est libre de se tailler un espace personnel où il peut tout se permettre, même au détriment de l’intérêt général. Nous avons vu des candidats qui veulent faire de l’Assemblée nationale leur maison de retraite. Or c’est dans cette auguste institution que bat le cœur de la nation et où on prend le pouls de la vie politique, économique et sociale du pays. L’Assemblée nationale doit donc refléter toutes les composantes de la nation, aussi bien sur le plan politique, social et professionnel que sur le plan démographique, et surtout du genre. Mais quand on a examiné certaines listes de candidats, on se rend compte que certains partis n’ont aligné que les noms de fonctionnaires ou d’anciens fonctionnaires à la retraite. Certains n’ont aligné que les noms des amis proches du leader. D’autres encore ont poussé la comédie jusqu'à mettre aux toutes premières places des jeunes fraichement sortis de l’université, sans aucune expérience mais dans le seul but d’instrumentaliser la jeunesse. On aura tout vu en Guinée ! Mais tout ceci est dû au fait qu’il n’y a pas de normes ; sinon quand on a servi dix ans ou plus à l’Assemblée nationale, il n’y a plus de raison de se battre avec ceux qui n’ont pas eu encore cette chance de servir leur pays. La Guinée appartient à tous les Guinéens.
De l’indépendance de la CENI
Jamais une institution de la République n’a été dénoncée à ce point pour son incompétence et son manque d’indépendance. Inutile pour moi de revenir sur toutes les insuffisances constatées par les partis politiques et les observateurs internationaux dans le travail de la Commission électorale nationale et indépendante (CENI). De nombreuses critiques ont déjà été faites à cet égard et tel n’est pas le point du présent document. Mais ce que je ne comprends pas, c’est qu’il y a tellement longtemps que les partis politiques se plaignent de la CENI, qu’on a dénoncé Lousény Camara jusqu'à le chasser de cette institution, et qu’on a dénoncé aussi son successeur Bakary Fofana en l’accusant de recevoir des ordres de la Présidence, et que le problème persiste et qu’on continue à vouer aux gémonies cette institution, sans qu’on ne s’arrête un instant pour se dire qu’il y a un problème et se demander ce qu’il y a lieu de faire. Tout simplement parce qu’on ne veut pas admettre une chose ; c’est que la CENI politique tant voulue par les partis politiques ne marche pas, puisqu’elle finit toujours par tomber dans l’escarcelle du pouvoir. Ce qu’il faut en Guinée, c’est une CENI technique débarrassée de toute influence du pouvoir. Et pourtant, si je me rappelle bien, le Conseil national de transition (CNT) avait envoyé une commission au Ghana pour voir comment les Ghanéens avaient réussi à mettre sur pied une Commission électorale technique chargée d’organiser toutes les élections. Un rapport avait été préparé et soumis mais apparemment ni la mouvance et ni l’opposition ne voulaient en entendre parler. Et chacune pour les raisons qui lui sont propres. Mais tout le monde voit que la CENI politique ne marche pas et que ce n’est nullement une affaire de personnes, de Lousény Camara ou de Bakary Fofana ou d’un tiers.
Il faut donc que les démocrates guinéens se battent pour qu’on évolue vers une CENI technique. J’avoue qu’il était difficile de le faire lorsqu’on fait face à un vide institutionnel et à un président fort. Et j’avoue aussi qu’il est difficile de le faire dans les deux années qui restent avant l’élection présidentielle de 2015. Mais aussitôt que la nouvelle Assemblée nationale sera mise en place, une commission doit être formée pour sortir des tiroirs le rapport de la mission d’évaluation du CNT et étudier les voies et les moyens pour qu’on évolue vers une CENI technique qui sera mise en place à temps pour l’élection présidentielle de 2020. C’est un combat qu’il faut mener à tout prix pour enrayer définitivement la fraude dans notre processus électoral.
De la neutralité des agents de l’Etat
Au temps fort de la dictature, on avait coutume de voir les ministres, hauts fonctionnaires, gouverneurs et préfets battre campagne pour le parti au pouvoir jusqu’à influencer la sincérité des résultats, le jour du vote. Aujourd’hui encore, au temps du « premier président démocratiquement élu », les mêmes pratiques continuent toujours. La mission d’observation de l’Union européenne a relevé que plusieurs ministres ont été vus dans plusieurs circonscriptions électorales en train de faire campagne ou de se mêler des opérations de vote. Les partis politiques de l’opposition ont dénoncé à maintes reprises ce manque de neutralité des agents de l’administration. Ceux qui sont concernés ne le nient même pas, se targuant de revendiquer leur appartenance à la mouvance présidentielle. Or le code électoral et toutes les lois en vigueur concernant les élections en République de Guinée interdisent ce genre de pratiques et insistent sans équivoque aucune sur la neutralité de l’administration. Mais vous verrez en Guinée un haut fonctionnaire chargé d’assurer un service public à tous les citoyens du pays se faire désigner porte-parole ou directeur de campagne du parti présidentiel. Vous verrez le porte-parole du gouvernement se transformer du jour au lendemain, sans crier gare, en porte-parole de la mouvance présidentielle. Et vous verrez un ministre de la République, qui de son propre aveu reconnait avoir sillonné plusieurs bureaux de vote dans une circonscription donnée mais qui se défend d’avoir déchiré des bulletins de vote. Mais qu’est que ça change, qu’il ait déchiré des bulletins de vote ou pas ? La loi a déjà été violée ! Mais quand vous leur rappelez qu’ils n’ont pas le droit de s’immiscer dans le processus électoral, que la loi l’interdit, ils montent au créneau, ils vous insultent et menacent de vous trimballer devant les tribunaux ! Quel pays extraordinaire, cette Guinée ! Or ils doivent savoir que la Guinée n’a pas un système parlementaire ou même semi-présidentiel où les ministres sont issus de l’Assemblée nationale. Quand on voit des ministres faire campagne en France, c’est parce que souvent ce sont aussi des élus locaux. Mais quel est ce mélange des genres ? Dans quoi sommes-nous ?
Des cas de fraude
Après le vote, les accusations ont fusé de toutes parts. L’opposition dénonce la fraude massive dont elle a été victime et demande l’annulation du scrutin. Drôle d’ironie, la mouvance présidentielle, qui a mené et contrôlé ce processus de bout en bout, se plaint aussi d’avoir été victime de fraudes. Ne perdez surtout pas la tête, on est en Guinée où l’absurde le dispute à l’incongru.
Inutile ici aussi de revenir sur les chiffres, sur les bourrages des urnes, l’annulation de plusieurs bureaux de vote ou autres techniques de fraude. Plusieurs compatriotes nous ont déjà fourni des détails intéressants à ce sujet avec chiffres à l’appui. Mais ce que je voudrais souligner ici après analyse des résultats, c’est bien deux choses.
Premièrement, il semble que sous l’ère du « premier président démocratiquement élu », les citoyens guinéens, selon leurs régions ou circonscriptions électorales, ne sont plus au même niveau de maturité politique. On vote différemment selon sa région. En Haute-Guinée, on vote massivement, avec très peu de bulletins nuls et presque invariablement pour les mêmes candidats et pour le même parti, et à la proportionnelle et à l’uninominal. Ce qui nous donne les résultats que nous connaissons. En région Forestière, on s’est tout permis car certains pensent que c’est un maillon faible. Imaginez, un faible taux de participation (30%) et une montagne de bulletins nuls qui ferait pâlir le mont Simandou. Nos paysans de la Forêt sont-ils aussi fermés et isolés qu’ils ne savent point comment déposer un bulletin dans une urne ? En Moyenne Guinée et en Basse Guinée, on a coupé la poire en deux. Les paysans de la Basse Guinée et ceux de la Moyenne Guinée seraient si sophistiqués qu’ils voteraient pour un parti de l’opposition à l’uninominal et pour le RPG-Arc-en-ciel à la proportionnelle. Quel degré de discernement et de sophistication !
Deuxièmement, les chiffres selon lesquels des partis comme le PEDN de Lansana Kouyaté, le GRUP de Papa Koly Kourouma, le RDIG de Jean Marc Telliano, la NGR d’Abe Sylla n’ont eu qu’un ou deux députés laissent plus d’un, pantois ! Et pourtant tous ces partis avaient réalisé un score honorable au premier tour de l’élection présidentielle prenant entre 3 et 7 pourcents de l’électorat. Cela donne à réfléchir et accrédite la thèse selon laquelle le pouvoir a utilisé tous les moyens pour faire le vide autour de l’UFDG, la principale formation politique de l’opposition. Il est fort possible que l’UFR de Sidya Touré aurait certainement connu le même sort que les autres partis mentionnés s’il n’avait pas signé une alliance avec l’UFDG et surtout si ses militants ne s’étaient pas fortement mobilisés pour défendre leurs gains électoraux. Il est clair que les partis qui gravitent autour de la principale formation de l’opposition ont été ceux qui ont été le plus durement touchés par la fraude.
Du contentieux électoral
Depuis les années 90, nous avons pris l’habitude de finir toutes les élections en faisant des contestations et en déposant des recours au niveau de la Cour suprême. Ceci est dû au fait que toutes les élections qui sont organisées en Guinée sont entachées de graves irrégularités mettant en doute la sincérité du scrutin. Sans nul doute cela ne fait pas la fierté de notre pays. Bien que la proclamation des résultats définitifs soit rendue par la chambre constitutionnelle de la Cour suprême, nous devons éviter à chaque fois de régler nos problèmes politiques à la Cour suprême. Voilà une autre grave anomalie qui existe dans notre processus électoral. Si nous arrivons à organiser des élections transparentes et crédibles, normalement après la proclamation des résultats provisoires, les partis ou candidats qui ont perdu doivent féliciter les partis ou candidats vainqueurs. La Cour suprême ne fera que proclamer les résultats définitifs dans les huit jours qui suivent sans que le pays ne plonge dans cette psychose ou angoisse nationale. Ceci devrait être la norme et non l’inverse. Alors nous devons nous battre pour que la fraude cesse en Guinée et pour que les problèmes politiques soient réglés sur le terrain politique.
En attendant l’arrêt de la Cour suprême, quelles leçons faut-il tirer du scrutin législatif ?
Malgré toute la propagande véhiculée par le parti au pouvoir, il faut dire que c’est une sévère raclée que la mouvance présidentielle a reçue aux urnes. En dépit de la présence de Waymark Infotech et de la mainmise du parti présidentiel sur les moyens de l’Etat, le RPG-Arc-en-ciel n’a pas réussi à obtenir la majorité simple, encore moins la majorité absolue. Alors que c’était son objectif avoué ! Une telle performance doit être mise au compte des efforts déployés par les partis de l’opposition.
C’est le lieu et le moment de féliciter les leaders de l’opposition pour le travail qui a été abattu car ça n’a pas été facile. Après son élection, Alpha Condé avait promis d’en finir avec l’opposition dans les six mois, mais où en est-il aujourd’hui ? Sans le courage et la détermination des leaders de l’opposition et de leurs militants, il est clair que notre « premier président démocratiquement élu » serait parvenu à ses fins et le pays aurait vite basculé dans une nouvelle dictature. Malgré ce que pensent certains, les marches, les manifestations de rue, les arrestations arbitraires et les victimes n’ont pas été en vain. Il fallait le faire pour empêcher Alpha Condé d’instaurer une dictature en Guinée. Malgré ce qu’en disent les détracteurs, notre objectif avec cette élection, était d’empêcher Alpha Condé d’avoir la majorité absolue qui lui aurait permis de changer les lois de la République et de se pérenniser au pouvoir. Avec les résultats provisoires que nous avons sous la main, cet objectif a été largement atteint. Maintenant on attend de voir ce que décidera la Cour suprême ! Espérons pour la paix et la stabilité en Guinée, que le droit sera dit et rien que le droit !
Tous ceux qui se sont battus, qui ont accepté de subir les coups, les gaz lacrymogènes, les arrestations arbitraires, ont droit à des accolades de notre part. Je félicite les militants, les leaders de l’opposition pour leur courage, leur détermination et leur esprit de sacrifice. J’ai connu très peu de leaders en Guinée qui ont accepté de rester dans la gueule du loup, et être en première ligne pour conduire des marches de protestation et dénoncer l’arbitraire. Avec tous les risques que cela suppose ! Même notre « président démocratiquement élu » ne l’avait pas fait en son temps.
Une autre leçon à retenir à l’issue de ce scrutin, c’est qu’il ne sera plus facile de truquer des élections en Guinée. Le plus tôt cela sera compris par Alpha Condé et le RPG Arc-en-ciel, le mieux ça vaudra pour tout le monde. Le peuple de Guinée a beaucoup muri et il a maintenant compris que son extrême pauvreté est directement liée aux conditions d’organisation des élections et aux résultats qui sortent des urnes. Pour s’en rendre compte, il suffit de voir ce qui s’est passé dans la commune de Kaloum. Alors que le décompte des voix se faisait attendre et que la proclamation des résultats tardait à venir, dans une atmosphère de soupçons et de velléités de fraude, le bruit a couru dans tout Conakry, que les femmes de Kaloum avaient envahi les marchés pour acheter des foulards rouges, symbole du combat et du sang, au cas où leur candidat ne serait pas déclaré gagnant ! Le pouvoir a pris cela très au sérieux car sachant que ces femmes n’hésiteraient pas à descendre dans la rue pour revendiquer leur victoire. Et quel pouvoir en Guinée oserait s’en prendre aux femmes de Kaloum ? Heureusement pour tout le monde que dans les jours qui ont suivi, Baidy Aribot a été déclaré vainqueur à l’uninominale de Kaloum.
Ceux qui pensent qu’ils peuvent continuer à monter des trucages électoraux auront un réveil brutal aux communales de 2014. Ce sera encore plus difficile puisque les Guinéens les attendent de pied ferme pour leur signifier que le temps où on pouvait tricher impunément aux élections est désormais révolu. Des élections comme les législatives et les communales qui, aux yeux des Guinéens, revêtaient peu d’importance il y a une dizaine d’années, ont pris une toute autre dimension aujourd’hui. Ce n’est donc pas fini ! Attendons-nous à un autre branle-bas politique en 2014. En tout cas, l’opposition doit tout faire pour qu’Alpha Condé et le RPG ne rejettent pas, encore, aux calendes grecques la date d’organisation des communales.
Après la résolution du contentieux électoral en cours, nous devons nous battre pour un assainissement du fichier électoral et pour que l’accord politique global du mois de juillet soit scrupuleusement respecté. Nous devons nous battre pour qu’un appel d’offres soit lancé afin de recruter un nouvel operateur qui remplacerait Waymark. Fini avec la fraude en Guinée !
Certains disent aujourd’hui que l’opposition est face à un dilemme ! Celui de savoir s’il faut accepter les résultats, s’il faut boycotter l’Assemblée nationale ou pas. Moi je dis que c’est Alpha Condé qui a un problème. La balle est dans son camp. L’opposition peut aller dormir tranquille et attendre la suite des évènements. C’est à Alpha Condé de jouer. Mais d’ores et déjà , s’il pense qu’il peut gouverner ce pays seul, sans l’opposition, sans Cellou Dalein Diallo, sans Sidya Touré et les autres, alors il se sera lourdement trompé.
A suivre…
Diallo Thierno Sadou
Commentaires
Parcequ'elle voulait un mandat du Président Alpha sans la tenue des élections et provoquer le couplage Législative-Présidentielle en fin de mandat pour encore prendre le pays en otage comme elle a su le faire avec toutes nos institutions qui ne peuvent plus respirer...
Triple buse, il n'a même pas honte de mentir cet olibrius, des baffes encore et encore...
L'opposition voulait tester le fichier électoral OBLIGATOIREMENT avant les élections présidentielles, pour ne pas se trouvée piégée en 2015.
Kouyaté,
On peut parler d'une légère amélioration du vote aux vues des résultas provisoires mais pas d'une montée furlgurante de la démocratie. Pour moi, cette légère amérlioration n'est pas à mettre au compte de Alpha mais à celui des opposants et de la communauté internationale. Je m'explique. Alpha voulait faire les élections dans des conditions non consensuelles. Il a même fixé la date au 30 juin. Les opposants ne vouaient pas. Dès lors, ils ont marché, interpelé la communauté nationale et internatioale. Des vies ont été sacrifiées, des biens détruits pour que les élections se passent dans les règles de l'art. Vu le risque auquel le pays s'exposait, la communauté internationale est intervenue pour arracher un accord en début juillet. Et c'est cet accord qui a permis d'aller aux votes dont vous mettez les résultats au compte de Alpha. Et même avec ça, moi j'ai l'intime conviction qu'il y eu fraudes. Des imperfections ont persisté aussi car tous ceux qui devaient et voulaient voter, n'ont pas pu voter, d'autres ont voté alors qu'ils ne devraient pas voter. Honnêtement, avec ses 40 ans d'opposant, sous le régime de Alpha, on ne devrait plus être en train de discuter de fraude. La fraude devrait être derrière nous. Le combat politique devrait être uniquement sur le terrain politique.
Espérons que la Cour Suprême dira le droit et que 2015 sera plus transparente et crédible.
Monsieur, J'ai une conviction absolue que personne ne peut me détromper. Cette Opposition a planifié même dans les plus grandes conditions de transparence, l'echec du scrutin. Parcequ'elle voulait un mandat du Président Alpha sans la tenue des élections et provoquer le couplage Législative-Présidentielle en fin de mandat pour encore prendre le pays en otage comme elle a su le faire avec toutes nos institutions qui ne peuvent plus respirer...
Alors si ces élections ont eu lieu, il faut mettre sur le compte du Monsieur car, il n'a que des intérêts dans la tenue du scrutin pas le contraire, il le sait mieux que vous...
On peut parler d'une légère amélioration du vote aux vues des résultas provisoires mais pas d'une montée furlgurante de la démocratie. Pour moi, cette légère amérlioration n'est pas à mettre au compte de Alpha mais à celui des opposants et de la communauté internationale. Je m'explique. Alpha voulait faire les élections dans des conditions non consensuelles. Il a même fixé la date au 30 juin. Les opposants ne vouaient pas. Dès lors, ils ont marché, interpelé la communauté nationale et internatioale. Des vies ont été sacrifiées, des biens détruits pour que les élections se passent dans les règles de l'art. Vu le risque auquel le pays s'exposait, la communauté internationale est intervenue pour arracher un accord en début juillet. Et c'est cet accord qui a permis d'aller aux votes dont vous mettez les résultats au compte de Alpha. Et même avec ça, moi j'ai l'intime conviction qu'il y eu fraudes. Des imperfections ont persisté aussi car tous ceux qui devaient et voulaient voter, n'ont pas pu voter, d'autres ont voté alors qu'ils ne devraient pas voter. Honnêtement, avec ses 40 ans d'opposant, sous le régime de Alpha, on ne devrait plus être en train de discuter de fraude. La fraude devrait être derrière nous. Le combat politique devrait être uniquement sur le terrain politique.
Espérons que la Cour Suprême dira le droit et que 2015 sera plus transparente et crédible.
Excellent texte. On a du goût à le lire et à le relire sans même se rendre compte qu'il est long. Je lêve mon chapeau particulièrement lorsque l'auteur dit que nous devons nous battre pour que la fraude cesse en Guinée et que les problèmes politiques soient réglés sur le terrain politique.
Par contre, l'auteur a oublié de condamner un fait. Il veut qu'on respecte nos dates historiques en condamnant le fait qu'on ait fixé la date des élections législatives le 28 septembre 2013. Ce faisant il devrait condamner le fait que la classe politique ait fixé la date du 28 septembre 2009 pour manifester au stade du même nom contre le CNDD. Il devrait aussi condamner le fait que l'opposition ait voulu marcher le 27 âoût 2011 et manifester le 28 septembre de la même année. C'est ce que moi j'ai toujours défendu en disant que nous devons respecter certaines dates qui sont pour nous des dates historiques sacrées. D'aucuns m'ont contrédit sur ce toile. Et pourtant, je crois avoir raison. Si la classe politique avait accepté de faire sa manifestation une date autre que celle du 28 septembre 2009, peut-être que les évènements se seraient déroulés autrement. Ceci ne justifie pas forcément cela. On n'aurait dû disperser les manifestants sans tuer même un mouche.
Aussi, je ne partage pas l'avis de l'auteur quant à fixer des critères pour le choix des candidats à la députation. Pour moi, il n'y a pas de critère à la députation autre que ceux définis par la loi. Qui plus est, l'auteur lui-même n'arrive pas à trouver ces critères. Tantôt il accuse l'immaturité des jeunes, tantôt le dépassement des anciens. Dans les pays occidentaux, j'ai vu des jeunes encore aux études, élus députés et des vieillards de plus de 70 ans, députés.
Encore une fois, bravo pour ce brillant exposé !
Vous savez, quand on s'entoure d'un monde faux ou virtuel, on vivra en faux. Des gens tellement perturbés dans leur monde, se contredisent dans leurs propres dires parcequ'ils ne voient pas vrai, ils voient virtuellement les choses...
La bonne culture lorsqu'on n'est pas d'accord avec une loi (déjà reflechie par le législateur) c'est d'en faire appel à une autre (qui existe forcement)ou mettre en avant une proposition de loi...
J'adhererai à ce combat s'il consiste en cela: Renforcer nos institutions, respecter les lois de la république et moraliser la vie politique guinéenne: C'est noble plus que n'importe quel autre combat.
On parle abusement de vide juridique alors qu'il y a encore des institutions de la république à saisir valablement pour toutes les questions qui se sont posées durant les trois (03) ans de règne du Président...
Mais, si nous avons du pessimisme à cultiver dans les consciences, on ne fera certainement pas confiance même à la loi (changement des articles, revocation d'une légitimité,...).
Quand on lit dans ces forums, on s'apperçoit que CHACUN a quelque chose à dire ou corriger dans les imperfections de nos lois et institutions. Mais tout le monde ne connait pas le droit au sens large et ne peut imposer une solution sans concertation avec les autres fils du pays.
Reconnaissons que de Sékou TOURE à Alpha CONDE, la courbe d'un analyste, un bon, montrera une progression filgurante de la démocratie car, pour la première fois nous nous acheminons vers un équilibre parlementaire et c'est sous Alpha CONDE. Il faudra aussi le saluer et non la grâce d'un quelconque opposant. Sinonb, AC pouvait bien s'arranger une majorité absolue (il en a tous les moyens) mais n'y pense même pas avec des anciens qui ont accepté désormais le CHANGEMENT, dans les habitudes et dans les consciences...
@Gandhi ou toute personne qui peut m'aider à comprendre. Que font les représentants de l'opposition à la CENI? A quoi servent-ils exactement?
La réponse est dans la question...
Ils servent à démontrer le fait que la CENI serait paritaire (ce qui n'est pas le cas), et que donc l'opposition est coresponsable de ce qui est décidé, alors que la réforme du texte permet au seul président de la CENI de faire ce qu'il veut (à la majorité simple), sauf annuler des PV seul. Mais comme il ne peut plus le faire sans l'opposition, on annule carrément des bureaux de vote localement (via les CACV), voire des bulletins de vote (via les BV), qui sont gérés par des personnes nommés par le président de la CENI.
En dehors d'Étienne Soropogui qui rend public certaines informations publiques, lorsqu'on le sollicite, les autres dorment et encaissent leurs indemnités. Je préfère ne pas vous indiquer le montant mensuel touché par les commissaires, pour ne pas vous écoeurer, mais c'est une information normalement publique. C'est aussi la raison pour laquelle il faut passer par une CENI à 5 membres maximum.
Kassory Fofana, JM Dore, Lanssana Kouyate, Mamady Diawara, Ousmane Kaba et d’autres de ce futur panier a crabe : c’est la destitution du « Professeur » qui est programme.
Cellou et Sydia peuvent prendrent quelques semaines de vacances.
Exellent expose Mr Diallo
Par contre, l'auteur a oublié de condamner un fait. Il veut qu'on respecte nos dates historiques en condamnant le fait qu'on ait fixé la date des élections législatives le 28 septembre 2013. Ce faisant il devrait condamner le fait que la classe politique ait fixé la date du 28 septembre 2009 pour manifester au stade du même nom contre le CNDD. Il devrait aussi condamner le fait que l'opposition ait voulu marcher le 27 âoût 2011 et manifester le 28 septembre de la même année. C'est ce que moi j'ai toujours défendu en disant que nous devons respecter certaines dates qui sont pour nous des dates historiques sacrées. D'aucuns m'ont contrédit sur ce toile. Et pourtant, je crois avoir raison. Si la classe politique avait accepté de faire sa manifestation une date autre que celle du 28 septembre 2009, peut-être que les évènements se seraient déroulés autrement. Ceci ne justifie pas forcément cela. On n'aurait dû disperser les manifestants sans tuer même un mouche.
Aussi, je ne partage pas l'avis de l'auteur quant à fixer des critères pour le choix des candidats à la députation. Pour moi, il n'y a pas de critère à la députation autre que ceux définis par la loi. Qui plus est, l'auteur lui-même n'arrive pas à trouver ces critères. Tantôt il accuse l'immaturité des jeunes, tantôt le dépassement des anciens. Dans les pays occidentaux, j'ai vu des jeunes encore aux études, élus députés et des vieillards de plus de 70 ans, députés.
Encore une fois, bravo pour ce brillant exposé !
Texte intéressant, mais deux remarques tout de même.
Il n'est écrit nulle part que les élections communales de 2014 auront lieu. Mieux vaut donc éviter de fantasmer sur une éventuelle victoire de l'opposition.
Deuxièmement, il faut apprendre à se mouiller et dire clairement ce que l'on souhaite. L'opposition est face à un dilemme, c'est vrai, mais elle a besoin d'avis. Il ne faut pas dire ensuite lorsqu'elle prend une décision, qu'elle s'est trompée, alors qu'on ne lui a rien proposé. Il vaut mieux lui dire quelque chose, quitte à se tromper, que de rester le cul entre deux chaises. On connait la position d'un adversaire, on se méfie toujours de celui dont on ignore les pensées profondes.
Je suis d'accord avec Gandhi. D'ailleurs, je vous donne ma tête à couper: si jamais Alpha Condé réussit à sauver sa peau cette fois-ci il n'y aura d'élection que de présidentielle et lorsqu'il se sentira à nouveau prêt. Oubliez les communales, elles n'auront pas lieu. Sauf si Alpha Condé perd les législatives ou est renvoyé chez lui en Haute Volta. Je refuse de l'appeler Burkinabé parce qu'il est né avant le changement du nom Haute Volta en Burkina Faso et surtout parce que les Burkinabés sont des Hommes Intègres alors que Alpha Condé n'est pas un homme intègre. C'est donc un Voltaique.
Il n'est écrit nulle part que les élections communales de 2014 auront lieu. Mieux vaut donc éviter de fantasmer sur une éventuelle victoire de l'opposition.
Deuxièmement, il faut apprendre à se mouiller et dire clairement ce que l'on souhaite. L'opposition est face à un dilemme, c'est vrai, mais elle a besoin d'avis. Il ne faut pas dire ensuite lorsqu'elle prend une décision, qu'elle s'est trompée, alors qu'on ne lui a rien proposé. Il vaut mieux lui dire quelque chose, quitte à se tromper, que de rester le cul entre deux chaises. On connait la position d'un adversaire, on se méfie toujours de celui dont on ignore les pensées profondes.
Je crois que notre professeur national s'est rendu compte de sa bourde. Il a investit des millions de dollars et a fait traîner les élections pour finalement aboutir à une catastrophe électorale qui le met à nu parce que tout le monde sait à présent qu'il ne représente rien et qu'il a volé l'élection présidentielle de 2010. Il paraît d'ailleurs qu'il en est même tombé malade.
Aujourd'hui, il est entrain de chercher à sauver sa tête en tentant de ramener Jean Marie Doré, Lansana Kouyaté et Kassory à la maison Arc en Ciel. En fait, c'est son seul espoir de salut. Les probabilités sont fortes pour que ces trois le rejoignent contre des promesses de poste: la présidence de l'assemblée pour JMD, la primature pour Kassory. Pour le béléléba, on ne sait pas encore ce qu'il lui offre.








