Thierno Fodé Sow Lundi, 28 Octobre 2013 19:22
Alpha Condé doit sans délai dissoudre et poursuivre en justice tous les mouvements et associations de soutien « au RPG Arc-en-ciel pour une majorité confortable à la future Assemblée nationale », faute de résultats escomptés lors des législatives. Toute honte bue, les activistes qui portent désormais mal leur manteau, cherchent désespérément aujourd’hui des boucs émissaires pour justifier l’historique débâcle. Ou, pour ainsi utiliser un bel euphémisme, traduire la maturité démocratique du RPG.
Les structures, pourrait-on dire, montées de toutes pièces à la veille, voire au cours de la campagne pour les législatives ont toutes une odeur du déjà-vu : créer l’évènement et profiter des ressources disponibles. D’où qu’elles viennent. Quelle différence entre ceux qui sont nés sous Conté ou Dadis et ces mouvements de soutien version RPG Arc-en-ciel ? Ceux issus du président démocratiquement élu sont inutilement nombreux et se sont lamentablement révélés… sans résultats. Ils voltigent encore autour de la mangeoire le temps de d’euthanasier ou de porter en triomphe la personnalité pour qui ils roulent. Mouvement « Di mbooré », par-ci, mouvement « J’aime Alpha par-là », mouvement pour la majorité au parlement de l’autre côté, etc., la liste est très bien longue. Tous les périmètres de la ville de Conakry portent encore des traces des banderoles jaunes, la couleur du parti au pouvoir. Il reste que le RPG Arc-en-ciel a pitoyablement perdu la quasi-totalité des Communes de la capitale, si l’on tient compte bien entendu des résultats provisoires présentés par la CENI.
A quoi ont donc servi toutes ces associations opportunistes faites de militantisme revanchard derrière lesquelles se camouflent sans doute de grosses légumes de la galaxie Arc-en-ciel, qui animent et alimentent la mangeoire ? Que des escrocs déguisés et réunis. Avec un seul mot d’ordre : « Donnez l’argent, on pourra convaincre toutes les familles de l’opposition de voter RPG », « Ratoma et Labé voteront 100% RPG, si on a l’argent », « Président tout le monde est derrière vous », « Donnons-leur du riz et du sucre, ils vont voter », etc. Le résultat est somme toute minable. Et ce sont les mêmes, en désespoir de cause, qui ont tout de suite revendiqué la victoire, alors que le décompte se poursuivait. Ce sont aussi les mêmes qui crient aujourd’hui à la fraude, entraînant avec eux ceux qui ont déjà accepté la donne. Dans le plus grand remord. Mais qui n’osent pas le démontrer, de peur d’être pris pour cibles. Ce sont les mêmes qui s’accusent mutuellement de n’avoir pas sérieusement mouillé le maillot. Ce sont les mêmes enfin qui indexent la communauté internationale comme étant partiale. Parmi eux, il y en a qui menacent des leaders politiques de les assigner en justice, il y en a aussi qui menacent des journalistes remuants. Comme pour noyer le poisson. Et retrouver un possible coupable du minable score engrangé.
De Kaloum jusqu’aux confins de Tombolia, Dabompa, etc., mouvements de soutien et associations fantômes se sucrent avec la bénédiction de hauts responsables de l’administration publique, des bandits à col blanc. Ce sont des faiseurs de roi. Mais, cette fois-ci, ils ont vraiment raté le coche. Autant les dissoudre et poursuivre les activistes « pour abus de confiance », « abus de biens publics », « escroquerie à haute échelle » et « haute trahison » du parti de « l’opposant historique », contraint, tenez-vous bien, de faire alliance avec des particules déjà phagocytées pour avoir une possible majorité. Pour sauver la face, les propagandistes des mouvements de soutien se défendent aux pas cadencés : le score obtenu par le RPG n’est qu’une démonstration de l’encrage de la démocratie. Et comble de tout, Alpha Condé, en séjour à Dakar où il a été hué, lui-même tranche : « Si je n’étais pas démocrate, croyez-vous qu’ils pourraient avoir ce qu’ils ont eu ? Ils ne pourront même pas avoir les deux tiers. Parce que pour moi, ces législatives ne me préoccupent pas mais plutôt les conditions de vie de la paisible population. Cependant, j’ai assisté à beaucoup d’élections en Afrique – même le cas sénégalais – je me rappelle que chaque fois quand Abdou Diouf (ex-président sénégalais) organisait les élections, elles ont été toujours contestées par Abdoulaye Wade et tant d’autres dont j’ai connaissance. » Iskine ! Concédons-leur tout de même. Juste pour les aider à dissimuler leur gêne. Ou plutôt leur honte. Ils avaient vraiment misé sur des scores soviétiques et maintenir de fait, sous l’eau, l’opposition taxée de mesquine, d’entêtée qui dérange et empêche le vrai changement de changer.
Cette fois-ci, le calibrage de Waymark surveillé comme de l’huile sur le feu a loupé pourrait-on dire. Certains ont eu peur pour rien. D’autres portent encore des stigmates. A vie. Des familles ont été endeuillées. Il va de soi car il ne fallait surtout pas se faire d’illusion quand on veut bâtir un Etat de droit solide. Ce sursaut d’espérance issu de ces joutes électorales font déjà craindre certains quant à la nouvelle voie à suivre quand on sait que dans un peu plus de deux ans, c’est encore la présidentielle. Chut ! On en parle après Kaléta. L’autre fierté après celle qui devrait accompagner Garafiri. Les 700 millions USD de Rio Tinto, la gratuité de la césarienne, l’unicité des caisses, les financements des micros projets, etc., n’auront pas compté, on l’a vu, dans l’isoloir.
Ce qui revient à dire que tant que le choix des hommes qui nous gouvernent est bâti sur le militantisme, l’exclusion à outrance et non sur des compétences avérées, le bateau qui a quitté le quai depuis de longues années risque de succomber au milieu du gué. On ne saurait faire du nouveau avec du vieux. Quoiqu’on s’attache aux orientations hasardeuses des inoxydables m’batoula du palais. L’heure est venue avec les législatives constituant le dernier rempart du quinquennat de les balayer tous. Sans état d’âme. C’est des choix difficiles, certes mais qu’il faut faire car après tout, c’est seul Alpha Condé qui a un bilan à présenter aux Guinéens. Or, ce qui sort des urnes aujourd’hui, est tout simplement fort minable. Car, c’est l’expression d’une illusion perdue, d’une occasion manquée, d’aspirations non comblées. S’il n’y prend garde, à ce rythme, on croise les doigts, l’usure et la perte de sérénité sont assurées. Et bonjour la bouillabaisse !
Thierno Fodé Sow