Législatives 2013 : encore un rendez-vous manqué pour la démocratie ‒ A qui la faute et surtout quelle solution ?

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FADIGA_Sekou_Cherif_3_01En septembre dernier, les électeurs guinéens étaient appelés à élire les 114 députés de l’Assemblée nationale dans un scrutin qui ne garantissait aucune transparence en raison de la partialité de la structure chargée de son organisation ainsi que de la volonté manifeste du parti présidentiel de s’octroyer vaille que vaille le contrôle de cette institution. Faut-il rappeler qu’une élection, c’est une compétition entre différents protagonistes qui sont astreints aux mêmes règles pour ne concéder de faveur à aucune des parties en lice. Lorsque cet esprit de compétition est faussé, il va sans dire qu’on n’est plus dans la logique d’une élection mais dans celle d’une désignation. Et c’est bien cela que vient de vivre la Guinée à travers la consultation du 28 septembre 2013. Ainsi, que devrions-nous en retenir ?

D’une élection à l’autre, les Guinéens savent correctement délivrer des messages même si les différents pouvoirs qui se sont succédé s’appliquent toujours à détourner leurs suffrages pour se les approprier. Mais en ayant recours à pareille pratique qui ne constitue rien d’autre que vouloir gouverner dans la facilité alors que les problèmes à résoudre sont d’une immense complexité, le chef de l’exécutif se donne-t-il les véritables armes pour engager une politique de redressement et de développement conformément au souhait qu’il exprima à l’endroit de ses concitoyens avant d’accéder à la magistrature suprême ? Aucun homme de pouvoir n’aimerait être sanctionné par le verdict de l’histoire ; l’actuel homme fort de la Guinée ne fait sans doute pas exception, mais pose t-il un regard rétrospectif sur les raisons de l’échec de tous ses prédécesseurs ?

Assurément, comme eux, l’actuel locataire du palais de Boulbinet semble aujourd’hui acquis aux thuriféraires qui l’encensent en lui fulminant qu’il est installé sur un trône pour le reste de sa vie. Le contentieux des législatives n’est pas encore réglé que les mêmes énergumènes théorisent déjà sur la présidentielle de 2015 et peut-être celle de 2020, n’hésitant nullement à transformer au besoin la terre guinéenne qu’ils croient aimer en un ruisseau de sang et de larmes pour imposer leur volonté. Je veux espérer que la Guinée en sera totalement épargnée. Je sais surtout qu’il est illusoire de penser qu’on pourrait revenir sur les résultats de la consultation des législatives présentes pour organiser une autre. Cependant, la paix des braves pour sauver la patrie me semble être à portée de main. Pour y parvenir, seul le président de la République pourrait prendre une initiative forte pour installer son pays dans un compromis dynamique, donnant ainsi une chance réelle à la Guinée de tenir debout. Sinon, nous voilà embourbés dans un statuquo qui n’offrira aucune perspective pour changer la situation dans laquelle le pays s’enlise. Au demeurant, il ne faudrait point perdre de vue que l’opposant Alpha Condé avait bâti sa réputation sur la non-compromission avec le système de son adversaire d’hier, mais il avait esquissé un jour un compromis, déclarant qu’il était prêt à gouverner à ses côtés avec des si, si, si… Ce n’était là qu’un jugement de bon sens. Pourquoi ne pas ressusciter la même démarche en sens inverse dès lors que son RPG Arc-en-ciel ne dispose à lui tout seul des hommes et des femmes d’envergure pour redresser le pays, ni même ne remplit les conditions politiques pour le prétendre ? Alors rêvons ensemble.
 

Sékou Chérif Fadiga
en séjour à Paris


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Commentaires  

 
+4 #5 amadousdialamba 25-10-2013 03:16

Décidément nos ‘’Sanakous’’ commencent à marquer des pas sur les autres concitoyens du pays. Par des réflexions appréciables, ces deux Diakankés ont surpris agréablement plusieurs guinéens. Après M. Gassama Diaby, c’est cet autre M. Fadiga, qui honore vraiment nos ‘’Diakankékoundakas’’. Malheureusement, leurs appels sont adressés à un sourd-muet. Un obstiné devant le gain rapide et facile et ce, à tout prix. Donc ne rêvons pas en son temps !
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+6 #4 Patriote 24-10-2013 00:26

Mr Fadiga,
De grâce épargnez-nous des qualificatifs comme homme fort du pays. La Guinée n'a pas d'homme fort et n'en a pas besoin non plus. Elle a plutôt besoin d'une ou des institutions fortes comme le dirait l'autre. Le titre d'homme fort n'a plus sa place dans nos sociétés modernes. Aussi, Alpha n'est pas fou pour toucher à notre constitution en ce qui concerne le nombre de mandats. Par contre, il est libre de se représenter en 2015.
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+1 #3 David Camara 23-10-2013 23:29

Belle analyse Fadiga, que devrait partager avec toi, tout intellectuel Guinéen honnete soucieux du devenir de notre pays.
Merci pour cette méditation à laquelle tu nous invites.
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+1 #2 celloumbah 23-10-2013 19:51

La faute est à AC, malgré qu'il n'a pas été élu démocratiquement il continue a violé les textes de loi
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+1 #1 Aziz Bah 23-10-2013 19:06

Hommes et des femmes d’envergure pour redresser le pays? En tout cas pas avec nos acteurs politiques actuels sans exception. Monsieur Fadiga votre generation a foutu la guinee a jamais! Mon probleme est que les jeunes cadres semblent etres contamines par cette maladie nefaste communement appelee corruption.
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