Est-ce possible de faire des élections transparentes dans le système opaque d’un parti-Etat ?

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DIAKITE_Bakary_01Aucune élection transparente et équitable ne peut se faire dans un système de parti-Etat qui reste corrompu, opaque et incompatible avec la démocratie.


« Avec le temps, on mesure jusqu’à quel point l’héritage spirituel et idéologique du régime du parti-Etat continue à peser négativement sur la société guinéenne, à la façon d’un mur invisible sur lequel viennent se briser tous les efforts généreux du courageux peuple de Guinée pour bâtir une société démocratique de progrès et de justice. Â» (Pr Alfa Ibrahima Sow)

Le PDG-RDA était un parti unique et totalitaire qui a tenu le pays d’une main de fer de 1958 à 1984. Le PDG a été un parti-Etat qui se confondait au pouvoir public et à l’administration. A la mort du chef suprême de la révolution, le PDG s’est mué en un autre parti-Etat : le PUP, avec les mêmes méthodes, les mêmes hommes malgré le multipartisme.

Dans un pays où, pendant bientôt six décennies, on a cultivé l’arbitraire et le conformisme comme vertus cardinales, les différents parti-Etats au pouvoir ont toujours fait pression sur les fonctionnaires, licenciant certains, cassant ou déplaçant d’autres, pour obtenir leur docilité et soumission sans état d’âme.

Aujourd’hui, l’idéologie et les pratiques politiques du parti-Etat sont plus que jamais présentes dans la vie du pays. En Guinée le pouvoir politique est considéré comme l’unique moyen d’accomplissement des aspirations de l’individu à une vie décente pour lui-même, sa famille, ses amis, sa région, son ethnie etc.

Pour avoir un avantage quelconque avec le pouvoir public ou l’administration ou tout simplement pour jouir de ses droits de citoyen, il faut adhérer au parti. La préséance n’est pas fonction des compétences mais du degré d’allégeance au parti et à son guide suprême. Pour gravir l’ascenseur social, il faut aller dans le sens de la propagande, du clientélisme ambiant.

Les conclusions provisoires de la mission d’observation de l’Union européenne sont plus qu’édifiantes sur la survivance des pratiques du régime actuel de parti-Etat en matière électorale :

  • la désorganisation, le manque de transparence et de communication de la CENI ;
  • l’affichage des listes électorales sur la base d’un fichier ni épuré ni consolidé ;
  • toutes les demandes d’inscriptions et de révision n’ont pas été prises en compte ;
  • la phase de distribution des cartes d’électeurs a révélé l’existence, dans des proportions relatives, de doublons, d’électeurs omis et déplacés ;
  • la délivrance des cartes d’électeurs ne s’est pas déroulée dans un cadre normatif suffisant… ; le jour du scrutin, cette distribution s’est poursuivie sporadiquement, contrairement aux dispositions du code électoral ;
  • en dépit des recommandations formulées par la MOE UE en 2010, le code électoral souffre d’imprécisions importantes ;
  • les derniers jours de la campagne ont été marqués par des violences dans la banlieue de Conakry, ayant entrainé la mort d’un gendarme et plusieurs blessés graves ;
  • dans le cadre de sa campagne, le RPG-Arc-en-ciel a bénéficié de moyens importants dont le recours massif aux véhicules et locaux de l’administration ;
  • la MOE UE a révélé la présence de personnalités du gouvernement directement impliquées dans la promotion du parti. Â»

Devant ces constats il me parait évident que tant que nous ne mettrons pas à bas le système du parti-Etat toutes les consultations électorales organisées sous son égide seront truquées et la crise politique actuelle se prolongera indéfiniment, le pays restera bloqué!

Le véritable enjeu actuel pour l’opposition républicaine reste la disparition définitive du régime du parti-Etat que le RPG veut perpétuer. Pour ce faire elle devra s’armer de courage et de détermination pour continuer la lutte dans une dynamique unitaire car Â« l’enjeu chez nous, dépasse désormais le destin d’un homme, d’un régime et d’une formation politique et concerne en réalité un pays sinistré et des populations dans la détresse Â» (Pr Alfa I. Sow).

Aucune élection transparente et équitable ne peut se faire dans un système de parti-Etat qui reste corrompu, opaque et incompatible avec la démocratie.

C’est l’occasion de lancer un appel solennel à l’Union européenne de refuser de donner sa caution à cette farce électorale du 28 septembre 2013.

Vive la Guinée

Vive la Paix.


Dr B. Diakité


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Commentaires  

 
+1 #9 Paul Thea 10-10-2013 17:14

Eh oui, je suis d'avis pour une conference nationale. Eh oui une farce électorale.
Changement? De personne oui mais pas de système
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+6 #8 diakité bakary 08-10-2013 22:25

Mr Alpha Bacar Barry, je vous remercie d'avoir touché du doigt la solution: une conférence nationale qui permettrait à notre pays de tourner une fois pour toute cette page sombre de notre histoire. Ayons le courage de regarder notre passé pour mieux envisager notre avenir commun.
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+5 #7 Alpha Bacar Barry Grenoble 08-10-2013 20:26

Une conférence nationale s'avère plus que urgente en Guinée. L'étape du manifeste de la vérité et celle de situer les responsabilités est devenu tellement opportune, que toute politique n'envisageant pas de telles démarches est vouée à l'échec. On va longtemps tourner autour du pot, mais il faudra qu'un jour que chacun assume ses responsabilités, afin d'éclaircir les pages les plus sombres de notre histoire. N'est il pas vrai, que celui qui ignore l'histoire est d'emblée condamné à la répéter? Certes que la Guinée est victime de cette triste réalité. Alors C'est une solution incontournable, pour que notre pays et nos peuples se voient représentés et diriger par ses fils dignes et intègres. C'est pour moi la voie la plus sûre de sortir la Guinée de ce gouffre, dont on est enfoncé depuis à peut prêts le 3ème quart de siècle que nous venons d'entamer après le 28 septembre 1958!
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+6 #6 A nsoumane Doré 08-10-2013 17:22

Mon cher Dr B. Diakité, vous faites ici un constat clair d'une situation que ceux qui tiennent lieu de l'élite guinéenne ne devraient pas cesser de présenter les visages variés. Qui parmi cette élite pouvait pouvait raisonnablement penser que toute l'opacité allait être levée sur ces élections par le Parti-Etat du RPG-AEC dont personne ne connaissait l'importance réelle, même pas au sein du parti? Néanmoins le RPG-AEC s'était octroyé la part du lion dans le partage des subventions aux partis en lice pour ces élections.Alors une certaine opacité sur les élections devenait nécessaire pour confirmer cette place de premier parti.Les temps ont changé mais c'est exact ,les méthodes sont les mêmes qu'au temps du PUP.Méthodes que le chantre du RPG avait dénoncées urbi et orbi.
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-6 #5 alfa 08-10-2013 12:11

Alpha a signé la mort politique de Kouyaté, Kassory, Jan marie et Teliano.
Il est vrai que Alpha n'est pas un leadeur mais un bon politicien.
Il a tarri l'eau du lac, c'est le sauve qui peut.
Kouyaté avait des choses á reveller, Jan marie Doré et Teliano mais ils n'ont plus personne pour les ecouter sauf peut etre le naif Cellou.
Trés bon boulot Alpha! debarasses nous de tous ces laches opportunistes et politiciens d'un soir.
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+4 #4 TOOLA 08-10-2013 11:15

Dr. Diakité,
Vos prises de position dans le contexte actuel de repli communautaire sont courageuses.
Il y a un aspect social au problème que vous posez: beaucoup parmi les guinéens (y compris des universitaires)sont, de façon étonnante complaisants avec le parti-État.
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+5 #3 sow 08-10-2013 02:14

vous etes tous pareil si non pourquoi attendre de perdre des élections pour defendre les lois de la républiques. Par contre Monsieur le dr mettez pas dans le meme plat le regime de alpha de sekou et de conté, dans le gouvernement yavait tous le monde toutes les ethnies et les deux autres je vous laisse le soins de donner la reponse car vous etes plus anciens!!!! La solution pour notre pays, c'est qu'il faut kon aprenne à respecter nos lois, la justice pour tous, l'homme qu'il faut à la place qu'il faut. Quand Alpha condé licenciait les peul ds son administration je vous ai jamais entendu parler de cela et vous faites semblant que vous etes diffrents. pour moi vous etes pareil. si vous parler aujourdhui c'est parceque votre leader Kouyaté a été biaisé chez lui meme à Kouroussa.
Soyons plus patriote et luttons pour la verité et non pour le mensonge.
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+4 #2 CISSE 07-10-2013 21:26

Bingo monsieur A O T DIALLO; En effet, nous assistons à une guerre entre les membres de l'establishment pour le contrôle de celui ci, ni plus, ni moins. La particularité du cas guinéen réside dans la cooptation d'un clan du système par une personne étrangère au système.
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+3 #1 A.O.T. Diallo 07-10-2013 20:46

" Le véritable enjeu actuel pour l’opposition républicaine reste la disparition définitive du régime du parti-État "
Grand frère cela est-il possible quand elle est constituée a 95% de purs produits du parti-État?
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