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Est-ce possible de faire des élections transparentes dans le système opaque d’un parti-Etat ?
Bakary Diakité Lundi, 07 Octobre 2013 18:15
Aucune élection transparente et équitable ne peut se faire dans un système de parti-Etat qui reste corrompu, opaque et incompatible avec la démocratie.
« Avec le temps, on mesure jusqu’à quel point l’héritage spirituel et idéologique du régime du parti-Etat continue à peser négativement sur la société guinéenne, à la façon d’un mur invisible sur lequel viennent se briser tous les efforts généreux du courageux peuple de Guinée pour bâtir une société démocratique de progrès et de justice. » (Pr Alfa Ibrahima Sow)
Le PDG-RDA était un parti unique et totalitaire qui a tenu le pays d’une main de fer de 1958 à 1984. Le PDG a été un parti-Etat qui se confondait au pouvoir public et à l’administration. A la mort du chef suprême de la révolution, le PDG s’est mué en un autre parti-Etat : le PUP, avec les mêmes méthodes, les mêmes hommes malgré le multipartisme.
Dans un pays où, pendant bientôt six décennies, on a cultivé l’arbitraire et le conformisme comme vertus cardinales, les différents parti-Etats au pouvoir ont toujours fait pression sur les fonctionnaires, licenciant certains, cassant ou déplaçant d’autres, pour obtenir leur docilité et soumission sans état d’âme.
Aujourd’hui, l’idéologie et les pratiques politiques du parti-Etat sont plus que jamais présentes dans la vie du pays. En Guinée le pouvoir politique est considéré comme l’unique moyen d’accomplissement des aspirations de l’individu à une vie décente pour lui-même, sa famille, ses amis, sa région, son ethnie etc.
Pour avoir un avantage quelconque avec le pouvoir public ou l’administration ou tout simplement pour jouir de ses droits de citoyen, il faut adhérer au parti. La préséance n’est pas fonction des compétences mais du degré d’allégeance au parti et à son guide suprême. Pour gravir l’ascenseur social, il faut aller dans le sens de la propagande, du clientélisme ambiant.
Les conclusions provisoires de la mission d’observation de l’Union européenne sont plus qu’édifiantes sur la survivance des pratiques du régime actuel de parti-Etat en matière électorale :
- la désorganisation, le manque de transparence et de communication de la CENI ;
- l’affichage des listes électorales sur la base d’un fichier ni épuré ni consolidé ;
- toutes les demandes d’inscriptions et de révision n’ont pas été prises en compte ;
- la phase de distribution des cartes d’électeurs a révélé l’existence, dans des proportions relatives, de doublons, d’électeurs omis et déplacés ;
- la délivrance des cartes d’électeurs ne s’est pas déroulée dans un cadre normatif suffisant… ; le jour du scrutin, cette distribution s’est poursuivie sporadiquement, contrairement aux dispositions du code électoral ;
- en dépit des recommandations formulées par la MOE UE en 2010, le code électoral souffre d’imprécisions importantes ;
- les derniers jours de la campagne ont été marqués par des violences dans la banlieue de Conakry, ayant entrainé la mort d’un gendarme et plusieurs blessés graves ;
- dans le cadre de sa campagne, le RPG-Arc-en-ciel a bénéficié de moyens importants dont le recours massif aux véhicules et locaux de l’administration ;
- la MOE UE a révélé la présence de personnalités du gouvernement directement impliquées dans la promotion du parti. »
Devant ces constats il me parait évident que tant que nous ne mettrons pas à bas le système du parti-Etat toutes les consultations électorales organisées sous son égide seront truquées et la crise politique actuelle se prolongera indéfiniment, le pays restera bloqué!
Le véritable enjeu actuel pour l’opposition républicaine reste la disparition définitive du régime du parti-Etat que le RPG veut perpétuer. Pour ce faire elle devra s’armer de courage et de détermination pour continuer la lutte dans une dynamique unitaire car « l’enjeu chez nous, dépasse désormais le destin d’un homme, d’un régime et d’une formation politique et concerne en réalité un pays sinistré et des populations dans la détresse » (Pr Alfa I. Sow).
Aucune élection transparente et équitable ne peut se faire dans un système de parti-Etat qui reste corrompu, opaque et incompatible avec la démocratie.
C’est l’occasion de lancer un appel solennel à l’Union européenne de refuser de donner sa caution à cette farce électorale du 28 septembre 2013.
Vive la Guinée
Vive la Paix.
Dr B. Diakité
Commentaires
Changement? De personne oui mais pas de système
Il est vrai que Alpha n'est pas un leadeur mais un bon politicien.
Il a tarri l'eau du lac, c'est le sauve qui peut.
Kouyaté avait des choses á reveller, Jan marie Doré et Teliano mais ils n'ont plus personne pour les ecouter sauf peut etre le naif Cellou.
Trés bon boulot Alpha! debarasses nous de tous ces laches opportunistes et politiciens d'un soir.
Vos prises de position dans le contexte actuel de repli communautaire sont courageuses.
Il y a un aspect social au problème que vous posez: beaucoup parmi les guinéens (y compris des universitaires)sont, de façon étonnante complaisants avec le parti-État.
Soyons plus patriote et luttons pour la verité et non pour le mensonge.
Grand frère cela est-il possible quand elle est constituée a 95% de purs produits du parti-État?








