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Pourquoi le scrutin du 28.9.2013 ne peut pas être crédible
Amadou Sadio Bah Lundi, 07 Octobre 2013 09:42
Le scrutin législatif guinéen du 28.9.2013 ne peut pas être crédible pour de nombreuses raisons facilement vérifiables:
1) Le Pouvoir RPG a proclamé haut et fort en pensant à ses prédécesseurs : qui est assez fou pour organiser des élections et les perdre ?
Ils ne se rendent pas compte que, cette fois, cet objectif sera impossible à réaliser. Parce que, d'une part, les Guinéens d'aujourd'hui sont très différents de ceux de Sékou Touré ou Lansana Conté ; d'autre part, malgré son contrôle du Pouvoir, le RPG reste fondamentalement minoritaire dans ses 18% de juin 2010. Cela à cause de leurs idéologues qui restent prisonniers de l'horizon tribal entretenu par l'Union mandingue, et de l'utopie d'une Guinée malinké proclamée depuis le départ des colons en 1958.
2) Le document de base du scrutin (listes électorales) comporte trop d'irrégularités, erreurs et insuffisances souvent volontaires. Trop d'électeurs n'ont pas reçu leurs cartes.
En Moyenne Guinée particulièrement, la distribution des cartes d'électeurs et l'implantation des bureaux de vote ont visé carrément à permettre le vote pour une petite minorité (Manden Djallon) et à l'empêcher autant que possible pour l'écrasante majorité.
3) Seul le RPG est représenté dans la totalité des bureaux de vote : on peut leur faire confiance de s'en donner à cœur joie dans la magouille là où ils sont seuls, et de tenter l'intimidation là où ils ne sont pas seuls. D'autant plus qu'ils ont une claire conscience que, sans une fraude massive, ils n'ont aucune chance de gagner
4) Les agents de l'Etat sont majoritairement, comme la plupart des Guinéens, des gens qui ont faim. Ils sont donc d'autant plus vulnérables aux injonctions du Pouvoir que celui-ci a largement montré sa détermination d'une part à placer ses membres compétents ou non dans les rouages de l'Etat, d'autre part à démettre de leurs fonctions sans état d'âme tous ceux qui hésitent à faire allégeance au RPG.
Ainsi le processus du scrutin est une chaîne aux multiples maillons dont la plupart sont des occasions irrésistibles de manipulations en faveur du régime.
5) Le sous-équipement profond du pays (routes rares et en piteux état le plus souvent pour celles qui existent; couverture téléphonique du territoire très limitée et aléatoire; utilisation impossible de l'informatique par manque d'électricité; ...) ne peut pas permettre la transmission des PV des bureaux de vote directement à ceux de la centralisation à Conakry; comme cela s'est passé au Sénégal, et a permis de déjouer les tripatouillages.
L'ONU a envoyé des hélicoptères pour acheminer les PV des chefs-lieux de préfectures au siège de la CENI : c'est qu'elle reconnaît l'existence de sérieux problèmes au niveau de ce maillon de la chaîne. Les mêmes problèmes sont évidemment posés entre les chefs-lieux de préfectures et les sous-préfectures, c'est donc insoluble!
La conséquence est qu'actuellement, plus de 8 jours après le vote, la CENI n'a toujours pas proclamé les résultats provisoires qu'ils devaient publier 72H au plus tard après le vote: désormais l'opération dans son ensemble est donc en pleine illégalité!
Conclusion : la chaîne Waymark - Sabari - CENI - Matap - gouverneurs - préfets - sous-préfets, maître d'œuvre de cette opération, ne peut produire qu'une source de contestations infinies largement justifiées.
Il est grand temps que les Guinéens réfléchissent par eux-mêmes et élaborent un autre système de consultation démocratique conforme à leur situation réelle. Les élections de 2010 et 2013 ont montré que cette forme de vote est impossible à réaliser de manière acceptable par l'ensemble des acteurs. Persister à la maintenir c'est du pain béni pour les magouilleurs et source potentielle de violences regrettables. D'où la question aux patriotes : quelle autre méthode démocratique pour le choix de nos dirigeants ? Merci de vos réponses
Amadou Sadio Bah
Commentaires
- Regardez les nouveaux chiffres de population en HG et dans les autres régions ainsi que le taux de distribution des nouvelles cartes. Il est clair que tout le monde, y compris l'opposition savait qu'en signant les accords du 3 juillet avec ce fichier la défaite était sure.
- Il n'y avait qu'une seule manière de le contrer : exiger de faire voter tous ceux avec des récépissés 2013 et des cartes 2010 (car ils auraient tous du recevoir leur carte pour ces élections). Je ne peux comprendre qu'ils aient laissé voter sans rien faire dans les bureaux quand ceci a été annulé le jour du vote !
- Pour quoi ne pas faire photographier les PV finaux signés dans chaque bureau de vote a la fin du décompte ? Ils n'ont pas de cellulaires ?
- Pourquoi ne pas créer des incidents graves sur le terrain pendant et juste après les triches locales ?
La question importante n'est pas de savoir si ces élections pouvaient être crédibles. Moi je dirais plutôt : quelle machine l'opposition a-t-elle mise en place pour prévenir ou empêcher cette triche...
Il faut contrôler et empêcher la triche le jour du vote (comme au Sénégal et ailleurs) - pas crier après car personne ne te soutiendra pour tes faiblesses...
Si je dis a quelqu'un par la radio que je vais lui foutre des baffes demain et que le lendemain il vient me voir en souriant et bien il sait ce qui l'attend et les autres aussi...
http://developpementdurable.revues.org/9151
Mais de telles réflexions n'effleurent même pas les présidents des républiques bananières et autres CENI.Idem pour la plupart de nos intellos.
Par la suite on forme des assesseurs et les procédures doivent être respectées sous peine de non validation. A chaque fois les partis sont impliqués, non à la CENI qui ne doit comporter que 5 juges juristes (c'est un organe technique nécessitant donc obligatoirement une technicité), mais sur le terrain.
Bref quand on veut, on peut. Ceux qui ne se plient pas à la règle acceptée et contrôlée par tous sont hors jeu.








