Législatives 2013: les manipulations du pouvoir

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Dinguiraye l’avait promis à la face du monde et Dinguiraye a rendu hommage à Ba Mamadou. Une promesse est dette et Dinguiraye reste dans sa logique et dans sa constance de la parole donnée. Il a été difficile avec une première bataille qui  été celle de montrer au parti que le choix est simple entre une présence de longue date pour défendre des valeurs républicaines dans un esprit de rassemblement et de cohésion sociale et une arrivée récente au parti juste pour une recherche de place à la dernière minute.

Au moment de la désignation du candidat à l’uninominale, il a été question de vouloir bafouer les jeux, mais Dinguiraye a dit non à la confusion et au mélange des genres. Le message fut alors clair pour la direction du parti au même titre que pour les adversaires politiques.

A la désignation du candidat, Dinguiraye, toujours dans sa logique habituelle, a pris la décision d’assumer son choix lors des élections législatives, comme pour dire : « laissez-nous faire à Dinguiraye, ce sont les tortues qui savent où se merdre ! »

Dr. Fodé Marega avait tous les atouts de son côté, dont le plus important, celui de se mettre au-dessus d’une quelconque appartenance ethnique, communautaire ou régionale, mais celle d’une nouvelle génération de politiques qui s’engagent pour une cause, une vision et un projet pour le développement de Dinguiraye.

Oui Dinguiraye reste constant dans l’évolution des mœurs et des mentalités. En effet, au-delà du caractère rassembleur que revêtent la candidature et surtout la personnalité de Dr. Fodé Marega, Dinguiraye a été séduit par ce besoin national au niveau de l’UFDG de mettre en avant cette nouvelle génération de jeunes politiciens pour assurer une certaine relève et surtout apporter une nouvelle dynamique à la chose publique.

A ce titre, une réelle volonté, du moins dans les circonscriptions de l’UFDG, de mettre en avant, comme cela avait été souligné, les jeunes et les femmes pour montrer une certaine envie de renouveler la classe politique tant du parti que de la Guinée.

Mais avant d’aller plus loin dans les enseignements de ces législatives, voyons un peu les chiffres de Dinguiraye.

Le scrutin national :

Bureaux de vote : 142

Total électeurs inscrits : 69 701

Total votants : 35 426

Bulletins nuls : 3 603

Suffrages exprimés : 31 823

Taux de participation : 50,83%

UFDG : 15 371

RPG-Arc-en-ciel : 11 749


Le scrutin uninominal :

Bureaux de vote : 142

Électeurs inscrits : 69 701

Total votants : 35 699

Bulletins nuls : 4 603

Suffrages exprimés : 31 096

Taux de participation : 51,22%

1- UPR : 2 208

2- UFDG : 15 967

3- UFD : 461

4- RPG-Arc-en-ciel : 11 416

5- PTS : 1 044

Au-delà de certaines incohérences des chiffres que je ne comprends pas entre les deux scrutins, je me concentre uniquement sur les faits. Il est aisé de constater que le tripatouillage du fichier, la mauvaise distribution des cartes d’électeurs, la suppression et l’éloignement des bureaux de vote ont tout simplement permis non seulement de donner un taux de participation d’à peine 50%, mais aussi et surtout, un chiffre plus qu’honorable du RPG dans les deux scrutins.

A l’image ce qui s’est passé à Dinguiraye, la volonté du pouvoir est réelle dans sa logique de donner des uninominaux pour calmer le feu au niveau des partis de l’opposition, mais de se rattraper au niveau de la proportionnelle. En effet, à voir les chiffres, le RPG accepte de perdre l’uninominal dans certaines circonscriptions proches de l’opposition, mais il prend le soin de bien se positionner dans ces zones sur la liste nationale pour s’assurer de eux objectifs :

  • réduire la capacité de l’opposition à avoir des députés sur la liste nationale dans les zones qui lui sont favorables et ;
  • augmenter les chances du RPG à obtenir plus qu’espéré, des députés dans les zones qui ne lui sont pas favorables à priori.

A l’inverse, le RPG se taille la part du lion dans les zones qui lui sont favorables en voulant écraser, par tous les moyens, tout sur son passage. On constate des chiffres alarmant sur Kankan avec plus de 90% pour le RPG à l’uninominal et à peine 9% pour le candidat du PEDN. C’est le cas à Lola où on donne l’uninominal à l’UPG de Jean Marie Doré tout en prenant la place sur la liste nationale. C’est aussi le cas pour Sidya à Matam et Cellou Dalein à Dixinn.

Dernier enseignement, le pouvoir revient encore une fois sur sa recette qui gagne du second tour de la présidentielle avec le fameux slogan de : « trois régions sur quatre sont avec moi et quatre communes sur cinq ! », ramenant ainsi cette conception selon laquelle l’opposition se résume simplement à Ratoma dans Conakry et à la Moyenne Guinée.

Le constat global est le suivant : le pouvoir, en bon joueur de dames ou d’échecs cherchera à souffler du chaud et du froid en tentant de diviser l’opposition avec une certaine envie de satisfaire l’UFDG qui est supposée être le détonateur de tout soulèvement au niveau des uninominaux et maîtriser les autres avec quelques miettes tout en s’assurant la part du lion sur la liste nationale.

C’est à la totalisation de tous les chiffres que l’on saura réellement à quelle sauce l’opposition guinéenne sera mangée à la Tabaski !


Mamadou Barry
Analyste financier


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Commentaires  

 
+6 #1 Amenofils 06-10-2013 22:53

Il est étonnant de voir que dans les fiefs du pouvoir en haute Guinée, aucun bureau de vote n'a été annulé ou juste une annulation de 2 ou 5 bureaux avec la participation de tous les inscrits, contrairement aux fiefs de l'opposition.
Si les populations ont réellement vote pour n candidat outre que celui décalé vainqueur par la CENI, alors que les populations concernées se lèvent pour défendre leur vote. Quitte à mettre le pays a sac ! Autrement c'est légitimer un pouvoir illégitime.
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