Mamadi Dioubaté Jeudi, 19 Septembre 2013 20:54
Céder aux manœuvres machiavéliques et de division, troublant l’esprit de certains de nos compatriotes, leur faisant comprendre: « c’est l’opposition qui ne veut pas aller aux élections législatives, c'est elle qui m'empêche de gouverner » serait une défaite devant le peuple et devant l’histoire et l’opposition n’aurait pas donné de sens à son existence.
Donnons un sens à notre vie en continuant le combat pour tous ceux qui sont tombés.
Le sens de la vie, Claudel disait « le temps est le sens de la vie » (sens: comme on dit le sens d’un cours d’eau, le sens de l’odorat).
Le sens de la vie n’est pas extérieur à l’acte de créer la vie, de faire émerger les talents, de créer les conditions économiques, sociales, politiques, culturelles, pour que chaque enfant de Guinée puisse porter en lui le génie d’un Sory Kandia ou Papa Camara ou des grands de la science de notre pays.
Cette exigence d’amour pour notre peuple nous recommande d’être des hommes de foi et des militants politiques c’est à dire militants de la création.
Accepter une élection truquée nous conduirait à la même situation dictatoriale que sous les trois Républiques précédentes.
Depuis trois ans Alpha Condé préside notre pays par décret et trouve le moyen de nous divertir en nous racontant que c’est l’opposition qui l’empêche de gouverner, troublant ainsi l’esprit du commun des mortels.
Le pouvoir exceptionnel donné à Alpha Condé ne revient au président de la Republique française qu’en temps de crise grave, pourquoi pardieu dirait-il que l’opposition l’empêcherait de gouverner ?
Connaissant l’homme lui-même, il n’aurait jamais accepté la situation qu’il nous a créé depuis son élection.
En 1992, précisément le 02 octobre, le général Conté prononça son discours à 18h au lieu de 20h, et il rejeta notre demande de multipartisme et de conférence nationale. Mis au courant de ce refus Alpha Condé m’ordonna de faire tout pour rencontrer tous les hommes de bonne volonté partageant nos idées afin de pousser le général à accepter le multipartisme.
Nous avons immédiatement pris contact avec le doyen Ba Mamadou et les représentants de l’UFD du professeur Sow Alfa, plus le syndicat libre de Mara et d’autres afin de créer les conditions d’une rencontre avec le général et le pousser à accepter le fait « multipartite ».
Le professeur n’a pas cédé au général pourquoi l’opposition actuelle devrait céder à sa vision dictatoriale de notre pays ?
Actuellement beaucoup de nos compatriotes sous-estiment la capacité de nuisance du pouvoir du professeur, ils ne font pas son évaluation depuis sa prise du pouvoir depuis trois ans, ce président concentre dans ses mains tous les pouvoirs, alors il est obligé d’en abuser.
Inexistence de débats sur la signature des contrats et de toutes les affaires engageant notre pays, mensonge à l’Etat sur le problème de l’électricité et de l’eau, que de problèmes !
Pour faire peur, un complot que seuls peuvent croire les Guinéens, fut inventé humiliant ainsi un certain nombre de cadres guinéens dont une ménagère veuve de son état Madame Fatou Badiar...
Si les élections ont lieu une grande majorité de notre pays doit voter pour l’opposition afin d’éviter à notre pays le cauchemar que nous vivons depuis notre indépendance.
Le Guinéen ne doit plus accepter d’être battu comme Aboubacar Sidiki (de Gaulle) ou Alpha Oumar Boffa Diallo (AOB), etc. Si une majorité est donnée au professeur personne ne nous dira demain : je ne savais pas.
Lorsqu’il se produit un cataclysme naturel, par exemple tremblement de terre, inondation, rupture d’un barrage, famine, etc., les hommes se sont toujours interrogés sur la cause de sa survenance. Colères des dieux ? Vengeance de la nature ? Imprudence, mauvais calcul des hommes ? Chez les Hébreux ces comportements n’avaient qu’une source, les responsables ont péché, ou avaient désobéi à l’Eternel.
Rechercher les facteurs criminogènes inhérents à nos responsables depuis l’indépendance causant des drames incalculables devient une démarche non nécessaire mais légitime, utile et obligatoire.
Nécessaire d’abord : parce qu’il faudrait bien comprendre pourquoi celui-ci s’est produit. Même les animaux procèdent à cette démarche. Voyez les buffles qui s’échappent d’un grand feu de brousse. Ils s’élancent après ceux qui l’ont allumé. C’est leur manière à eux d’éteindre dans le présent et le futur la cause de leur malheur. Et nous, êtres intelligents, devrions-nous après trois précédentes dictatures dont les conséquences sociales, économiques, culturelles ont été catastrophiques pour notre pays, accepter de vivre encore sous une autre sans chercher à savoir pourquoi elles ont eu lieu, pourquoi nos compatriotes se cramponnent à leur ethnie ? Or ceux qui nous ont gouvernés ont eu à massacrer plusieurs personnes venant de la même région qu’eux. Ne pas rechercher à savoir après une tragédie c’est être moins intelligent qu’un buffle qui vient de s’échapper d’un grand feu de brousse.
Utile, parce qu’il s’agit de tirer les leçons, de régler en conséquence sa conduite dans le futur. Savoir c’est prévoir comme prier c’est écouter, c’est éviter aux générations futures de faire la même faute et à soi-même de la recommencer. Un proverbe du Sud Soudan dit à cet égard : « quand tu vois dans la plaine une bête qui ressemble à celle qui a failli te dévorer dans la forêt, tu dois te méfier. » Nous devons analyser le comportement de tous les partis qui sont en compétition pour les législatives afin de voter pour les partis véritablement démocratiques.
Des fois je ne reconnais pas ce vaillant peuple qui, malgré les crimes commis sur tous les plans par ceux qui nous ont gouvernés, continue à les glorifier ; c’est là où nous pêchons par manque d’analyse et c’est là où Alpha Condé s’inspire pour nous gouverner durant trois ans par décret et pire il crie urbi et orbi qu’on l’empêche de gouverner ! Personne n’ose démontrer à la population qu’il, Alpha Condé, a tous les pouvoirs et qu’il est le seul responsable du manque d’électricité, d’eau, et de la réfection des infrastructures routières de notre pays ; c’est depuis son élection qu’il engage seul notre pays dans tous les contrats, qu’il nomme à tous les postes et qu’il fait démissionner même le planton. Ne pas le dire fortement à nos compatriotes est une faute car eux croient le contraire.
Chercher à savoir, à comprendre n’est pas prioritairement ni fondamentalement rechercher des coupables, des têtes.
C’est avant tout rechercher la vérité. C’est donc une démarche, une opération au service du bien présent et futur. C’est une entreprise de guérison de soi-même et des autres ainsi que de protection contre le mal exorcisé.
Dans mon intervention précédente j’avais parlé de l’huissier qui va rechercher la vérité, l’établissement de la vérité va jusqu’à l’interpellation de certaines personnes qu’on ne voudrait pas mettre en cause à cause de leurs cheveux blancs ou barbes blanches. Privilégier le respect dû à des cheveux blancs par rapport au triomphe de la vérité c’est oublier que ces mêmes cheveux blancs ternis par des fautes commises par leur porteur pourraient gagner au cours de l’opération Vérité. En effet, le vénérable, le respectable qui n’a pas su respecter ses cheveux blancs peut se confesser, se repentir. La vérité peut donc le rétablir durablement dans son rang tandis que la fraude sur cette vérité le maintiendra suspect malgré ses signes extérieurs de vénérabilité.
Craindre de rechercher la vérité parce qu’on ne veut pas déplaire à des personnes, c’est faire passer celles-ci avant la Guinée et son avenir. C’est penser qu’après elles, la Guinée n’existera pas. Nous ne devons plus accepter le complot du 19 juillet qui a anéanti des personnes innocentes et dont le but était l’assassinat et l’arrestation de certains leaders politiques.
Militant du PEDN, cependant, je citerai Elhadj Cellou Dalein qui dans une de ces interventions disait ceci : « lorsque Samory n’était pas d’accord il disait je refuse ».
Assurez-vous que toutes les conditions d’une élection transparente et crédible sont réunies car c’est la seule condition pour battre le pouvoir du professeur et de le mettre à moins de cinquante pourcents.
Vive la Guinée, vive la démocratie et la liberté dans notre pays.
Dioubaté Mamadi