Assemblée nationale : j'aimerais les y voir!....

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DORE_Ansoumane_3_01C'est le titre d'une suggestion de discussion de Togba Zoumanigui sur le forum « Tousguineens ».

Ce n'est pas en termes de personne, x ou y, que je vais apporter ces quelques mots à la discussion. Tous les Guinéens parlent de construction du pays par une participation de tous et de toutes à cette construction, à l'image de la parabole du roi Ghezo (1818-1858), neuvième souverain d'Abomey (ex-Dahomey, devenu Bénin), qui disait : « Si tous les fils du royaume venaient par leurs mains assemblées boucher les trous de la jarre trouée, le pays serait sauvé Â».

C'est en quelque sorte, sur cette leçon de l'histoire africaine que semblent « méditer » consciemment ou inconsciemment tous les Guinéens qui évoquent l'unité et la construction de leur pays. Mais s'il y a des pays aux comportements partisans poussés aux paroxysmes, la Guinée est aujourd'hui de ceux-là. Et il revient en tout premier lieu aux leaders politiques de corriger cette orientation.

De quelle façon réaliser une réorientation de ce qui est devenu comme une manière de vivre politiquement et socialement ?

La première démarche est que les leaders des grands partis politiques doivent mentalement se déconnecter de certains aspects des modèles de fonctionnement des institutions des vieilles démocraties. Ces modèles postulent par exemple qu'après des élections, le ou les partis vainqueurs gouverne(nt) seul(s) ou en coalition jusqu'aux prochaines élections. Reproduire cet aspect, en l'état actuel (politique et sociologique) de la Guinée, a très peu de chance de permettre de réussir les objectifs attendus par la population. Il faut que le dévouement à la cause nationale que des leaders annoncent prenne le pas sur leur appétence de pouvoir. Autrement dit, il faut que le démocrate de cœur et d'esprit accepte le partage du pouvoir. Cette posture n'est pas l'indice de faiblesse mais de patriotisme et de grandeur d'âme. L'une des raisons directes du passé pas éloigné de nombreux coups d'Etat intervenus dans les Etats africains est justement dans le défaut de partage et il faudrait être naïf pour croire que ces coups d'Etat ont été complètement éradiqués dans les esprits des casernes africaines.

La deuxième démarche mentale est de se mettre dans la peau du démocrate qu'on annonce urbi et orbi. Cela peut supposer dans notre cas guinéen, à veiller à l'organisation d'élections législatives transparentes de sorte à ne donner à personne la latitude de contestation. L'atmosphère sociale du pays est assez tendue comme cela depuis longtemps. Bien que le Président Alpha Condé se soit transformé en commis voyageur pour drainer d'éventuels investisseurs vers la Guinée, les résultats de ces pérégrinations ont été loin de donner satisfaction. Comme disent certains, il n'y a pas d'élections complètement parfaites en Afrique. Ce n'est pas une raison de s'en consoler. Dans le cas spécifique de la Guinée, il faudrait que plus jamais des élections législatives du modèle de feu Lansana Conté qui ont tant fait souffrir l'opposition de cette époque ne se reproduisent.

En troisième lieu, à la question de départ « Qui voudrait-on voir à l'Assemblée nationale ? », je ne répondrai pas par des noms précis, les partis savent quels noms d'hommes et de femmes ils ont alignés sur les listes de candidatures. Ce qui importe à mes yeux au final, c'est la composition de l'Assemblée nationale. Si elle n'est composée très majoritairement que de députés RPG-Arc-en-ciel, je considèrerai que la Guinée aura choisi la situation de l'Etat stationnaire qui peut supposer des phases de régression encore. Si d'aventure, c'est une Assemblée à craquer par des députés de l'opposition (toutes tendances confondues), cela ne constituera pas non plus une situation idéale. La mouvance présidentielle rejetée dans l'opposition, peut alors, si elle est organisée, adopter les méthodes de l'opposition d'aujourd'hui. Et le climat social du pays ne sera pas notablement modifié à moins que les résultats statistiques des législatives ne mettent tout le monde d'accord (?).

En ce qui concerne la situation personnelle du président, si l'Assemblée n'est pas de sa mouvance, la Constitution lui reconnaît de larges prérogatives. A ceux qui avancent l'idée qu'il serait paralysé par des députés qui lui sont hostiles, je réponds que depuis le mois de janvier 2011, il était plus qu'en situation d'une écrasante majorité à sa dévotion, puisqu'il gouvernait par décrets qui ne se discutent nulle part et dont il a la totale initiative.

A presque trois ans de gouvernement par cette voie et même compte tenu de la situation « d'Etat néant » qu'il a trouvée, où sont ses réalisations tangibles ? Dans un tel contexte, il eût été opportun de ne pas matraquer les gens de réalisations que tout le monde cherche. Alors ce n'est donc pas une majorité écrasante de députés de sa mouvance qui changera la donne.


Ansoumane Doré
Dijon, France


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Commentaires  

 
+1 #11 amadousdialamba 16-09-2013 04:08

« Vous croyez, M Amadousdialamba, que les etrangers soient le problème ?
Et Lansasana Conté ( ou bien était-il un Balalenté de la Guinee Bissau ,comme certains l’ont dit ?) , Dadis Camara ? Sekouba Konaté ? Sekou Touré ? Qu’ont laissé à la Guinée ? Ont –ils mieux géré la Guinée que les ETRANGERS ?
National ou étranger , vous n'aurez pas cet homme d'affaires qui ne pensera pas à defendre, en 1er, ses intérêts »
Monsieur Baldé, peut être les étrangers ne sont pas nos principaux problèmes, mais ils font parties de nos plus graves problèmes actuellement. Je m’explique :
1. Selon une observation personnelle, depuis que les troubles ont commencés en Guinée et que nos politiciens ont commencé à faire appel à ces étrangers pour arbitrer nos affaires intérieures, beaucoup d’usurpateurs se sont infiltrés dans le processus pour tirer profit.
2. En ce qui concerne leur arbitrage : les nombreuses révélations sur la grande magouille des acteurs qui ont piloté l’élection présidentielle catastrophique de 2010, devraient nous servir de leçon, afin que nous comprenions que ces étrangers dont nous faisons tant confiance ne sont pas tous des saints, comme en témoigne la plus récente confession, si elle est confirmée, du Malien, ex-président de la CENI.
3. Il faut comprendre aussi que le Comité de pilotage des législatives actuelles n’est autre que celui de 2010. Donc, les intérêts aidant, il ne nous réchauffera que la soupe de 2010.
4. Que dire de l’arrogance de certains diplomates étrangers, très audacieux, qui se permettent de parcourir les régions du pays pour tenir des discours politiques, sans être inquiétés, étant convaincu que ces pratiques sont formellement interdites par les chartes diplomatiques et par tous leurs pays respectifs.
5. De plus, ce qui me fait mal, c’est lorsque nous guinéens, continuons de croire que la solution de tous nos problèmes doit toujours provenir de l’extérieur, étant donné que nous les connaissons mieux que quiconque (aujourd’hui le nœud de notre problème est dû à l’exclusion d’une plus grande partie des guinéens). Pourtant l’extérieur nous a montré ses limites. Car pour preuve, l’ONU, l‘UE, l’OIF, la CEDEAO, le président de la CENI…, étaient tous au courant du plan mis sur place par les autorités de la transition qui a permis au candidat largement battu d’être déclaré victorieux. Le langage diplomatique aidant chacun s’est abstenu de dire la vérité. A nous de gérer les conséquences.
6. Pour le cas de nos anciens Présis : Sékou Touré, Conté, Dadis, vous conviendrez avec moi, Monsieur Baldé, que tous sont pratiquement des présidents autodidactes, sans niveau requis pour diriger un pays, si ce n’est comme la Guinée. Les mauvais effets de cette succession de médiocrité nous suivent jusqu’à ce jour. La monstrueuse confusion que nous vivons actuellement est venue de là.
7. Enfin, pour remédier à tous ces faux problèmes, je souhaite ardemment que notre pays, notre très chère Guinée, notre patrie, notre nation, qui n’arrive toujours pas à sortir de ses crises profondes et perpétuelles parvienne à se surpasser et à trouver une solution définitive. Pour ce faire, à partir de maintenant il nous faut un président intellectuel, (pour la première fois de notre histoire). Un Président élu par la plus grande partie du peuple, avec un arbitrage extérieur peut-être, mais jamais leur immixtion. Car ces multitudes de Comités provenant de l’étranger ont prouvé aux guinéens, à travers la Présidentielle de 2010, qu’ils ne sont pas propres dans leur accompagnement des processus. Ils défendent mieux leurs intérêts que les missions pour lesquelles ils sont mandatées. Je veux avoir vraiment un président qui met tous les guinéens au même pied d’égalité. Un président auquel tous les fils du pays s’identifieront. Un président s’il le faut, né de père et de mère guinéens. Un président qui sait quelles décisions prendre, quand les prendre, comment les prendre et pourquoi les prendre. Un président qui connait comment défendre les intérêts du pays, pas seulement les siens. Un président qui a une attention particulière pour l’ensemble de son peuple….
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+2 #10 Oury Baldé 16-09-2013 00:06

Citation en provenance du commentaire précédent de amadousdialamba:
(...) tant que nous aurons un étranger à la tête de notre pays, il n y aura pas de début de sollution à nos problèmes que ce soit Sociale, politique, économique.... Le réseau des des étrangers qui opriente le PD élu ne pense pas comme vous. C'est sont les ressources naturelles seulement qui les intéressent, pas la vie des vrais guinéens.

Vous croyez, M Amadousdialamba, que les etrangers soient le problème ?
Et Lansasana Conté ( ou bien était-il un Balalenté de la Guinee Bissau ,comme certains l’ont dit ?) , Dadis Camara ? Sekouba Konaté ? Sekou Touré ? Qu’ont laissé à la Guinée ? Ont –ils mieux géré la Guinée que les ETRANGERS ?
National ou étranger , vous n'aurez pas cet homme d'affaires qui ne pensera pas à defendre, en 1er, ses intérêts .Il est supposé aussi , à priori, que l'individu (en dehors de l'homo œconomicus voire) est rationnel -et n'agit pas dans le sens contraire de ses intérêts .
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+3 #9 amadousdialamba 15-09-2013 01:42

Je cite M. O B "Faut-il espérer de cette génération de politiciens guinéens- actuels ?
Pourquoi n’y arrivent –ils pas ? A –t-elle (cette génération d’acteurs politiques) fait son mea culpa ? Pourra-t-elle changer la Guinée, à l’avenir?
Peut-t-on tout leur imputer aux politiciens ? Quelle est la part de responsabilité de nous citoyens dans le désastre national?
Compte tenu des profonds clivages ethniques, comment voulons-nous vivre désormais ? Quelle société voulons –nous ?
In fine, «De quelle façon réaliser une réorientation(tant au niveau politique –de l’élite – que social ) de ce qui est devenu comme une manière de vivre politiquement et socialement ?« Pr. A.D
Voila à mon vais des questions qui se poseront d’une façon ou d’une autre à nous, loin des considérations partisanes. Ce , lorsque nous aurons touchés le fond. Pour le moment, on continue drus de s’enfoncer .
En 3 ans , AC la suffisamment démontré : c’est un autocrate qui n’est pas prêt de partager le pouvoir au risque de perdre tous ses alliés (la déconfiture de l’Arc- en -ciel l’illustre)." fin de citation. A toutes ces questions, je reponds que tant que nous aurons un étranger à la tête de notre pays, il n y aura pas de début de sollution à nos problèmes que ce soit Sociale, politique, économique.... Le réseau des des étrangers qui opriente le PD élu ne pense pas comme vous. C'est sont les ressources naturelles seulement qui les intéressent, pas la vie des vrais guinéens.
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-8 #8 Karifa Camara 14-09-2013 23:42

On sait plus de qui accuse t-on d'ethno sur ce site,mon oeil, quand aot diallo se permet d'en qualifier d'autres.(Un ethno né)
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+5 #7 Oury Baldé 14-09-2013 00:25

Faut-il espérer de cette génération de politiciens guinéens- actuels ?
Pourquoi n’y arrivent –ils pas ? A –t-elle (cette génération d’acteurs politiques) fait son mea culpa ? Pourra-t-elle changer la Guinée, à l’avenir?
Peut-t-on tout leur imputer aux politiciens ? Quelle est la part de responsabilité de nous citoyens dans le désastre national?
Compte tenu des profonds clivages ethniques, comment voulons-nous vivre désormais ? Quelle société voulons –nous ?
In fine, «De quelle façon réaliser une réorientation(tant au niveau politique –de l’élite – que social ) de ce qui est devenu comme une manière de vivre politiquement et socialement ?« Pr. A.D
Voila à mon vais des questions qui se poseront d’une façon ou d’une autre à nous, loin des considérations partisanes. Ce , lorsque nous aurons touchés le fond. Pour le moment, on continue drus de s’enfoncer .
En 3 ans , AC la suffisamment démontré : c’est un autocrate qui n’est pas prêt de partager le pouvoir au risque de perdre tous ses alliés (la déconfiture de l’Arc- en -ciel l’illustre).
Quant à un éventuel coup d’état, faudra au préalable en finir avec les donzos et toute la nébuleuse sécuritaire gracieusement entretenue autour du pouvoir, qui a dévoyé l’armée régulière .
D’élections transparentes, on s’en doute …Et l’Opposition a fait son deuil de l’affaire, n’apercevant que tardivement être arnaquée de nouveau. Pour le moment , elle joue aux aboyeurs qui ont laissé le danger passé,en brandissant la menace des manifs, histoire de sauver la face. Sinon, c’ est cuit… Ils ne sont pas si amateurs que ça pour le comprendre, nos tolliers.
A deux ans de la fin du quinquennat, on se demande a quoi servirait une AN, quelque soit sa composition et sachant qu’une AN n’a que peu ou prou servi en Guinée.
Ce sera que pour chercher à améliorer la carte de visite de pseudo-démocrate d’AC en Occident , pas pour changer quoique ce soit dans la vie du Guinéen .
Quand tranchera-t-on ce nœud gordien qui perdue?
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+4 #6 A.O.T. Diallo 13-09-2013 21:50

Citation en provenance du commentaire précédent de Guinean:
Il est tres equilibriste et objectif ce texte. Il vehicule des caracteristiques digne d'un document produit par un universitaire de renommee. Doyen, tachez d'en produire davantage pareil texte car vos recents articles etaient tout sauf objectifs tellement il pesaient largement en defaveur du pouvoir.

Vraiment doyen je vous présente mes excuses pour cette réponse blessante venant d'une personne diplômée de MIT qui ne comprend même pas le ridicule de dire qu'un universitaire de renommée peut écrire des textes en défaveur d'un pouvoir...
Je sens déjà venir le "ethno aigri"...
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+5 #5 Che 13-09-2013 16:01

Dr Dore, excellent article car excellente analyse. N'ecoutez pas des gens qui vous disent d'etre equilibriste dans ce que vous denoncez. C'est cela qui tue les intellectuels Guineens. Dire que tout le monde est coupable ou tout le monde est victime n'a jamais regle un probleme. Alors des que vous sentez que le pouvoir ne fait pas son travail, il faut le denoncer immediatement surtout le pouvoir car c'est lui qui a tous les leviers, c'est lui qui nomme, qui destitue, qui decide..donc si cela ne marche pas en Guinee ce n'est surement un ministre ou un prefet et encore moins un opposant mais c'est l'executif donc le president. Et il ne faut jamais non plus accuser l'entourage de quiconque. AC est le seul responsable de tout ce qui se passe. Si tout allait bien aussi, on aurait jamais dit que c'est tel ministre ou tel prefet, mais on aurait dit que c'est le president qui travaille alsor de grace la politique equilibriste dans les denonciations en Guinee doit cesser car c'est l'ypocrisie totale
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+4 #4 Abdoulaye Diallo, Rotterdam 13-09-2013 15:59

"les leaders des grands partis politiques doivent mentalement se déconnecter de certains aspects des modèles de fonctionnement des institutions des vieilles démocraties. Ces modèles postulent par exemple qu'après des élections, le ou les partis vainqueurs gouverne(nt) seul(s) ou en coalition jusqu'aux prochaines élections. Reproduire cet aspect, en l'état actuel (politique et sociologique) de la Guinée, a très peu de chance de permettre de réussir les objectifs attendus par la population. Il faut que le dévouement à la cause nationale que des leaders annoncent prenne le pas sur leur appétence de pouvoir. Autrement dit, il faut que le démocrate de cœur et d'esprit accepte le partage du pouvoir. Cette posture n'est pas l'indice de faiblesse mais de patriotisme et de grandeur d'âme."
No comment! Merci doyen pour cet autre papier plein d'enseignements.
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+7 #3 Amenofils 13-09-2013 11:39

Un texte patriotique de notre cher doyen! La majorite ne veut pas dire reussite pour le camps majoritaire. La preuve alfa est a la fois seul a l'executif, seul au legislatif et seul au judiciaire depuis trois ans pour quel resultat ? NADA !
Tout depend du contenu que alfa a mis dans le patriotisme. Pour lui cela rime a exclure une partie du peuple pour s'enrichir lui, sa famille et son clan. Aucun agenda national si ce n'etait d'etre president de la Guinee.
Travaillons a donnber une majorite a l'opposition car autrement alfa que nous avons vu a l'eouvre ira encore plus loin dans la division des guineens, accentuera la pauvrete et laissera une guerre civile. Que Dieu nous en protege.
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+2 #2 amadousdialamba 13-09-2013 01:33

Nous sommes habitués au fatalisme et au conformisme dans ce pays. La CENI a accompli sa mission commandée. Les félicitations commencent à tomber de toute part. Donc, il faut se mettre au pas.
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-11 #1 Guinean 12-09-2013 21:01

Il est tres equilibriste et objectif ce texte. Il vehicule des caracteristiques digne d'un document produit par un universitaire de renommee. Doyen, tachez d'en produire davantage pareil texte car vos recents articles etaient tout sauf objectifs tellement il pesaient largement en defaveur du pouvoir.
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