La société guinéenne sans Etat, une formule absurde du président Condé

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CAMARA_Naby_Laye_3_01Je suis un rationaliste convaincu. Je crois et j’ai confiance dans la raison. Je soutiens que la mystification ou le déraisonnement, ou le mensonge, a sa place dans le non-sens. Lorsqu’on avance des idées incohérentes avec insistance absolue, on suit la voie du mensonge.

Le président Alpha Condé, comme toujours, est incohérent dans ses idées et dans ses discours.

Il n’arrête pas de nous crever le tympan dans toutes ses sorties officielles, qu’à son arrivée au pouvoir en 2010, il a trouvé la Guinée là où Sékou Touré l’avait laissée : une société guinéenne sans Etat.

La première fois que j’ai entendu le président formuler ce jugement – en 2010 – je n’eus aucune réaction spéciale. Avec sourire, je localisai l’expression de notre « professeur-président Â» dans le sillage de l’émotion linguistique. Pas grave, on verra la suite des évènements, je conclus.

Après trois ans de gouvernance, je m’étonne que le président guinéen continue d’avancer la même analyse. Un intellectuel (ou je me trompe) comme lui, devrait se rendre compte d’une certaine réalité du jour, et bannir ce jugement à jamais de ses discours. Une bonne analyse politique aurait pu lui signifier qu’il abuse, qu’il se trompe, qu’il ment.

Mais comme je l’ai toujours écrit, Alpha Condé est un politicien étonnant. Il montre l’apparence d’un politicien, mais en réalité il ne sait rien de la politique. Il ne connait ni les contours ni les détours de la politique. Et le plus grave, toutes ses références politiques ne s’adaptent aucunement à la réalité du temps actuel.

Alpha Condé ne dit pas la vérité dans sa totalité lorsqu’il juge avoir trouvé une société guinéenne sans Etat. Qu’il répète le même jugement aujourd’hui, je le contredis.

En effet, le concept Etat possède une nature complexe, des définitions et des connotations différentes.

Habituellement, le terme Etat désigne toutes les institutions du gouvernement et de l’administration d’un pays, ainsi que les fonctionnaires et les employés qui travaillent pour eux.

Le trait le plus important de l’Etat est qu’il a la capacité d’élaborer et de faire respecter les lois applicables à toute la population. Pour cela, il dispose des moyens coercitifs : la police, les tribunaux, le système pénal et l’armée.

Si l’Etat ne peut pas utiliser son pouvoir coercitif de manière efficace, et qu’il est incapable de faire respecter la légalité aux citoyens, il peut être qualifié d’un Â« Etat en faillite Â».

Maintenant, je me mets dans la même vision du concept d’Etat que le président Alpha Condé. C’est-à-dire, la définition qu’il utilise pour formuler son jugement : « La Guinée, une société non Etat Â». Ou sans Etat, qui revient au même.

Dans ce contexte, l’Etat est l’ensemble des structures (législatif, exécutif, judiciaire) du pouvoir politique chargées d’organiser une société et incarnant la souveraineté. L’Etat ne désigne pas la société elle-même, mais le pouvoir s’exerçant sur les individus. Lorsque cet instrument de pouvoir n’existe pas, on parle de « société sans Etat Â».

Il résulte que de Sékou Touré à Lansana Conté, les structures (législatif, exécutif, judiciaire) ont toujours existé. Les institutions du gouvernement et de l’administration, la police, le système pénal et l’armée, aussi.

Par contre, ces institutions n’ont jamais fonctionné conformément à la loi. Et lorsque les institutions politiques ne jouent pas leur rôle, l’expression « Etat en faillite Â» est la mieux appropriée.

En 2010, le président actuel n’a pas trouvé une société guinéenne « sans Etat Â» (ou non Etat), mais une société guinéenne avec son « Etat en faillite Â».

Et de 2010 à nos jours (2013), rien n’a changé : l’Etat guinéen est toujours en faillite.


Naby Laye Camara
Bruxelles


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Commentaires  

 
+2 #7 madina 17-08-2013 19:02

Alfa Condè pratique l'esclavage ä Kankan ä la face du monde et en plein jour.Par la force,il vient de contraindre les habitants ä fermer boutiques et marchés,de lächer dans les familles des loubards armés pour interdire de rester chez soi.Comme du betail,habillée de jaune,la population est poussée de force vers le stade.
Le monde a vu l'accueil des kankanais ä Kankan pour pour Condè,maintenant le monde observe le carcan de Condè ä Kankan.
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+8 #6 madina 16-08-2013 10:42

A KANKAN,la ville de son épouse,la capitale de la haute Guinée,Alfa Condè a été hué et lapidé.Il n'a pas pu y tenir un seul discours et le porte parole supposé de la ville qui était désigné par l'organisation a été interdit de parole par les populations.Alfa a du fuir kankan pour aller se réfugier vers Siguiri ou il a plus de dix mille compatriotes burkinabés qui exploitent l'or de Guinée.
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+2 #5 AOT Diallo 15-08-2013 22:38

Tres juste mignan Naby !
- En 2010 quand le PPAC disait cela c'etait une critique de l'absence de mise en place des institutions de base par ses predecesseurs ;
- En 2013 quand il repete cela c'est la reconnaissance de son incapacite, comme ses predecesseurs de le faire malgre pres de 36 mois au pouvoir.
Tout le monde a compris cela - sauf lui bien-sur, puisqu'il n'a pas honte de le dire pour nous...
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+4 #4 CISSE IBRAHIMA 15-08-2013 20:41

La democratie n'est jamais l'affaire d'un seul homme ou d'une fraction.Elle est une construction historique,materielle,institutionnelle et culturelle.imputer au pouvoir actuel tous les incidents et accidents deplorables que la guinée avait connu,releve egalement de la propagande politicienne et non de la recherche de la verité.
-on perd souvent de vue que sekou toure fut,tout simplement,pour son peuple un dictateur a la main de fer.A l'epoque de la premiere republique guineenne,le mot democratie etait etranger dans le language commun.la liberté d'expression etait inexistante,la justice un simulacre qui n'avait rien à envier aux moments les plus sombres du stalinisme et l'on pouvait croupir indefiniment en prison pour un oui ou pour un non,les pesumés complots racistes,politiques et economiques contre l'etat se succederent sous sekou toure,il purgea le pays de ses elites intellectuelles et constructives.de nombreux guineens qui auraient pu participer à la bonne construction du pays durent émigrer loin de leur mere patrie pour preserver leur vie.
LE GENERAL LANSANA CONTE,son arrivé au pouvoir le 3 avril 1984 est accueillie dans la liesse populaire.il rompt dans un temps avec le regime de sekou toure en regagnant la confiance des pays voisins,il liberalise l'economie alors trés centralisée et prefere les americains aux sovietiques contrairement à son predecesseur marxiste.il participe au processus de democratisation que conaissent des nombreux pays africains en proclamant le multipartisme.mais bientot c'est la grande desullision,conte s'est appuyer sur l'armée pour museler ses opposants,le general de plus en plus affaiblit s'accrochera au pouvoir jusqu'au bout.son bilan economique etait de plus en plus catastrophique.en depit de la rechesse de son sous -sol que la guinee possede,le dictateur laisse derriere lui un pays ravaser par la misere et où manquent les infrastructures les plus essentielles.prés de 61 pour cent de la population n'a accés aux soins de santé et 38 pour cent à l'eau potable.
-ALPHA CONDE, voila deux ans apres son investiture,la guinée se trouve dans une situation catastrophique: faux complot,repression musculée des opposants,reglements des comptes,arrestation arbitraire des militaires peuls,administration tribalisée et lente,l'ethnocentrisme et regionnalisme,detournement des deniers publics,manque des cadres competents dans les postes clés,pauvreté extreme,problemes d'eau et electricité,affrontement ethnique orchestré par l'etat,ect.....
ILS(TOURE,CONTE.CONDE) SONT TOUS RESPONSABLES DE LA MAUVAISE SITUATION DE CE PAYS
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+3 #3 Naby Laye Camara 15-08-2013 18:40

Patriote!
Je ne vois pas de contradiction entre nous. La dernière phrase de mon article est, je pense, très claire.
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+6 #2 Patriote 15-08-2013 15:33

Naby Laye,
Que Alpha ait raison (sans État) ou tort (État en faillite), ce qui compte c'est qu'il n'a rien fait de potable pour changer la donne. Donc...
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+10 #1 Gandhi 15-08-2013 13:53

Des thèmes comme l'inflation (toujours à deux chiffres), la fiscalité des collectivités locales (inconnue), le marché commun de la Cedeao (violé tous les jours) et même la propreté de la ville de Conakry, lui sont complètement étrangers. C'est la raison pour laquelle il préfère faire glisser le moindre débat sur le terrain identitaire ou ethnique, ou sur la gestion passée de ses prédécesseurs, voire sur la notion de société sans État, le tout pour détourner l'attention, et faire oublier ses nombreuses tares, dont la plus importante est son incompétence.
Je suis sûr que chaque jour qui passe, il doit se demander comment il fait pour être toujours là. Et moi aussi je me le demande...
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