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Réponse à Monsieur Bah Ousmane, président de l’UPR, « ministre d’Etat chargé des Travaux publics et des Transports »

Sékou Chérif Fadiga  Vendredi, 09 Août 2013 22:41

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FADIGA_Sekou_Cherif_3_01Détrompez-vous Monsieur le président de l’UPR, j’ai quitté ce parti parce que vous êtes aujourd’hui le seul obstacle qui freine sa progression !


Le 27 juillet dernier à Conakry, le président de l’UPR, M. Bah Ousmane, s’en est pris à moi lors de l’assemblée générale hebdomadaire de son parti pour clamer devant les militants : « Parlant de la députation, le patron du parti indiquera avec satisfaction la disponibilité à temps de la liste de l’UPR pour les deux scrutins, liste nationale et l’uninominal par préfecture. Au passage, il fustigera l’attitude peu honorable de ceux qui ont boudé le parti pour des intérêts personnels au profit d’autres formations. Il soulignera que malgré cela, l’UPR continue d’avancer et ces individus aujourd’hui pourraient regretter leur acte. Rappelons que la plupart de ceux qui ont abandonné l’UPR pour d’autres formations n’ont pas figuré sur des listes électorales. Les rares personnes qui y ont figuré se trouvent à des positions non enviables. » Source UPRguinée.org

Je n’ai pas pour habitude de régler des comptes sur la place publique avec des hommes ou des femmes qui ont noué avec moi, dans le passé, des rapports de confiance ou d’amitié. Alors que cette confiance est définitivement rompue, comme ce fut le cas entre nous, ces derniers mois, j’ai préféré me retirer dignement pour éviter d’endosser devant l’histoire la responsabilité de la gestion catastrophique de l’héritage que nous a laissé feu Siradiou Diallo, ce guide dont l’action à la tête de l’UPR continue d’être saluée avec respect et qui constitue pour moi le compagnonnage politique dont je suis le plus fier à ce jour. Au sein de l’UPR, j’ai toujours été un homme très réactif et d’initiatives, ce qui m’a valu la sympathie de nombreux militants et militantes. J’observe que ma démission a provoqué beaucoup de remous allant jusqu’à réclamer désormais votre départ de la tête du parti, de la part de nombreux cadres qui l’expriment ouvertement et avec détermination. Quant à croire que j’ai quitté le navire UPR pour rejoindre le GPT de Kassory Fofana avec l’espoir de me voir figurer dans une position éligible au compte de ce parti, c’est véritablement une forme de reconnaissance par vous-même, sinon un aveu, que le parti que vous dirigez avec entêtement ne représente plus rien pour l’avoir vidé de tout son potentiel électoral. Aussi, je trouve blessant et choquant de croire que ma démission de l’UPR s’inscrit dans cet objectif. Croyez-le, la députation n’est pas une obsession pour moi et comme beaucoup d’autres Guinéens, j’attends de voir ce que nous réserve la consultation électorale du 24 septembre prochain. Cependant, puis-je révéler que dès que ma démission fut connue du grand public, j’ai été approché par plusieurs partis politiques et mon choix s’est porté sur le GPT sans aucun calcul électoraliste, tout simplement parce que son leader qui est un ami m’a sollicité pour mettre au service de sa formation politique mon expérience et mon savoir-faire. Après seulement deux ou trois mois de collaboration, serais-je déjà en situation de réclamer plus de droits devant tous les gens que j’ai trouvés là ? En tout cas, je ne me plains aucunement et je ne suis pas du genre à me laisser habiter par l’amertume.

En revanche, je suis triste pour tous ces acteurs de l’UPR qui se battent depuis des décennies pour hisser ce parti au sommet de la pyramide politique et qui voient leurs efforts complètement anéantis chaque jour qui passe. Je n’en veux pour seul exemple que ceci : après l’investiture du président Alpha Condé dans les fonctions de chef de l’Etat et constatant les premières dérives autoritaires du pouvoir qui consistaient au limogeage des cadres ressortissants de la Moyenne Guinée de l’administration publique, le Bureau exécutif de l’UPR avait pris la décision de rencontrer le président de la République, chargeant à cet effet son ministre d’Etat chargé des Travaux publics et des Transports de l’obtention d’une audience en vue d’alerter celui-ci sur les conséquences d’une telle politique, et au besoin, dénoncer l’alliance qui engage l’UPR et le RPG quant à la gouvernance de notre commune patrie. Qui a étouffé cette initiative pour ne jamais voir le jour ? C’est bien le président de l’UPR. Dans ces conditions comme dans d’autres, est-il encore nécessaire de continuer à œuvrer à vos côtés ?

Enfin, je suis peiné de faire remarquer que tous les acteurs qui se prévalent d’agir dans le microcosme politique ne sont pas tous mus par le souci d’arranger leurs situations personnelles au détriment de leurs convictions. Sinon, sans m’attribuer un mérite particulier, le président Alpha Condé, lors de sa visite de travail en France en été 2012, m’apercevant dans la foule qui l’accueillait à l’hôtel Concorde Lafayette à Paris, m’avait demandé devant des centaines de compatriotes de regagner la Guinée. Sans doute avait-il un projet de promotion qu’il me réservait. Pourtant, tous les compatriotes résidant en France admettent que j’avais été un farouche contradicteur pour ne pas dire un adversaire de Monsieur Condé pendant ses années de lutte pour la conquête du pouvoir en Guinée. J’en profite au passage pour lui exprimer toute ma reconnaissance et dire que ce qui m’éloigne encore de lui n’a rien de crypto-personnel. Je souhaite seulement que mon pays soit dans la trajectoire de la bonne gouvernance pour rapprocher sur l’essentiel tous les enfants de Guinée comme il l’avait promis dans son projet de campagne que j’avais soutenu au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2010.

Pour terminer, je voudrais inviter le président de l’UPR à se ressaisir ; plutôt que de s’occuper de ma personne et de tous les autres compagnons qui sont partis, il ferait mieux de provoquer le congrès ordinaire qui devrait renouveler le mandat des instances du parti et s’assurer de sa légitimité ou non à la tête des troupes car, depuis le 19 juillet 2013, l’actuel Bureau exécutif n’a plus aucune légitimité, le dernier congrès s’étant tenu à Labé en juillet 2008. Ce mandat dispose d’une durée de cinq ans seulement.

Très sincèrement.


Sékou Chérif Fadiga

en séjour à Paris


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