Thierno Fodé Sow Dimanche, 04 Août 2013 20:48
D’opposant historique charismatique ayant refusé, à tort ou à raison, toutes les mains tendues de Lansana Conté, au président démocratiquement élu, Alpha Condé peine manifestement à avoir des hommes et des femmes de grande confiance, enclins à faire face aux défis majeurs auxquels la Guinée est confrontée.
La gouvernance d’Alpha Condé aujourd’hui – n’en déplaise aux faiseurs de roi, M’batoula et autres petits opportunistes de mauvais aloi – est donc à l’image même du choix hasardeux que ce président fait dans la constitution de ses équipes. Dans toutes les sphères de la République, de l’administration décentralisée, même du secteur privé, ça sent le népotisme, le copinage, etc. Parfois avec une telle insolence que ceux qui se sont habitués au spectacle ubuesque tournent tout simplement le dos, prédisant secrètement un échec assuré. A côté de ces critères de choix pour amorcer enfin le changement tant prôné durant toute la campagne présidentielle, les chasseurs de postes et de hautes responsabilités devront avoir été de fervents et inaltérables militants de première heure du RPG. Par clientélisme, appartenance ethnique ou tout simplement militantisme, l’on est assuré, pour peu qu’on soit coriace d’occuper des postes de responsabilités. Sans sourciller.
Cette attitude pour autant à combattre pour mieux construire une nation prospère est la chose la mieux partagée en Guinée actuellement, avec la gestion d’Alpha Condé. Certains petits malins, défenseurs de cette navigation à vue vont certainement crier au crime de lèse-majesté. Et pourtant, quand on prône un vrai changement orienté vers un décollage, on voit mal comment un choix aussi hasardeux basé sur le tribalisme, l’amateurisme ou le militantisme pourrait produire un résultat profitable à tous les Guinéens. Par exemple, à la tête de la désormais coordination d’EDG, un certain Abdoulaye Keita, un militant du RPG dont les parents ont noué des rapports solides avec Alpha Condé. Le résultat, on le connaît : émeutes de l’obscurité dans toute la banlieue de la capitale. En désespoir de cause, certains ministres de la Républiques y voient une main invisible de l’opposition.
Un autre cas est celui de cet ambassadeur plénipotentiaire de la Guinée en Allemagne. Celui-ci a payé son gros mensonge sur l’empoisonnement supposé de militants du RPG par des bana bana d’une autre ethnie. Les conséquences, on les sait : chasse au faciès orchestrée par des jeunes de la région d’Alpha Condé. Un ministre de la République a failli mettre le feu avec son arrogance patente vis-à-vis de l’opposition républicaine. Qui ne se souvient pas encore du retour du leader de l’UFDG qui a été émaillé de morts d’homme dont le présumé instigateur au lieu de répondre de ses actes a été promu. Zakariaou Diallo, lui, mis au royaume du silence. Des exemples sur les choix des hommes dans la gestion d’Alpha Condé sont légion. Sans vraiment compter les anciens hauts dignitaires du défunt régime. Des dignitaires que Condé a toujours dénigrés. C’est le cas de Kiridi Bangoura avec les élections de 2005, de Keira, de Tidiane Souaré, ancien premier ministre. La logique est toute simple pense Alpha Condé : prendre du vieux pour faire du neuf. Un leurre d’apprenant.
Qu’on en convienne, tant que le président Alpha Condé s’encombre de ministres, de hauts cadres, etc., zélés, pris dans le tas sans aucun autre critère – académique, d’expérience avérée, d’honnêteté et de loyauté dans la gestion de la chose publique ‒ il n y a pas matière à se féliciter ou de rêver. Que d’espoirs déçus ! Le temps peut-être de changer le changement…
Thierno Fodé Sow
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