Coordinations régionales ‒ Ces effluves politico-tribalistes mal inspirées !

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SOW_Thierno_Fode_5_01Militantisme barbare, défiance à outrance, forte capacité de nuisance aux tristes conséquences bien pensées et voulues, etc., l’allure que prennent aujourd’hui les coordinations régionales en Guinée relève tout simplement d’un narcissisme euphorisant et hypocrite, fait de réelle volonté de desservir.

Très souvent belliqueuses, elles s’invitent dans la vie politique et communautariste avec une bonne dose de mépris. Mal inspirées des groupements cantonaux et autres grandes associations ethniques à la veille de l’indépendance, les manœuvres actuelles des coordinations régionales sont synonymes de guerres larvées entre coordination mandingue, coordination de la Basse Côte, coordination de la Forêt et coordination du Fouta à laquelle se greffe Haalpular. Elles sont fortement politiques depuis l’arrivée d’un certain Moussa Dadis Camara. Et, elles le sont encore davantage depuis l’arrivée d’Alpha Condé.

Pourtant, l’union des insulaires (4 mai 1946), l’union forestière (5 janvier 1946), l’union du mandingue (28 mars 1946) et l’amicale Gilbert vieillard du Fouta-Djalon (janvier 1944) étaient certes des associations ethniques qui visaient l’intérêt de la région, mais ces associations étaient manifestement apolitiques. C’est en leur sein d’ailleurs que les Guinéens avaient appris à se connaître et à lutter ensemble, car, après tout, c’était la seule voie pour retrouver l’unité brisée par les impératifs de la colonisation. En s’inspirant donc mal de ce passage glorieux d’avant l’indépendance, les actuelles coordinations régionales composées pour l’essentiel que de personnalités du troisième âge, tirent les ficelles partout.

Qui ne se souvient pas en effet de la déclaration faite par une coordination sous la transition, menaçant de retirer leur fils de la course à la présidentielle si… ? Qui ne pense pas encore à l’envahissement du camp Alpha Yaya Diallo sous la gestion de Dadis Camara, accueillant une autre coordination venue pour saluer et orienter, en lieu et place des conseillers ? Plus récemment, n’a-t-on pas suivi un patriarche d’une autre coordination intervenant sur les ondes d’une radio locale et appelant presque à l’insurrection ou plutôt à la vengeance, parce que sa communauté est victime d’injustice et de délit de faciès ? Partout, les mêmes causes produisent les mêmes effets : le mépris de l’autre pour asseoir sa suprématie, selon que le fils et au pouvoir ou en quête de celui-ci.

L’heure est plus que jamais venue de repenser les objectifs, mêmes inavoués de ces coordinations régionales aux fortes odeurs politico-tribalistes. En effet, ces barbes blanches qui, manifestement n’ont plus d’avenir mais que des souvenirs à égrener doivent faire leur mue pour davantage réunir les fils de la même famille : la Guinée. Elles doivent être celles-là mêmes qui constituent le dernier rempart, une fois que toutes les issues auraient été utilisées pour (re)trouver le chemin de la paix, de la stabilité et de la cohésion sociale. Au-delà de toute considération partisane, tribaliste ou politique. Mais, à l’allure des choses, la pathologie qui se cancérise depuis l’entre-deux-tours de la présidentielle ne pourra être soignée qu’à la semaine des quatre jeudis. Prudence donc !


Thierno Fodé Sow


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Commentaires  

 
+2 #4 AOT Diallo 20-07-2013 22:44

Citation en provenance du commentaire précédent de TOOLA:
Je pense que ces coordinations sont le relais de la politique guinéenne et pas l'inverse...

Bien dit petit dernier, c'est la politique actuelle qui a donné aux coordinations leurs lettres de noblesse actuelles et non l'inverse. Je suis étonné que TFS, bon analyste habituellement, n'ait pas vu cela...
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+5 #3 TOOLA 20-07-2013 21:24

M. SOw, le souci de traiter l'information de façon équilibrée est preuve de professionnalisme. Mais lorsque ce souci est en contradiction avec les faits on tombe rapidement dans la désinformation. Il y a coordination et coordination. La "mandingue" (elle représente une minorité dixit kouyaté) étant la matrice de toutes les autres, avec il faut le reconnaître un talent redoutable, qui fait passer les autres pour des petits amateurs. Les faits sont têtus!
Je pense que ces coordinations sont le relais de la politique guinéenne et pas l'inverse. Et tant que l'exclusion sera pratiquée au niveau des institutions chacun se repliera sur sa communauté et c'est une RÉACTION naturelle.
Pour finir, le mal est déjà fait et il nous faudra beaucoup de temps pour sortir de ces schémas qu'ont entretenus des guinéens parfois bêtement, car on ne me fera jamais croire qu'il n'y avait pas dans la campagne d'Alpha (parole et actes) les prémices manifestes de ce qu'il nous fait subir actuellement.
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+5 #2 AOT Diallo 20-07-2013 20:44

Mignan TFS, pour " (re)trouver le chemin de la paix, de la stabilité et de la cohésion sociale. Au-delà de toute considération partisane, tribaliste ou politique" les solutions les issues sociologiques de rédemption que tu préconises ne serviront a rien. Il faut remettre la justice égale pour tous, la fin de l'ethno-stratégie du pouvoir et de son clan "familial" et la fin de l’impunité pour les privilégiés du pouvoir.
Après cela les guinéens pourront discuter et s'entendre - avant cela chacun se repliera sur ses "parents" pour survivre et prospérer..
C'est évident, pas plus compliqué que ça et sans aucune autre solution...
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+6 #1 Balde 20-07-2013 16:59

Haa Yettè SOWDIO ! C'est sont des SOW comme toi seuls qui peuvent s'inscrir dans la logique à peine voilée de défendre la politique sectaire et ethno actuelle de Alpha. Aujourd'hui, en Guinée, il n'y a pas de justice, pas d'Etat, pas d'administration. Tout est basée sur le racisme. C'est une famille qui gère tout. Si tu ne porte pas un nom à consonnance de celle-ci, tu es viré de toute activité administrative. J'en suis victime. Cette pratique est née dans le Bureau de celui qui devrait être le Président de tous les Guinéens.(c'est une pratique animée par Docta Dianè que tu dois connaitre). Tu parles de coordination, mais c'est normale de se constituer en groupement que tu pourras appeler comme tu veux. Lorsque l'Etat est mort,lorsqu'il est innexistant, lorsque l'Etat permet à la coordination de la famille dont est issu le Président de décider tout à sa place..., le repli identitaire devient une exigence. Ce fait n'est pas né en Guinée et ne date pas d'aujourd'hui. Si tu veux banir ces coordinations ou groupements conseil à ton Alpha de ramener la Guinée là ou il l'a trouvée et non là ou Sékou Touré l'avait laissée. Et s'il ne le fait pas vite, tu veras ca sera trop tard même pour lui.
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