Thierno Fodé Sow Samedi, 20 Juillet 2013 15:52
Militantisme barbare, défiance à outrance, forte capacité de nuisance aux tristes conséquences bien pensées et voulues, etc., l’allure que prennent aujourd’hui les coordinations régionales en Guinée relève tout simplement d’un narcissisme euphorisant et hypocrite, fait de réelle volonté de desservir.
Très souvent belliqueuses, elles s’invitent dans la vie politique et communautariste avec une bonne dose de mépris. Mal inspirées des groupements cantonaux et autres grandes associations ethniques à la veille de l’indépendance, les manœuvres actuelles des coordinations régionales sont synonymes de guerres larvées entre coordination mandingue, coordination de la Basse Côte, coordination de la Forêt et coordination du Fouta à laquelle se greffe Haalpular. Elles sont fortement politiques depuis l’arrivée d’un certain Moussa Dadis Camara. Et, elles le sont encore davantage depuis l’arrivée d’Alpha Condé.
Pourtant, l’union des insulaires (4 mai 1946), l’union forestière (5 janvier 1946), l’union du mandingue (28 mars 1946) et l’amicale Gilbert vieillard du Fouta-Djalon (janvier 1944) étaient certes des associations ethniques qui visaient l’intérêt de la région, mais ces associations étaient manifestement apolitiques. C’est en leur sein d’ailleurs que les Guinéens avaient appris à se connaître et à lutter ensemble, car, après tout, c’était la seule voie pour retrouver l’unité brisée par les impératifs de la colonisation. En s’inspirant donc mal de ce passage glorieux d’avant l’indépendance, les actuelles coordinations régionales composées pour l’essentiel que de personnalités du troisième âge, tirent les ficelles partout.
Qui ne se souvient pas en effet de la déclaration faite par une coordination sous la transition, menaçant de retirer leur fils de la course à la présidentielle si… ? Qui ne pense pas encore à l’envahissement du camp Alpha Yaya Diallo sous la gestion de Dadis Camara, accueillant une autre coordination venue pour saluer et orienter, en lieu et place des conseillers ? Plus récemment, n’a-t-on pas suivi un patriarche d’une autre coordination intervenant sur les ondes d’une radio locale et appelant presque à l’insurrection ou plutôt à la vengeance, parce que sa communauté est victime d’injustice et de délit de faciès ? Partout, les mêmes causes produisent les mêmes effets : le mépris de l’autre pour asseoir sa suprématie, selon que le fils et au pouvoir ou en quête de celui-ci.
L’heure est plus que jamais venue de repenser les objectifs, mêmes inavoués de ces coordinations régionales aux fortes odeurs politico-tribalistes. En effet, ces barbes blanches qui, manifestement n’ont plus d’avenir mais que des souvenirs à égrener doivent faire leur mue pour davantage réunir les fils de la même famille : la Guinée. Elles doivent être celles-là mêmes qui constituent le dernier rempart, une fois que toutes les issues auraient été utilisées pour (re)trouver le chemin de la paix, de la stabilité et de la cohésion sociale. Au-delà de toute considération partisane, tribaliste ou politique. Mais, à l’allure des choses, la pathologie qui se cancérise depuis l’entre-deux-tours de la présidentielle ne pourra être soignée qu’à la semaine des quatre jeudis. Prudence donc !
Thierno Fodé Sow
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