Mamadi Dioubaté Mercredi, 17 Juillet 2013 15:25
Le procès de l’attaque du 19 juillet s’est terminé avec un verdict inique et irresponsable de Monsieur Fodé Bangoura président de la cour d’assises de Conakry.
En effet Monsieur Bangoura a refusé de dire le droit car tout indiquait l’innocence des prévenus dès l’annonce des premiers éléments de l’accusation.
Ce procès a mis en valeur la prise en otage depuis la mort du président Ahmed Sékou Touré, de notre pays par une mafia composée de narcotrafiquants, de corrompus, de zélés et cela dans toutes les couches de notre jeune pays.
En faisant une rétrospective dans notre histoire nous nous rendons compte que tous les présidents qui se sont succédé à la tête de notre pays ont été pris en otage par un groupe qui défend bec et ongles ses intérêts et non l’intérêt de la Guinée.
Le président de la première République en fut victime plusieurs fois et le sommet fut le complot Telli ou Peuls au cours duquel l’on profita d’éliminer tout le contingent du capitaine Kouyaté Lamine qui devenait dérangeant.
Telli n’avait aucun contact avec l’armée comment, aurait-il pu faire un coup d’état, avec qui?
En plus il connaissait très mal la Guinée ayant fait de la période coloniale jusqu’à l’indépendance toute sa carrière à l’extérieur.
Je suis rentré à Conakry le jour de la mort de Diallo Telli et c’est un proche du Président qui m’annonça la mort de Telli à l’aéroport de Conakry car il venait de la présidence et avait trouvé le Président en colère contre la personne qui lui avait annoncé la mort. Il répliqua violemment « encore, on va me le mettre sur le dos».
Ce jour je me suis posé plusieurs questions : pourquoi ne l’a-t-il pas libéré ? contrôle-t-il la situation face aux Staliniens ? n’est-il pas sous l’influence d’un groupe ?
Le général aussi a voulu faire une grande révélation selon lui sur tout ce qu’il n’avait pas dit sur l’affaire du 04 juillet 1985. C’était une semaine avant le 17 mai 1991 et l’arrivée de l’actuel président de la République . Tout Conakry fut mobilisé pour cet important discours qu’il devait prononcer pour dénoncer ceux qui ont fait exécuter les officiers malinkés plus les anciens compagnons du président Ahmed Sékou Touré sans jugement.
Entretemps nous avions mobilisé toutes les femmes connues afin de nous aider à entraîner leurs camarades le 17 mai pour l’arrivée du secrétaire général du RPG.
Dès l’annonce du discours du général certaines de ses femmes sont venues me rendre le budget que je leur avais alloué pour le travail qu’elles devaient effectuer, elles avaient peur d’être accusées de complot au cours de cette intervention du président.
Encore une fois la haute hiérarchie militaire de notre pays a mis en garde le général sur toute allusion au cas des officiers malinkés et des compagnons de Sékou Touré.
Le 10 mai 1991, le Palais du peuple était plein à craquer ,chacun voulait savoir ce qui s’était réellement passé le 04 juillet 1985, et patatras, la montagne accoucha d’une souris car malgré la présence des bérets rouges qui l’entourèrent, le général Conté Lansana n’a rien dit et il est mort avec ce secret.
Le capitaine Dadis a pris le pouvoir en dénonçant cette mafia et avait commencé à faire un nettoyage mais lui aussi, sous la pression de cette mafia, a cédé. Tout le monde a vu au cours du Dadishow le commandement de toute l’armée guinéenne et de toutes les régions de notre pays demander à Dadis de ne pas céder aux revendications de la rue pour l’organisation des élections propres avec uniquement des civils et qu’il faudrait que l’armée garde le pouvoir.
En revenant au procès de l’attaque du domicile du Président, plusieurs pistes indiquant le montage ont été bottées en touche par le procureur de la République. Aussi les avocats de la défense furent très bons mais ont manqué de tact pour acculer non seulement le procureur de la République mais aussi les criminels Fabou Camara et Tamba Diawara.
La première piste était la présence régulière du chef d’état-major Kèlèfa Diallo chez Madame Fatou Badiar. Il aurait fallu insister pour qu’une enquête de voisinage ait lieu, sinon, les avocats de la défense auraient dû se retirer pour stopper le procès.
Le second point c’est la vidéo de Fabou présentant le lieutenant Komara dans une chambre, image datant depuis le CNDD sous la direction du capitaine Dadis. Un expert aurait pu être appelé pour démonter les dire du fameux commissaire et cela engendrait du coup le démontage de toutes ses allégations.
Le troisième point concernait la visite qu’a rendue à Mme Fatou le colonel Tiégboro Camara en lui disant de ne pas les humilier.
L’exploration d’une des interventions cruciales de Mme Badiar concernant la visite de la petite qu’elle avait laissée chez son frère le temps d’aller se remarier et revenir: en effet l’audition publique de cette fille aurait pu mettre en valeur la thèse du montage.
Cette petite fut témoin du grotesque mensonge de la nommée Aïcha qui s’est présenté chez le lieutenant Ahmadou Diallo comme venant de Saraboïdo le village de dame Fatou Diallo sachant qu’on ne la connaissait pas dans cette famille mais oubliant la présence de la nièce de Mme Badiar qui tout de suite l’a reconnu et a fait comprendre aux autres que c’était une menteuse qu’elle n’a jamais été à Saraboido.
Cette fameuse Aïcha qui serait d’après les déclarations du margis chef Youssouf Diallo, une nièce de Mme Fatou Badiar, aurait dû comparaître ; cela ne fut pas fait, or renseignement pris elle se trouverait à Conakry.
Les avocats de la défense aurait dû se retirer dès le refus du parquet de faire déposer cette Aïcha complice de Fabou pour confondre celle qui lui a rendu tant de services en l’hébergeant chez elle malgré les réticences de son défunt mari.
Quant au commandant Alpha Oumar Boffa Diallo, il est victime de son intelligence car tout indique son innocence.
Comment peut-on faire un complot à Conakry, une presqu’île, sans s’installer dans un camp et neutraliser les points stratégiques tels l’aéroport, la radio, le commandement de l’armée et s’assurer de la neutralité de la population et de la communauté internationale tout en ayant à l’esprit une riposte venant de l’intérieur ? Si quelqu’un a la réponse à cette question qu’on me l’explique.
Ce qui ressort de cette aventure c’est le démenti qu’elle a apporté aux différentes communautés sur le repli communautaire.
Pour nous qui avons régulièrement suivi cette affaire, nous avons été édifiés par les dénonciateurs des présumés qui sont tous d’une même ethnie ce qui montre que ceux qui sont sur ce terrain ont tout faux et qu’il faudrait qu’ils nous rejoignent pour une véritable démocratie allant dans le sens de la création d’une nation, car rien ne peut se faire dans notre pays sans les autres.
C’est pour cette raison que nous nous sommes sacrifiés à un moment donné pour dire à Lansana Conté que ça suffit, qu’il faut des partis et qu’il faudrait que la vie de tous les Guinéens soit respectée et que personne ne doit être humiliée dans notre pays.
Toute personne prônant le communautarisme se mettrait en dehors de ce combat et se trouverait ainsi l’allié de cette mafia qui bloque tout en Guinée.
Des fois on se pose des questions s’il faudrait continuer le combat pour libérer notre pays de cette mafia qui a tant de sympathisants qui sont les extrémistes de tout bord.
Il y a une semaine nous avions procédé à l’élection du président de l’association dénommée Coordination des associations guinéennes créée pour une harmonisation des projets des différentes associations mais aussi rapprocher les guinéens.
Tout a été fait pour faire échouer cette élection, Conakry s’est transporté à Paris, une minorité de personnes empêcha la mise en place d’un bureau sur fond d’ethno-stratégie et déformation de la démocratie alléguant qu’au cours d’un vote, on vote pour quelqu’un de sa région, alors, et la conviction ?
Si chacun votait pour quelqu’un de sa région je crois que Nicolas Sarkozy n’aurait pas été président en France et que Pierre Mauroy que j’ai énormément admiré n’aurait pas été maire de la ville de Lille.
Actuellement notre pays est déchiré et meurtri, au moment où j’écris les Malinkés et les Guerzés sont en train de s’entretuer à N’Zérékoré. Il y a quelques mois à Guékédou c’était les Malinkés et les Kissis, demain si l’on ne fait pas attention, ce sera entre les Malinkés et d’autres.
Il faudrait que les sages de toutes les régions et les intellectuels se réunissent le plus vite possible pour parler de ce problème afin de prévenir l’irréparable qui ne profiterait à personne. C’est un cri que je lance à tous les démocrates de la Guinée car notre pays est pris en otage par une mafia qui n’a rien à perdre car elle a assuré sa fuite.
Vive la Guinée, vive la République!
Dioubaté Mamadi
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