Nasser A. Cherif Samedi, 06 Juillet 2013 22:54
La Guinée ou plutôt le régime d’Alpha Condé pourrait subir le même sort que celui de Mohamed Morsi en Egypte après une année de règne. Comme c’est le peuple qui a élu Alpha Condé dans les premières élections véritablement « démocratiques » comme ses partisans aiment bien le dire, donc ce même peuple pourrait aussi le déposer n’est-ce pas ? Pourquoi ne pas faire circuler une pétition à cet effet, et recueillir des millions de signature ? Ce scénario n’est pas à exclure vu que tous les points de revendications du peuple égyptien sont curieusement les mêmes que ceux des Guinéens, à noter : violation de la constitution et de toutes les règles de justice, un climat politique malsain, l’émiettement du tissus social, l’insécurité galopante, une économie meurtrie par la corruption et le manque d’investissements, un taux de chômage très élevé des jeunes. A cela ajoutons pour la gestion d’Alpha Condé : bradage des richesse du pays, violation de la constitution, violation des droits de l’homme, assassinats sommaires, exécutions extra-judiciaires, détournements de deniers publics, vols, trahisons, crimes contre l’humanité et tribalisme. Mais hélas !
Malheureusement l’armée guinéenne a une carence d’hommes intègres, courageux et dévoués pour la cause de leur patrie. L’histoire nous en dit long sur les « hauts faits » de notre armée sur sa propre population. Comme je l’ai expliqué dans mon précèdent article intitule « Proposition de sortie de crise en Guinée », les élections présidentielles anticipées seront une très bonne chose pour la Guinée. Le peuple de Guinée doit se lever comme l’ont fait les Egyptiens et demander le départ du président et ce, sans violence ni effusion de sang. Il faut que nos politiques comprennent qu’ils sont mandatés par le peuple et que de ce fait, ils ont l’obligation de le servir et non l’asservir.
Aussi il ne faut pas qu’on confonde la légalité de la fonction présidentielle d’Alpha Condé avec la légitimité de sa personne à assumer cette responsabilité. En tout cas, une chose est claire : Monsieur Alpha Condé n’est pas le chef légitime de l’Etat et il n’est pas digne d’en être un vu la manière dont il a été élu et l’état dans lequel le pays se trouve.
La Guinée a besoin d’une troisième voie alternative. Elle a besoin de se refaire une santé. Cela ne serait possible qu’avec la bonne volonté des politiques, la société civile et de l’armée. Il faut réfléchir à haute voix, dialoguer et apporter des solutions adaptées à nos problèmes. Tout le monde sait qu’en Guinée on prend toujours les mêmes et on recommence. Comment pourrait-on changer le système ? C’est comme s’il n’y avait qu’une clique qui a le droit de gouverner, à l’exclusion des autres, alors que nous savons que dans plusieurs pays l’équipe qui échoue doit être carrément remplacée.
La Guinée est devenue la risée du monde entier car la farce qui est en train de se dérouler est lamentable et piteuse. La classe politique devrait en avoir honte. Nous devons éviter l’extrémisme ethnique qui est le principal composant d’un génocide qui aura comme cocktail le cas du Kenya, du Rwanda et de la Côte d’Ivoire dans un même verre.
La crise politique dans notre pays a relégué en second plan les vrais problèmes auxquels un gouvernement responsable devrait s’atteler à savoir : une gouvernance rigoureuse et transparente, une administration fiscale forte, la création d’une certaine valeur ajoutée sur nos richesses, la création d’emplois, l’accès aux soins médicaux, la sécurité alimentaire, etc. Mais au contraire nous assistons à une gestion calamiteuse de la chose publique avec une administration qui ne fonctionne presque plus. Pire encore, le niveau de vie de la population a nettement baissé depuis l’accession au pouvoir d’Alpha Condé, le montant des recettes minières est quasiment inconnu et en plus, personne ne sait quels sont les minerais exploités et exportés sauf le président et sa famille. Les sociétés d’Etat, les sociétés d’économie mixtes, sont au service d’une seule famille politique au lieu d’être au service de l’Etat, c’est-à-dire du peuple. Certains leaders de l’opposition, en l’occurrence Cellou Dalein, Sidya Touré et Bah Oury, ont plusieurs fois fait savoir que « le secteur du commerce, de la douane et du recouvrement des impôts qui constituent des revenus considérables pour l’Etat, ont été quasiment réduits à néant avec des tracasseries insurmontables ». Vous conviendrez avec moi que notre pays a une pénurie de gens dotés de probité morale et intellectuelle et cela crée une faillite morale au bas de l’échelle. Il faut que nos hommes politiques arrêtent d’amuser la galerie. S‘ils ne peuvent pas gouverner, que le peuple prenne son destin en main de la façon dont l’Egypte l’a fait.
Nasser Chérif
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