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Présidence de la République : le changement d’Alpha Condé se heurte-t-il à l’apathie de son entourage ?

Sidimé Alpha Kabinet  Vendredi, 05 Juillet 2013 22:36

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SIDIME_Alpha_2_01La machine du changement mise en route par les Guinéens depuis le 21 décembre 2010 suite à l’élection démocratique d’Alpha Condé à la magistrature suprême de la Guinée, semble grippée.

Les réformes ainsi annoncées avec fanfare enregistrent moins de résultats que prévu et ce, au grand désespoir des aspirations profondément légitimes des populations martyrisées par l’attentisme dans une misère économique et financière inouïe.

En tout état de cause, ces faits suscitent actuellement auprès des populations et observateurs de la scène politique guinéenne, de vives interrogations sur le comment et le pourquoi, la troisième République s’enlise-t-elle dans la stérilité ? Le changement prôné par Alpha Condé se serait-il heurté à l’apathie ou encore à la mauvaise foi de son entourage immédiat ? Pourquoi les réformes tant ovationnées par le peuple même au prix d’énormes sacrifices n’aboutissent-elles jamais aux résultats escomptés ?

En voici des inquiétudes sans cesse croissantes qui minent aujourd’hui les débats quotidiens des Guinéens dans les différentes sphères de la vie publique du pays.

A en croire des révélations percutantes faites à notre rédaction à ce sujet, les obstacles majeurs à la réalisation des réformes ambitionnées par le président Alpha Condé au profit de la Guinée seraient des hommes auxquels le chef de l’Etat fait aveuglement confiance et qui ignorent sa vision.

Des hommes de main qui pourtant ne font aujourd’hui naïvement ou non, que tirer la charrue en arrière, empêchant délibérément en effet les chevaux du changement de prendre l’élan de labours dont le peuple se lasse de plus en plus, d’attendre les récoltes.

Parmi ces acteurs apathiques ou contre la matérialisation du slogan « ensemble changeons la Guinée », l’on cite des ténors comme le ministre directeur de cabinet à la Présidence, Dr Mohamed Diané, l’administrateur général du Contrôle des grands projets, Mamadi Condé alias Thales, le ministre de la Pêche et Aquaculture, Moussa Condé alias Tata Vieux, le ministre de l’Economie et des Finances, Kerfalla Yansané, le secrétaire général des Affaires religieuses, Abdoulaye Diassy, et le ministre des Affaires étrangères, Louncény François Fall. A ceux-là, s’ajoute le directeur général du fonds d’entretien routier, Fodé Kaba Diakhaby, pour ne citer que ceux-là.

Selon des sources proches de la Présidence, de prime abord, administrativement, le chef de l’Etat serait désabusé quant à la capacité managériale et d’analyse de son directeur de cabinet, le Dr Mohamed Diané.

De toute vraisemblance, il s’avérerait que ce dernier ne sait même pas analyser une note administrative et par ricochet, transmet quotidiennement et à l’œil, tous les courriers au chef de l’Etat quitte à celui-ci, d’orienter ceux-ci à qui de droit.

En plus, il serait maintenant tenté par le gain facile car si un projet d’intérêt national doit passer par son cabinet pour être transmis au président de la République, il faudrait vaille que vaille, que « les promoteurs de ce projet passent dire bonsoir à domicile ». Quiconque déroge à cette règle traînera avec son dossier et ne pourrait que contourner ce circuit Diané ou rebrousser chemin avec son argent au grand dam des chômeurs qui attendent un emploi en Guinée à travers des investissements privés.

Pire, au sein du parti au pouvoir, l’on estime que le cercle vicieux entretenu par Mohamed Diané et Cie pour la nomination des cadres aux postes de décision, ne propose que des cadres qu’ils peuvent exploiter à des fins personnelles.

D’autres faits saillants, notamment la rétention d’informations capitales, sont également reprochés à l’ex secrétaire administratif du RPG.

En ce qui concerne ce bras droit du chef de l’Etat, l’administrateur général du Contrôle des grands projets, Mamadi Condé dit Thales, jouissant d’une suprématie dans l’adjudication et le contrôle des marchés publics, il n’œuvrerait aujourd’hui qu’à faire le plein de sa poche avec des rétrocommissions issues des appels d’offre viciés.

D’aucuns disent même de lui que ce qu’il a eu en deux ans, certains premiers ministres de feu Lansana Conté ne l’ont point empoché en vingt quatre ans.

Sans commune mesure ni orthodoxie, il adjugerait la plupart des marchés à son beau-fils (…) et autres copains et coquins.

Les populations n’ont en effet jamais ressenti les effets bénéfiques de la plupart des projets, car n’ayant pas été exécutés ni adjugés dans la transparence, faisant fi des règles de passation de marché par l’appel d’offre au profit des marchés de gré à gré. Des projets qui auraient pu être générateurs d’emplois, n’ont point eu la chance de voir le jour.

Quant au ministre de la Pêche et de l’Aquaculture, Moussa Condé alias Tata Vieux, des indiscrétions indiquent que ce ministre, son épouse et son fils, ont un chiffre d’affaires estimé à 450 mille dollars par mois.

Le nommé Tata Vieux lui-même est de nos jours, actionnaire dans plusieurs sociétés de pêche en Guinée. Ce qui explique depuis un certain temps, la rareté et la cherté du poisson et autres fruits de mer sur le marché guinéen.

En plus, il fait nommer contre le gré de la majorité des résidents de Faranah, une femme nommée Mantindian Camara qui, à des moments de lutte difficile, avait fait porter à son chien le T-shirt du RPG avec l’effigie du président Alpha Condé en le faisant promener à travers la ville de Faranah.

S’agissant du ministre de l’Economie et des Finances, Kerfalla Yansané, à l’avènement de la troisième République, il était accusé de détournement de 9 000 milliards GNF par la création d’entreprises fictives de prestation. Il était ostentatoirement cité en modèle des entrepreneurs comme le PDG de Guicopres, Kerfalla KPC Camara.

Curieusement, en janvier 2011, il se reconvertit et commença à dénoncer les cadres qui retiennent les dossiers des prestataires à la chaîne des dépenses pour que, disait-il, « ceux-là viennent aux nouvelles ».

Mieux, profitant d’une tentative supposée de détournement de 13 milliards GNF, il se précipita pour clouer au pilori, des subalternes et depuis, c’est le silence radio. Actuellement il joue contre les résultats dans tous les secteurs en mettant en souffrance, les dossiers qui urgent.

Par rapport au secrétaire général des Affaires religieuses, Abdoulaye Diassy, qui reste dans les bonnes grâces du chef de l’Etat, il risque de jouer et encore sur la réussite du pèlerinage de cette année.

Car des informations font état de la mauvaise gestion du Hadj 2012, ayant occasionné un débit de 5000 000 euros vis-à-vis de l’Arabie Saoudite. Si cette somme n’est pas payée, les pèlerins guinéens ne peuvent être admis à la Mecque.

Quant au ministre François Louncény Fall, les récentes nominations seraient louches. Parce que, dit-on, des listes auraient été gonflées avec des noms des enfants de diplomates pour juste gagner sur les billets d’avion sur le dos des contribuables guinéens.

Contrairement aux vœux et à la volonté du président, ces nominations n’ont donné de chance à aucun jeune, plutôt, les postes furent monnayés.

Des mauvaises langues parlent même de l’implication de l’épouse du ministre d’Etat, Asmaou Diallo, dans les choix, en recommandant ceux qui auraient payé des montants trébuchants.

Enfin, en ce qui concerne le Directeur général du fonds d’entretien routier, Fodé Kaba Diakhaby, ce n’est pas seulement qu’il est un élément fieffé de l’UFDG, mais c’est que ce fonds est devenu celui des margoulins. Il alimente plutôt les caisses de ce parti et sert d’abreuvoir de l’administrateur général des grands projets, Thales et Cie. Cela contre l’avis même du ministre de tutelle, Bah Ousmane.

A voir l’état des routes actuellement et considérant le faramineux montant de 315 milliards de GNF alloué à ce service, l’on en droit de se poser la question de savoir, où va cet argent du contribuable.

Il convient toutefois de noter que nul ne redoute la volonté et l’engagement du président de la République, à s’investir pour l’amélioration des conditions de vie des Guinéens.

Mais il est en revanche regrettable de constater que ceux qui sont censés aider l’homme à réaliser ce vœu, soient plutôt des affairistes se battant pour asseoir un nouveau clan d’oligarques en Guinée pour ainsi piéger le changement amorcé.

Aux yeux des observateurs, l’on évoque d’ailleurs que l’objectif de ces personnes est de créer des situations chaotiques pour en effet pêcher en eau trouble.

Si fait que les vrais connaisseurs de la Guinée, indiquent que si le chef de l’Etat comme il l’a lui-même dénoncé lors de son séjour récemment à Faranah, veut atteindre ses objectifs, qu’il balaye devant sa porte en changeant ceux qui ne veulent pas du changement.

Faute de quoi il ne fera pas de résultats dignes de son engagement et son bilan en 2015 risquerait sans ambages de lui être fatal et même au RPG-Arc-en-ciel qui, du reste, a un parcours élogieux sur l’échiquier politique guinéen.


Sidimé Alpha Kabinet

Directeur de publication d’actuconakry.net


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