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Alpha Condé : bannir le gouvernement de récompense ou périr
Thierno Fodé Sow Mercredi, 03 Juillet 2013 22:17
« Presque tous les hommes peuvent faire face à l'adversité ; mais si vous voulez tester la capacité de quelqu'un, donnez-lui le pouvoir. » Des siècles après, cette déclaration d’Abraham Lincoln s’applique bel et bien à la façon dont Alpha Condé est venu au pouvoir et au modèle de gouvernance qu’il a tenu à imprimer à son magister. Trois ans bientôt depuis sa prestation de serment au palais du peuple en sa qualité de « président démocratiquement élu », devenu par la force des choses, un réel hymne pour les faiseurs de roi. Il faut convenir pour autant que ce honteux gouvernement de récompense-là ne semble point récompenser la confiance qu’Alpha Condé a lui-même hasardeusement portée en ses ministres ou hauts cadres ayant rang de ministre ou autre.
Bien des instances de l’appareil d’Etat sont occupées par des courtisans qui ne peuvent dire à leur mentor que ceci : chef, le monde il est tout beau, il est gentil. Cette conception de la gestion des affaires publiques relève d’un échec patent. Mais voulu à bien des égards par le locataire de Sékhoutouréya. Trop de départements aux chevauchements de leaderships, trop de gâchis, trop d’amalgames, trop de postes bidon mais budgétivores. Avec un résultat tout autant inexistant. Or le peuple lui a lutté parfois au prix du sang pour s’arracher le changement. Un changement dont on attend toujours les premières succulentes sensations. Un changement qu’a voulu incarner Alpha Condé qui revendique, rappelons-le au passage, plus de quarante ans de lutte pour l’instauration d’une réelle démocratie en Guinée.
Aujourd’hui, l’échec voulu que nous vivons est entretenu par cette kyrielle de ministres bizarres, opportunistes, belliqueux, à la formation académique très sommaire ou tout simplement non écoutés – pour autant choisis - qui passent tout leur temps, nous croisons les doigts, à se tourner les pouces. Bien entendu sous la parfaite complaisance de Condé. C’est pourquoi, avec ce mi-mandat, ce Condé-là doit absolument s’inspirer de Philippe Bouvard pour secouer le cocotier : « Quand un homme politique reconnaît publiquement une erreur, ce n'est jamais par remords mais parce que la franchise lui semble ‒ tardivement et momentanément ‒ le moindre mal. » Il aura ainsi fait comprendre à tout cet électorat qui lui reste encore, qu’il s’est trompé en choisissant certains de ses collaborateurs, faisant par ailleurs bien honte à la République.
Après tout, on ne saurait utiliser des hommes et des femmes qui souffrent de léthargie, d’immobilisme et rêver de vivre et de profiter d’un changement. Un changement réel. Fût-il le leitmotiv d’une quelconque campagne présidentielle. Au lieu donc de passer tout le temps à faire des bourdes, à râler et à accuser les anciens premiers ministres entre autres d’être à la base de son échec, Alpha Condé doit balayer devant sa porte, débarrasser du plancher ces ministres et hauts cadres que certains qualifient « des lâches, des snobinards à bout de souffle suivis par des cohortes d'arrivistes prétentieux. » Ce serait le moindre mal qu’aurait accompli notre El hadj national. Surtout au moment même où il se fait passer comme l’assagi de la République. Quitte à penser, après et au besoin, à un gouvernement d’union nationale. Si, bien entendu, disions-le, l’option est bien opportune. A défaut, le quinquennat risque d’être celui des impostures, de la défiance, des reproches mesquins, égoïstes et des jeux d’intérêts. De quoi éloigner et à jamais le second mandat (?) dont rêve si fortement un certain Malick Sankhon, le fameux géniteur des « Chevaliers de la République ». Sauf que cet homme qui ne fait pas dans la dentelle risque de jeter le bébé avec l’eau du bain.
En attendant, ce Malick-là , celui-là même qui se dit être un militant de première heure du RPG et qui est malheureusement aujourd’hui en mal avec sa famille politique (RPG Arc-en-ciel) peut méditer sur cet enseignement. Le temps de changer le changement, après l’accord politique global issu du dialogue inter guinéen : « Le vrai politique, c'est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions. » (John Fitzgerald Kennedy - 1917-1963). Pauvre Guinée, des maux et des mots !
Thierno Fodé Sow
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