Les grandes gueules de Guinée (Part 2)

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A la mémoire de Mme Hadja Loffo Camara


Celui qui ne devait être qu’un simple agitateur politique mais qui a réussi par la magie du verbe à se hisser au plus haut sommet de l’Etat, a laissé une telle empreinte sur ses concitoyens qu’aujourd’hui encore, il reste une source de référence et de comparaison pour des grandes gueules qui croient à tort qu’il suffit d’être bon orateur pour réussir en politique et avoir un destin national. Or ils oublient que Sékou Touré a bénéficié de circonstances sociopolitiques exceptionnelles. Non seulement la Guinée cherchait désespérément à sortir de la colonisation mais la classe politique était pratiquement en apprentissage, sans parler du nombre limité de cadres et de têtes pensantes. Et même dans un tel contexte, il y a eu des hommes et une femme très courageuse en la personne de Mme Loffo Camara pour lui signifier qu’il ne pouvait pas gérer à lui seul tous ces portefeuilles au risque de voir la Guinée plonger dans un abime très profond. Elle a été fusillée et a perdu la vie pour cette simple vérité ! Et ce qui devait arriver, arriva ! Nous sommes dans un trou et depuis plus de cinquante ans, nous n’arrivons pas à remonter à la surface !

Quelle naïveté alors de penser qu’on peut s’inspirer d’un tel bilan ! Mais que voit-on de plus en plus en Guinée aujourd’hui ? Un pays ou les règles ne sont appliquées qu’à ceux qui ne savent pas faire la « grande gueule Â» ; un pays où ces « grandes gueules Â»* font la loi et font avancer leurs intérêts personnels au détriment des vrais travailleurs et de l’intérêt général ; un pays où ces « grandes gueules Â» se répandent dans des verbiages en tous genres pour s’octroyer une position de leadership dans l’administration ou les diverses institutions du pays, et où ils s’enliseront dans la plupart des cas, parce que ne le méritant pas. Tout comme à l’image de leur père spirituel, Ahmed Sékou Touré qui a préféré sauvegarder son intérêt personnel au détriment de l’intérêt supérieur du pays.

Quand on entend certains Guinéens parler, on est franchement ébloui ! Tant ils ont le don de la parole ! Tant ils sont éloquents ! Et dans la plus pure forme de l’improvisation, s’il vous plait ! Et naturellement, vous vous dites que c’est l’intellectuel qui vous parle ! Mais je vous assure, donnez à cette personne une feuille de papier, un stylo et dites-lui de mettre ses idées sur papier ou de produire un document, alors là, c’est la panique. Vous auriez demandé l’impossible !

J’ai été témoin de ce genre de scènes à plusieurs reprises avant de me rendre compte que j’avais à faire à des hâbleurs et qu’il fallait que le travail soit fait par un intellectuel, un cadre sérieux et compétent.

Voilà les réalités qu’on découvre au sein de l’administration guinéenne. Dans la course aux postes, ces hâbleurs sont toujours les premiers à bousculer les autres pour occuper les places mais demandez leur de mettre en place des structures, une organisation, ou de gérer un projet de sa conception à sa mise en œuvre et jusqu’au suivi et vous n’obtiendrez absolument rien d’eux. Si vous êtes dans une réunion avec eux, vous verrez bien qu’on prend un PV mais aux prochaines réunions, personne ne fera cas de ce qui a été discuté la semaine dernière. Tout est fait sur la base de l’improvisation.

Voilà le système que le bouillant et intrépide Ahmed Sékou Touré a bien voulu léguer à la Guinée.


Pour une Commission de vérification et de validation des diplômes

Ce type de comportement est si ancré dans les habitudes que même quand nos compatriotes vont à l’étranger pour se former davantage, ils ont la manie de s’affubler de titres pompeux et superlatifs au moment de leur retour au pays. Certains se font appeler « Docteur Â» et d’autres portent le plus allègrement du monde le titre de « Professeur Â». Je n’ai jamais vu autant de « docteurs Â» au km2. Personne ne sait où et comment ces diplômes ont été obtenus !

Alors que dans la plupart des cas, les intéressés ont juste obtenu une maitrise (Bac +4) ou un diplôme d’études approfondies (DEA) (Bac+5) dans l’ancienne graduation du système français. Dans la nouvelle graduation, c’est soit ils ont obtenus un Master professionnel (Bac+5), un Master recherche (Bac+5) ou un Master métiers de l’enseignement (Bac+5). Mais n’empêche qu’ils n’hésitent point à porter le titre de « Docteur Â» une fois de retour au pays. Alors que pour obtenir un doctorat en France, il faut un Bac + 8 ; un diplôme délivré par l’Etat et qui est consacré à la recherche uniquement.

Quand on vient aux Etats-Unis, le système que je connais le mieux, un Bachelor s’obtient généralement après 4 ans d’études universitaires, le Masters généralement 2 ans après le Bachelor et le PHD (Doctor’s of Philosophy) généralement 2 ans après l’obtention du Masters. Généralement, le PHD est consacré à ceux qui optent pour l’enseignement au niveau universitaire ou pour faire de la recherche. Pour ce qui est de la médecine, le cheminement est connu de tous. Et quand on porte le titre de Docteur, il faut de temps à autre faire des recherches et publier les résultats de ces recherches. Je connais très peu de Guinéens qui ont obtenu un PHD ou un Doctorat en médecine ici en Amérique. On peut les compter sur le bout des doigts. Alors quand je vois des gens se faire appeler « Dr un tel Â», alors cela me fait sourire car je sais que tout cela relève de cette culture née du complexe du diplôme et issue de la fameuse révolution de M. Sékou Touré.

Plusieurs fois j’ai eu à discuter de cette question avec des amis et nous sommes arrivés à la conclusion qu’il faudra un jour créer en Guinée, une Commission nationale de vérification et de validation des diplômes pour rendre au système guinéen toute sa crédibilité.


Les « grandes gueules Â» de l’opposition

Ce phénomène qu’on vient de décrire est si répandu que même au sein de l’opposition guinéenne, on est confronté à cette roublardise des grandes gueules. Oui, l’opposition aussi a ses grandes gueules ! Par moments, ils nous sont utiles surtout quand ils arrivent à crier plus haut et plus fort que les « grandes gueules Â» à la solde du pouvoir. Mais dans bien des cas aussi, ils font montre de leur capacité de nuisance même pour la cause qu’ils prétendent servir.

Le fort d’un hâbleur, c’est de déverser une litanie de paroles sans conséquences et de faire preuve d’une indiscipline totale à l’égard des règles et des autres. Le plus souvent, il dérange car ne connaissant pas sa place et ne sachant pas où se mettre. Il a aussi tendance à bousculer les uns et les autres pour se mettre en avant et chercher à se faire un nom. Et le plus grave, c’est que dans cette avide quête de reconnaissance, il ne se rend même pas compte qu’il n’en a ni les prédispositions, ni la compétence. Or dans un parti politique, surtout dit de l’opposition, la discipline doit être de rigueur aussi bien sur le respect des règles et objectifs définis mais aussi au niveau du respect de la hiérarchie. Pour rappel, c’est parce que Sékou Touré avait voulu violer les règles du PDG en voulant cumuler les fonctions et en voulant coopter ses fidèles au sein du BPN alors que ceux-ci n’appartenaient à aucune structure du parti que Mme Loffo Camara et ses compagnons l’ont rappelé à l’ordre au congrès de Foulaya en 1962.

Il faut observer ce qui se passe aujourd’hui au niveau de l’opposition guinéenne pour se convaincre que certaines personnes en font de trop. Il suffit que l’ADP et le Collectif prennent une décision ou entament une action qui n’est pas de leur goût pour que les critiques fusent de toutes parts. Les uns crient plus fort que les autres dans une telle cacophonie qu’on en vient même à oublier l’adversaire en face qui n’attend qu’une telle occasion pour frapper plus fort et faire avancer son agenda. Or tout le monde doit savoir qu’un parti politique ne se gère pas au gré des humeurs des uns et des autres. S’il fallait tenir compte des desideratas de chaque membre du parti, il y aurait lieu de se demander comment une telle structure peut fonctionner. Il revient à une direction politique légalement constituée et reconnue de mener la danse. Tout autre son de cloche ne devrait être entendu qu’à l’heure du bilan. Pas avant ! L’opposition guinéenne a déjà assez de mal à en découdre avec les forces hostiles du pouvoir pour se préoccuper d’une véritable fronde en son sein.

Mais si maintenant chacun d’entre nous pense qu’il est expert en politique, alors il faut se demander pourquoi ce pays est si en retard aussi bien sur le plan économique que politique.

Et cela expliquerait aussi pourquoi la Guinée n’a été dirigée depuis son indépendance que soit par des « grandes gueules Â», soit par des soldats de fortune.


Le 1er juillet, 2013

Thierno Sadou Diallo


Note :

* Le terme « grande gueule Â» fait référence ici à un hâbleur et non à tous ces journalistes et autres spécialistes de la communication qui se l’attribuent comme insigne d’honneur dans l’exercice de leur métier.


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Commentaires  

 
+3 #15 Mamadou Diallo 05-07-2013 03:25

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
En Allemagne au contraire, un simple vendeur de voiture peut devenir le PDG de Volkswagen (impossible en France).

J'ai étudie et travaille en Allemagne et au Canada avant de m'installer aux US. Je peux témoigner avec mes quelques années d'expérience américaine, que c'est un pays ou on valorise l’expérience, la compétence et la contribution individuelle sans trop d’égard a votre diplôme une fois que vous êtes recrutes. C'est aussi le pays ou l'on fait moins référence au titre académique dans le milieu professionnel par comparaison a l’Europe ou l'usage des titres est prépondérant et le milieu professionnel très très hiérarchique.
Aux USA, je pense qu'on peut rêver gravir les échelons si vraiment on travaille en conséquence. En France, et dans les pays Africains qui ont copie le model français, il faut vraiment faire parti de l’élite pour rêver d'une place au sommet.
Mamadou S. Diallo
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+3 #14 Doya Malal 04-07-2013 14:31

Merci Gandhi
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+8 #13 Gandhi 04-07-2013 08:35

Le Voyant, je ne pense pas que Malal ait voulu prôner la médiocratie comme système, mais dire que l'expérience est plus importante que tout. En France par exemple, il faut obligatoirement sortir d'une grande école pour accéder aux postes importants. On peut se retrouver sous-préfet au sortir de l'ENA à 23 ans, tout en étant encore dans les jupons de sa mère. Et ce diplôme est un tatouage à vie, quand bien même tu ne démontrerais aucune qualité ultérieure et te reposerais sur tes lauriers. En Allemagne au contraire, un simple vendeur de voiture peut devenir le PDG de Volkswagen (impossible en France). Voilà ce qui est dit. Pour illustration, AC a obtenu des diplômes à plus de 30 ans, mais ne les a pas étrenné professionnellement. Résultat, il ne connait rien en matière de gestion et de management. En revanche en matière de coups tordus politiciens (ce qui ne sert qu'à lui), il est expert.
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+4 #12 Le Voyant 04-07-2013 07:34

Errata : par ailleurs……Smart phones / Tablettes…..désolé….C’est les « macros » qui font ca souvent.
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+1 #11 Le Voyant 04-07-2013 07:00

Citation en provenance du commentaire précédent de Doya Malal:
Quand on parle de diplomes n'oubliez jamais que "ce sont des professionnels accredites des grandes ecoles d'ngénierie anglaise qui ont construit le Titanic, et des amateurs (sans diplomes) l'Arche de Noé". Nous connaisons la suite. Aussi n'oublions pas que Thomas Edison qui est considere comme le plus grand inventeur Americain etait autodidacte (aucun diplome, meme primaire) aujourd'hui nous avons des gens avec des PhDs ou Masters qui servent des cafes au starbucks, ou Blenz coffee. les diplomes ne font pas l'homme, ils le propulse dans la recherche ou dans l'arrogance comme c'est le cas chez nous en Guinee.

Une parfaite illustration de la mentalité de "l’home nouveau" crée a dessein par Dracula, le mythomane, Sékou Toure…..Quand la niaiserie s’accouple avec l’idiotie rien de bon ne nait de cet accouplement….. Diantre !.....Que ce pays s’est mal barre…..hummmmm Et oui monsieur Resco Camara peut enseigner a Harvard ou PIVI peut aussi naviguer une fusée (ils sont pourtant tous analphabètes).
Par aillerus, on nous enseignait sous la maudite révolution qu’il suffit d’être un bon révolutionnaire pour être parfait a tout….même opérer dans les blocs opératoires on avait pas besoin d’être médecin (I’m just saying…). Porroooooo. Rideau.
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+5 #10 Amara Lamine Bangoura 04-07-2013 04:56

Faut-il rappeler que AST fut nomme President de la Republique par l'ancienne assemblee territoriale transformee en assemblee nationale constituante le 2 octobre 1958?En effet,il ne fut elu a la magistrature supreme qu'en Decembre 1961,automatiquement reconduit dans des scrutins truques aux scores sovietiques et sans opposant legal.En outre,saviez-vous qu'en 1967,lors de la conference nationale de Kankan transformee en 7eme congres ,AST declara qu'il prefere Senanion Behanzin a l'ensemble des cadres Guineens?....Bien a tous!ALB-Birmingham,AL-USA>
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+7 #9 boubacar doumba diallo 03-07-2013 21:49

"On peut d'autant moins se tromper en 1962 sur l'évolution en Guinée que le fameux séminaire de Foulaya ne va pas tarder à matérialiser une cassure dans le parti. Destiné à préparer le VIè congrès du PDG prévu pour la fin de l'année, le séminaire de Foulaya, du nom d'une petite localité située à 150 kilomètres à l'est de Conakry, voit s'affronter deux volontés opposées. Sékou, pressé de concentrer tous les pouvoirs entre ses mains, veut profiter de l'occasion pour jongler avec les règles du parti de façon à contrôler bientôt sans partage à la fois le bureau politique (B.P.), qui est l'instance suprême, le gouvernement et l'Assemblée nationale. Il lui faut surtout déblayer le terrain pour rendre possible l'entrée massive de ses inconditionnels au sein du bureau politique lors du futur congrès. Pour être membre du bureau politique, en effet, il faut être participant au congrès; pour être membre du congrès, il faut être responsable d'une section; pour appartenir à une section ou sous-section, il faut faire partie d'un comité de base. Or des personnalités comme Fodeba Keita et Toumani Sangare, pressenties par Sékou pour entrer sans tarder au bureau politique, doivent pour cela brûler toutes les étapes statutaires. Seulement Sékou a très mal préparé ce seminaire en faisant fi de la volonté de respecter les procédures normales d'une tendance non négligeable dans le parti. De vieux militants comme Jean Farague, Bangali Camara, ou Emile Conde, très influents, entendent sauvegarder à tout prix la démocratie au sein des organes directeurs du parti et de l'Etat. Ils s'opposent donc à Sékou, dont les propositions leur paraissent créer un dangereux précédent. Mieux : ils préconisent la séparation des fonctions de secrétaire général du parti et de président de la République, afin d'éviter toute confusion entre le parti et l'Etat. Dans ces conditions Saifoulaye Diallo, jusque-là secrétaire politique, serait élu secrétaire général du PDG, et Sékou Touré garderait sa seule fonction de président de la République. Les deux positions sont donc bien marquées et l'affrontement violent. Les menées et les tractactions de Sékou entraînent une opposition si vive que force est de recourir au compromis. La majorité contestataire finit par céder sur la question de la séparation des fonctions. Mais Sékou Touré, nettement mis en minorité, doit renoncer à violer les statuts du parti pour imposer ses hommes.
Le compromis de Foulaya, bien sûr, ne règle rien. Les deux camps entendent seulement gagner du temps. On attend donc de pied ferme le VIè congrès qui doit se tenir en décembre à Conakry. Or non seulement le congrès ne donne pas ses suffrages aux candidats du président au bureau politique, mais un vote confie à Saifoulaye Diallo le secrétariat général du parti. Mis en minorité pour la deuxième fois, Sékou panique et ne trouve pas sur l'instant de parade. La partie qu'il a engagée pour obtenir un pouvoir sans aucun partage paraît perdue pour lui. Il laisse d'ailleurs faire mais quitte le congrès, selon un participant, en marmonnant: Nous verrons sur un autre plan. On va voir, en effet.
Le congrès clos, sans perdre de temps, Sékou s'active pour renverser la vapeur. Il arrive sans peine à obtenir que le bureau politique, reconduit sans changement, fasse bloc autour de lui et il se fait accorder les pleins pouvoirs par l'Assemblée nationale. Saifoulaye Diallo n'ose pas lui tenir tête et se range de son côté. Et c'est ainsi que contre l'avis du congrès, Sékou Touré, finalement, garde sa double fonction du secrétaire général du PDG et de président de la République : le renoncement volontaire de Saifoulaye Diallo, qui est plus un intellectuel qu'un homme de terrain preparé aux affrontements, permet la reconduction de facto du secrétaire sortant.
Pendant l'année 1963, Sékou Touré bouleverse toutes les cartes, déplaçant et mutant à sa guise les hauts responsables du parti. Plus question de risquer d'être mis en minorité ! En août 1963, la conférence nationale, prévue statuairement pendant la période postérieure à un congrès pour préparer le suivant, se tient à Kankan. Elle se trouve d'office transformée, par la volonté de Sékou Touré, cette fois maître absolu d'un parti où il n'est plus question de le contester, en VIIè congrès extraordinaire. Entre autres decisions, Bangali Camara et Jean Farague, animateurs du groupe contestataire à Foulaya, sont eliminés du bureau politique désormais exclusivement composé d'éléments inféodes au président de la République. Pour Sékou, le temps de la revanche a sonné: la voie est ouverte pour imposer le système dit de cooptation, dans lequel il suffit d'être designé, et non plus élu, pour participer au bureau politique. Fodeba Keita et Toumani Sangare entrent bientôt au bureau politique par ce biais et on n'aura plus de scrupule pour nommer Untel ou Untel membre de l'instance suprême selon les besoins du moment. Ce VIIè congrès va jusqu'à rompre avec le RDA originel, dont le PDG n'était qu'une émanation. On donne un nouveau contenu au sigle, qui devient Révolution démocratique africaine et non plus Rassemblement démocratique africain. On se distingue … tout en gardant, par un tour de passe-passe, la légitimité historique.
L'annee 1963 est importante à bien des égards. Au plan international, Sékou Touré figure en bonne place parmi les pères fondateurs qui créent, au mois de mai, l'Organisation de l'unite africaine (OUA). Au retour de la conférence, sur le front de l'économie, il accomplit de nouveaux pas en direction du secteur privé. Il essaie de proposer une théorisation de cette NEP, de ce tournant à droite qui ne dit pas son nom, dans une brochure intitulée: La Révolution et l'Unité populaire. Avec le recul du temps, les justifications théoriques de ce revirement apparaissent quelque peu anecdotiques. Surtout quand on songe à l'étendue surprenante des concessions faites au secteur privé par un régime qui se veut socialiste."
Ci-dzssus un témoignage de l'historien Ibrahima Baba Kaké sur les évènements autour du séminaire de Foulaya tenu en 1962
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+3 #8 AOT Diallo 03-07-2013 21:26

Sadou juste une question de forme car le point est relevé dans les 2 parties du texte : le congrès de Foulayah c’était en 1968 ou en 1962 ??
Je penche sur la 1e date...
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+6 #7 Doya Malal 03-07-2013 09:05

Quand on parle de diplomes n'oubliez jamais que "ce sont des professionnels accredites des grandes ecoles d'ngénierie anglaise qui ont construit le Titanic, et des amateurs (sans diplomes) l'Arche de Noé". Nous connaisons la suite. Aussi n'oublions pas que Thomas Edison qui est considere comme le plus grand inventeur Americain etait autodidacte (aucun diplome, meme primaire) aujourd'hui nous avons des gens avec des PhDs ou Masters qui servent des cafes au starbucks, ou Blenz coffee. les diplomes ne font pas l'homme, ils le propulse dans la recherche ou dans l'arrogance comme c'est le cas chez nous en Guinee.
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+3 #6 TOOLA 03-07-2013 06:57

Je pense que Sadou se trompe... http://www.youtube.com/watch?v=-mZpgRsz-GQ
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+6 #5 Citoyen 03-07-2013 03:49

100 pour cent d'accord avec Madina
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+6 #4 Citoyen 03-07-2013 03:47

ENIEREMENT D"ACCORD AVEC MADINA. 100 pour 100
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+11 #3 madina 02-07-2013 23:43

Cette analyse ä mon avis est bien belle,mais elle présente le défaut de pécher très justement par un coté"hâbleur" qui pose mal le problème de la Guinée.
S'attaquer dans le cas guinéen aux diplomes et autres titres qui pillulent par ci par lä,c'est donner l'impression que les qualifications qu'ils induisent participeraiennt de quelque chose dans la gestion et l'administration réelle de l'Etat.
Or,cela rélève de l'évidence qu'en Guinée,(en dehors du temps colonial et de celui qui a immédiatement suivi l'indépendance),jamais un cadre n'a été responsabilisé en fonction du diplome qu'il detient.Et quand exceptionnellement cela est,l'interessé se retrouve sur un brasier invivable et a juste l'occasion de périr le temps d'une saison.
Il est même arrivé qu'un chauffeur de Taxi soit nommé ministre des transports,qu'un fonctionnaire agricole soit bombardé General d'armée et pour representer la Guinée dans une mission....internationale.....
J'ai même une amie biochimiste qui est DAAF,dans un ministère important juste pour avoir été l'amie d'un premier ministre....
Le principal noeud technique de la Guinée a justement été de ne pas tenir compte des compétences qu'il faut,lä ou il faut.Cela n'est pas une question de "système guinéen",mais un problème de gestion politique.
On peut dire sans se tromper que les ressources humaines fabuleuses qui sont baillonnées,decimées et exilées sont ä l'image des ressources natureles abondantes mais mal exploitées.
Un häbleur dans une entité quelconque ne peut prospérer qu'avec la complicité de ceux qu'il "hâble".Et quand la question des compétences se posera et presentera une valeur réelle aux politiques,les diplomes et autres titres ronronnants s'effriteront d'eux mêmes laissant la place aux véritables compétences suivant la demande sans même aucun besoin de "validation".
Lä aussi sur ce terme,la présente analyse se gourre car on parle de "Commission de vérification et de validation des diplômes" dans les universités et non dans les Etats.
Il ne faut pas d'autre part vouloir faire d'un monticule une montagne,le cursus scolaire n'est pas la seule voie d'acquisition de compétences.Beaucoup d'universités de nos jours valident des niveaux de doctorats et autres ä des pesrsonnes dont l'expérience et le travail en valent le niveau,sans qu'elles n'aient eu le temps de frequenter les écoles.La compétence,seule la compétence et la vertu comptent vraiment.Les diplomes sont un moyen parmi d'autres.
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+4 #2 Mamoud 02-07-2013 13:55

Une belle analyse de la situation de la Guinée. Un pays où chacun se présente comme expert, docteur ou je ne sais quel titre, sans la moindre competence.
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+5 #1 Mouctar missidè BALDE 02-07-2013 13:30

Belle analyse qui aborde avec finesse le paradoxe de l'elite guineenne à savoir un ilot de compétences au milieu d'un océan palabreurs.L'influence de la culture mandingue (les griots)y est pour quelque chose ...
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