Des idées «phares-felues» (partie 1)

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BARRY_Aissatou_Nene_Aye_3_01Suite à mon texte avant les élections, Excellence, vos cadeaux empoisonnés !, j'ai reçu des paroles triviales de la part d'un jeune qui ne pouvait être que mon fils : j'ai donc déserté les sites dans l'espoir de calmer les esprits surchauffés et repartir sur de nouvelles bases.

A défaut de conférence nationale pour remettre les choses en ordre et aller à une authentique réconciliation, nous qui sommes censés écrire devons-nous dire la vérité et la dire aux autres ? Car nous n’écrivons que pour nous-mêmes, par amour, passion, besoin d’évacuer ou nourrir l'esprit ... Nous écrivons aussi pour la diaspora. Pauvres de nous, position inconfortable, assis entre deux chaises, ni bien chez nous, ni bien chez les autres. Les nantis guinéens, si riches et imbus d'eux-même prennent nos articles pour des torchons et les « sans-voix Â» ne peuvent acheter ni journaux, ni lire faute d’électricité. Et les institutions internationales ?... lassées de nos intrigues. Par conséquent, quelle que soit donc la raison qui nous anime, il serait dommage d’arroser son esprit fertile de choses caustiques car tout corps scindé est appelé à s’affaiblir et mourir.

Et mon dernier article « A mes jeunes amis de Facebook Â» avait suscité quelques malentendus qui me semblent tout à fait justifiés. La parole est l'outil de communication le moins efficace car il est souvent sujet à interprétation et souvent mal compris : c’est la caractéristique de ce qu’on appelle réflexion à sens divers…

Pas plus que Spinoza que je cite dans mon texte, « je ne crois utile de dénoncer en versant dans la délation Â». Un constat est bien mieux que la dénonciation qui est la morale des tristes. Le constat d'une situation pousse aux actions et bonnes disposition.

En quoi l’excellence est-elle en l'homme ? Aristote répondait que c'est ce qui le distingue des animaux, autrement dit, la raison qui implique : désir, éducation et mémoire. Désir qui anime à faire de notre héritage commun la Guinée, un havre de paix où il fait bon cohabiter.

Education reçue de par nos croyances en un Créateur. Mémoire qui rappelle les erreurs du passé, du présent à construire pour édifier le futur durable. Le déficit de ses éléments dans les manières d’être et d'agir déshumanise…l'humain.

Je fais donc appel à la mémoire de tous les soucieux de l’état de décrépitude de notre pays: suivez le fil de mon raisonnement sur le mal qui nous consume et s'il est faussé, je vous saurai gré de me rectifier.


1- Des attentes

Comme la drogue qui circule dans la veine du dépendant, le Guinéen se revigore toujours dans l'attente de la magie qui changera du tout au tout ; attente de l’indépendance, d'un nouveau gouvernement (nous en sommes au 50e peut-être…), d'un nouveau premier ministre (nous en sommes au quantième ???), d'un nouveau décret ministériel (la moitié des Guinéens ont été ministres), d'une nouvelle Constitution, d'une nouvelle Assemblée... La liste est longue.

Quand cette mer d'attente, souvent stérile et décevante, puisque construite sur un banc de sable, s’écroule aussi vite qu'elle est apparue, « Voilà palabre !!! Â» comme disent les Ivoiriens.

Les décrets reposent souvent sur des relations d’intérêt financier et ethnique (aucun régime n'y fait exception), son annulation entraîne une récupération ethnique puisque des intérêts sont touchés et s'en suivent:

-humiliations,

-frustrations,

... et leurs corollaires, les trois V : vol, viol, violence.

Méfiance et répugnance, source lointaine d'une supra-identification ; elle-même à l’origine d’exclusion. Le résultat serait logique car ceux qui s'adonnent à cette violence aujourd’hui, n'ont été, à aucun moment, associés à l’élaboration d’actions génératrices d'idées novatrices.


2- De la violence

Je fais encore appel à la mémoire (qui fait de nous humains) des soucieux de la situation et lance une question :

A qui profite la violence ?

Remarquez que nous n'avons fait que cela depuis des temps et voyez dans quel état se trouve la Guinée. Il est donc évident que quelque part, quelque chose nous a échappé. Quoi ? Si notre petite voix nous disait : « Attention ! Peut-être que tout ce qui te semble vrai est en fait faux ! Â»

Ce n'est pas moi qui l’ai inventé, c'est la logique du scientifique : lorsque son travail n'aboutit nulle part, le scientifique écarte toute les suppositions et recommence. Les grandes découvertes proviennent souvent d'une volonté et d'une grande capacité à reconnaître une erreur.

De mémoire de Guinéen, ce ne sont pas ces jeunes qui payent de leur vie le lourd tribut à ceux qui ont instauré le système, ce sont nous les aînés. Ce ne sont pas les jeunes qui ont creusé le fossé des iniquités sociales, ni établi la loi du plus fort. Ce n'est que quand nous restons sourds à leur cris de détresse, qu'ils pensent que la cause est perdue, puisqu'ils ne sont pas stupides mais désespérés, qu'ils adoptent la solution qu'ils pensent être la meilleure.

La différence entre ces jeunes et nous les aînés, c'est qu'ils font les choses ouvertement alors que nous les dissimulons, nous. Ils ont essayé de changer les choses, ils ont échoué, la seule possibilité qui reste est de nous imiter. Personne n'a le courage et la volonté de leur permettre d'analyser de façon critique ce que nous les aînés avons fait. Je rentre de Conakry, ceci n'est qu'un cas isolé : une femme du quartier a perdu un de ses enfants de 11 ans dans la foulée de la violence : volé, vendu, errant ? Elle n'a aucun moyen pour le chercher, elle vend la bouillie pour faire vivre les autres. Elle aimerait aller dans son village à Télimélé voir si sa parenté peut lui venir en aide par la vente d'un bétail mais elle n'a pas 300 000fg ‒ soit 30 euros ‒ pour y aller. Dites-moi à quelle institution politique ou étatique elle va s'adresser ? Elle va pleurer et mourir de chagrin, le monde des politiciens continuera de tourner dans leurs beaux costumes et cravates dans les hôtels luxueux de l'Occident.

Qu’est-ce qui différencie cet enfant des nôtres ? Parce que nous, nous avons eu la chance de faire bénéficier les nôtres des avantages sociaux d'un système équilibré fondé par les Occidentaux ? En attendant, combien sont coincés là-bas comme cette femme ? Ceci nous donne-t-il le droit d'encourager la violence ? Il n’y a que ceux qui ne me connaissent vraiment pas qui pensent que je vais adhérer à une telle cause.

Qui mieux que la femme a su faire l’expérience en suivant le rythme et le courant de la vie guinéenne et s’y fondre pour produire l'harmonie ? Que les insulteurs insultent, ce leur sera rendu au centuple.


Aissatou Barry


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Commentaires  

 
0 #11 Diallo Ibrahim Dioulde 18-06-2013 15:03

Citation en provenance du commentaire précédent de Karifa Camara:
Pitoyable Diallo Ibrahima Diouldé,prends un peu la peine de te relire ce que tu viens de scribouiller,peut être tu te rendras compte de ta carence.

navre d t decevoir Karifa, mais s'il y a carence c'est d ton cote qu'il faut chercher. J'ai juste une question a te poser: tu es naturellement con ou tu prends des cours du soir?
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0 #10 Karifa Camara 18-06-2013 13:30

Pitoyable Diallo Ibrahima Diouldé,prends un peu la peine de te relire ce que tu viens de scribouiller,peut être tu te rendras compte de ta carence.
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0 #9 Diallo Ibrahim Dioulde 18-06-2013 08:08

Citation en provenance du commentaire précédent de Karifa Camara:
Nous n'attendons que ce genre de textes de la part de nos mamans sur la place publique, étant censée du respect divin,la femme à l'image de cette référence(Aissata Barry)à travers de ses articles fournis, force l'admiration des générations montantes et doit motiver d'autres mères de faire autant.De cette allure Madame, vous cultivez sans cesse la tolérance et le pardon dans le coeur des guinéennes et guinéens. Par contre nous déclinons de toutes les formes des injures,de frustrations et toute sorte de désolations à caractère haineux dans le but d'offenser qui que se soit,surtout quand celles-ci viennent de la part d'une femme.

decidemment tu n'as pas compris la lecon que t'as donne Mme Madina. Aie seulement les tripes de la nommer et tu verras de quelle plume elle se chauffe. lache
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+4 #8 Paul Théa 17-06-2013 06:04

C’était une agréable surprise pour moi de relire Nene Aye ; parce que je n’avais pas approuvé sa décision de ne plus écrire suite aux insultes.
Elle est une amie ; après des heures de discussion au tel et notre rencontre à Paris, je ne suis pas surpris par ces textes. C’est très bien de prêcher la tolérance et l’amour.
Mais ; eh oui, le « mais » est que la situation guinéenne est assez particulière.
Je le dis toujours ; dans notre pays, il y a une mafia (composée de guinéens de toutes les ethnies) qui contrôle les richesses.
Plus il y a corruption, plus il y a misère ; alors trois choix :
1. Les jeunes fuient le pays (combien peuvent ?)
2. Ils acceptent leurs conditions de misère (pour combien de temps ?)
3. Ils se révoltent.
Je suis contre toute violence, contre l’injuste mais j’ai l’impression que ces jeunes opprimés se revoteront un jour ; ce que j’appelle la tempête de la rue que même l’opposition n’incitera pas ; à plus forte raison contrôler.
Les dégâts seront énormes. Voilà pourquoi, je crois que la guerre contre cette mafia ; contre la corruption et un relèvement du niveau de vie de la grande masse ; sauveront notre pays. Les richesses sont là et voire une minorité vivre dans une opulence insolente, finira par mettre le feu au poudre. C’est mon humble avis.
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-5 #7 madina 16-06-2013 23:41

J’adore Karifa Camara
Il joue au clavier comme ä la baballe, s’agite clique du clavier dans tous les sens, mais dans aucun en particulier, les 2 neurones dans le bocal qu’il agite comme le reste lui permet comme ä mon chien Médor d’aller courir et chercher des dizaines de fois la baballe que je lui lance, tout heureux de me la rapporter, ou parfois aussi de se soulever et venir taper de sa patte sur mon bureau et clavier de PC et la souris il en est fou, car elle a des lumières de couleurs différentes qui flashent, qui l’excitent, mais il en reste le pauvre lä, pas capable de me pondre un texte, ni de me répondre, lui n’étant qu’un chien et un chien ça ne reste toujours qu’un chien, tout comme Karifa reste lä ä s’agiter, mais de son agitation n’en ressort rien de bien ou de créatif, ses capacités restreintes, malgré tous ses efforts de me prouver le contraire, le laissent dans sa frustration profonde et ses pêchés si inavoués, mais tellement pathétiques .., qu’il vaut mieux en rire que pleurer… (pour lui)
Mais, moi étant une personne magnanime et tolérante, j’admets sa présence sur guineeactu, car c’est amusant, mais utile aussi ä séparer le bon grain de l’ivraie…
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+5 #6 AOT Diallo 16-06-2013 22:12

Chapeau bas, ma sœur - écris-nous plus souvent sur tes idées pour des "actions et dispositions" possibles pour faire avancer notre pays car je sens que tu pourras en inspirer plus d'un...
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+4 #5 Mahamoud Baldé 16-06-2013 19:02

...C' Trop classe!
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+2 #4 youssouf bangoura 16-06-2013 12:52

On ne cessera jamais de le répéter, tous ceux qui appellent à manifester dans la rue, ont leurs enfants assis tranquillement en occident . Ce sont les enfants des autres, comme cette pauvre femme, qui ne sait plus si son enfant est arrêté, vendu ou mort, voilà la réalité sur le terrain de manifestation en Guinée . Aucun politicien guinéen, n'acceptera à ce que son propre enfant participe à une manifestation, leurs enfants, n'ont ni faim, ni sauf et ne révisent pas à la lampe tempête ou à la bougie, ils sont dans les meilleures écoles possibles à Conakry rarement et très souvent en Occident . Aucun de ceux qui ont perdu leurs enfants depuis 2010, n'a été même un simple fonctionnaire car, c'est connu de tout le monde, le souci majeur d'un fonctionnaire guinéen est comment faire pour que son enfant ou (ses enfants) aille (aillent) étudier en occident . La violence en Guinée ne touche que les pauvres familles . Ac qui est aujourd'hui président, faisait sortir les enfants des autres à chacune de son arrivée en Guinée, pendant que son propre enfant que personne ne connaissait d'ailleurs, suivait ses études tranquillement en occident .
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+3 #3 madina 16-06-2013 11:45

Bien chère soeur,
s'il m'était demandé de choisir dans vos deux derniers textes,la seule phrase qui m'importe,ce serait celle-ci : "Le constat d'une situation pousse aux actions et bonnes disposition".
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+3 #2 Karifa Camara 16-06-2013 10:10

Nous n'attendons que ce genre de textes de la part de nos mamans sur la place publique, étant censée du respect divin,la femme à l'image de cette référence(Aissata Barry)à travers de ses articles fournis, force l'admiration des générations montantes et doit motiver d'autres mères de faire autant.De cette allure Madame, vous cultivez sans cesse la tolérance et le pardon dans le coeur des guinéennes et guinéens. Par contre nous déclinons de toutes les formes des injures,de frustrations et toute sorte de désolations à caractère haineux dans le but d'offenser qui que se soit,surtout quand celles-ci viennent de la part d'une femme.
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+8 #1 Patriote 16-06-2013 03:04

Ma soeur Barry,
Vous avez assez de qualités dont entre autres l'amour pour la nouvelle génération, la responsabilisation des parents, la sauvegarde de la paix et pour quoi pas votre plume ?
Vous avez tout mon respect et mes encouragements.
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