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Guinée : sortie de crise, par ici le chemin

Aliou Baldet  Lundi, 10 Juin 2013 18:16

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Lors de la manifestation du 23 mai 2013 de l’opposition, qui a eu lieu sur l’ « autoroute », nous avons tous vu les tueries qui s’en sont suivies, perpétrées sur des pauvres gens, du simple fait qu’ils sont peulhs (ethnie du dirigeant du principal parti d’opposition CellouDalein Diallo). Ainsi, nous avons assisté, médusés, pendant quatre jours à un massacre de femmes, d’enfants, de vieillards sur l’axe de la liberté (Hamdallaye, Bambéto, wanidara, cimenterie et Ratoma).

Depuis des années, la répression ne s'arrête pas le jour de la marche, mais continue 2, 3, 4 jours après.

Nous avons constaté que les forces de défense et de sécurité étaient renforcées par des milices maninkas et burkinabés qui tiraient à vue avec des armes de guerre sur la population civile désarmée. Vous pouvez, tous, regarder la vidéo sur You Tube « Assassinat politique à Bambéto » que vous pouvez toujours voir sur la 1ère page d’accueil du site GuineeActu dans la rubrique vidéo à la Une (en haut et à gauche) de la page.

Actuellement, à Conakry, des discussions sont en cours afin de revoir le problème des élections législatives : problème de l’opérateur Waymark (disqualifié par l’ONU qui met Waymark sur la liste ROUGE des entreprises à refuser), le vote des Guinéens à l’étranger, le chronogramme des élections et le fonctionnement de la CENI.

Je demande à l’ensemble des « Guinéens » de réfléchir un instant : est-ce que nous sommes toujours capables d’accepter qu’on tue, viole, des femmes, des enfants, parce qu’ils n’ont pas la même conception que nous de la vie en société ?

Pensez-vous toujours que l’on peut continuer à vivre ensemble dans un pays où le groupe majoritaire est exclu, stigmatisé, et où la neutralité des forces de défense et de sécurité est toute relative, pour dire vrai, elles sont même partie prenante dès qu’il y a un conflit politique ? Pouvons-nous vivre ensemble lorsque l’ensemble des règles de la vie commune, les lois, notamment la loi constitutionnelle, sont bafouées en permanence par celui qui est chargé de les défendre ?

Quant aux Peulhs, j’ai eu très souvent des discussions politiques avec nos frères. Je connais globalement leur attachement à la région « Guinée ». Néanmoins, ne pensez-vous pas qu’à force d’éviter la violence, nous la subissons, et nous la subirons toujours ? Pouvons nous continuer à accepter que pour un oui ou un non, nos mères, sœurs, frères et enfants soient violés puis assassinés ? Avez-vous oublié les pogroms de Siguiri, Kankan, Kouroussa (sur le mensonge de l’eau empoisonnée fait par Alpha Condé), couverts par les généraux Sékouba Konaté, Nouhou Thiam, Baldé de la gendarmerie et Jean Marie Doré ?

Aujourd’hui, dès qu’il y a une grève, nous voyons les forces de défense et de sécurité aidées par des mercenaires burkinabé et des Maninkas « perdus » aller tuer nos familles.

J’ai la conviction que nous ne pourrons pas éviter de nous battre contre les ennemis, c’est-à-dire tous ceux qui nous attaquent simplement parce que nous sommes des Peulhs.

Nous connaissons tous aujourd’hui ceux qui œuvrent dans l’ombre pour détruire les Peulhs, outre Alifa Koné qui est le 1er responsable, le général Aboubacar Sidiki Camara « Idi Amin », chef de cabinet particulier du ministère de la Défense nationale, le général Boundouka Condé, attaché militaire à l’ambassade de Guinée aux Etats-Unis, le colonel Mohamed Ali Traoré du BATA (Bataillon autonome des troupes aéroportées), le général Namory Kéita, actuel chef d’état-major général des armés, le commissaire Fabou Camara, Namory Keïta, le colonel Pivi alias Coplan, les commandants Sékou Resco Camara, Mory Kourouma et les civils de ce groupe Alhassane Condé, ministre de l’Intérieur, Louncény Fall, ministre des Affaires étrangères, Ousmane Kaba, conseiller à la présidence de la République, Malick Sankon, Moustapha Naïté, Moussa Kabassan Keïta. Donc ces individus et leurs proches, doivent constituer la 1ère cible de la communauté peulh.

Aujourd’hui, les éléments du RPG d’Alifa Koné veulent nous faire croire que le fait qu’ils acceptent le vote des Guinéens à l’étranger, constitue une concession pour que le dialogue avance. En réalité il s’agit d’appliquer la loi car cette dernière précise que les Guinéens de l’étranger ont le DROIT de voter. Donc, la mauvaise foi d’Alifa Koné est manifeste. La présence de l’opérateur Waymark même doublée d’un opérateur, est la source des futurs conflits politiques. Trop de chausse-trappes ont été maintenant dissimulées dans le dispositif. On peut comprendre, au regard de ses priorités, la lassitude de la « communauté internationale » qui pousse à l’élection coûte que coûte. Mais les Guinéens, s’ils veulent construire une nation juste et apaisée, doivent avoir un autre échéancier, et exiger la mise en place d’un dispositif électoral propre et incontesté (fichier électoral et opérateur). Toute autre démarche, qui aurait comme arrière-pensée, la volonté de garantir la conservation du pouvoir au profit d’une ethnie, ou même d’un parti, porte en elle le ferment d’une guerre civile, voire d’une sécession. Si le gouvernement et la communauté internationale persistent dans cette voie, je crois que l’opposition, notamment l’UFDG, doit quitter la table des négociations et aider les groupes d’auto-défenses qui se mettent en place à Conakry et à l’intérieur du pays à s’équiper pour faire face aux prochaines tentatives de massacres des Peulhs. Notre salut ne viendra que d’une victoire totale sur nos ennemis.


Aliou Baldet
Axe de la liberté
Conakry, Guinée


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