Martine Condé est allée un peu plus loin

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CAMARA_Naby_Laye_3_01Martine Condé était spécialiste de la communication du candidat Alpha Condé lors de la présidentielle. Pour lui être reconnaissant, Alpha Condé, président, la nomme présidente du Conseil national de la communication (CNC).

En toute logique, la décision de Martine Condé contre la radio Planète FM, ne surprend point. Du moins, en Guinée.

Ce qui surprend, c’est que dans un espace de temps très court, qu’on mente deux fois et de manière grotesque à une nation. C’est gênant et désagréable. C’est allé à la limite de la démesure.

Alpha Condé, par son décret fixant le 30 juin comme date du déroulement des élections législatives, a provoqué un climat de tension dans le pays. Le dialogue entre les formations politiques du pays s’est arrêté. Et comme effets collatéraux, certains jeunes manifestants – qui ne réclamaient que leurs droits – sont tués sauvagement par les forces de sécurité, à balles réelles.

Et dans ce climat de tension voulu par la supercherie du président Condé, vient s’ajouter et de manière ostensible la gaffe de la présidente du CNC.

Là, l’injustice est de trop. Dans la politique politicienne – dont se réclame Alpha Condé ‒, c’est imprudent. Et surtout, cela déjouerait toute la stratégie de vol planifiée en référence aux prochaines élections. D’où les réactions précipitées du gouvernement et de la Cour suprême.

Le gouvernement se désolidarise immédiatement de la décision de Martine Condé, par la voie du ministre chargé des Droits de l’homme et des Libertés publiques. La Cour suprême, quant à elle, désapprouve les actes de la présidente en levant les sanctions qui pesaient sur la radio Planète FM et son directeur.

Le gouvernement et la Cour suprême ont agi non pas pour l’intérêt de la transparence démocratique, mais pour éviter une déconvenue totale qui serait désavantageuse pour Alpha Condé face aux prochaines élections législatives. Deux grosses injustices et des morts, en un mois, même les plus fondamentalistes de la mouvance présidentielle auraient baissé la tête en réfléchissant.

Notre processus démocratique doit se reposer sur la volonté des institutions. Le gouvernement et la Cour suprême n’ont pas agi avec la volonté démocratique.

La volonté est ce qu’on veut et tend à se manifester par une décision effective conforme à une intention.

Il n’y a aucune différence entre la gaffe de Martine Condé, et celle du président Alpha Condé fixant unilatéralement, et de manière délibérée, la date du 30 juin pour le déroulement des élections législatives.


Naby Laye Camara
Bruxelles


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