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Le syndrome birman ou l’interminable transition guinéenne
Alpha O Barry Lundi, 03 Juin 2013 21:50
La présente crise multidimensionnelle guinéenne démontre la complexité de l’interminable transition guinéenne entamée au lendemain de l’insurrection de janvier-février 2007. Elle met en exergue la capacité de reproduction et d’auto-préservation de l’appareil clanique et tyrannique mis en place par le PDG au lendemain de l’indépendance. Gwynne Dyer, un journaliste indépendant basé à Londres disait à propos de la transition démocratique birmane :
« La transition d’une longue tyrannie à une démocratie est particulièrement difficile dans des pays ethniquement compliqués, et il y a deux (2) exemples récents pouvant servir de guide.
Un était la fin du régime communiste en Yougoslavie en 1991, quand l’élite communiste serbe, sous le leadership de Slobodan Milosevic, garda son pouvoir en jouant sur les ressentiments des Serbes contre les autres nationalités yougoslaves. Il y avait une décennie de guerre et l’ancienne fédération yougoslave se désintégra en sept (7) nouveaux États.
L’autre était l’Afrique du sud, un bouillon ethnique encore plus compliqué. Là -bas, la minorité blanche céda volontairement le pouvoir, et le Congrès national africain de Nelson Mandela ne s’engagea pas dans une politique de revanche. Le résultat est un pays démocratique, encore uni et en paix. »
Le président Alpha Condé, les nostalgiques du parti-État, PDG-PUP, et autres ethno-fascistes du Mandé, ont repris à leur compte la stratégie de la terre brûlée de Slobodan Milosevic et de l’élite communiste serbe. Les décrets des 13/04/ et 29/05/2013 pris en réaction, le premier à la nomination de Saïd Djinnit et le second au communiqué du Quai d’Orsay, relatif à un audit indépendant du processus électoral, démontrent leur détermination à s’assurer un parlement sur mesure ou provoquer le chaos.
Les patriotes guinéens devraient se saisir de l’arrivée officielle de l’ONU au chevet de leur pays, à travers son représentant Saïd Djinnit, de la volonté de la France et de la Francophonie de s’impliquer, et mettre en œuvre un accord politique global guinéen :
- devant baliser les prochaines élections législatives et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale basé sur les résultats de celles-ci,
- devant avec la nouvelle assemblée fonctionnant en constituante, prévenir le projet de génocide peulh en cours et créer les conditions d’une paix durable en bâtissant une nouvelle République.
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L’impératif de législatives acceptées de tous et d’un gouvernement d’union nationale : le président Alpha Condé, parlant des élections pendant le régime Conté, disait à Matam, à l’occasion du lancement des travaux de voirie dans cette commune ceci :
« Nene Koiya, vous m’aviez trop volé à l’époque. Mais, je n’ai jamais revendiqué, car j’ai confiance en Dieu. Mais, le tout puissant paye toujours les patients et aujourd’hui on est ensemble ».
Pourtant, il n’a jamais accepté des résultats électoraux pendant cette période. Il voudrait user de cette pseudo-analogie et justifier la fraude électorale pendant les prochaines législatives.
Les différents régimes tyranniques guinéens ont instauré une culture « du fait du chef » que « l’opposant historique » semble bien reprendre à son compte.
Le projet de se tailler une assemblée nationale sur mesure pour sa mouvance d’une part, le refus de l’ensemble de l’autre composante de la classe politique (centre et opposition) de se plier à ce dictat d’autre part, ramène la Guinée à la situation insurrectionnelle de janvier-février 2007.
L’ironie de la situation, malgré les multiples tragédies sous-jacentes, vient de l’intransigeance d’Alpha Condé quand il demandait le départ de Lansana Conté pendant cette insurrection de janvier-février 2007. Par ailleurs, les stratèges de la rétention du pouvoir par le président Conté à l’époque, à travers l’état d’urgence d’abord et le phagocytage des prérogatives de Lansana Kouyaté, par la suite, sont pour la plupart, autour du président Alpha Condé aujourd’hui.
L’opposition a trouvé un beau nom : l’opposition républicaine. Elle devrait formaliser celle-ci en fusionnant en elle, le Collectif, l’ADP, le CDR et le FDP. Cette opposition républicaine devrait s’élargir à Jean Marie Doré et ses compagnons. C’est un homme trouble, mais il s’est inscrit dans une logique de dénonciation systématique ; il disait dans de récentes interviews à RFI:
« Tout compromis qui renforce la fraude n’est pas un compromis. … Waymark est une entreprise que l’on engage pour faire gagner le gouvernement en place. … Donc qu’est-ce que nous demandons ? Il faut un nouvel opérateur de saisie. C’est aussi simple que cela ! Mais le président Alpha veut avoir 90 députés sur 114. Où Il va ramasser ça ? … Entretemps, on a pu savoir ce que Waymark a fait comme révision de fichier. Ce fichier a révélé des choses inouïes. Depuis l’élection présidentielle: il n’y a eu que 2 500 nouveaux électeurs dans la plus grande circonscription électorale de Conakry, il n’y a eu que 11 000 nouveaux électeurs dans tout le Fouta, en Haute Guinée, il y a eu 400 000 nouveaux électeurs »,
et à Africaguinée : « Si on dit qu’on donne à tel ou tel, tel nombre de députés, ce n’est pas normal. Si moi on me dit qu’on donne à mon parti 90 députés sur 114, je ne vais pas accepter parce qu’on ne peut pas avoir 90 députés sur 114. Je l’affirme catégoriquement. Ni Cellou Dalein Diallo, ni Lansana Kouyaté, ni Saloum Cissé ne peut avoir cela. »
Les décrets cités ci-dessus procèdent d’une volonté de monter les enchères sur la question de Waymark, lors des prochaines négociations, et de faire entériner son choix par la communauté internationale en proposant un système de contrôle de son travail par un autre opérateur contre le vote des guinéens de l’étranger. L’opposition fera face à une pression énorme pour accepter ce « compromis ». Le président Alpha Condé voudrait à défaut, avec l’appui de ses puissants amis, s’engager dans une fuite en avant en raison des rapports de force militaires sur le terrain.
L’opposition républicaine devrait s’ouvrir aux propositions des experts électoraux de l’ONU. L’OIF a démontré son impartialité avec son dernier rapport. Le PNUD était le premier à signaler les failles du système Waymark. Mais elle devrait avoir ses propres experts en informatique et des questions électorales. C’est le meilleur moyen de contrer les manœuvres de l’expert engagé par Bakary Fofana et le pouvoir afin d’invalider les conclusions des rapports du PNUD et de l’OIF.
L’idée d’une opposition républicaine englobant tous les partis en dehors de la mouvance présidentielle, les quatre (4) anciens premier-ministres notamment, est de renforcer son caractère national.
Une telle opposition se donnerait les moyens de résister à l’énorme pression des puissants amis du président Alpha Condé au sein de la communauté internationale. Mais il s’agit surtout d’établir avec cette communauté internationale le principe d’une résolution du présent conflit politique guinéen par des élections législatives acceptées de tous. Ce conflit est en effet le résultat direct de la dernière présidentielle bâclée. Celle-ci était censée corriger toutes les fautes accumulées pendant l’interminable transition entamée en 2007. Il y a là une obligation d’inventaire et de bilan afin d’amorcer un processus de réconciliation et de construction d’une paix durable par une refonte de la République.
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La Nouvelle République : l’élite postcoloniale guinéenne, à l’instar de ses homologues africaines, avec les exceptions notables, dans une certaine mesure, du Sénégal, le Botswana et l’Ile Maurice, n’a pas pu édifier un État national. Toutes ces élites ont privilégié l’édification d’un système de Parti-État, devenu par la force des choses, dans le contexte des États multiethniques postcoloniaux artificiels, un système clanique de self service et d’auto-préservation par la répression et le clientélisme. Le conflit guinéen actuel, au-delà de ses causes immédiates évoquées ci-dessus prend racine sur ce fait historique. Il n’est pas spécifique à la Guinée.
Le chaos somalien, le génocide rwandais, la partition du Soudan, les irrédentismes nord-maliens et casamançais, les conflits postélectoraux ivoirien, kényan, zimbabwéen, bissau-guinéen, les guerres civiles congolaises, angolaise, mozambicaine, libérienne, sierra-léonaise…, viennent toutes de là .
Les élites postcoloniales africaines refusent d’affronter courageusement cette réalité et élaborer des modèles d’édification d’États nationaux viables à l’épanouissement de Nations démocratiques. Elles s’embourbent souvent dans des stratégies à court terme de conquête et de conservation du pouvoir.
Cet état de fait a donné à l’appareil tyrannique guinéen, mis en place par la première République, une capacité d’adaptation et d’auto-préservation inouïe. Il s’est adapté à tous les régimes. Le comble est que le président Alpha Condé, élu comme opposant historique à cet appareil, en est aujourd’hui le plus fervent apôtre. Il a proclamé sa volonté de ramener la Guinée là où le président Sékou Touré l’avait laissée. Ceci est une de ses rares promesses tenue.
J’ai initié le 2 août 2012, par une lettre ouverte à Hadja Rabiatou Sérah Diallo, publiée sur GuineeActu, une série d’appels en vue d’un accord politique global guinéen.
La pensée fondamentale sous-tendant ces appels est de mettre fin à l’interminable transition en engageant une rupture avec notre demi-siècle de dictature par une refonte de l’État guinéen sur la base:
- d’une dévolution de pouvoir aux quatre (4) régions naturelles et communautés nationales à travers l’instauration d’administrations et parlements régionaux,
- d’un équilibre et d’un consensus national à travers un sénat constitué de quotas égalitaires de députés régionaux proportionnellement au poids de chaque parti représenté,
- d’une équité et de la sécurité pour tous par la réforme de l’administration centrale et des forces de défense et de sécurité sur la base d’une représentation régionale égalitaire en leur sein.
Les prochaines négociations à propos des législatives sous l’égide de l’ONU, devraient s’inscrire dans cette stratégie de refonte de la République, afin d’asseoir les bases d’une paix durable au sein d’une nouvelle République unie, forte et prospère. Cette refonte pourrait s’engager avec un gouvernement d’union nationale à l’issue des prochaines législatives dont les résultats devraient être acceptés de tous et serviraient de base à sa formation. Ce gouvernement d’union nationale et la nouvelle Assemblée, fonctionnant en constituante, l’initieraient par l’élaboration d’une nouvelle constitution devant intégrer les éléments ci-dessus.
Le clientélisme de l’appareil tyrannique guinéen s’appuie, entre autres, sur les nominations par décret du président de la République. L’équilibre régional envisagé ci-dessus pourrait être renforcé par le système américain de censure et de confirmation des nominations présidentielles par le sénat.
L’élection du Président au suffrage direct à deux (2) tours, dans un pays où le vote est largement communautaire, exacerbe les tensions ethniques. La nouvelle constitution devrait promouvoir l’élection indirecte du Président par l’Assemblée et le Sénat. Cette nouvelle constitution serait soumise à référendum en prélude d’élections générales et une élection du Président dans la foulée en 2015.
Quand l’existence de la Guinée est menacée dans ses fondements d’État national, la classe politique et l’élite guinéennes devraient transcender les petits calculs de positionnement et appréhender la crise politique guinéenne dans sa globalité et dans sa profondeur historique. Les patriotes guinéens et les quatre (4) anciens Premier ministres peuvent, dans un sursaut national, se constituer en rempart contre le chaos vers lequel semble nous conduire le président Alpha Condé.
Ces anciens Premier ministres devraient mutualiser leurs ressources pour s’assurer une victoire aux prochaines législatives. Ils devraient avoir un pacte de positionnement, selon leur score électoral respectif, dans le gouvernement d’union nationale et le parlement. Le parti avec le plus grand nombre de députés désignerait le Président de l’Assemblée, le second le Premierministre, les deux (2) autres héritant de ministères d’État de souveraineté. Ils pourraient, en raison des défis de la réconciliation nationale, nés de l’exacerbation des divisons par le présent régime, reconduire leur pacte au-delà de 2015, si un d’eux gagnait la présidentielle. Ils seraient, selon le score électoral de chacun et l’ordre protocolaire, Président de la République, du Sénat, de l’Assemblée ou Premier ministre.
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La communauté peuhle de Guinée devrait adhérer, autant que possible, à ce programme de refonte de la République. Mais elle ne doit pas continuer à donner 90% des martyrs à l’édification d’un État de droit. Elle se doit une réflexion autonome sur les moyens de sa sécurité et de sa survie en Guinée.
La Guinée est en face d’intérêts internationaux, poussant l’opposition à capituler en agitant le spectre d’une guerre civile type libéro-sierra-léonais.
Ces intérêts voudraient s’assurer de contrats miniers léonins avec un parlement croupion ou pousser au chaos et investir dans la vente d’armes aux belligérants et dans toutes sortes de trafiques illicites assorties d’une main basse sur les mines.
Les patriotes guinéens de l’opposition, mais surtout de la mouvance, doivent dans un sursaut national offrir un choix sans équivoque au président Alpha Condé :
- passer en force les législatives et faire face non pas à des manifestations hebdomadaires, mais à une seule mobilisation de désobéissance civile générale et illimitée, demandant son départ,
- ou accepter de se remettre en cause avec humilité et soumettre sa mouvance au verdict populaire à travers un scrutin sincère et s’offrir par ce biais une seconde chance en 2015.
La refonte de la République de Guinée, ci-dessus, pourrait réhabiliter le vote du 28 septembre 1958, terni par la déviance dictatoriale cinquantenaire et l’hécatombe du 28 septembre 2009, en s’inscrivant dans une stratégie continentale d’édification d’une Confédération Africaine.
Alpha O Barry
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Commentaires
• Jean Marie Doré, conscient du poids électoral de la forêt, son fief, voudrait se tailler une stature de faiseur de roi face à Alpha, Cellou, Sydia et Kouyaté, en animant un centre,
• Cellou se refait le calcul de la dernière présidentielle et est convaincu que dans une élection propre, il remporterait en ajoutant au bloc électoral du Fouta, celui du 3ème meilleur candidat au premier tour et tous ceux qui seraient attirés par une grande probabilité de victoire du premier meilleur candidat au premier tour,
• Sidya se refait comme Cellou, le même calcul de la dernière présidentielle, Alpha laminé par Kouyaté en Haute-Guinée, il rallierait ce dernier et Jean Marie Doré et tous ceux qui reprochent à Cellou sa gestion auprès de Conté et ceux qui ont des ressentiments vis-à -vis des peuhls au bloc électoral de la Basse-Guinée pour gagner au 2ème tour,
• Kouyaté rêve de se présenter comme une alternative à la politique de la terre brûlée pratiquée actuellement par Alpha en vue de récupérer l’électorat et l’appareil d’État Mande et faire la même chose que Sidya pour gagner au 2ème tour.
Ce sont tous ces arrières pensés et calculs qui ont conduit à l’actuelle impasse et à l’hésitation de la communauté internationale à retirer son soutien à Alpha. Il n’y a en effet aucune garantie que Sidya ou Kouyaté n’appliquerait pas les mêmes recettes d’Alpha contre Cellou et les peuhls ou que ces derniers ne laisseraient libre cours à leurs ressentiments accumulées pendant un demi-siècle.
C’est la lecture de cette situation qui m’a amené à la série d’appels engagée en août par la lettre ouverte à Hadja Rabiatou Sera Diallo, mais plus particulièrement mes 2 derniers papiers.
Au lendemain de la signature de l’accord de Ouagadougou, j’ai appelé Cellou et je lui ai demandé, pourquoi, on ne procèderait pas à des législatives avant la présidentielle. Il m’a répondu que lui et Alpha pensaient la même chose, mais que la France voudrait une présidentielle dans les 6 mois pour renvoyer les militaires dans les casernes. Je continue à me demander pourquoi n’était-il pas possible comme au Niger de coupler les 2.
Mes idées peuvent sembler prématurées pour certains et irréalistes pour d’autres, mais moi je crois que si nous voulons arrêter de tourner en rond, comme on l’a fait depuis janvier-février 2007, nous devons saisir la fenêtre d’opportunité, comme le dit Patriote, des négociations sous les auspices des Nations Unies pour asseoir les bases d’une paix durable.
Les idées utopiques peuvent parfois prendre racine sur des faits très anodins. Je peux discuter de ces idées directement avec Cellou. Dr. Bakary Diakité et Monsieur Mamadi Dioubaté peuvent faire la même chose avec Kouyaté. Si ces 2 leaders, venant de nos 2 plus grandes communautés nationales, dont les composantes extrémistes se préparent à se faire la guerre, font le choix de la Nouvelle République préconisée dans le papier ci-dessus, il y a des chances de rallier les 2 autres anciens Premier-ministres.
Le Directeur de Publication de Guinée Actu peut initier une campagne en faveur de cette Nouvelle République. Les grands contributeurs du site, Gandhi, Lamarana Petty Diallo, Naby Laye Camara, AOT Diallo (il parle de Nouvelle Voie, je parle de Nouvelle République), les doyens Doumba, Kylé et Doré pourraient chacun apporter leur amélioration des idées brutes contenues dans le papier ci-dessus tout en expurgeant d’elles tout ce qui est impraticable.
Je crois profondément que nous avons avec le dialogue en cours une chance d’éviter le chaos à la Guinée et de réfléchir sérieusement aux raisons de nos échecs répétés à engager une rupture avec la dictature et la mal gouvernance.
Ces 4 anciens Premiers-ministres pourraient travailler ensemble dans les 7 prochaines années (2 ans avant la prochaine présidentielle de 2015, les 5 ans du prochain mandat présidentiel) à engager une rupture, réconcilier les guinéens et asseoir les bases du développement du pays.
La jeune génération apporterait son dynamisme et son enthousiasme tout en acquérant de l’expérience et en préparant la relève à partir de 2020.
Et puisque personne n'en fait son projet comme toi-même tu le reconnais, comment comptes-tu le mettre en pratique ?
Maintenant je suis heureux de savoir que c'est une troisième voie que tu envisages et qui devrait être soutenue par l'élite guinéenne. Personnellement, je la trouve idéale et je n'hésiterais pas un seul instant à y adhérer. Mais cherchons ensemble à trouver ce qu'on appelle en politique des fénêtres d'opportunité pour insérer ce projet dans l'agenda des pouvoirs publics. Merci !
Cher Patriote
La fenetre d'opportunite est cette ultime crise qui cette fois nous conduit a un risque serieux de guerre civile. L'erreur que beaucoup de gens font est de ramener cette ultime crise a la seule gouvernance d'Alpha (certes il est entrain de se reveler le pire de nos 5 dirigeants), mais en fait notre gouvernance doit changer de fond en comble. Le peuple guineen s'est clairement prononce la-dessus, depuis fevrier-janvier 2007, mais la classe politique et l'elite guineennes continuent dans des platrages qui ne font que recycler et reconduire le meme appareil clannique et tyranique.
Loin de moi l'idée que tout est normal dans notre pays. Mais ce sont les solutions de sortie de crise qui nous divisent. Toi tu te places dans un cadre idéal mais irréaliste alors que moi je vois la réalité en face. Ce que tu demandes (assemblée constituante, gouvernement d'union nationale, équilibrage régional des pouvoirs) est irréaliste dans les conditions actuelles pourquoi ? (1) Parce que ce n'est pas légal car aucune loi ne le prévoit. (2) ni légitime, car aucun des acteurs politiques actuels (mouvance et opposition, société civile) ne le demande. Maintenant je suis heureux de savoir que c'est une troisième voie que tu envisages et qui devrait être soutenue par l'élite guinéenne. Personnellement, je la trouve idéale et je n'hésiterais pas un seul instant à y adhérer. Mais cherchons ensemble à trouver ce qu'on appelle en politique des fénêtres d'opportunité pour insérer ce projet dans l'agenda des pouvoirs publics.
Merci !
Cher AOB,
Ce n'est pas parce qu'une femme a retardé d'accoucher d'un enfant qu'on va lui demander d'en accoucher deux ou plus. Ceci pour vous dire que ce n'est pas parce qu'on n'a pas pu mettre en place l'assemblée nationale qu'on va mettre en place une assemblée constituante. Nous sommes toujours dans la dynamyque de la mise en place d'une assemblée nationale et rien d'autre.
En outre, tu as raison de me rappeler que j'ai toujours été favorable pour une nouvelle constitution mais tu as oublié d'ajouter que je l'ai toujours conditionné par une transition neutre au cours de laquelle toutes les instances seraient provisioires y compris la présidence de la république. Or, il se trouve qu'on n'est pas dans ce cas de figure. Nous avons un président élu qui est libre de composer son gouvernement.
Par contre, rien n'empêche qu'on modifie la constitution comme tu le prévois. L'idée pourrait venir d'un député de la nouvelle assemblée nationale qu'on cherche à mettre en place et qui en feraient une proposition de loi tout comme elle pourrait être émise par le gouvernement sous forme de projet de loi.
Enfin lorsque tu dis que "la prochaine assemblée en serait le moyen le plus approprié surtout si l'opposition gagnait les législatives", avez-vous la preuve que l'opposition veut d'une fédération ou d'un équilibrage des pouvoirs entre les 4 régions naturelles ? Si oui, donnez-moi la ou les sources de leurs déclarations.
Bien à toi !
Cher Patriote,
Je ne comprends pas pouquoi tu veux presenter la situation guineenne comme normale. Nous sommes au bord d'une guerre civile par l'accumulation de crimes impunis et d'une mal gouvernance cinquantenaire. Nous devons simplement considerer que le president, artisan du present blocage et la prochaine assemblee vont regler tous les problemes par magie. On peut effectivement proceder par des modifications de l'actuelle constitution, mais moi je crois que la profondeur du mal guineen en appelle a un debat profond et solennel, certains preconisent meme une conference nationale. Par ailleurs l'assemblee aura juste 2 ans avant la prochaine presidentielle, d'ou l'idee d'en faire une constituante. Au fait on est dans la meme situation qu'au lendemain de l'insurrection de janvier-fevrier 2007. L'assemblee que l'on envisageait de faire elire par le gouvernement Kouyate pour eviter ce que nous sommes entrain de vivre actuellement devarit forcement se pencher sur le moyen de la rupture avec la gouvernance passee en elaborant une constitution adapatee.
Je ne parle pas de ce que l'opposition declare ou envisage mais de ce que l'ensemble de la classe politique et l'elite guineennes devraient faire pour sortir le pays de l'orniere.
Ce n'est pas parce qu'une femme a retardé d'accoucher d'un enfant qu'on va lui demander d'en accoucher deux ou plus. Ceci pour vous dire que ce n'est pas parce qu'on n'a pas pu mettre en place l'assemblée nationale qu'on va mettre en place une assemblée constituante. Nous sommes toujours dans la dynamyque de la mise en place d'une assemblée nationale et rien d'autre.
En outre, tu as raison de me rappeler que j'ai toujours été favorable pour une nouvelle constitution mais tu as oublié d'ajouter que je l'ai toujours conditionné par une transition neutre au cours de laquelle toutes les instances seraient provisioires y compris la présidence de la république. Or, il se trouve qu'on n'est pas dans ce cas de figure. Nous avons un président élu qui est libre de composer son gouvernement.
Par contre, rien n'empêche qu'on modifie la constitution comme tu le prévois. L'idée pourrait venir d'un député de la nouvelle assemblée nationale qu'on cherche à mettre en place et qui en feraient une proposition de loi tout comme elle pourrait être émise par le gouvernement sous forme de projet de loi.
Enfin lorsque tu dis que "la prochaine assemblée en serait le moyen le plus approprié surtout si l'opposition gagnait les législatives", avez-vous la preuve que l'opposition veut d'une fédération ou d'un équilibrage des pouvoirs entre les 4 régions naturelles ? Si oui, donnez-moi la ou les sources de leurs déclarations.
Bien à toi !
Une assemblée avec 3 ans de retard sous les auspices des Nations Unies démontre qu’il y a un grand malaise guinéen. On est plus au chapitre de juste mettre fin à une transition mais à la nécessité d’un diagnostic de ce mal guinéen en vue de créer les conditions d’une paix durable. Tu as toujours été d’accord pour une nouvelle constitution créant le consensus et l’équilibre entre les 4 régions naturelles. La prochaine assemblée en serait le moyen le plus approprié, surtout si l’opposition gagnait les législatives.
Frère Samba Diallo,
Je n’ai pas changé de position sur le départ de Alpha s’il sabote le dialogue en cours et passe les législatives en force. Relisez bien le texte, vous verrez aussi que j’en appelle à une réflexion autonome de la communauté peuhle sur les moyens de sa sécurité et de sa survie en Guinée. Cet appel au-delàs du net et Guinée Actu, je l’ai fait directement à Tonton Chaikou Yaya Barry et à la coordination Haali Pular. Je leur ai demandé d'engager de larges consultations au sein de toutes les organisations peuhles de par le monde pour mettre en place une confédération. Si vous avez la possibilité de participer à ces consultations, vous comprendrez que je ne suis pas naïf.
Cher Ghandi,
Je ne suis pas, comme toi d’ailleurs (tu as toujours défendu ici l’expérience des anciens Premier-ministres), partisan de la table rase. Pour une nécessité évidente de réconciliation nationale, ces produits du passé, pourraient servir à façonner l’avenir. Toi, moi, AOT, Fela Barry, Faya Millimouno et tant d’autres éclaireraient l’avenir dans un tel processus de refonte et de renouveau. Après 50 ans d’errements, je ne pense pas qu’il soit prématuré. L’élite africaine a besoin d’être plus audacieuse. En fait je travaille sur un projet de confédération africaine que j’aimerais discuter avec toi et le frère AOT. Mon e-mail est accessible à travers Madame BAUD.
J’ai changé la première conclusion du texte ci-dessus qui finissait comme suit :
Le système de quotas régionaux égalitaires ci-dessus pourrait servir à désigner des sénateurs des États pour constituer dans chacune des cinq sous-régions africaines : Afrique du Nord, Afrique Occidentale, Afrique de l’Est, Afrique Centrale et Afrique Australe, un parlement sous-régional. Le même système de quotas égalitaires désignerait parmi ces députés sous-régionaux des sénateurs continentaux.
Le parlement sous-régional élirait un Président parmi les Chefs d’États de la sous-région pour un mandat de cinq (5) ans non renouvelable, afin de permettre leur rotation. Il élirait aussi un Président de la Commission pour un mandat de cinq (5) ans renouvelable une seule fois. Celui-ci formerait un cabinet sous l’approbation du parlement et du Président. Il serait le Chef du Gouvernement sous-régional. Les cinq (5) Chefs d’États sous-régionaux formeraient un collège présidentiel continental, chacun d’eux en charge d’un groupe de portefeuilles sectoriels et présidant le collège un an. Le sénat continental élirait, pour un mandat de cinq (5) ans renouvelable une seule fois, un Président de la Commission Africaine, jouant au niveau continental le rôle dévolu à son homologue sous-régional.
Cette architecture institutionnelle permettrait une articulation du mandat et de la représentation des populations des régions à l’intérieur de chaque État avec les exécutifs et législatifs sous-régionaux et continentaux.
L’Afrique mettrait, en s’investissant dans un tel model institutionnel audacieux, fin à beaucoup de ses conflits inter et intra-États. Elle prendrait ainsi le chemin inverse de l’Europe en se servant d’une union politique pour faire son union économique. La crise de l’Euro montre en effet les limites d’une union économique et monétaire sans union fiscale et politique.
L’Afrique s’imposerait ainsi comme 6ème membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU et garantirait sa renaissance comme acteur global majeur des BRICS et du G20.
C'est le fait que nous n'avons pas encore mis en place l'assemblée nationale, je dis bien l'assemblée nationale et non une assemblée constituante que la transition n'est pas terminée. Et c'est comment mettre en place cette assemblée nationale dans la transparence et dans la paix sans exclusion de qui que ce soit qui préoccupe tout le monde aujourd'hui.
Dès lors, toute la démonstration que tu viens de faire s'écroule comme un château de cartes puisque l'hypothèse sur la base de laquelle elle est bâtie - assemblée constituante - n'est pas robuste dans la mesure où elle ne peut pas résister à ce qui reste à faire pour finaliser la transition chez nous.
Alors souhaitons de tous nos voeux que le dialogue qui a repris aujourd'hui aboutisse à la satisfaction de tout le monde.
Bien à toi !








