Mon message au président Alpha Condé

Facebook Imprimer    

 

CAMARA_Naby_Laye_3_01Monsieur le président !

J’ai écouté avec enthousiasme vos dernières déclarations sur le développement de la crise guinéenne.

Enthousiasme ! Parce que, M. le président, vous avez tendance à adopter un autre ton de langage. Ou du moins, vous commencez à raisonner. Vous vous rendez compte que votre piège de diviser l’opposition est un échec. Que votre tentative de couper l’herbe sous les pieds à l’opposition – en fixant unilatéralement la date des élections législatives – n’a pas été concluante. Vous comprenez du coup, qu’être au pouvoir est important, mais dans la stabilité.

Je me réjouis quand vous dites que « la seule voie pour une démocratie durable et réussie, est de s’assurer que tous aient l’opportunité de participer à des élections libres et transparentes Â». Autrement dit, vous êtes d’accord avec moi, que l’objectif ultime de tous les efforts de démocratisation est la consolidation de la démocratie. Une démocratie est dite consolidée, quand toutes ses institutions sont amplement acceptées, qu’aucun secteur important de la société n’est disposé à émettre des doutes. Nous devons tous nous convaincre jusqu’à ce que la démocratie soit « the only game in the town Â», comme disent certains politologues anglo-saxons. C’est-à-dire, quand aucun citoyen ne se projette que les règles du jeu politique soient autres que celles de la démocratie.

Et comme pour être en accord avec vous-même, M. le président, vous dites aussi qu’en « Guinée, personne ne doit être victime du fait de ses origines ou de ses opinions Â». « C’est le sens de tout mon combat Â», avez-vous ajouté. Sur ce point, j’admets que vous devez fournir des efforts. Qu’aucun guinéen ne soit victime de ses origines, et que cela soit le sens de votre combat, M. le président, vous avez la grande responsabilité de le démontrer sur le terrain. Car sur le terrain, et incontestablement, une communauté est bien victime des exactions de toute sorte. L’ethnie peule.

Enfin, M. le président Alpha Condé, vous le savez autant que moi. La politique est le processus par lequel les communautés poursuivent des objectifs collectifs, et abordent leurs conflits dans le cadre d’une structure de règles, de procédures et des institutions, avec l’objectif d’atteindre des solutions et d’adopter des décisions applicables par l’autorité de l’Etat à l’ensemble de la société. Cependant, M. le président, il faut oser le dire, que depuis votre arrivée au pouvoir en 2010, vous dirigez le pays de travers.

Vous êtes le premier président civil démocratiquement élu en Guinée. C’est un grand pas. Et comme dit l’autre, « être le premier à faire quelque chose suppose déjà 50 pour cent de réussite Â».

La balle est dans votre camp M. le président. Organiser les élections législatives à la date du 30 juin, ne répond pas aux objectifs collectifs de toute la société guinéenne.

Avec mes salutations distinguées.


Naby Laye Camara
Bruxelles


AAA_logo_guineeactu_article

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+4 #6 camara seydou 03-06-2013 11:57

hey Mr Aboubacar, si le slogan TSP a reussi pour Alpah, et ke les peuls seul on pu donner à Cellou les 48% k'il a eu o 2em toure alors faite la conclusion ke sous peu de temps il n y aura ke des peuls o pouvoir en Guinee. la cannotation ethnique est un precedant tres dangereux pour un Pi mai comme le Guineen refure d'ouvrir les yeux pour voir son bonheur, allons zy sur cette lancee, on sera tous victimes. merci
Citer
 
 
-4 #5 aboubacar 02-06-2013 18:51

On peut contester la gouvernance du Pr Alpha Condé en raison des multiples violations de la constitution, mais de là à mettre en cause la régularité de son élection, me semble totalement injuste. Pour preuve, selon Mr Tibou Kamara ministre seccrétaire général à la présidence sous la transition, les résultats sortis du 1er tour plaçaient Alpha Condé 2e après Celou Dalein Diallo. Au 2e tour la coalition TSP(tout sauf un peul) a fait le reste. Mais le PRG n'est pas parvenu par manque de volonté politique a sortir du carcan de l'ethnocentrisme, pire il en a fait son fond de gouvernance. La démocratie n'est pas uniquement élections libres et transparentes, mais aussi respect de laconstitution le bien commun à tous.
Citer
 
 
+5 #4 Sidibé 02-06-2013 15:22

J'aimerai que l'on cesse de dire d'Alpha Conde"démocratiquement élu" c'est un gros mensonge qu'on fait contre les guinéens et la démocratie. En plus s'il croit pouvoir organiser les élections le 30 Juin, alors qu'il le fasse mais s'il ne le fais pas, qu'il sache que tout les gros montage de fraude que Yaya et Yero ont fabriqué sera rétrograder et jeter.
Citer
 
 
+7 #3 Amenofils 02-06-2013 11:45

Alfa Condé n'a nulle part ou puiser de la hauteur et de la noblesse.De toute sa lignée,vous ne trouverez nulle part la moindre trace de grandeur. (Dixit notre sœur Madina)
C'est bien cela le problème de la Guinée. Depuis l'indépendance, tous les présidents sont des petites personnes sans aucune référence morale ou éducative qui transcende les clivages.
Quelque soit la longueur de la piste le cochon ne peut voler.
Donnons le pouvoir à des gens qui en sont dignes et qui ne vont pas embraser le pays par ce que ayant des références morales et culturelles qui les en empêchent.
Citer
 
 
+8 #2 Féla Barry 02-06-2013 01:41

Au regard de tout ce qui ce passe chez nous depuis cinquante ans, c'est tout comme, après le soleil noir des indépendances, notre génération est obligée à cor et à sang, morts d'hommes y compris de livrer une seconde lutte d’indépendance. Cette fois pas contre l'occupant colonial, mais contre des dictateurs-africains oppresseurs de leurs propres peuples, indéracinables par les urnes encore moins par la rue: si chaque président doit exercer le pouvoir au nom de son ethnie nous sortirons jamais de cette spirale cinquantenaires d’échecs, simple question de bon sens politique !!!
Citer
 
 
+5 #1 Féla Barry 02-06-2013 01:27

Le vouloir vivre ensemble en tant que nation moderne décomplexée des considérations ethniques, en tant que nation capable de se projeter en toute confiance vers le futur, en tant que nation capable de relever les défis d’un progrès de civilisation démocratique économiquement prospère, tire ses racines dans des valeurs communément admises, comprises et partagées par tous. Les valeurs de la république SONT tenus pour pérenne quelle que soit l’origine ethnique de celui qui est au pourvoir, et nous s’y avons tous intérêts, la paix, la religion de l’intérêt général le commandent quelques soient les aléas historiques. Notre devise nationale en témoigne de la ferveur qui doit s’en imposer à tous jusqu’au président garant de la cohésion nationale. C’est le sens qui en découle de nos traditions culturelles de civilité, de la lettre démocratique et de l’esprit républicain de notre constitution. Et celle-ci ne peut se résumer à l’humour cynique et suivant la bonne ou mauvaise humeur du président, tant bien même que la constitution ait été vidée de toute sa substance civique et humaniste par des dicteurs sans vision et sans solution au mal-vivre-ensemble de notre pays, bâtir une citoyenneté moderne participe d’une vrai politique de civilisation. La tragédie du leadership à la guinéenne, c’est d’avoir sacrifié nos idéaux « islamiques » sous l’autel d’un ethnocentrisme écervelé et virulent, les uns pour s’assurer une longévité présidentielle à leur petite gloire jusque dans leur lit de mort, les autres aux pillages systématique des deniers publiques doublé d’un hédonisme bestial. En vérité, les ambitions de ceux qui dirigent la guinée ne vont rarement au-delà de leurs ventres et bas – ventres !!! L’deal républicain de justice, de fraternité et de travail pour tous est une nécessité historique dont notre génération ne peut plus se faire l’économie au risque de précipiter le pays entier dans l’horreur de la guerre civile, un mort de plus, ce sera un mort de trop ???
Citer